Troublante histoire

Les Carmagoles (chapitre 1/5)

 

L’enseigne se voyait à peine mais elle existait toujours, ceux qui habitaient le quartier connaissaient la maison « Carmagole ». Autrefois elle avait pignon sur rue cet enseigne, mais au fil des années seul subsistait sur la façade cette lueur bleutée qui avait fait son renom.

Autrefois on pouvait lire « Pâtisserie Carmagole » de grandes lettres jaunes sur un fond bleu, mais ce n’était pas son enseigne qui l’avait mis sur le devant de la scène mais ces fameuses carmagoles sortes de massepain double, à l’intérieur une fine ganache le tout recouvert d’un croustillant meringué. Ceux qui avaient aimé cette spécialité se pourléchaient encore les doigts mais dans le quartier les connaisseurs se faisaient rares. Sauf dans la chambre de bonne au septième étage de la maison Carmagole habitait un Monsieur dont on disait qu’il était l’illustre descendant de cette maison, mais peu le connaissait sauf la concierge de son immeuble.

Pour se rendre dans cet immeuble il fallait emprunter la rue du même nom que la friandise puis accéder à une petite place, la place du printemps, ensuite vous prenez la ruelle des remparts, et, là vous voyez cette immense bâtisse à 7 étages. La porte d’entrée est un magnifique portail en bois, depuis des années il y a un code pour en franchir le seuil, mis c’est la concierge qui pointe son nez pour voir qui vient rendre visite aux locataires. C’est une femme âgée, voire d’un certain âge, personne ne le connait, mais qu’importe elle fait son travail à merveille. Son visage est ovale, deux yeux bleus malicieux, de cheveux courts poivre et sel, parfois violet, d’autres fois brun voire corbeau selon son envie du moment.

Il y avait deux locataires par étage certains avec des enfants pour les grands appartements d’autres étaient des étudiants, d’autres encore avaient toujours habités là et ils finiraient leur vie ici.

Mais ce matin lorsque la sonnette de la concierge avait retenti ce n’était pas pour parler des locataires c’était suite à un appel anonyme que la police avait envahi la petite loge. La concierge ne savait plus où donner de la tête, les policiers lui demandaient si elle connaissait un Mr Carmagole, répondant à ce nom elle n’en n’avait pas dans son immeuble mais elle savait très bien de qui ces Messieurs lui parlaient. En toute bonne concierge elle voulait en savoir davantage. Mais la police ne l’entendait pas de cette oreille.

  • Alors (aboya le chef)
  • Que voulez-vous savoir ?
  • Pierre de la Carmagole vous e connaissez oui ou non ?
  • Oui ?
  • Quel étage ?
  • 7 ième !
  • Avec ascenseur ?
  • Oui mais…
  • Mais ? Qu’est-ce que ce mai vient faire, il y a un ascenseur oui ou non ? Point final.
  • Oui et non
  • Si cela continue je vous embarque au poste ;
  • Oui il y en a un mais vous le prenez qu’à partir du premier. Les escaliers qui vous y amènent sont en colimaçon.

Une fois ces hommes montés, le capitaine accepta le café de Mme la concierge, puis ces deux-là papotèrent comme deux vieux amis, ce qui du reste était le cas puisque c’était un de ces petits neveux.

Quand ces hommes redescendirent, à leur tête il vit qu’ils avaient fait chou blanc, Mr de la Carmagole n’était point chez lui. La concierge reçu l’ordre de les avertir en cas de retour de son locataire ce qui ne manquerait pas car nous étions un lundi et ce jeune home rentrait de chez ces parents tous les lundis vers midi quand il manquait son train le dimanche soir. Mais pour savoir la raison pour laquelle il cherchait le petit jeune homme du septième elle n’en su rien ce qui la laissa fort déconfite. La journée s’étira inexorablement, à midi le jeune homme ne fit pas son retour Madame Noémie en resta perplexe. S’il n’y avait pas eu les escaliers en colimaçon elle serait bien allé faire un tour à l’intérieur de l’appartement, mais ces rhumatismes la tenaient éveillées une partie de la nuit, et, elle n’avait nullement envie de ne pas se sentir bien dans les jours à venir. Elle avait un bridge avec ses copines et devait assister au loto de l’école de sa petite fille. Il lui fallait être en forme.

Son petit neveu passa le soir pour voir s’il y avait du nouveau, puis le temps filant il était reparti, mais Madme Noémie n’avait pas réussi a lui tirer les vers du nez ce qui l’agaçait prodigieusement. Une fois sa porte soigneusement fermée, elle avait tiré le verrou et s’en était allé lire un Mary Higgins qui lui avait fait faire des cauchemars toute la nuit.

C’est à 5 h du matin qu’elle fut réveillée par un cri strident à vous glacer le sang. Elle s’habilla à la hâte et tout en poussant le rideau rouge qui indiquait que la concierge n’était pas disponible elle aperçut Mr Rolland du cinquième qui avait un air hébété. Elle entrouvrit sa porte pour lui demander :

  • Que se passe-t-il ? Est-ce vous qui avez poussé ce cri lugubre ?
  • Là… Là….
  • Achevez votre phrase il y a quoi là ?

Et tout en continuant à maugréer tout bas elle poussa Mr Rolland terrorisé et oh stupeur devant ses yeux étaient allongés le cadavre de cette nuit. Enfin tout se mélangeait dans sa tête, le cadavre de son polar sordide qu’elle avait dévoré d’une seule traite cette nuit avait repoussé ses pages et se tenait devant elle sur son beau carrelage. Il y avait une grosse tâche de sang qui s’échappait de sa tête. On avait dû lui fracasser un violent coup sur le haut du crâne.  Se ressaisissant, elle fait rentrer le pauvre Mr Rolland qui flageole sur ses jambes et s’empresse d’appeler la police.

  • Allo la police, il y a un cadavre dans l’entrée de mon immeuble, allée des remparts au numéro 8, je vous attends, je vous ouvrirais la porte.

Elle s’empresse de donner un remontant u pauvre locataire du cinquième qui n’arrive pas à retrouver l’usage de la parole, tous les deux savent que c’est Hervé de La Carmagole qui gît sur le carrelage glacé. Le même que son petit neveu cherchait encore à une heure avancée de la nuit. Étrange…

5 réponses à Troublante histoire

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
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