Pépé Maurice !

C’est encore Myriam qui nous raconte sa première rencontre avec Maurice dit Momo.

 

C’est aujourd’hui que Momo  m’a annoncé qu’il allait bientôt mourir 20 ans que je venais chez lui pour les petits gestes quotidiens de la vie, mais notre histoire avait commencé d’une drôle de façon.

 

Je m’en souviens comme si c’était hier, Mr Maurice Bellon habitait dans  ma rue, il vivait avec sa femme plus jeune que lui, c’était un second mariage il l’avait célébré le jour de ses 70 ans à lui et 50 ans à elle. Une différence d’âge énorme, comme je ne les connaissais pas j’ignorais la raison de ce mariage..

Elle partait tous les matins dans sa voiture neuve vers les 9 h, j’ignorais jusqu’à ce que je fasse connaissance de Momo ce qu’elle faisait. 

 

Elle était  pharmacienne dans la petite officine du village voisin, je ne l’avais jamais rencontré jusqu’à ce matin blême ou elle m’a appelé affolée elle murmurait des mots sans suite au téléphone.

 

Vite, Madame, vite ite

Oui mais je dois aller où

La porte verte  à deux pas de chez vous

Verte !

 

Je ne voyais pas de porte verte, puis soudain le mariage célébré 6 mois auparavant me remonte en mémoire, Charles me souffle la maison jaune aux volets verts.

 

Oui, mais pourquoi ne pas avoir pris rendez-vous pour que je vous inscrive dans ma liste, je serai venue avant de commencer ma tournée vu que vous habitez tout près de moi.

 

Venez, il va mourir

Appelez le SAMU ou les pompiers

Nonnnnnnnnnnnnnn

 

Je me saisissais de ma trousse et pris d’un doute je demandais à Charles de m’accompagner, un peu réticent au début il me suivi en maugréant quelques peu.

 

J’arrivais le plus rapidement possible mais il a fallu que je me fasse un chemin au milieu des voisins qui intrigués en partant au travail s’était approché, faut dire que la dame n’était pas discrète et pour cause.

Un bulldozer avait dû passer par là pendant la nuit, le terrain était retourné, la maison sans dessus dessous, un homme gisait au sol  une plaie béante à la tête. Pendant que Charles appelait la gendarmerie je lui prodiguais les premiers soins.

Toute sirène hurlante les pompiers suivis de la gendarmerie arrivent, les badauds sont évacués et de suite on m’assène que je suis l’intruse sur une scène de crime.

A l’étage gît une femme du même âge que Momo elle est morte mais je ne pouvais le savoir et Charles non plus, c’est la même déposition que nous avons fait à la gendarmerie sans nous consulter..

 

Rapidement la nouvelle épouse était passé aux aveux, c’est elle qui avait découvert son mari attablé à discuter tout en buvant un verre de son meilleur vin  avec une femme inconnue. Elle rentrait du travail était fatiguée et ne voulait pas être dérangée. Elle avait été informé que c’était l’ex de son mari et qu’elle venait taper son chéri comme elle l’avait fait plusieurs fois auparavant.

Au début cela c’était bien passé puis petit à petit le ton était monté, Momo avait prié sa femme d’aller se promener, contre son gré elle était allée dans l’atelier de son mari tout en emportant son tricot.

Puis son mari lui ayant dit de revenir ils étaient passés à table et monter se coucher, Momo ne lui avait pas dit qu’il avait laissé son ex dormir dans la chambre de leur fille. C’est vers 6 h du matin que l’épouse s’était trouvé nez à nez avec l’ex, ce qui suivit fut une bagarre entre deux femmes , l’une s’était affalée au sol et l’autre tranquillement était retourné se coucher.

Quand Momo à son tour se lève il remarque les traces de sang et appelle sa femme, mais cette dernière ne réponds pas, elle est à la cuisine et l’attend avec le tisonnier qu’elle lui assène sur la tête d’où la blessure que je lui ai soigné.

Sa femme a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle et elle va sortir d’ici 8 jours, Momo n’a jamais crû qu’elle avait voulu le tuer moi j’ai toujours eu des doutes mais on ne m’a jamais demandé ce que j’en pensais.

