Le souterrain de la désespérance (suite 9 )

Marine attend patiemment que ce dingue se réveille, ce matin elle n’a pas eu droit à son petit déjeuner, elle a soif, elle a terminé ses deux bouteilles d’eau, elle se sent si faible. Soudain il bouge, mais elle a peur car dans son regard elle voit qu’il est arrivé à un degré de folie qu’elle n’a jamais connue, en plus il pue la bière. A nouveau elle se met à trembler comme une feuille. Le gros lourdaud s’en aperçoit et la prends dans ses bras.

  • Toi froid ! Je vais te réchauffer !

 

Il lui malaxe les seins, l’embrasse, la serre contre lui, lui frictionne le corps et finalement s’éloigne d’elle et revient avec deux bouteilles de bière.

  • Champagne chérie ! Bois ! Toi avoir chaud !

Elle sent qu’elle va être rapidement saoule, et elle ne va plus savoir ce qu’elle va faire, elle hésite mais il lui met le goulot aux lèvres, lui renverse la tête et la force à boire, à la première goulée elle s’étouffe et recrache tout, il lui assène une gifle qui la couche, il la relève et lui dit de boire sans cracher sinon…Ces mots sont lourds de conséquences, alors elle boit. La bouteille à peine terminée il revient avec une autre bouteille, rapidement Marine perds conscience de ce qui l’entoure, elle flotte sur un petit nuage et se rapproche dangereusement du frustré. Lui la caresse et aussi vite qu’il s’est réveillé il se rendort.

Combien d’heures se sont écoulées ? Marine ne le sait pas, quand elle revient à elle, elle gît à même le sol couché sur la couverture, pleine de vomissures les siennes et celles de son bourreau, son corps est meurtri, elle ne pourra pas tenir, elle a mal de partout, elle s’examine, elle a les cuisses couvertes de bleues, de griffures de morsures. Le sang a coagulé, tout son corps est une plaie, cet homme s’est acharné sur elle, il lui faut s’en aller. Et tant pis s’il la tue. Elle n’a plus ses fers, même les anneaux ont disparu, si elle osait elle l’attacherait mais elle a peur qu’il se réveille. Alors tant bien que mal elle se lève, prends la lampe cela peut toujours lui servir, elle va vers la grille, elle est ouverte, marche rapidement vers ce qu’elle espère une sortie. Voilà la fameuse porte en ferraille, celle qui grince. Ouf elle est ouverte, Elle entend le bruit qui l’angoissait, elle écoute elle n’entend rien. Elle passe la porte et se retrouve dans un autre couloir moins lugubre que le précédent, il y a des petites lumières de part et d’autre. Au bout il y a une intersection, deux couloirs s’offrent à elle. D’un côté ce sont des escaliers, ils doivent mener à leur maison, alors elle préfère aller à gauche et continue tant bien que mal son long périple, toujours aucun bruit, maintenant elle en est certaine, elle est dans les galeries de l’ancienne mine. Pourvu que tout le toit tienne pense-t-elle ? Elle a de plus en plus des difficultés pour avancer, elle a mal au ventre et envie de vomir, mais il faut qu’elle mette énormément de distance entre elle et son bourreau. A nouveau deux galeries qui se croisent, depuis un bon moment il n’y a plus de lumières, elle décide de toujours aller à gauche de manière à pouvoir revenir sur ses  pas au cas où cette voie soit sans issue.

