Le souterrain de la désespérance (fin)

Voilà la boucle est bouclée, Claudie, Marine et la petite Lilli devaient toutes avoir été enlevées par ces trois types, Rapidement une voiture est envoyée au musée, les recherches dans l’usine désaffectée sont arrêtées, les précisions apportées par Marine sont très fiables, car un des mineurs confirment qu’une des galeries avaient bien été fermée par une porte en bois à claire-voie. Accompagné par cet homme ils retrouvent rapidement le boyau par lequel Marine est sortie, ils admirent sa ténacité car il y a des marches qui ne tiennent pas, mais quand on fuit pareille horreur on a une force qui soulève les montagnes.

A partir de maintenant, nous ne parlons plus, nous marchons doucement en file indienne, tout le monde éteint son mobile,  nous prenons toujours à droite et quand nous serons en vue de la fameuse porte en fer nous aviserons. Les kilomètres de galeries sont faits au pas de charge mais fort silencieusement, à chaque intersection deux policiers sont postées, non pour retrouver leurs chemins mais pour pouvoir parcourir les autres galeries. Les voici devant cette fameuse porte en fer, effectivement elle grince. Il parcourt le couloir plongé dans le noir le plus complet, chaque cellule est visitée mais aucune n’a la petite Lilli encore moins Claudie. Dans la dernière cellule il y a un matelas avec du sang, des vomissures, des bouteilles abandonnées, personne n’est revenue depuis la fuite de Marine. Ce sont des pièces à conviction, ils en ramassent le plus possible et repartent. Ils vont désormais refaire le chemin jusqu’aux escaliers qui se trouvent à la deuxième intersection et les prendre. Ils ont été refaits assez récemment, après avoir parcouru une vingtaine de marches ils accèdent à une nouvelle porte en fer mais cette dernière est verrouillée. Ils décident de redescendre et avec l’ancien mineur ils font un point au bas des escaliers pour savoir où ils peuvent mener en surface. Le plan est étalé à même le sol, mais à ce moment-là un bruit de verrou se fait entendre. Tous se plaquent contre la paroi et plus un bruit ne se fait entendre à part les vociférations d’une fillette, ce doit être Lilli qui hurle. Un homme passe à deux pas du premier policier qui ne fait aucun geste, il leur faut le suivre et l’empêcher de faire du mal à la petite. L’homme ne se rend compte de rien, au moment où il va pour ouvrir la porte il dépose au sol la petite qui semble entravée aux pieds, aussi le capitaine n’hésite pas et se rue sur l’homme et il le plaque au sol, rapidement il est aidé par deux de ses collègues, il lui passe les menottes et à leur tour le bâillonne. Il ne faut pas que ses cris gutturaux alertent ses frères. La petite Lilli s’est évanouie, rapidement il l’emmène hors des souterrains.

Quant au kidnappeur, menotté, ils l’emmènent vers la sortie en passant par une ouverture plus facile d’accès. Dès qu’ils sont dehors, le mineur reconnait l’homme, c’est le frère d’un de ses amis. Son ami ancien mineur se nomme Éric, c’est bien le prénom que Marine a signalé comme étant le frère aîné de ce rustre.

Finalement Marine avait raison de se méfier, Éric était bien le gardien du musée, à la fermeture de la mine un de ses frères étant assez jeune, il était resté dans la région et avait proposé ses services au musée. Quant au cadet il était infirmier en milieu psychiatrique, d’où la raison pour laquelle son frère était sorti si facilement. 

Mais hélas il fallait se rendre à l’évidence, l’homme qu’ils avaient attrapé était le cadet, le plus jeune, le bourreau de Marine n’avait pas été retrouvé, quant à Éric et la jeune Claudie nul ne savait ou à cette heure où ils se trouvaient.

Il fallait agir rapidement car l’absence du cadet allait donner l’alerte aux deux autres, Claudie était encore entre leurs mains. La petite Lilli allait certainement leur dire d’où elle arrivait, en effet, après avoir été enlevé par l’homme aux cheveux noirs et en broussaille elle s’était retrouvée dans la maison de Monsieur Éric et sa future femme Claudie. Claudie lui avait mis une belle robe blanche et lui avait dit qu’elle allait assister à son mariage. Puis elle avait mis son doigt sur sa bouche et lui avait dit, je t’en supplie sois bien sage, tant que je serais avec toi il ne t’arrivera rien. Aussi lui avait-elle obéie, et la cérémonie avait commencée. Après il y avait eu le repas, tout le monde avait bu, celui qui disait être son amoureux l’avait forcé à boire mais son frère Éric lui avait dit d’arrêter. Ensuite il l’avait emmené dans une chambre et l’avait fait déshabillé, lui avait dit couche toi je reviens. Elle ne savait pas quoi faire, elle avait peur. Elle avait entendue Claudie rire, puis après de drôles de bruit. Mais personne ne pleurait, alors elle s’était endormie. Quand elle s’était réveillée le Monsieur qui l’avait kidnappé dormait tout contre elle, elle avait crié en le voyant nu, mais quand il avait ouvert les yeux il ne lui avait rien fait, juste il avait rigolé et lui avait dit :

  • Je ne veux pas de toi tu es un bébé, tu as quel âge ?
  • 12ans ;
  • Et bien tu n’es pas une femme, tu es un bébé, je vais te descendre à la cave, car je ne te veux pas, mon frère aime tout, les bébés et les grandes filles je vais t’offrir à lui il a perdu sa poulette.
  • Et, c’est tout, car vous m’avez retrouvé.

