Face au vent (9) La lettre

Déjà deux heures que nous sommes penchées sur la lettre de nos arrières- arrière grands parents, Sophie vient de s’allonger avec son smartphone à la main à même le plancher, et elle s’est endormie, tout comme moi elle aimerait savoir quels secrets elle contient, mais pour l’instant la lettre ne veut pas nous délivrer de secrets. L’écriture de son aïeule est fort belle, c’est une calligraphie avec des rondes et des majuscules là où il faut. La couleur de l’encre laisse entrapercevoir du violet qui au fil des ans a certes palie, mais elle en n’a pas moins de cachet. Les mots qu’elle emploie nous démontrent qu’elle aimait mon aïeul, quel est le drame qui se cache sous cette écriture, car la lettre commence ainsi.

Mon bien aimé Arthur,

 

Lorsque tes longues mains fines et belles  auront la joie d’ouvrir cette missive je serai bien loin, mon père en a décidé ainsi. Il estime que je n’ai pas le droit de dire un seul mot et que mon sort est lié à ceux qui avant moi ont fait leur devoir. Je serai sur le bateau qui m’emmènera vers la terre de France, sache mon bien aimé mon amour que je suis désespérée.

 Il m’aura marié de force à cet homme que tu détestes, qui à tes yeux a toujours fait le malheur de ta famille.  Son travail est à Sainte Luce, c’est là que désormais je serais. Je ne vivrais que dans l’espérance que tu puisses m’enlever, car te connaissant je sais que tu viendras. Mais auparavant il faut que je te confie un s …

A cet endroit précis l’encre a bavé et nous ne pouvons rien lire, même munie de la grosse loupe que j’ai acheté lors de la succession de Grand-Père, le père de ma mère.

Ce « s » veut dire pour nous un secret mais il est possible que nous nous trompions, aussi avant d’aller plus loin, Sophie et moi nous, nous sommes penchés sur tous les s qui pourraient avoir du sens pour la suite.

Nous n’avons rien trouvé d’autres, il est évident qu’elle a confié à mon trisaïeul un secret, mais quel est la teneur de ce secret. La lettre est courte je déchiffre plus que je ne lis la fin :

«  A toi pour toujours ton unique amour qui saura mettre à l’abri le «  là encore un blanc ou plutôt l’encre a coulé et a effacé en partie le mot.

Je suis penchée sur le courrier et le seul secret qui me vienne à l’esprit c’est que la trisaïeule de Sophie attendait un bébé. A cet époque c’était inconcevable, mais quand on aime je pense que l’on ne prend plus aucune précaution et se trouver enceinte à l’âge de 21 ans était à cette époque une ignominie, son père avait dû tout faire pour qu’elle soit soustraie à cette mauvaise vie, c’est ainsi que je le vois et je pense que mon père en a compris le sens avant qu’il ne me tende la lettre.

Lorsque Sophie sort de son sommeil je lui apprends mes conclusions, elle aussi y avait pensé mais elle ne savait pas si j’allais aller dans son sens. Il est plus de trois heures du matin lorsque j’ouvre mon ordinateur afin de me pencher sur la généalogie de la famille de Sophie.  C’est long et fastidieux mais nous sommes aidées par la lettre qui est datée de 1906 et ce que nous cherchons c’est une naissance d’un enfant fille ou garçon qui serait intervenu avant la naissance de l’arrière-grand-père de Sophie. Lui est né en 1907. Je recherche d’abord l’acte de naissance, je le trouve facilement cela m’aide car il est noté que c’est son père Emile Barraut qui est venu déclarer la naissance. Maintenant nous prenons notre mal en patience et nous cherchons les mariages dans l’année 1906. Enfin voici ce qui nous intéresse, là c’est bien écrit et donc facile à lire :

«  Le 1er juillet 1906 soit deux mois après son départ de Nouvelle Calédonie, Natacha François est devenue Natacha Barraut. Nous repartons dans les naissances de l’année 1906 et là c’est facile nous retrouvons rapidement la trace d’un enfant que Natacha François a déclaré par l’intermédiaire de…Et là nous n’en croyons pas nos yeux, c’est mon trisaïeul qui est venu déclarer la naissance d’un petit garçon prénommé Sacha. Je note la date de sa naissance 31 mai 1906. Je vois qu’il est noté en marge de l’acte dcd le 1er juin 1944 et entre parenthèse « Mort pour la France »

Il est trop tôt nous sommes fatiguées, possible que mon père sache quelques choses que son grand-père ai pu lui dire, nous attendrons que toute la famille soit réunie pour mettre à plat sur la table nos découvertes.

Nous sommes couchés et nous papotons en remarquant l’âge qu’avait Sacha en 1944, ce n’était pas un jeune il avait 57 ans.. Qu’a-t-il fait pour mourir pour la France, il n’est pas noté sur l’acte de décès le lieu où il est mort. Ce n’est pas à Sainte Luce, on aurait vu son nom sur le monument au mort. Il y a encore des choses qui nous échappent. Personne dans la famille n’a parlé d’héros de la dernière guerre. Tout cela est bien étrange. A aucun  endroit on a entendu parler d’un Sacha Langlois. Le grand-père de nos papas se nommait Yannis. Deux heures plus tard je me réveille en sursaut et je comprends à demi-mots qu’être déclaré comme son propre enfant ne me dit pas ce qu’il est devenu après. Même si c’est le petit garçon de Natacha, elle n’a pas pu le garder. Son nouveau mari Emile n’a pas dû vouloir avoir un fils qui n’était pas le sien, déjà cela devait être un affront de voir que sa femme avait fauté avec un autre et de surcroît ne pas être vierge au moment du mariage était la honte. Alors où a grandi Sacha ? Mais autres choses m’a semblé bizarre sur l’acte de naissance, mais pour l’instant je dois dormir. 

J’émerge de mon sommeil réparateur aux alentours de 10 h, Sophie n’est pas là, mais elle m’a laissée un mot, elle aussi a eu la même alerte et elle est retournée lire l’acte de naissance de Sacha, et là elle m’a souligné en rouge fluo l’acte qu’elle a imprimé. Enfant de sexe masculin né au 8ième mois de grossesse sur le bateau qui rentrait de Nouvelle Calédonie. Ah voilà c’était ce qu’il m’avait semblé lire cette nuit. C’est alors que me vient à l’esprit que mon trisaïeul avait réussis à rejoindre l’amour de sa vie. Mais alors pourquoi n’ont-ils pas vécu ensemble ? Il a dû se passer autres choses, ce n’est pas par la généalogie que je le saurai, il va falloir enquêter. En tous les cas l’homme qui rôde autour de nous peut être à la fois un parent de Sophie par sa mère mais aussi par son père, et forcément par le mien. La ressemblance avec Norbert pourrait s’expliquer, mais alors pourquoi il se cache ? Il devrait essayer de nous rencontrer, nous parler et nous en saurions davantage.  Cette malédiction qui a endeuillée nos deux familles est-ce qu’elle ne viendrait pas de la branche inconnue de nos familles. Voilà tout s’explique mais je suis certaine que c’est bien plus complexe que cela.

A suivre…

Face au vent ( 8) Un véritable sac de nœuds

  • Mais ma chérie en dehors de la perte de notre ami, enfin je suppose, nous n’avons subis que des dégâts matériels, ta vie sera pareille, on va surmonter tout cela.
  • Papa, si Norbert n’est pas mort pourquoi nous espionne-t-il ?
  • Je ne sais pas Stéphanie, je ne comprends rien, je vais aller voir Guillaume, puis nous allons nous rendre à la police et leur expliquer ce que nous avons vu, aussi bien lui que moi.
  • Tu as raison papa, possible qu’il se soit trompé et que ce ne soit pas l’ADN de Norbert.
  • Je trouve cela troublant,

Stéphanie voit son père inquiet, elle n’ose l’interrompre et s’éloigne, elle regarde son avion avec ces belles couleurs jaune et orange, elle passe sa main dessus lorsqu’elle se sent épié, elle se retourne brutalement et elle voit à nouveau l’homme à la vareuse bleue. Décidément cet homme est pénible, veux-t-il achever son crime et les tuer tous. Rien que d’y penser, cela lui fait peur mais elle préfère faire demi-tour et se rendre auprès de son père, et elle ne lui dit pas que l’homme est à nouveau en train de les surveiller, car il s’agit bien d’une surveillance. Mais après qui en –a-t-il ? Son père ou elle ? Elle se demande ou en est l’enquête ? Son père lui en dira plus, mais pour l’instant il la dépose devant chez eux, et il se rend chez son ami Guillaume le père de Sophie, Fanne en profite pour appeler cette dernière et lui dire ce qu’elle a vu.

