Lumières sur la lande

ocean en furieLa tempête faisait rage sur la Bretagne en ce matin du 15 juillet, jour à marquer d’une pierre noire pour le petit village de Kermilliget  appelé le village maudit depuis des décennies, mais cela ne gênaient en rien ses habitants. Hélas en cette nuit de pleine lune tout allait changé, ils allaient devenir le centre de la Bretagne.

Pourtant ses ruelles pavées fleuries  d’hortensias. ses maisons de granit et ses belles balades par beau temps le long du chemin côtier  en font un joli coin où l’hiver il y a peu d’habitants,  Même le port a perdu son âme, quelques rares bateaux sont encore amarrés, les autres les bateaux pour la pêche en haute mer sont  au Guilvinec, alors ici comme  il n’y a plus de travail, ils ne restent que les vieux, les femmes et quelques rares enfants en bas-âge.

Mais dès l’été venu les habitués reviennent, cela fait des années qu’ils connaissent ce petit village, autrefois il y avait les grands parents maintenant ce sont les jeunes de la troisième génération qui se retrouvent, leurs parents quand à eux viennent se ressourcer dans le giron de cette terre  Bretonne où ils sont nés car  pour l’aimer il faut en connaitre tous ses silences, son âpreté, sa rudesse et ses odeurs marines.

Cette nuit du 14 juillet les jeunes, comme chaque année avait fêté la fête Nationale, ici c’était une coutume on allait de maisons en maisons chantés pour les jeunes filles qui venaient d’avoir 18 ans. Puis comme à l’accoutumée ils avaient pris leurs vélos, scooters ou leurs voitures pour aller danser au bal des pompiers. A minuit les couples s’étaient formées et tout ce petit monde s’étaient éparpillés sur la lande…On voyait de ci de là des petites lumières, mais personne ne prêtaient attention au drame qui se déroulait sur la plage de Kermilliget. C’était en contrebas du chemin dit  » Des douaniers » , de la route c’était impossible d’en voir la plage.Et puis la lune jouait à cache cache.

C’était une belle nuit d’été, chaude, les esprits étaient excités. Au bal elle avait osé venir la belle rousse, l’Islandaise comme tous la nommait, elle était de retour.Cela faisait  cinq  ans qu’elle n’était pas revenue. La dernière fois, c’était le jour où son jeune frère avait été emporté par une vague, tous s’en souvenaient encore. Aussi lorsque  huit jours plus tôt elle était arrivée avec une seule valise, un silence de plomb s’était abattu sur la rue principale, les habitant s’étaient calfeutrés derrière les persiennes bleues claires, mais elle n’avait regardé personne, elle avait fière allure, elle portait une robe longue ce qui paraissait encore plus incongru, mais seul le silence l’avait accompagné jusqu’à la demeure de sa grand-mère, vieille femme de plus de 80 ans qui n’avait plus sa tête depuis l’affreuse tragédie. Irma n’avait pas reconnue sa petite fille, mais quelques heures plus tard, elles allaient bras dessous, bras dessus au cimetière déposer quelques ajoncs sur la tombe, enfin cette pierre qui n’avait pas de corps, l’océan n’avait jamais rendu sa proie. Les deux femmes se soutenant mutuellement aimaient venir sur ce bout de lande battue par les vents, mais ce jour là le 7 juillet, la plus jeune murmurait à l’oreille de sa grand-mère des mots, ce qui avait fait dire à un de leur plus proche voisin, que les deux sorcières préparaient un sale coup.

A suivre…..

6 réponses à Lumières sur la lande

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
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