Ouf tout est bien qui finit bien pour Lilli, quant à Claudie elle doit aimer son tourmenteur pour que au vu de ce que Lilli leur a raconté elle se soit donné à lui sans un cri. Mais à force d’être violé, elle a certainement préféré accepter que de lui résister. De plus selon les dires de Lilli elle attendrait un bébé. Et si cela se voit c’est que la date d’un avortement est largement dépassée. Pauvre gamine pense l’inspecteur en chef.

Une réunion de crise a lieu dans les locaux de la police, il faut que Bernie le second des frères Reno parle. Ils vont le cuisiner sans répit.

Tout d’abord il se défend d’avoir touché la gamine, il l’a juste mis dans son lit, caressé, puis il a vu que la gamine était encore une enfant et lui préfère les jeunes filles en fleur. Depuis il ne disait plus rien il s’était muré dans le silence. Il leur faut le secouer et passer à la vitesse supérieure :

  • Qu’as-tu fais à Marine ?
  • Marine c’est la poulette à mon frère, je ne l’ai pas touché !
  • Menteur, tu l’as violé,
  • Elle aimait ça je ne l’ai pas violé, elle criait de plaisir ;

Les policiers ne peuvent le gifler mais c’est ce qu’il mériterait, mais il leur faut du sang froid et avec ce genre d’individus ce n’est pas chose facile.

  • Où est ton frère ?
  • Lequel ?
  • Le plus jeune il se nomme comment ?
  • Pierre, mais on l’appelle Pierrot,
  • Où est Pierrot ?
  • Il est parti !
  • Quand et où ?
  • Hier mon frère a appris que sa poulette devait être en train d’errer dans les souterrains alors Éric l’a envoyé la chercher et depuis il n’est pas revenu.
  • Il s’est perdu tant pis pour lui ! On n’ira pas le chercher ; Et ton frère aîné ou est-il ?
  • En voyage de noce ;
  • Où ?
  • Dans notre maison du lac !

Après avoir écouté les explications de Bernie, la police est allée cueillir à 6 h du matin le couple. Éric est en prison et Claudie est à l’hôpital ou elle se remet lentement de ces 5 mois de captivité. Elle attend son bébé, et ne sait pas si elle donnera l’enfant à l’adoption ou si elle va le garder. Quand à Pierrot lui aussi a été récupéré errant sur la départementale, il n’avait plus sa tête mais cherchait sa poulette. Il est désormais enfermé dans un hôpital spécialisé, le père de Marine et les parents de Claudie se battent pour qu’il soit jugé normalement.  Marine est certaine qu’il joue la comédie.

 

Quelques mois plus tard, Claudie a accouché d’une jolie petite fille, elle a préféré la donner à l’adoption, elle lui a laissé un mot pour si plus tard elle voulait savoir qui était sa mère.

Lilli s’est remise rapidement, car elle avait juste été traumatisée. Quant à Marine, elle et son père ont quitté la Région, elle n’a pas cherché à revoir Jules surtout après avoir appris le rôle qu’il avait joué. Ses blessures physiques se sont estompées, elle sait qu’elle pourra avoir quand le moment sera venu des enfants. Elle fait toujours des cauchemars, mais entouré par son père et sa nouvelle femme elle va arriver à se reconstruire. Ils reviendront pour le procès, elle sera à nouveau confrontée avec son bourreau et son frère, . Marine sait qu’elle est désormais capable d’affronter leur regard, ils seront jugés tous les deux aux Assises, le plus jeune n’est nullement fou, il est même fort intelligent, mais comme il boit énormément, cela lui fait perdre ses repères et lui décuple ses bas instincts.

 

Dix-huit mois après ces événements le jugement a eu lieu, les trois hommes ont reconnus les faits, que dis-je les horreurs qu’ils ont fait. Les deux plus jeunes ont été condamnés à la réclusion à vie avec obligation de soin. Eric a écopé de 30 ans de prison pour avoir violé Claudie mais pour Marine, rien ne sera retenu contre lui, la concernant, à part ses sous-entendus il ne l’a jamais violé.  Claudie a récupéré sa petite fille, car elle ne pouvait la laisser. Quant à son père, elle ne vivra jamais avec lui, mais à ce stade elle ne sait pas si un jour elle pourra en parler à sa fille… Ses parents allaient l’aider pour lui permettre de bien démarrer dans la vie.