Les deux jeunes filles se donnent une semaine pour régler leurs attributions de logements dans leur Ecoles respectives, ensuite si rien ne s’est passé de nouveau elles mèneront l’enquête en attendant Kévin le frère de Sophie montera la garde autour du petit avion et essayera de voir si l’homme qui ressemble à son oncle n’est pas à l’affut dans le coin. Enfin rassurée Stéphanie rejoint sa mère et lui donne un coup de main pour le déjeuner. Lorsque son père est de retour il a la mine sombre et il éclate dès qu’il a franchi le sol de leur maison.

Ma mère essaye d’apaiser son courroux, mais c’est peine perdue, les enquêteurs l’ont pris pour un grand malade, même Guillaume en a subi les conséquences, mais tous les deux ne démordent pas, ils sont certain que cet homme veut soit leur parler, soit il cherche à commettre un geste répréhensible. Aussi Stéphanie bondi de joie lorsqu’elle entend son père dire :

  • Cet après-midi avant de partir pour Toulouse nous irons donner un coup de main à Guillaume, il a déniché dans son grenier une grande malle, mais il veut notre présence car il a trouvé des courriers qui ont été échangés entre mon grand-père et la grand-mère de sa femme.
  • Ce sont des lettres d’amour ?
  • Il ne les a pas ouvertes, mais je suppose que cela doit en être ;
  • des lettres d’amour mais ils ne se sont jamais mariés.
  • Nous avons toujours été très proches, ma mère a élevé Norbert et Anne, mais c’est tout ce dont je me souviens.
  • Ils étaient où les parents de Norbert et Anne ?

Mon père marque un instant de silence, ses yeux se voilent de larmes, je me sens toute petite et émue en voyant mon père éclaté en sanglot dans la minute qui suit.

  • Leurs parents sont morts dans un avion qui s’est écrasé en mer suite à un détournement, maman était leur nounou et je ne connais pas la raison pour laquelle c’est elle qui en a obtenu la garde complète.
  • On va peut-être le savoir en lisant les lettres de leur arrière-grand-mère et de ton arrière-grand-père.
  • Tu as beaucoup trop d’imagination ma fille, mais nous allons passer à table et nous rejoindrons mon frère.

Tout en mangeant je vois que mon père est dans ses pensées et moi j’espère que nous ne sommes pas parents avec Anne et Norbert sinon Anne ce serai marié avec son je ne sais même pas s’il faut dire cousins vu que c’est l’arrière-grand-père de papa et l’arrière-grand-mère d’Anne. Anne est déjà ma tante cela ne changerait rien sauf que l’on serait encore plus proche les uns des autres. Sophie n’a jamais dit en classe qu’elle était ma cousine, elle s’est toujours faîtes passer pour ma meilleure amie, je n’en n’ai jamais saisie la raison. Possible qu’elle sache plus de choses que moi.

Je ne l’ai jamais contredis, mais dans le village tout le monde savait que mon père et son père étaient frère. Toutefois notre village vivait en autarcie et jamais personne n’aurait dit un mot de plus ni sur son voisin ni sur les enfants du village. Cela faisait seulement 5 ans que Guillaume avait rejoint mon père pour travailler ; il était revenu au moment de la mort de mon grand-père.

Assis dans le grenier de mes cousins, nous bavardons et attendons nos parents, ils discutent en bas, Anne n’a pas l’air d’accord que l’on vienne fouiller les lettres que mon oncle a trouvé, Kévin a hâte de savoir ce qu’ils se disaient en cachette de leurs maris et femmes respectives, mais mon cousin allait être rapidement déçu car les lettres ne dataient pas de cette époque. Les arrières-grands parents de nos parents avaient au tout début 15 ans et ils se sont écrits jusqu’à leurs 21 ans, ensuite l’arrière-grand-mère d’Anne a été marié de force à un voisin de ses parents, elle en fait part à son amour et dit qu’elle va se tuer si on la force à se marier. Elle devait pleurer en écrivant sa lettre car plusieurs mots sont effacés, mais une demi-phrase nous fait un drôle d’effet. Mon père me tend la lettre et me dit :

  • Tu essayeras de la déchiffrer et quoi que tu trouves tu nous le diras ;

Si mon père fait appel à moi c’est que j’aime bien démêler les fils et je suis très patiente, déchiffrer la lettre et essayer de comprendre ce qui se cache sous des lettres à demi effacés ça j’aime bien le faire. J’ai déjà réussis à comprendre un acte notarié qui datait depuis plus d’un siècle, lui aussi était effacé et j’ai réussis à trouver. Car la généalogie me passionne, alors comprendre une lettre où je sens qu’elle détient un secret je vais m’en occuper dès ce soir, Sophie du reste viendra à la maison et nous nous en occuperons.

 

A suivre…

 

Face au vent (7) Un élément troublant

La soirée se passe tranquillement  puis le père de Sophie vient récupérer les deux jeunes filles car il préfère que sa fille passe pour un bébé plutôt qu’elle disparaisse à nouveau. En sortant il se heurte à un individu qui le bouscule et s’éloigne d’un pas vif. Sophie trouve que cet homme aurai pu s’excuser, mais son père est songeur, cet homme ne lui est pas inconnu, où a-t-il pu le voir ? Sa fille voit que son père est fort préoccupé, ils s’éloignent du bar et ne remarquent pas qu’une voiture les a pris en filature. Plus il réfléchit et plus il trouve une ressemblance frappante avec son beau-frère le parrain de sa fille, mais ce dernier a été retrouvé dans les décombres, tout au moins ce qu’il en restait, mais les preuves ADN sont formelles c’est bien le frère de sa femme.

Il est tellement plongé dans ses pensées qu’il ne se méfie pas et vient heurter la bordure du trottoir, il fait un tête à queue et se retrouve sur le toit, sa fille malgré la ceinture de sécurité se heurte violemment au vide poche qu’elle venait d’ouvrir, à l’arrière la secousse  donne à Fanne un coup à l’arrière de la nuque, elle sombre dans le néant, quant au père il est lui aussi évanoui. La voiture qui les suivait a juste eu le temps de piler, l’homme tout de noir vêtu, descend de son véhicule et s’approche de la voiture, il voit s’écouler de l’essence, il a un moment d’hésitation quand il voit les grands yeux bleus de Fanne le regarder, alors prenant son courage à deux mains, il sort d’abord la jeune fille de l’arrière de la voiture, non sans mal car la ceinture de sécurité ne voulait pas s’ouvrir. Puis il fait le tour de la voiture et en extrait la jeune Sophie qui a l’air moins bien abimé que son père. Pour son père qui doit le dépasser d’au moins deux têtes et qui est beaucoup plus fort que lui, il sent qu’il ne va pas y arriver, il a peur que le réservoir d’essence explose, c’est à ce moment que s’arrête à sa hauteur une voiture noire, une femme en descend et lui signale qu’elle est médecin et lui demande :

  • Avez-vous appelés les secours ?
  • Non je suivais ce Monsieur et il a perdu le contrôle de sa voiture j’ai réussis à piler et me suis précipité pour leur venir en aide.
  • Je vais vous aider à soulever ce Monsieur, je pense que tout danger est écarté quant au réservoir, il ne devait pas être plein car il n’y a plus rien qui s’en écoule. Auparavant je vais vérifier s’il n’a pas des fractures dangereuses. Tout compte fait vu comme il est coincé derrière son volant, je préfère appeler les pompiers.

