Martine, Philippe, Hélène, Amandine, Thibault et les autres. Voici leur histoire

 

Depuis plus d’un an j’ai la visite chaque matin ou soir  d’une infirmière, en discutant avec Amandine hier (prénom changé)  je lui disais vous êtes pour certains malades des rayons de soleil, comme j’écris j’ai bien envie de vous mettre à l’honneur à ma façon en racontant des anecdotes vraies ou je peux les inventer pour vous donnez une place chez mes lecteurs et pour que l’on touche du doigt ce qu’ils vous arrivent de vivre.

Pendant quelques jours à l’allure où je vais pouvoir en quelques lignes, voire page je parlerais de l’un d’entre eux; au milieu se cachera de l’imaginaire, mais la plupart seront vrai. Parfois la réalité rencontrera la fiction tant ce qui se passe est aberrant adorable, incroyable, extravagant voire impossible.

Vous risquez de pleurer, de rire  ou d’être incrédule, jamais vous ne saurez si c’est vrai ou faux, j’espère que vous serez nombreux à me suivre et surtout à réagir.

Juste une petite précision elles ne m’ont jamais donnés le nom des patients, jamais elles ne sont allés au-delà de la déontologie, ce que je ne sais pas je l’ai compris. La mort sera présente aussi, mais parfois le rire, je mêlerais au milieu ce qu’il m’est arrivé aussi à moi où à des proches qui ont acceptés de me raconter pour étoffer mes écrits.

 

 

Ma première histoire aujourd’hui c’est celle de Myriam. C’est elle qui parle voici son récit :

 

 

Je tournais dans mes mains le papier qui émanait de la Sécurité Sociale, je devais répondre à un questionnaire pour prouver que je dispensais des soins, les bons et surtout que je n’outrepassais pas ce que je faisais à ma malade.

Il voulait savoir si tel pansement était le bon si je ne leur ‘avais pas fait dépenser plus que je n’aurai, j’étais abasourdis, cela faisait deux ans que je n’allais plus chez Isabelle, jeune femme de 35 ans atteinte d’un cancer du sein. Deux ans il leur avait fallu pour me poser ses questions que je trouvais incongrue, maladroite voire honteuse à mon égard.

Certes ce n’était pas la première fois que je devais répondre à ce genre de questionnaire mais là j’étais d’autant plus mal à l’aise qu’avec cette patiente j’avais tissé des liens. Je ‘y rendais pour des séances de chimio et biens d’autres choses, comment pouvait-il encore douter de moi, je suis une vieille de la vieille, j’ai fait mes preuves, mais non il fallait encore que je prenne le temps après mon travail et dieu sait s’il est prenant. Je démarre à 19h je fais une pause à 14h enfin je ne regarde pas l’heure, je fais tous mes patients, je rentre chez moi et je redémarre soit à 16h soit à 17 h et ce jusqu’à 20 h ou 21 h , bref je ne regarde pas la pendule, je suis là pour tous.

Là je viens de manger il est plus de 23 h et je dois renvoyer ce maudit papier; j’ai sorti le dossier d’Isabelle, cela fait une heure que je le regarde pourtant il n’y a qu’un mince feuillet, mais ce sont les photos qui me renvoient deux ans en arrière.

Depuis quelques semaines je suis seule après 25 ans de mariage, mon mari m’a laissé excédé par mes horaires, par mes crises de larmes le soir mais pas tous les jours, il n’en pouvait plus il a rencontré une autre femme et s’en est allé.

Je me demande si je ne l’ai pas excédé en lui demandant des conseils, des tournures de phrase à faire quand je m’adressais à des médecins, à la Sécurité Sociale, car je prenais des gants pour leur écrire. Mettre des croix dans des cases c’est facile mais là je voulais argumenter expliquer, et Charles me manquait.

 

 

Quand j’ai relevé la tête, mon téléphone affichait 5 h du matin, je m’étais endormie. Mais ce somme sur ma table m’a donné une idée, ou est-ce Isabelle partie trop tôt rejoindre les anges du ciel comme elle me le disait souvent qui m’a inspiré.

Je n’ai coché aucune case, je n’ai rien rempli, j’ai juste mis une photo explicite de ses seins. Je l’ai choisi expressément car ce n’était plus des seins c’était « une bouillie informe »,  Isabelle nous disait c’est mon beef, jamais une seule plainte , jamais elle n’a eu peur de mourir, elle a pensé jusqu’à son dernier souffle qu’elle vivrait et qu’elle verrait grandir son petit Lucas alors âgé de 8 mois.

J’ai envoyé le tout et j’ai attendu, attendu et jamais personne ne m’a téléphoné ou posé une seule question, jamais. Et, depuis plus jamais la Sécurité Sociale a osé douté de moi, JAMAIS !

Je me remémore ça ce soir car j’ai Juliette qui vient de me tomber du ciel , elle est stagiaire et c’est la petite sœur d’Isabelle ma patiente décédée à l’âge de 30 ans. Elle vient faire son stage de dernière année d’infirmière, elle a choisi ce métier quand sa sœur est décédée, avec son copain elle élève Lucas son neveu, il a deux ans c’est le portrait  de sa maman.

La vie continue aurai pu me dire Isabelle quand accompagnée de Julie j’arrive à 6h 30 ce matin chez mon premier patient Maurice un pépé de 90 ans, mais là c’est une autre histoire.

 

A DEMAIN :

 

 

 

 

 

 

 

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