  Marine quant à elle vit avec son père et sa belle-mère, elles sont très complices, maintenant elle va pouvoir tourner la page, même si elle fait encore des cauchemars, mais le procès la aider car elle sait que ces bourreaux ne ressortiront jamais. Au procès elle a vu Jules, il est venu lui demander pardon, car c’est à cause de lui qu’elle a été enlevé, il ne lui aurait pas démonté sa roue rien de ce qui lui est arrivé aurait pu se passer. La famille de Marion est venue l’embrasser, Marion et elle, échangent par Skype, et Marion va venir la voir pendant les vacances. Le père de Marine accepte plus facilement que sa fille sorte, tous les deux sont sortis grandis de cet épreuve, mais lui particulièrement se demande si d’avoir enfermé sa fille dans une bonbonnière n’a pas été  un handicap pour sa fille, aidée en cela par sa femme il arrive à surmonter ses démons. Marine est suivie psychologiquement elle a besoin de raconter encore et encore, mais quand elle sort elle retrouve son ami, il se nomme Tom, elle lui a tout raconté, il est plus âgé qu’elle, son père l’a rencontré. Marine et Tom s’embrassent, il fait beau, ils en sont aux balbutiements de l’amour. Tom sait qu’il doit prendre beaucoup de précaution avec Marine, mais il l’aime.

 

FIN

 

 

 

9 réponses à Le souterrain de la désespérance (fin)

  • clara65 dit :

    Tout est bien qui finit bien mais quels dégâts physiques et psychologiques pour Marine et Claudie, surtout !
    C’était un bon roman, félicitations.
    Bisous et bon week-end

    • Evajoe dit :

      Toutes les victimes de ce genre de sévices doivent avoir bien du mal à se reconstruire. Je pense que cela va au delà de ce que l’on peut imaginer.

      Merci de ton appréciation. Bisous et bon weekend!

  • ZAZA RAMBETTE dit :

    Une enquête résolue EvaJoe, mais que séquelles à vie pour les victimes ! Et cette justice idéale que tu décries ne reflète malheureusement pas la réalité de notre justice française, bien trop clémente avec ce genre de délinquant ! Moult récidives aboutissent au même schéma jusqu’au crime ! Le prochain roman, moins de descriptions « trasch » s’il te plait. J’ai fait des cauchemars après t’avoir lu le chapitre du viol de Marine ! Bises et bon samedi – ZAZA

    • Evajoe dit :

      Si j’étais juge ce serais ainsi que je punirais les coupables, des assassins qui prennent leurs pieds dans des actes innommables.
      Pour la scène du viol je vous avais avertis sans toutefois vous dire ce que j’allais écrire, mais personne ne m’a rien dit, mais à la fois je peux comprendre car je n’avais jamais écrit ce genre de polars…
      Merci et bisous

  • Gibee dit :

    Ouf c’est fini, ça va être difficile de se reconstruire, peut être encore plus pour Claudie
    Merci Joelle pour cette histoire prenante, j’ai adoré, bien sur que c’est un peu cru, mais là vie est ainsi faite parfois, tout n’est pas rose dans ce bas maonde
    Bisous

    • Evajoe dit :

      Je dédicace mon texte à toutes les victimes, certes ce polar ne verra pas le jour dans une librairie…Mais bon j’ai écrit ce que mon imaginaire me dictait, j’ai même été étonnée une fois sur le papier que j’ai pu accoucher d’un tel texte.

      Et, encore j’ai omis certains passages, je les ai écrit en plus soft surtout en voyant la réaction de Zaza…Je pense avoir bien fait, cela n’apportait rien de plus ni de moins à l’ensemble de mon texte.

      Bisous

  • colettedc dit :

    Bravo EvaJoe ! Tout se termine pour le mieux.
    Pauvres victimes ! Que ce doit être difficile de vivre comme tout l’monde après tant d’atrocités …
    Bonne toute fin de ce samedi et agréable dimanche tout entier !
    Bisous♥

  • Martine dit :

    Les trois jeunes victimes ont pu être sauvées. Et les bourreaux jugés et enfermés. Pas facile pour les jeunes filles et leur famille de reprendre le fil de leur vie saccagée.
    Un texte prenant, dramatique, avec du suspense. Dur dur par moment mais, comme dit Gibee, tu retranscris la réalité de la vie qui peut être si sordide.
    Bravo Evajoe pour ce polar rondement mené.

    Gros bisous

  • pimprenelle dit :

    Quelle lecture ! Bon ça valait le coup que j’aille jusqu’à la fin. Si seulement ces personnages abjects pouvaient avoir des jugements aussi sévères et encore j’irais plus loin car prison à vie ne veut pas dire grand-chose quand on pense que certains demandent une révision au bout de trente ou quarante ans.
    Comment feront-elles pour arriver à avoir une vie « normale ». Il leur faudra de si longues années, je pense, pour passer à autre chose vraiment.
    Tu t’es rudement bien débrouillée.
    Bisous

    Veux-tu bien me dire à quel endroit je peux te joindre autrement que par commentaire.

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
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