Au moment où elle termine son appel, elle s’aperçoit que l’automobiliste sympathique vient de monter dans son véhicule et a disparu aussi vite. Cela lui semble étrange, ni elle a pensé à relever le numéro ni elle lui a demandé  ses noms et prénoms. Elle va même jusqu’à se demander si ce n’est pas à cause de lui que l’accident a eu lieu.

Rapidement les pompiers sont sur les lieux, tous sont pris en charge, pour les jeunes filles c’est seulement dû au choc quant au père de Sophie il a juste deux côtes de fêlées, il s’en tire à bon compte. Quand il se réveille au CHU de Saint Luce, tout lui revient en mémoire, et faits troublants il a été sauvé par un individu qui le suivait mais à cette heure personne ne pourra le remercier car il s’est enfui une fois le médecin arrivé.

Pour le père de Sophie cela lui semble étrange que l’on puisse s’enfuir après avoir sauvé les deux jeunes filles, mais il ne pense nullement à l’homme qui les a heurté pourtant ce dernier aurai pu les suivre et il ne s’en sera pas rendu compte tant il était pris par ses pensées. Rapidement les deux jeunes filles sont hors de danger elles en seront quitte pour Fanne à porter une minerve et pour Sophie elle a juste au genou une plaie insignifiante dû au télescopage avec la boîte à gants.

Sophie est un peu secouée car en trois jours elle a vécu à la fois un rapt, un sauvetage in-extremis et un accident, plus la mort de son parrain. C’est vraiment beaucoup en si peu de temps, il est tant qu’elle s’éloigne loin d’ici. De toutes façons elle doit se rendre dans la FAC où l’année prochaine elle suivra son nouveau cursus. Elle va aller chercher un appartement, mais Fanne ne l’accompagnera pas, leurs études ensembles vont s’arrêter, Fanne rejoint une Ecole Prépa, elle veut rentrer dans une école d’ingénieurs en aéronautique, quant à elle, elle préfère les parfums, elle va créer des parfums, son père préférerait qu’elle aille  dans la recherche ou la pharmacie, bref elle verra au moment du choix final. Pour l’instant c’est direction Clermont Ferrand à la FAC de Chimie.

C’est le lendemain non sans appréhension que Fanne va passer son Brevet de pilote, Sophie l’accompagne ainsi que son frère pour la voir évoluer en l’air. Ils sont trois de clubs différents à essayer de décrocher le sésame, chacun a une raison différente, mais Fanne ne rêve que d’une chose c’est de s’en aller dans les airs. Face au vent elle se grise, mais là il lui faut être raisonnable, c’est un examen comme un autre, son père est certain qu’elle va le décrocher. En effet quelques heures plus tard elle crie sa victoire au monde entier. Du reste elle n’est pas peu fière elle est la seule à le décrocher, les deux autres un gars et une fille s’en repartent bredouille. Aucun des trois jeunes gens n’ont vu cet homme qui est resté derrière les grilles du petit aérodrome et qui les a observés, personne sauf le père de Fanne, aussi il avance à grande enjambée vers l’homme qui se dissimule tant bien que mal derrière un camion de l’armée. Frédéric lui tape sur l’épaule, l’homme se retourne, mais le père de Fanne est tellement abasourdi par l’homme qu’il n’a aucun geste pour le retenir, il s’enfuit à nouveau et quand Stéphanie rejoint son père, celui-ci est assis derrière son bureau et ne demande pas à sa fille si elle a réussi son brevet, celle-ci s’en étonne et la seule chose que son père lui dit c’est Norbert n’est pas mort, je viens de le voir.

Sophie qui vient d’entrer dans le bureau hurle et se met à sangloter tout en criant :

  • Taisez-vous, mon parrain est mort dans l’embrasement de votre hangar pourquoi me torturez-vous ?
  • Sophie, je m’excuse que tu aies entendu mes propos, mais un homme lui ressemblant étrangement était là qui vous observait, j’ai préféré lui demander de s’éloigner, quand je suis arrivé à sa hauteur, je lui ai tapé sur l’épaule et quand il s’est retourné certainement aussi surpris que moi, c’était mon ami d’enfance le frère de ta mère, j’en suis certain, bien que je sache que l’on a retrouvé ses empreintes sur le mort du hangar. Mais alors qui est-il ? Et la ressemblance est flagrante.
  • Je ne comprends pas, mais c’est vrai qu’hier et aussi avant-hier nous avons déjà été suivis par un homme en vareuse…
  • Bleue !
  • Oui en vareuse bleue, je lui ai trouvé comme un air de ressemblance avec l’homme que j’ai entraperçu dans le hangar le jour où mon parrain est mort. Ce dont je ne me souviens pas c’est si c’est mon oncle que j’ai vu ou un homme. Tout est flou dans ma mémoire. Comme si mes souvenirs s’étaient effacés.
  • Sœurette ne t’en fais pas, cela va te revenir, en attendant il nous faut rentrer, nos parents vont s’inquiéter tu repars avec nous Steph ?
  • Non je reste avec mon père nous avons quelques choses à fêter.
  • Oh ma chérie j’ai oublié de te demander, alors ce Brevet tu l’as eu.
  • Oui Papa !
  • Je suis très heureux pour toi, le BAC S et le Brevet de pilote que rêvez de mieux à ton âge?
  • Que la vie revienne comme avant !

 

A suivre…

 

Face au vent (6) Sophie est de retour

Il lui fait la fête comme s’il la connaissait, il lui lèche le visage, mais Sophie est tellement épuisée qu’elle s’affaisse comme une poupée de chiffons. Quand elle revient à elle, elle aperçoit plus qu’elle ne voit un homme hirsute elle a l’impression que c’est Hagrig dans Harry Potter. Sans ses cheveux et sa barbe il est peut-être beau se dit Sophie, car elle voit deux beaux yeux bleus qui la fixent.

  • Ce ne serait pas toi que les deux types de la route cherchent ?
  • Comment le savez-vous ?
  • Je me doute car ce matin j’ai vu les journaux et tu as disparu, cela fait trois jours que l’on te cherche, où étais-tu ?
  • Dans une cabane à l’opposé de la vôtre ;
  • La cabane du maire de Marour ;
  • Vous le connaissez le maire ?
  • Oui ! Toi aussi il me semble,
  • C’est mon oncle !

A cet instant, Sophie voit l’homme qui détourne les yeux, il se passe quelques choses de bizarre. Que lui cache le SDF ?

  • Qu’avez-vous ?
  • Rien ! Pourquoi me poses-tu cette question ?
  • Lorsque j’ai parlé de mon oncle j’ai vu passer sur votre visage une drôle d’expression, mon oncle va bien ?
  • Je n’en sais rien petite, je ne fréquente plus les gens de la haute société, ils m’ont tous pourris la vie, depuis plus je les évite, mieux je me porte.
  • Qui êtes-vous ?
  • Moins tu en sauras, mieux ce sera, mais je vais te soigner, tu es blessé et ta plaie s’est rouverte. Nous attendrons le jour et tu viendras avec moi je t’emmènerais vers une cabine téléphonique tu appelleras tes parents, pour l’instant il est préférable que tu te reposes, tu as des yeux qui te manges le visage.

Le SDF a dû lui mettre un somnifère car elle sombre plus qu’elle ne dort mais au moins elle n’entend pas l’altercation qui a lieu à l’extérieur entre l’homme qui l’a accueilli et un autre qui a perdu sa prisonnière. Mais le SDF a  réussis à éloigner l’importun, il veille la nièce du maire toute la nuit, et au petit matin il l’emmène sur la route qui rejoint Sainte Luce et il attend que ses parents lui répondent avant de la laisser seule, mais ne voulant pas qu’elle soit à nouveau kidnappé il la surveille du coin de l’œil, personne ne passe, quand soudain les sirènes de la police retentissent, il en profite pour se sauver, il n’a nullement envie d’être retrouvé. La forêt lui garantit une certaine stabilité et surtout personne n’a encore cherché à savoir qui il était. Il ne faut surtout pas que cela commence aujourd’hui. De plus en restant dans les parages il pourrait être accusé d’un enlèvement qu’il n’a pas commis.