Tout à coup la voici devant une autre porte mais celle-là est à claire- voie, elle la secoue et la porte s’abat de l’autre côté, elle passe sans encombre, à nouveau une intersection, elle a tellement mal qu’elle s’appuie au mur qui cède sous son maigre poids et elle tombe dans une cavité pleine d’eau, elle a froid, et sa douleur s’est réveillée, elle va mourir ici, elle vomit la bière, l’alcool, l’eau tout ce que son ventre ne peut plus retenir et sent ses paupières s’alourdirent, alors au prix d’un immense effort, elle se relève, cherche à tâtons l’ouverture et réussis à sortir de ce trou et c’est à ce moment-là qu’elle commence à sentir de l’air frais, elle ne doit pas être loin d’une sortie. Elle entend même des cris d’enfants. Elle émerge petit à petit en s’aidant des mains et des pieds, elle a trouvé comme des marches taillées dans le sol. Vite il lui faut sortir au grand jour, après elle sera sauvée. Elle se sent complètement épuisée, il lui faut encore tenir, la voilà qui sort par un boyau assez large, elle ne voit personne, pas âmes qui vivent. Où sont les enfants ? Elle a dû rêver, elle se trouve bien dans l’ancienne mine, mais elle est seule au milieu de nulle part. Elle voit au loin une fumée, mais elle n’ira pas de ce côté, il lui faut parcourir les quelques mètres qui la séparent  de la route départementale ; pourvu que l’autre ne la rejoigne pas, mais il était complètement gorgé de bières. En plus si elle ne se souvient pas combien de bouteilles elle a bues, lui a dû boire autre chose que la bière, car elle a aperçu des bouteilles de whisky mais elle aussi a dû en boire, elle a la gorge en feu. Elle titube et tombe derrière un buisson. Puis elle attend, elle sombre dans un sommeil profond, elle ne réagit à aucun des bruits alentour, des enfants se chamaillent, mais elle est trop loin d’eux et elle ne les entend pas. Quand elle émerge de son semi- coma, elle voit que la ligne d’horizon est rouge, elle sait que la nuit ne va pas tarder, il lui faut mettre de la distance, mais elle se dit que vu l’heure qu’il est, ils ne peuvent pas la chercher ici. Elle est toujours allée à gauche, et elle a croisé pas mal de bifurcation. Si ils sont partis à sa recherche, ils auraient dû déjà déboucher par le boyau, et vu l’heure il la cherche plus loin. Ils vont peut-être jamais la retrouver. Comment pourront-ils savoir quelle direction elle l’a prise,  son bourreau était complètement saoul, il lui en faudra du temps  pour comprendre qu’elle  s’est enfuie, puis le temps qu’il reprenne ses esprits elle sera loin.

La nuit est à présent là et les lumières de la ville lui paraissent fort lointaines, il lui a bien semblé reconnaître quand il faisait encore jour un lieu où enfant elle était venue avec son école pour visiter le musée de la mine.

Il lui faut quitter son abri précaire et s’enfoncer plus en avant vers les habitations. En effet elle ne s’est pas trompée elle est bien au musée de la mine, bien maintenant il lui faut atteindre la limite de propriété et trouver un endroit pour sortir. Pourvu que ces trois dingues ne soient pas les gardiens de la mine, si cela était cela expliquerait comment ils leur étaient faciles de se déplacer sans attirer l’attention. Il faut que  pour Claudie elle arrive à sortir de cet enclos. Cette prison est en plein air, mais elle ne pense pas qu’il y ait des rondes car il n’y a pas grand-chose à voler. Elle avance péniblement, et arrive au portail, il est bien entendu fermer par un gros cadenas, la voilà à nouveau prisonnière, c’est impossible qu’il en soit ainsi. Elle doit à tout prix et n’importe comment s’en sortir. Elle va tout d’abord chercher une sortie dans la clôture, elle est certaine que tout à l’heure il y avait des enfants, elle avance à tâtons quand brusquement il y a un trou dans le grillage, elle passe au travers et sort. Il n’y a aucun bruit, sauf au loin sur la route. Il lui faut rapidement trouver un endroit pour se reposer, elle marche pieds nus et elle a mal  de partout. Son bas ventre est en feu, ses seins lui font très mal. Cet homme était impuissant mais il a utilisé des objets immondes ; elle les revoit et veut chasser de son esprit ses images d’enfer, voire apocalyptiques mais ces images passent en boucle devant ses yeux. Combien de temps va-t-elle mettre pour les oublier. Enfin la voici sur la route, finalement elle en était plus proche qu’elle ne le pensait, que faut-il faire ? Attendre le jour au risque de se retrouver avec ces bourreaux. Mais dans un sens jamais ils ne pourront penser qu’elle ait pu rester dans les parages, bien qu’elle ignore totalement où ces types habitent. Comme ce sont les vacances, la mine va ouvrir demain alors elle pourra téléphoner, avertir son père, oui voilà elle a pris la bonne décision, elle va s’envelopper dans sa longue robe et se mettre dans un fossé. Et elle va dormir. Demain elle trouvera certainement une voiture.

Pendant ce temps dans la cellule de Marine dort toujours son bourreau, mais il commence à geindre, il ne va pas tarder à se réveiller, en effet il émerge, il tâtonne à la recherche de sa poulette et ne la voit pas.

    • Où es-tu ma chérie, bébé viens là, j’ai besoin de toi!

Mais personne ne lui répond et il avance jusqu’à la porte, il l’ouvre et tourne de suite à droite, son frère a dû lui voler sa femme. Mais il est tellement imbibé d’alcool qu’il s’effondre avant d’atteindre la première marche  et il repart dans un sommeil lourd comme seuls les buveurs connaissent.

 

A suivre

4 réponses à Le souterrain de la désespérance (suite 9 )

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
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