Recruteuse de profils pour le Paul des Emplois en dérive !

Pour les Anthologies Éphémères j’avais écrit ce petit texte, possible que certaines d’entre vous l’avez lu. Je le met ici et vous dit de profiter de cette fin d’année pour acheter ce livre : Les métiers improbables l’argent récolté va à l’Association Rêve qui donne à des enfants malades un rêve.

Pauvre Mr Paul ; il se démenait tant et plus pour recruter ses cobayes qui iraient grossir ses statistiques.

Il arpentait des couloirs de jours comme de nuit, au départ je l’accompagnais mais depuis quelques jours mes rhumatismes me titillaient le dos, les jambes et les mains aussi je le voyais passer et repasser comme une âme en peine, cherchant de tous les côtés sans ramener quoi que ce soit dans ses filets troués.

Son ordinateur restait ouvert jusqu’au jour où brutalement sans avoir vraiment cherché, il entrevoie un espoir ; serait-ce la perle rare ?

Rica de son prénom, c’est une femme, de son nom de famille Lewisss, bah il ne se posait pas tant de questions. La dame cherchait et lui recrutait,  ils pourraient faire affaire.

Pour l’âge il fallait qu’il m’en réfère, je n’allais ni prendre une jeunette, ni une trop âgée. En affaire il faut être intransigeant. Cette Rica allait grossir la pile de ceux qui éventuellement je garderais, je n’en n’étais pas encore là, j’en étais aux prémices, je commençais tout juste mon travail.

Je m’étais procurée un beau fauteuil et malgré mes rhumatismes j’allais pouvoir m’occuper seule de mon recrutement. Paul des emplois à la dérive retournait dans son bureau miteux. Je n’avais pas besoin de ses conseils pas vraiment avisés. S’il en était là c’est qu’il n’avait rien fait pour s’en sortir.

Comme il a l’air stupide en me voyant travailler du matin au soir et du soir au matin, inlassablement je consulte, je rature, je jette les CV à la poubelle, pendant que lui me regarde d’un air bête.

A chaque jour suffi sa peine comme me disait ma grand-mère, cela s’avérait exact depuis le début du mois d’avril. Des CV ce n’est pas ce qui manque avec Paul emploi à la dérive, mais faut-il encore qu’ils correspondent à la recherche de l’Editeur.

Je ne prends que ceux qui ont envie de travailler à l’écriture d’un synopsis, un grand nom pour pas grands choses pour certains de ceux qui postulaient.

Je ne faisais pas dans le classique, les armuriers, les bouchers, les coiffeurs, les midinettes, je n’en voulais plus, ils allaient direct dans la corbeille à papiers, le soir la femme dîtes de ménage les mettraient où elle voudrait je m’en fichais complètement.

Mon chef me tançait tous les matins par ces mots : Recrutez la crème des crèmes, mais ne faîtes pas trop dans le détail. Non mais il rêvait ce brave homme, il voulait que la crème mais je n’avais pas le droit de m’appliquer. Où était cette perle rare ? Rica Lewiss gisait dans sa propre poubelle, son élocution laissait à désirer, la pauvre elle n’avait rien compris et moi non plus. Ecrire était une chose mais réciter en était une autre. Qu’importe l’élocution derrière son ordinateur !

Finalement tous ceux que j’avais présenté à mon chef, il les trouvait pour un sans envergure, l’autre minable, l’autre avait un air qui ne lui revenait pas, un autre sentait trop l’after chèvre, comme si cela allait influencer sur l’écriture de ce roman à l’eau de rose qu’il projetait d’en faire un Best Seller.

Il était obnollulé par Harry Potter, des écrivains de cette qualité on en n’avait pas il fallait se rendre à l’évidence.

Au fil du temps j’en avais marre d’être la recruteuse du temps perdu et des lendemains qui déchantent ; j’étais épuisée, au bord du burnaout, excédée par un petit chef qui s’était découvert du jour au lendemain des talents de producteurs. Il lisait en diagonale comme un fou, il ne retenait que des mots sans queue ni tête et voulait que chacun des postulants écrivent dix lignes sur un sujet assez macabre de truands qui s’entretuaient. Si encore son histoire ressemblait à ce sujet mais non loin de là, cela n’avait aucun rapport, c’était tout au plus une histoire d’amour entre une belle et une bête. Pour l’instant c’était moi là bête et lui le beau.

Voilà c’est décidé ce soir je lui donnerais ma démission, je ne serais plus la dernière recruteuse à la mode, je passerais dans le monde des obscurs et moi aussi je lui enverrais un texte avec bien entendu un nom d’emprunt.

Rira bien qui rira le dernier pensais-je en quittant les locaux insalubres.

Le lendemain je me mettais au travail et j’envoyais le tout à l’adresse indiquée :

A l’attention de Roger le chef en titre

Mr Paul  des emplois à la dérive

Rue du cherche midi

75000 Paris La Défense d’y toucher

Deux jours plus tard je reçois dans ma boîte postale le courrier suivant :

Chère EvaJoe,

Nous avons le plaisir, bla bla.

En un mot c’est d’un médiocre, aussi de ma plus belle écriture je leur réponds que j’ai joué le jeu car je suis au chômage, mais que personnellement je ne puis écrire un scénario aussi mièvre pour le Paul Emploi à la dérive, quant à Mr Roger je lui cloue le bec en lui disant qu’il est viré par sa meilleure recruteuse.

Depuis je suis chez Paul Emploi et je bosse comme une recruteuse sans jamais avoir trouvé la perle rare, Monsieur Roger a disparu, mais des Roger il y en a plein les rues, ce n’est pas ce qui manque au chômage.

Fin

3 réponses à Recruteuse de profils pour le Paul des Emplois en dérive !

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