Sophie tombe dans les bras de ses parents, tous sanglotent, mais de joie et de bonheur. Avant de rejoindre la maison familiale il lui faut répondre à un feu incessant de questions.

  • Lorsque vous étiez avec votre amie Stéphanie de quoi vous souvenez-vous ?
  • Nous tenions la main mais auparavant j’ai vu mon oncle se battre avec un homme ;
  • Est-ce celui qui vous a kidnappé ?
  • Non, je ne l’ai pas vu je me suis retrouvée dans la cabane de mon oncle, la porte était ouverte je me suis enfuie.
  • Et ? Comment vous êtes-vous retrouvé sur la route Nationale à 7 h ce matin.

A ce moment Sophie hésite à parler du SDF, du coup elle avoue ne pas s’en souvenir, elle a la sensation qu’elle a été transporté là, par une personne mais ne la pas vu. Personne ne s’est rendu compte de son hésitation et elle a  l’impression que les policiers la croient.

Quand elle est de retour chez elle, elle s’effondre dans les bras de sa mère quand elle apprend que son oncle chéri a été trouvé mort dans les décombres. Elle se souvient de la deuxième explosion et comprend qu’elle est la dernière à l’avoir vu vivant et qu’en quelques sortes il lui a sauvé la vie.

Quelques jours plus tard, aucun élément nouveau n’était  venu apporter une cohérence aux derniers événements, pourtant toute la forêt a été passée au peigne fin, rien de compromettant dans la cabane de son oncle. En effet elle avait dû être nettoyée de fond en comble puisque tout ce que Sophie avait décrit n’existait plus. Même les liens avec lesquels elle avait été attachée avaient disparu. Ce qui laissait planer un doute sur sa personne. Stéphanie qu’elle avait revue depuis qu’elle retournait au lycée lui avait répété ce qu’elle avait entendu dans le bureau de son père à l’aérodrome.

  • Il te pense complice de ton oncle, pourtant je leur ai répété que tu m’avais crié que ton oncle empêchait un homme d’arroser les avions. Mais ni toi ni moi n’avons vu cet homme de face. Sophie a qui te faisait-il pensé?
  • Aucune idée, nous ne l’avons jamais vu de face, à part sa vareuse bleu  commune à tous ceux qui prennent un avion je ne vois pas à qui sa silhouette me fait penser.
  • Moi c’est pareille je ne vois vraiment pas qui ce serai. Si nous le savions cela aideraient les enquêteurs.
  • Je pense que nous devons les laisser enquêter et nous préoccuper de nos résultats au BAC, j’espère que toutes les deux nous l’avons décroché.

C’est aujourd’hui et plus précisément à 17 h que les résultats seront affichés sur le mur du Lycée Léon Blum. Sophie et Fanne sont arrivés plus d’une heure avant,  elles sont rapidement rejointes par les douze autres élèves de leur BAC S. Bientôt des cris de joie résonne parmi cette jeunesse, 10 sur douze l’ont, sauf deux de leurs amis doivent passer l’oral, mais Fanne est fière d’annoncer à sa mère sa mention Très Bien, quant à Sophie elle a un Bien. Les deux copines se précipitent dans la pâtisserie récupérer quelques viennoiseries commandées la veille et rejoignent leurs copain au bar « Les Voyageurs » là où se réunissent une partie des heureux reçus.

Soudain Sophie est attirée par le va et viens d’un homme sur le trottoir d’en face, elle fait signe à Fanne mais au même moment un de ses camarades de classe fait une entrée tonitruante dans la salle du bar et l’homme étrange n’est plus devant leur lycée quand les deux amies regardent à nouveau par la fenêtre.

Qui as-tu vu Sophie ?

  • Fanne j’ai trouvé à l’homme qui faisait les 100 pas devant le lycée comme une ressemblance avec l’homme entrevu dans le hangar la semaine dernière.
  • Sophie tu es encore sous le coup de l’émotion, c’était peut-être un élève,
  • Non c’était un homme mûr de l’âge de mon oncle ; j’en suis certaine. Aucun rapport avec un élève.
  • C’était le père d’un élève.
  • Toi ; tu essayes de me changer les idées, mais crois-moi je suis certaine de ce que j’avance. Bon n’en parlons plus. Alors tu le passes quand ce Brevet de Pilote.
  • Oh les filles vous êtes dans la lune ?

 

Stéphanie a eu le temps  de glisser sa réponse à son amie, mais ni l’une ni l’autre n’ont eu le temps de voir entrer l’homme à la vareuse bleue. 

 

A suivre…

Face au vent (5) Qu’est devenu Sophie?

*

                                                                                                                 *          *

 

Au moment de l’explosion, Fanne et Sophie se tiennent la main, sous le souffle de l’explosion Sophie se sent comme écartelée et instinctivement elle lâche la main de son amie, elle la voit être projeté à l’arrière, quant à elle le souffle la pousse au sol et la maintient quelques minutes, quand elle arrive alors qu’elle est sonné à se relever, elle voit face à elle son oncle chéri qui la pousse à l’opposé d’où son amie vient d’être projeté, il lui fait traverser le deuxième hangar et lui dit de partir le plus loin possible de l’explosion qui menace les avions. 

  • Norbert ne retourne pas dedans tu vas mourir,
  • l’avion de Frédéric va flamber si je n’y retourne pas,
  • Et, celui de Fanne aussi, son père vient juste de le lui acheter laisse-moi t’aider je vais le sortir avec toi;

Norbert a un instant d’hésitation, puis il accepte que sa nièce l’aide, le deuxième hangar est seulement envahi par la fumée qui se dégage des avions qui ont explosés, il lui demande de masquer son nez et de faire rouler l’avion pour éviter que les gaz produisent un effet pire que celui qui vient d’intervenir. Une fois dehors, Sophie voit son oncle mettre l’avion du père de Fanne à l’abri et il repart à grande enjambée dans le hangar, au même moment une deuxième explosion fait trembler les vitres du bureau, sous le souffle elle reçoit même des morceaux dont un qui se fiche dans son bras et de suite elle se met à saigner. Elle crie et s’affole, puis part en courant et c’est à ce moment-là qu’elle reçoit sur la tête un magistrale coup qui l’envoi au sol. Quand elle revient à elle, elle est enfermée dans une espèce de cabane de jardins, seule, elle a 

le bras bandé ainsi que la tête. Une espèce de fenêtres devrait lui permettre de voir à l’extérieur mais c’est peine perdue il fat grand nuit. Qui l’a kidnappé et pour quelles raisons? Où est passé son oncle est-il mort dans l’incendie qui a suivi la déflagration? Elle ne s’attarde pas à répondre à ces questions, il lui faut s’enfuir, la personne qui l’a conduite ici peut revenir d’un moment à l’autre, elle n’a nullement l’intention de l’attendre. Bizarre la porte n’est pas fermée, possible que l’on ne s’attendait pas à ce qu’elle revienne à elle aussi vite. Bien entendu elle ne possède plus sa sacoche, donc elle n’a pas son téléphone, sur celui-ci elle a une boussole cela lui aurait été d’un grand secours. Tant pis il va falloir avancer un peu au hasard.

