Le reflet dans le miroir (4 mai 2001)

– Bonsoir Rebecca, tu as fait bon voyage ?
– Je ne suis pas Rebecca
– Chut je sais que ton cerveau est plutôt mal en point suite à l’opération, tu es ma sœur jumelle je suis Marion et je vais reprendre ma place.
– Je suis Marion ! Et je n’ai pas de sœur jumelle.
– Mario fait lui sa piqûre et tu suis mes recommandations à la lettre. Dès qu’elle sera plus raisonnable tu passeras aux médicaments, mais pour l’instant ce sont les piqûres. Je ne la veux pas dans mes pattes.
Elle s’approche de moi, m’embrasse me prends mon sac à main, mon téléphone et disparaît suivis du plus âgé, le dénommé Mario s’avance vers moi avec une seringue, mais je ne vais pas me laisser faire, ils ne savent rien de moi je suis ceinture noire de judo. Voilà le petit Mario n’a rien compris il est par terre, je trouve les menottes sur la table, je lui les mets au poignet et je le traîne tant bien que mal vers le radiateur glacé et je fais comme les policiers je l’attache. Puis je saisis la lampe de poche qu’ils ont abandonnée sur la table et fait le tour de la maison. C’est une belle demeure assez vaste, dans une pièce un feu de cheminée crépite, on y est bien, je fouille les tiroirs de la commode dans la chambre, mais comme dans l’appartement voisin au mien il n’y a rien. Enfin voilà certainement la pièce que l’on me destinait, des barreaux autour d’un lit ainsi qu’aux fenêtres, un wc dans la chambre et une minuscule salle de bain. Cela sent le moisi et une autre odeur que je ne connais pas. Bon les deux autres ne sont pas revenus, Mario a les yeux ouverts et il m’envoie une bordée d’injures, je me fiche de ce qu’il raconte, je sors et aperçoit la voiture avec laquelle je suis arrivée, les clefs n’ont pas été ôtés, Mario allait surement la rentrer dans le garage qui est ouvert et allumé. Avant de partir il me faut téléphoner à mon père car il doit s’inquiéter. Mais je ne veux pas qu’il trace mon père ces dingues. Hélas je dois me rendre à l’évidence il n’y a pas de téléphone, le pauvre mec il va falloir que j’appelle en route pour que la police vienne le cueillir sinon il va mourir de faim attaché à son radiateur. Me voilà partis, Mario a eu beau me supplier de le détacher en m’appelant :

  • Rébecca mon cœur mon amour ne me fais pas ça, tu sais bien que ta sœur ne va pas revenir avant plusieurs semaines je t’en supplie je ne te ferais pas de piqûres mais ne me laisse pas.

Je suis restée inflexible, je roule en direction de la capitale, je n’ai pas d’argent sur moi, je n’ai pas mes clefs, je n’ai rien si je tombe en panne d’essence je ne pourrais pas téléphoner, j’ai réussis à m’habiller d’une vieille salopette appartenant à Mario car il a grimacé un sourire en me voyant puis il m’a dit un rien ne t’habille, mais tu seras vite ramené là tu verras. Les effets  du somnifère ont faillis me faire aller dans le décor, finalement j’ai réussis à m’arrêter au bord de la nationale et a faire un petit somme puis j’ai repris ma route, je suis arrivée à mon domicile il était à peu près cinq heures du matin, j’ai pris l’ascenseur et sur ma porte j’ai vu qu’il y avait les scellés, au moins l’autre folle n’était pas venue là, je me suis introduite chez moi à mes risques et périls, craignant que la police débarque. J’ai récupéré le double des clefs de l’appartement d’à côté, mes clefs de voitures, mon téléphone portable est introuvable, tant pis je m‘en rachèterais un dans la journée. Dans une valise j’ai jeté en vrac mes vêtements, ma thèse, mon ordinateur. Puis j’ai ouvert l’appartement d’en face, auparavant j’ai récupéré un matelas pneumatique dans mon placard ainsi qu’une couette et un drap, ce n’est pas terrible mais au moins je vais pouvoir dormir. Je fais doucement le tour, personne n’est venu depuis hier matin. Rien n’a changé de place, le lit métallique pliant est toujours-là, Rebecca puisque c’est son prénom n’est pas venue le récupérer, de toutes façons elle n’a pas les clefs. J’ai dû dormir des heures, car lorsque j’émerge il fait nuit, j’ai du mal à revenir à la réalité. Il faut que je me concentre pour comprendre ce qu’il m’arrive ? Qui est cette jeune femme qui me ressemble en tout point, que me veut-elle ? A l’évidence prendre ma place, gagner l’affection de mon père, mais pour quelles raisons ? En quoi je peux la déranger ? Et, pourquoi maintenant alors que tout me souriait ? Quel est le dénominateur commun entre cette fille et moi. Ce Mario j’ai bien vu briller son regard, je ne suis pas tombée de la dernière pluie, il me désirait j’en suis certaine. Vraiment pas envie de me taper ce genre de bonhomme. Je vais essayer de joindre Timothée, il est rentré dans la police, il est un peu loin mais il pourra m’aider à débrouiller l’écheveau de cette pelote de laine. Sur mon ordinateur j’ai mon agenda électronique, c’est fort pratique, mais Dieu que je suis bête je n’ai pas de téléphone, il y en a bien un ici mais il n’est pas question que l’on me suive à la trace, bientôt, Rebecca se rendra compte que son Mario ne lui donne plus de nouvelles et cela devrait bouger, mais il me faut trouver une planque, demain j’irai à la banque récupérer un peu d’argent, j’ai pris la carte bancaire du compte secondaire ouvert par mon père à la mort de ma mère, je ne dois m’en servir qu’en cas d’urgence absolue, c’est le moment. Quant à l’autre il faut que je fasse opposition, sinon cette fille peut me vider mon compte en banque, quoiqu’il lui en faille du temps pour arriver à ses fins. J’ai enfilé les heures de sommeil comme un bébé, le lendemain je suis encore un peu assommée et surtout j’ai faim je n’ai rien avalée je me sens pas en pleine forme, mais il est temps de passer à l’action.