 

C’est pour cela qu’à six heures trente du matin accompagnée de Julie il me dit qu’il va mourir je ne comprend pas, il est alerte, sort tous les jours se promener, et  va chercher son journal. Pour le reste nous l’aidons et tous les jours je viens pour sa piqûre d’insuline et ce depuis 10 ans.

Voyons Maurice que vous arrive-t-il ? Vous avez des dons de voyance

Non

Alors pourquoi me dire cela?

Dans 8 jours elle est libérée elle va venir finir le travail

Votre femme, mais vous n’avez pas divorcés ?

Non j’ai crû qu’en allant pas la voir elle m’oublierait mais ce n’est pas le cas.

Ah !

Votre avocat est-il au courant ?

Non, je ne l’ai su que ce matin,

Ce matin mais à quelle heure ?

Un mot anonyme glissé sous ma porte

Montrez-le moi, c’est peut-être une mauvaise plaisanterie.

 

Il me tend le morceau de papier il est noté en lettres découpées dans le journal :

 

 

PLANQUE TON  OR ELLE VA VENIR FAIRE MAIN BASSE  SUR  TON TRESOR ET TE TUER!

 

Montrez le à la police .

Vous croyez ?

 

Puis je suis partie  avec Julie voir mes autres malades , et le soir je me suis demandée si Momo avait fait ce que je lui avais dit. Cet homme était attachant fort érudit, il avait de belles collections de livres, de beaux timbres, des photos de ses voyages. Des tableaux authentiques. Sa maison était un véritable musée. Je me demandais en me brossant les dents si ce n’était pas cette raison qui avait poussé cette femme à l’épouser pour le voler et le tuer.

 

Ne venait-elle pas pour achever ce qu’elle avait commencé ?

 

La semaine s’est passée sans que je revois Momo, puis dix jours après cette conversation ce sont les voitures de gendarmerie qui m’ont réveillées et des coups sourds à ma porte.

 

Un gendarme me demande si c’est moi qui suis infirmière et il me demande de le suivre rapidement. De suite je pense à Momo, mais qu’elle n’est pas ma stupéfaction en voyant sa femme , enfin ce qui reste de la dame pimpante entrevue il y a 20 ans.

 

Elle n’est pas trop amochée mais  au fur et à mesure que je lui recoud l’arcade sourcilière j’apprends que Momo a essayé de la tuer selon ses dires, car Momo est prostré sur sa chaise et semble ailleurs.

 

Maurice n’a pas été incarcéré ,on a jamais su ce qu’il s’était passé, j’ai continué pendant deux ans a lui prodiguer des soins puis son fils et sa fille l’ont mis dans une résidence pour personne âgée, je l’ai accompagné à la demande de son fils. Momo qui n’avait plus jamais parler depuis la tentative d’assassinat sur sa femme, m’a pris la main et m’a dit Merci .

Il est mort 8 jours plus tard et ses enfants m’ont remis de sa part un  de ses tableaux que j’aimais énormément. Il était accompagné d’une lettre où j’étais convié à aller chez le notaire et ce jour-là j’ai reçu la somme de 10 mille Euros je ne m’en suis toujours pas remise .

J’ai faillis jeter la lettre, puis soudain en plus du courrier officiel  il y avait un papier pelure écrit d’une belle écriture, je l’ai reconnu au premier coup d’œil, c’était celle de Mr Maurice.

 

J’ai attendu longtemps avant de tout vous dire Myriam mais c’est moi qui est tenté de tuer  ma femme. J’ai joué la comédie sauf quand je vous ai dit adieu je n’ai pu garder pour moi et mon amnésie et ma soi disant perte de voix. 

Vous avez été mon rayon de soleil au cours de ses 25  années. Je vous demande pardon de ne pas avoir tenté de vous parler, mais on m’aurai enfermé. J’ai essayé de la tuer car elle venait pour me voler. Je lui ai fait ce qu’elle avait voulu me faire. Adieu et merci ma chère infirmière.

Un début de phrase que je n’ai jamais compris et sa signature. 

 

A DEMAIN

 

4 réponses à Pépé Maurice !

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