Sophie doit d’abord se repérer, elle voit des lumières au loin, elle espère que c’est Marour, à moins qu’elle soit plus près de Sainte Luce. De toutes façons elle n’a pas le choix elle va se diriger vers les lumières. Rapidement elle atteint une route bordée d’arbres, elle la longe du côté des lumières qu’elle a vus. Au bout d’un moment qui lui semble fort long, elle voit de l’autre côté de la route une borne kilométrique, elle s’en approche et s’aperçoit qu’elle ne se dirige pas vers Marour mais complètement à l’opposé. En réfléchissant elle comprend qu’elle est fort loin de sa petite bourgade. Brusquement elle entend une voiture et aperçoit des phares, comme ils viennent du côté d’où elle a fui elle préfère se dissimuler dans le fossé qui borde la route. La voiture passe au ralentie, Sophie essaye de se fondre dans la terre, mais l’automobile continu son chemin, ouf ils ne l’ont pas repérés. Elle ne sait qui l’avait amené dans la cabane, à ce moment elle ne cherche pas pourquoi on ne l’a pas laissé sur le tarmac de l’aérodrome. Caché dans le fossé, elle essaye de se souvenir combien de kilomètres il y a entre Sainte-Luce et La Baie des Lumières. 

Sophie est en total panique quand elle s’aperçoit qu’il y a plus de 150 km qui la sépare de chez ses parents. Par contre il y a la voie ferrée qui enjambe la rivière, ce pont ne doit pas être bien loin car de là  elle connait un petit chemin qui pourrait la ramener sur le petit village où sa grand-mère loge avec son frère depuis qu’elle est seule. Mais elle ne peut pas la surprendre en pleine nuit, et, elle n’ose pas traverser à nouveau la forêt pour repartir, il lui faut à tout prix rester sur cette route, mais elle a comme l’impression que la voiture qui vient de passer est dans les parages. Effectivement elle entend à nouveau un bruit de moteur, elle voit même les phares éclairés le fossé, on va la trouver, elle ne doit pas se relever, parfois la peur fait faire n’importe quoi. Elle a l’habitude d’aller en forêt et aussi de se dissimuler, elle a fait des jeux avec ses cousins et va chez les éclaireurs, avec eux les grands jeux étaient monnaie courante. Se dissimuler, se fondre avec la nature, ça elle sait faire, elle était même la meilleure. Heureusement que Fanne n’est pas avec elle, car là elle en est certaine elle aurait paniqué. Mais elle n’a pas le temps de se demander où son amie se trouve à une heure pareille, qu’elle entend claquer la portière d’une voiture et ce que se disent les deux personnes qui se trouvent à une encablure d’elle la liquéfie sur place.

  • Ta cabane est à deux kilomètres de là, la gamine n’est pas sur la route, soit elle est restée dans la forêt et elle tourne en rond, soit elle a traversé la route, et a rejoint la Montagne Noire, mais je ne pense pas qu’elle pouvait savoir que là-bas il y a des anciens mineurs qui vivent en communauté. Ou alors elle est planquée quelques parts. Nous allons prendre nos épées et nous allons sonder les fossés de part et d’autres de la route.

Sophie entend un rire gras et sinistre, elle se doute que si l’épée s’enfonce dans son corps elle va hurler de douleur. Ils doivent savoir qu’elle est allongée dans le fossé à portée de voix, et ils essayent de lui faire peur. Ce qui lui parait étrange c’est qu’ils ont des épées tout comme son oncle qui a une salle de sport à Marour. Donc ils connaissent son oncle. Mais pourquoi la kidnapper ? Elle connait un Matourois qui a une cabane dans la forêt, mais elle n’arrive pas à retrouver son nom. Mais la voix lui est aussi familière. Donc il faut qu’elle se remémore ce qu’elle a vu avant l’explosion et là tout s’illuminera. Mais elle a beau chercher elle ne se souvient absolument de rien.

  • Math tu prends côté cabane ou côté voiture ?
  • Côté voiture, on marche sur un km en amont et on revient ici au point de départ, ensuite on fait dans l’autre sens, si on ne trouve rien la petite Stéphanie se sera perdue corps et bien comme la tante du maire.

Sophie a envie de se lever et de leur dire mais je ne suis pas Fanne, mais elle s’enfonce de plus en plus dans le fossé. Dès que les deux hommes ont tourné le dos, elle se lève brusquement et monte le talus pour s’enfoncer côté opposé à la cabane, dans la forêt. Des courses d’orientation elle en a fait, elle sait de quoi parlait les deux hommes, les habitations  « des Polonais » comme on les appelle à Marour, elle sait où elles se trouvent, mais ce qu’elle ignore c’est pendant combien de temps elle va être obligé de courir, il lui faut mettre le plus de distance entre ces deux fous et elle-même.

Soudain, Sophie butte contre une souche d’arbres et s’affale de tout son long sur le sol. Avant de se relever elle écoute si on ne la suit pas, mais elle n’entend rien. Ils ont dû repartir ou ils essayent de la chercher du côté des bois où se situe la cabane. Il faut qu’elle se relève mais soudain ses sens sont en éveil, elle sent comme une odeur de cigarettes. Plutôt que de courir elle monte dans le seul arbre qui se situe à sa portée, elle trouve une branche assez grosse, elle se met à califourchon dessus et attends que ses poursuivants la dépasse. La lune éclaire la scène et ce qu’elle voit, la fait frissonner de peur. Tout en bas du gros chêne un homme s’est arrêté, il a un grand manteau gris mais le pire c’est qu’un gros molosse l’accompagne. Fait-il partis de ceux qui la cherche ou c’est une coïncidence ? Elle est condamnée à rester là, elle a peur de s’endormir et chuter à tout moment. Soudain l’homme lève la tête elle se dissimule dans les feuilles sans faire de bruit. Il ne l’a pas vu, ouf, se dit-elle !

  • Mon bon Médor, je me demande qui sont ces deux types sur la route ; ils devaient chercher des escargots, mais ce n’est ni l’époque, ni le moment ; je suis certain mon chien qu’ils ne nous ont pas vu. Nous allons rentrer au bercail. Demain nous retournerons faire la manche.

Alors que l’homme s’éloigne, Sophie est soulagée d’avoir entendu les propos que le SDF adressait à son chien, car cet homme ne lui était pas inconnu elle l’avait vu deux ou trois fois devant le bar tabac de Sainte Luce ou il tendait la main pour récupérer des cigarettes. Elle aurait pu descendre de son arbre mais avait tellement peur que le chien en jappant alerte les deux autres qu’elle s’en était bien gardée. 

Avant de descendre de l’arbre elle comprend où se situe sa méprise, elle n’est pas si loin de Marour, les kilomètres indiqués sur la borne n’indiquaient pas Sainte Luce mais bien la Baie des Lumières, elle était beaucoup plus près qu’elle ne le pensait de chez elle.

En descendant de l’arbre elle qui est habillée comme le matin de l’explosion s’écorche les jambes et les mains, sa tête est douloureuse, la plaie où les éclats de vitres se sont figés dans son bras s’est remise à saigner, le pansement est humide et à la pale lueur de la lune elle voit qu’il est rouge. Elle avance par où le SDF est reparti quand soudain un chien se jette sur elle.

 

A suivre…

Face au vent ( 4)

Elle n’ose lui en parler, car à ses yeux cette malédiction n’a plus de raison d’être, pourtant c’est en tout point semblable à l’histoire de Marour. L’arrière-grand-père Langlois avait eu sa maison d’incendiée, puis il avait disparu au-dessus des Alpes. Son arrière grande tante Mathilde avait été kidnappée et on ne l’avait jamais retrouvée, elle ne voulait pas qu’il arrive la même chose à sa fille. Puis le propre frère de Mathilde  avait été accusé d’avoir incendié la maison des Langlois, mais lui n’était pas mort, il avait nié être impliqué et il avait disparu à son tour. Qui leur en voulait à ce point? Car c’était la troisième fois que l’histoire se répétait. La vie des Langlois et la sienne étaient intimement mêlée. Toutes les générations avaient eu son lot de malédiction. Le père de Guillaume et Frédéric avaient perdu la vue suite à une altercation avec son propre père, sa mère avait quitté le foyer et n’était réapparu que plus de dix ans après, personne n’avait su ce qu’elle avait fait, et tous ignoraient la raison pour laquelle le malheur s’était abattu sur Marour. La mère de Sophie sanglote en se remémorant ses moments tragiques de leur vie, quand soudain lui revient en mémoire une phrase de sa grand-mère, elle devait avoir tout juste 5 ans , elle admirait déjà Norbert son frère aîné qui aimait beaucoup sa petite sœur, lui avait 20 ans. 