Ma voiture n’est plus dans son box, décidément les choses tournent mal pour moi, il me faut une voiture, en attendant j’ai appelé une de mes amies, Grâce m’a parue bizarre au téléphone mais elle a accepté de me prêter la voiture de son frère tout au moins jusqu’à ce que je retrouve la mienne. Elle m’a posé un tas de questions comme si l’autre avait déjà pris contact avec ma bande de copains. Elle m’a prêté la voiture après s’être assurée que j’étais bien son amie de la Sorbonne, c’était une question que j’aurais pu dire de subsidiaire, connue de nous deux. En s’en allant elle m’a dit :

  • Pardon si tu as l’impression que je me méfie de toi, mais tu comprendras qu’après ce que tu nous as appris hier je sois méfiante.

    Je n’ai pas osé lui demander ce que je lui avais soi-disant dit, je me suis doutée que c’était le travail de sape de Rebecca, cette nana allait me pourrir la vie. Et, je n’étais pas au bout de mes peines, cela allait devenir pire dans les jours suivant. Enfin voici ma banque, mon conseiller me fait des yeux tout ronds. Il semble complètement paniqué. Il me communique sa peur et je fais demi-tour. Après tout je n’ai pas besoin de mon conseiller pour prendre de l’argent au distributeur. C’était juste pour faire opposition à mon autre carte, mais là quand j’allais découvrir ce qui se passait j’allais me demander si finalement ce n’était pas moi cette fille nommée Rebecca. J’ai réussis à prendre quelques milliers d’€ sur mon compte privé, comme j’ai un chéquier je vais aller m’acheter une voiture, car je vais éviter de déposer plainte à la police. Mais auparavant je vais téléphoner à mon père mais pour cela il me faut un téléphone. J’ai acheté un téléphone à carte jetable, ce n’est pas traçable on l’utilise pour le temps que l’on en a besoin et après on change. Je me sens l’esprit espion. Je connais le numéro de mon père je vais l’appeler aujourd’hui nous sommes samedi il a dû partir pour Deauville, nous y avons un cottage en bord de mer.

    • Papa
    • Qui êtes-vous ?
    • Mais voyons Papa je suis Marion !
    • Marion? ma fille Marion est avec moi
    • Mais papa ce n’est pas possible j’ai été kidnappé hier par une femme qui me ressemblait une Rebecca, c’est ce que m’ont dit les policiers. 

    Puis, plus rien, le téléphone a été raccroché, je suis anéantie, pourquoi mon père dit que je suis avec lui, cette fille a pris a place, elle a trompé mon père. Et si cet homme n’était pas mon père, si tout avait été changé, mon père, moi, il me reste mon frère je vais l’appeler. Julien répond au bout de dix sonneries, quand je dis :

    • Julien ! De suite je sens qu’il ne sait pas qui lui téléphone, je sens passer son angoisse alors qu’il est dans le Thalie comme il me le dit, mais il m’appelle Rebecca.
    • Non, je suis ta petite sœur, celle avec qui tu jouais à chat perché chez grand-père.
    • Vous avez bien appris votre leçon, nous ne sommes pas dupe les policiers nous l’ont dit vous êtes une intrigante et user de votre ressemblance pour essayer de nous faire cracher notre argent c’est dégoutant.
    • Julien rappelle-toi lorsque nous allions en mer avec Oncle Jean !
    • Rebecca ou je ne sais qui dîtes-moi ce que nous avons fait l’an passé en août ?

A suivre…

7 réponses à Le reflet dans le miroir (4 mai 2001)

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

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comme les vagues.

Le temps qui passe
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