 » Tu sais ma princesse, Norbert n’est pas tout à fait ton frère, il est juste ton demi-frère, mon fils n’est pas son papa. »

Pourquoi cela lui martèle les tempes depuis qu’elle a appris qu’il était mort lui aussi et de surcroît dans l’incendie. Pourquoi était-il allé incendier le hangar à avions de son ami Frédéric Langlois, qui était avec lui? Soudain elle sursaute on vient de sonner à la porte, elle se précipite et se trouve nez à nez avec les frères Langlois, elle fait mine de se sauver mais les paroles de Frédéric lui permettent de se jeter dans ses bras, il était son premier amour, mais suite à l’altercation de son père et du sien, leur idylle s’était rapidement terminée.

  • Florence, tu n’es nullement fautive de ce que Norbert a fait et encore à ce degré de l’enquête nous en savons strictement rien, possible qu’il empêchait l’autre de mettre le feu, car Norbert était tout de même mon ami, de plus c’était un maire qui aimait son village et jamais il aurait eu une idée aussi saugrenue que de commettre l’irréparable. Il nous faut attendre l’enquête, actuellement les enquêteurs fouillent l’appartement de Norbert pour voir si ils peuvent trouver des papiers, de l’argent, que sais-je?
  • Frédéric, l’histoire se répète;
  • il ne faut pas croire à cette malédiction, c’est une coïncidence.

Hélas Guillaume ne pense pas un mot de ce que son frère dit, lui est persuadé qu’il y a une sombre histoire familiale mais que personne n’a voulu leur en donner la moindre explication. Il va prendre le taureau par les cornes, il va fouiller dans leur passé, voire dans les papiers familiaux. C’est Guillaume qui a hérité de la grande bâtisse familiale, son frère a quant à lui hérité de l’aérodrome. Avec ses fils ils ont décidé que dès demain ils monteraient dans le grenier et feraient une fouille systématique de tout ce qui était dans les grandes armoires de leurs ancêtres, ils auraient dû le faire depuis longtemps mais lui Guillaume repoussait aux calanques grecs  le moment fatidique, sa femme était superstitieuse, elle préférait que son mari ne mette pas son nez dans le passé de cette manière le passé ne les rattraperait pas. Et bien ce matin leur conversation avait été houleuse car le passé les avait rattrapé, même si ce n’était pas leur entreprise ils vivaient grâce à l’aérodrome.  L’aéro-club avait de nombreux adeptes des ULM, et tous sortaient de leurs ateliers. Depuis deux jours plus personne n’avait eu envie de venir. Même Fanne n’avait pas passé son brevet, pourtant et cela aussi leur paraissait incroyable son avion avait été préservé, une personne l’avait sorti avant l’explosion. Les enquêteurs ignoraient qui avaient préservé cet avion ainsi que le vieux coucou de Frédéric. Les autres Jodel étaient partis en fumée, ceux qui volaient au moment étaient au nombre de deux. Et, dans le hangar d’à côté il y avait seulement trois avions en réparation, ceux-là avaient donc été préservés. Avec six avions comment Frédéric allait-il pouvoir s’en sortir? Quant aux ULM ils étaient tous en compétition et Guillaume les avait récupérés en attendant que le hangar soit remis en état.

Norbert et Gérard étaient les meilleurs amis du monde, qui les avait assassinés? Que de questions qui restent en suspens? Qui va pouvoir combler le vide de ces deux absences? Et surtout où est passé Sophie, depuis Le drame Fanne sa nièce s’en veut comme si elle se sentait coupable. Pourtant sous le souffle de l’explosion le portail a été soufflé et Fanne projetée à l’extérieur, elle donnait la main à sa meilleure amie, où cette dernière a-t-elle été? Tous les alentours ont été systématiquement fouillées cela n’avait rien donné.

A suivre…

Face au vent (suite 3)

Marour est en ébullition depuis que la gendarmerie a fouillé systématiquement l’ensemble des maisons, Sophie la fille du médecin a disparue, tout le monde connait cette charmante jeune fille comme la fille de Mr Frédéric le brillant ingénieur qui a conçu l’ULM qui est le fleuron de leur village. 

Tout le village attend que le maire rentre de son voyage, mais hélas son téléphone reste lettre morte. Son conseiller Mr Guillaume Langlois, l’oncle de Fanne n’a aucune nouvelle. Chacun a regagné sa demeure espérant que le lendemain les nouvelles seraient bien meilleures, bien que cet incendie criminelle car il n’y avait aucun doute à ce sujet, l’homme retrouvé mort était en possession d’un jerrican ou tout au moins ce qui l’en restait. Ses empreintes étaient en cours d’analyse, tôt ou tard on saurait qui il était si toutefois il était connu dans le village.

La nuit semble paisible en apparence, seule la  fumée  pique les yeux et alourdisse l’air. Cette odeur de kérosène est insupportable, mais chacun se calfeutre et essaye d’oublier tout en se demandant si la malédiction ne vient pas de les rattraper. 

Le lendemain matin l’atmosphère est lourde, concernant Sophie il y a aucune nouvelle, la mère de cette dernière c’est rendue à Sainte Luce, elle est dans les locaux de la gendarmerie, elle a apporté une photo récente de sa fille fait une description détaillée des vêtements qu’elle portait hier matin. Depuis plus de deux heures elle attend, quand elle entend plus qu’elle ne voit un brouhaha dans l’entrée. C’est Guillaume Langlois, il est pâle comme un mort, elle se précipite vers lui, de suite elle pense à sa fille mais il la tranquillise si on peut dire car pour sa fille il n’a aucune nouvelle,  mais par contre il sait qui est le mort.

  • Ah ! Mon Dieu! Je le connais;
  • Oui, mais je ne peux rien vous dire, je me dois d’en informer l’enquêteur. Votre mari ne vous a rien dit, c’est bien lui qui était en charge de l’autopsie.
  • Non il a  décliné la demande, il n’était pas en état de la faire, la disparition de Sophie devient inquiétante. Je me demande si elle n’a pas été kidnappé.
  • Ne vous inquiétez pas Julie, elle est peut-être dans un coin, certes perdue, mais bien vivante. Les gendarmes sont sur le terrain aidés par la population, tout Marour participe, dans ceux qui le peuvent.
  • Mais Guillaume si ce n’est pas mon époux qui vous a informé comment avez-vous eu connaissance de cette information?
  • En fait le laboratoire Meyriex a pensé avertir le maire et m’a donné les résultats.  Et je me dois de les donner aux enquêteurs, mais j’en ai déjà informé mon frère. C’est invraisemblable je ne comprends pas ce qu’il faisait sur les lieux avec un jerrican pourquoi a-t-il mis le feu à ce qui faisait vivre notre village, oui pourquoi? Surtout Lui! Pourquoi Lui?

Après avoir discuté avec la maman de Sophie il réussit à faire le forcing et à s’introduire dans le bureau des enquêteurs. Julie l’entends vociférer, crier, il refuse de se calmer, elle entend un des gendarmes lui dire:

  • Cela suffit, nous sommes au courant, avant d’en informer qui que ce soit vous devez d’une vous calmer, ensuite vous asseoir et nous écouter sinon tout conseiller et figure importante de notre Région que vous êtes je vous colle au trou.

Julie n’entends pas la réponse car son mari fait à son tour irruption dans la gendarmerie, lui aussi est d’une pâleur extrême, il tremble comme une feuille, à nouveau le cœur de Julie s’accélère.

  • Tu viens aux nouvelles ou tu as appris une mauvaise nouvelle concernant notre fille?
  • Non il la cherche toujours, ce n’est pas pour cette raison que je suis là.
  • Alors pourquoi es-tu là?
  • Je viens d’être appelé par la gendarmerie Guillaume Langlois est dans un état inquiétant, d’une part je peux le calmer d’autres parts je suis au courant de ce qui le met dans cet état.
  • Toi aussi tu sais qui est le mort?
  • Il t’en a parlé?
  • Oui!
  • Il ne t’a rien dit?
  • Non
  • Tant mieux tu n’aurais pas supporté la nouvelle.
  • Mon ami tu me fais peur, qui a été retrouvé mort? Qui? Et Norbert mon frère qui n’est pas là, tout incombe à Guillaume, cela m’angoisse. 
  • Allez je reviens vite attends- moi, je vais m’occuper de Guillaume.

Julie n’a pas remarqué la crispation de la bouche de son mari à l’évocation du prénom de son beau-frère, ni les gouttes de sueur qui l’ont envahis.

Lorsqu’il rentre dans la pièce, Guillaume est allongé sur le sol, sa respiration est sifflante, mais Pierre apprends des inspecteurs que l’un d’entre eux vient de lui faire du bouche à bouche. Rapidement Pierre prends les choses en main et Guillaume rouvre les yeux. Les gendarmes ont déjà appelé les pompiers et il est transporté sur le CHU de Sainte Luce où il sera rapidement sur pieds, la tension  de la veille, la longue nuit a veillé les restes fumants du hangar et la nouvelle qu’il vient d’apprendre sont les facteurs qui l’ont amené à s’écrouler sous les yeux de l’inspecteur principal.

Comme aucune autre nouvelle n’a filtré du bureau de l’inspecteur les parents de Sophie repartent, et c’est dans la voiture que le Docteur de Marour apprend à sa femme qui a été retrouvé mort dans le hangar. Comme il ne sait pas comment le lui dire, il la prend dans ses bras et lui dit le plus calmement possible:

  • Norbert est mort!
  • Comment ça mon frère est mort? Comment? Où? Son voyage c’est mal passé, c’est un accident de voitures, d’avions et sa jeune femme n’a rien au moins?

En relevant la tête elle voit que son mari est au bord des larmes, elle le regarde et la vérité lui saute aux yeux, Norbert son frère, le maire de Marour est l’incendiaire. Voilà c’est fait la malédiction est de retour.

 

A suivre…

Face au vent (suite 2)

Lorsque Stéphanie ouvre enfin les yeux, elle a devant elle le visage de son père, elle est allongée à même le sol de la piste d’atterrissage, ses yeux commencent à s’habituer à la luminosité du mois de juillet. Une odeur de kérosène a envahie l’atmosphère.  Un va et viens de pompiers lui laisse présager rien de bon mais pour l’instant elle reprend ses esprits et cherche des yeux son amie Sophie. C’est un visage angoissé qui se tourne vers son père:

  • Papa où est Sophie?
  • Sophie était avec toi?
  • Oui, tout près de moi, elle m’a même crié dépêche toi de sortir il y a deux types qui arrosent les avions, je ne voulais pas sortir, je voulais sauver mon avion.
  • Ton avion a été sauvé, mais hélas je ne dirais pas pareille des autres avions. Pour l’instant les dégâts ne sont pas encore estimés, mais la chose la plus importante c’est de retrouver Sophie, elle a dû sortir quand elle a vu que tu ne le faisais pas.
  • C’est impossible papa, au moment de l’explosion elle me tirait par le bras, on  se donnait la main;  où m’as-tu retrouvé?
  • Ce n’est pas moi c’est ton oncle qui est allé à l’intérieur qui t’as ramené, il t’avait vu passer devant sa fenêtre et se souvenait que c’était aujourd’hui que tu passais ton brevet. Quand il a entendu l’explosion, il s’est précipité et il est rentré dans le hangar en feu au mépris des recommandations des pompiers qui étaient déjà arrivés sur les lieux. D’ailleurs qui les a appelés?
  • C’est moi papa, car j’ai trouvé Gérard affalé dans les escaliers, mais je pense qu’il est mort.
  • Gérard est mort!
  • Papa qu’as-tu?

Son père cet homme qui a ses yeux est immense, vient de vaciller en entendant que son ami Gérard est peut-être mort si ce n’est d’une manière encore inexpliqués, il est certain que s’il était vivant, il est mort dans l’incendie qui fait encore rage. Son regard bleu se voile de larmes, il est secoué de sanglot, il doit se ressaisir, sa fille est à demi  consciente, un pompier passe à proximité, il lui fait signe:

  • s’il vous plaît pouvez-vous me dire si vous avez trouvé d’autres personnes à l’intérieur. Et pouvez-vous m’envoyer un médecin, ma fille est plutôt mal en point.
  • C’était justement votre fille que je venais voir, votre frère m’a averti qu’il venait de la récupérer. En ce qui concerne votre hangar, nous avons retrouvé un corps dans l’escalier qui menait au bureau, mais il n’est pas mort à cause de l’ incendie il a reçu un coup sur la tête qui a dû le tuer sur le coup. Nous avons aussi trouvés un homme qui n’a pas eu le temps de s’échapper il avait encore la main collée sur un jerrikan mais je pense que pour lui tout est finis car il était brûler aux trois quart du corps. 
  • Avez-vous trouvé l’amie de ma fille?
  • Non, il n’y avait personne d’autres.
  • Vous en êtes certain?
  • Oui, mais laissez-moi m’occuper de votre fille. Elle a quel âge? 
  • Dix sept ans
  • 17? Ah je ne lui en donnait que 13, elle n’a pas eu une croissance normale.
  • En Afrique il y a 17 ans elle a contracté une maladie infectieuse, à l’époque les médecins n’ont pas su nous dire ce qu’il s’était passé exactement.
  • C’est la raison qui vous a fait revenir en France?
  • Oui, et surtout que mon frère avait besoin de moi pour mettre en marche notre entreprise d’ULM.

Il a pris le temps d’examiner Stéphanie, elle n’est pas brûlée juste choquée par la déflagration et le fait que la malédiction est à nouveau refait surface. Toutefois il la trouve un tantinet agité et lui prescrit un léger sédatif pour qu’elle puisse reposer son cerveau en ébullition.Puis il demande à son père de l’emmener, mais ce dernier refuse de quitter l’aérodrome, aussi il confie sa fille à un pompier qui va la ramener à leur domicile. Son frère le rejoint et ils attendent les premières constatations d’usage après cet incendie qui se révèle criminelle. Puis Sophie est une jeune fille qu’il connait bien,  il aimerait bien savoir ce qu’il lui est arrivé. Il espère que la jeune fille a juste été choquée comme Stéphanie et qu’elle sera rapidement retrouvée.

Quelques heures plus tard  aucun autre corps n’ a été trouvé. Gérard est mort et l’autre corps n’a pu encore donné un nom, son visage est en piteux état, seules ses empreintes digitales pourront être examinées, mais que de la main gauche, car la droite a littéralement disparue; c’est ce que lui a dit le pompier qui a aidé sa fille il y a quelques heures.

En fin de soirée, Fred le père de Stéphanie a rejoint son frère et sa belle-soeur ainsi que sa fille, il a joint sa femme qui est hôtesse de l’air du drame qui vient de les atteindre.Elle rentrera comme prévu le lendemain, il lui a demandé de ne pas modifier son voyage. Entre frères ils vont se serrer les coudes. Quand à Sophie ses parents sont effondrés, personne ne l’a vu et la seule chose qui  les console c’est qu’il n’y a aucun autre corps dans les décombres du hangar. Elle a donc réussis à fuir, mais où est-elle passée?

A suivre…

Face au vent ( suite 1)

Quant à cette fameuse malédiction, comme disait son père elle avait dû sauter une génération, car lui et son frère  était pour l’un PDG  de leur petite entreprise de constructions d’ULM, et lui même était le président de l’ aéro-club de Marour où en sa qualité d’instructeur il volait régulièrement sur l’ensemble des avions et donnait des cours à une multitude de futurs pilotes. 

Sa cadette était un garçon manqué et elle ravissait son père qui avait tant rêvé d’avoir un fils. Fanne comme lui aussi  la nommait avait contracté en Afrique une maladie pendant les premiers jours de sa vie. Cette maladie lui avait cassé sa croissance, elle mesurait moins d’1 m 50, comme sa fille aimait le répéter:

  • Je mesure 1 m 49 et demi et ne me parlez pas de médecins qui n’ont qu’une envie m’allonger les jambes, puis ensuite les bras, je suis comme je suis et je m’en porte très bien, ce n’est pas une maladie tout au juste un léger contre temps. Je suis en pleine forme et si demain l’homme que j’aime mesure deux mètres et bien ce n’est pas grave il me portera dans ses bras.

Sur ces paroles dîtes avec beaucoup d’humour, Fanne partait d’un grand éclat de rire et passait à autres choses, mais aujourd’hui c’est le grand jour, il lui faut prouver à son père qu’elle est capable de poursuivre des études et de mener de concert l’aviation. Si aujourd’hui elle a son Brevet de pilote, la semaine prochaine elle va recevoir ses résultats du bac, elle espère bien le décrocher et surtout avoir une mention aussi belle que sa soeur. Mais elle ne comprends pas la raison pour laquelle Gérard le gardien de l’aérodrome n’est pas venu à sa rencontre, la grille est fermée, les hangars ne sont pas ouverts, aucun avion n’a été sortis, il est déjà 9 h passés, elle s’impatiente, l’examinateur arrive à 10 h, elle aurait aimé s’échauffer un peu. Elle joue de malchance car d’habitude son père lui donne les clefs mais comme ce matin elle passe cet examen, il a préféré la libérer et la laisser se préparer. Excédée, Fanne appelle son père, mais son appel téléphonique reste sans réponse, il ne réponds pas, décidément elle joue de malchance, les minutes s’égrainent sans que personne ne vienne lui ouvrir la porte. A 9 h 30 arrive son amie Sophie qui vient la voir, mais personne du staff n’est là. Comme elle n’est pas patiente, elle décide de faire le mur où tout au moins de passer le portail. Sophie l’aide en lui faisant la courte échelle, elle se trouve au sommet du portail et descend sans se faire de mal de l’autre côté. Sophie fait de même de son côté, les voilà toutes les deux dans la place. Elles courent plus qu’elles ne marchent, et arrivent devant les hangars, si ceux-ci sont fermés la porte de côté est grande ouverte.

  • Tu sais Sophie je n’aime pas ça, déjà Gérard n’est pas là, il n’a pas répondu à mes appels téléphoniques, il n’y a aucun avion de sorti. Et je ne comprend pas pourquoi la porte est ouverte.
  • Tu penses à quoi Fanne?
  • Je ne sais pas, mais cela n’est jamais arrivé, et ce matin où je dois passer mon examen je suis devant une porte fermée avoue que c’est troublant.

A ce moment Sophie a comme une lueur de lucidité, dans ses yeux passent l’espace d’un instant comme une grande frayeur.

  • Fanne j’espère que tu ne fais pas allusion à la malédiction;
  • Voilà tu l’as dit, je me demande si ce n’est pas un signe du destin m’invitant à renoncer;
  • Quoi? Tu ne veux plus le passer ce diplôme que tu attends depuis que tu as à peine 13 ans; tu n’es pas arrivé là pour tout arrêter.
  • Bien sûr que non, allez vient allons voir ce que fait Gérard.

Les deux amies arrivent à hauteur de la porte et elles entendent comme un avion dont on ferait tourner les hélices, cet avion est fort particulier c’est celui du Père de Stéphanie avec lequel il faisait des voltiges, personne n’a le droit de le toucher et encore moins de s’en servir à l’intérieur, son père n’est pas arrivé sur le parking il n’y a pas sa voiture. Qui est là? Il leur faut en avoir le cœur net, si c’est un voleur qu’est devenu le gardien? Si c’est son père pour quelles raisons le ferait il tourner à l’intérieur, car rapidement au moment où toutes deux franchissent la porte, elle voit  le hangar  envahi d’une épaisse fumée. Stéphanie a la présence d’esprit de téléphoner aux pompiers de Sainte Luce la ville voisine grâce à son portable. Ils ont un camion dans les parages qui fait une manœuvre le pompier de garde lui assure qu’ils seront dans cinq minutes sur les lieux. Stéphanie bondi en direction des bureaux et se heurtent à un corps allongé dans les escaliers, c’est Gérard, elle va pour hurler quand Sophie lui met la main sur la bouche en lui disant :

  • Chut il y a deux hommes là-bas qui arrosent d’essence l’ensemble des avions, dépêchons nous de sortir avant que tout s’enflamme.

Elle essaye d’entraîner son amie mais cette dernière lui oppose une force et ne veut surtout pas quitter les lieux sans avoir réussis à ouvrir le  portail extérieur afin que les pompiers aient accès au hangar.

  • C’est la vie entière de mon père qui risque de partir en fumée, s’il te plait laisse moi sauver au moins mon avion.

C’est à ce moment-là qu’à la fois les deux jeunes filles entendent les pompiers et une déflagration comme si le premier hangar où elles se trouvaient venait de disparaître en un embrasement spectaculaire.

 

A suivre…

Face au vent contre la malédiction!

 

Voici pour le prochain suspens une mise en bouche…

 

Marour est un charmant village blotti au pied d’une colline, enfin ce qui aujourd’hui ressemble à une colline, autrefois c’était un terril où l’on déposait les scories de charbon. Des prairies où autrefois les vaches broutaient tranquillement ont disparues pour faire place à un aérodrome où la Famille Langlois depuis l’arrière grand-père disparu tragiquement au-dessus des Alpes en a l’unique propriété. L’actuel propriétaire est Frédéric Langlois plus communément appelé Fred. 

Dans son aéro-club  des cours sont donnés régulièrement, il a des pilotes chevronnés, lui est un ancien de l’escadron des fous volants. D’autres viennent de l’armée, d’autres ont été formés par Fred lui même.

 

Frédéric Langlois a deux filles Zoé l’aînée âgée de 28 ans , les avions elle préfère les regarder du sol, elle a autant le vertige que le mal de mer , sans parler des autres transports. Elle préfère le vélo ou ses jambes. Elle est mariée et a deux beaux garçons, le plus grand a 7 ans le plus jeune 5 ans, eux par contre sont passionnés d’aviation.

L’autre fille se nomme Stéphanie , elle vient d’avoir 17 ans.

 

Prologue

Stéphanie est fébrile ce lundi matin, elle, que ses camarades de club appelle « Fanne » car ils en sont tous fan, et de Stéphanie à Fanne le surnom lui est resté,  attend l’ouverture des portes du petit aérodrome où comme tous les jours de cet été elle prend son petit avion  un jodel D112 qui prends son envol à 80 km/heure, elle fait quelques arabesques et autres voltiges ce qu’elle aime en particulier, puis posément elle suit les cours de son instructeur. Enfin il est arrivé le grand jour, elle va passer son brevet de pilote privé.

Quatre ans plus tôt elle  a passée le BIA ( Brevet d’initiation à l’Aéronautique) puis il y a deux ans elle a passé le BB (brevet de base ). Elle se sent fin prête malgré la malédiction qui pèse sur son petit village, celle qui pétrifie de peur les habitants de Marour.  Contre vent et marée, surtout contre l’avis de sa mère de sa soeur et de sa grand-mère, Stéphanie est passée outre, si un malheur devait lui arriver aux commandes de cet avion et bien elle s’éclaterait en l’air comme elle a toujours eu tendance à le dire, voire même à le crier à ceux qui ont peur pour elle.

A suivre 

 

L’histoire va se dérouler dans un village crée de toutes pièces mais beaucoup de choses existent réellement, le nom des brevets de pilote, des avions. C’est juste le décor qui est faux.

 

 

 

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe

Rejoignez moi dans mon imaginaire