le coffret (suite chap 12)

Resté seul, Fabien sentait que les propos de sa collaboratrice sonnaient faux, il lui restait comme une espèce de malaise. Etait-ce son mal de dents qui lui donnait ce timbre de voix différent ou bien il y avait là une anomalie qu’il allait élucider le plus rapidement possible. Mais ce soir il était fatigué et il attendrait demain pour régler ce différend avec cette demoiselle Donat dont il ne savait pas grand choses au demeurant.

Mais c’était bien sa faute, il n’avait pas été à la hauteur. Bientôt il ferait une annonce qui allait révolutionner le monde de la parfumerie. Son prototype était presque au point, mais il lui manquait encore quelques détails, foi de Fabien, il saurait bien les récupérer en temps et en heure. Il lui faudrait s’entourer de l’excellence, cette DRH était bardée de diplômes, il n’avait même pas vérifié dans son école s’ils étaient vrais. Désormais, il lui faudrait faire attention avec qui il travaillerait, dès demain il mettrait fin à son contrat, mais il allait falloir la jouer fine, car la demoiselle avait quelques prétentions.

Sur ce, il quitte son bureau pour rejoindre femme et enfants. Dimanche prochain il devait aller à la grande Maison vérifier si tout était en ordre, et si les gardiens n’avaient pas quelques doléances à lui donner. C’était son tour, comme ils le faisaient tous depuis plus de quinze ans. Son oncle exagérait, il devrait revenir sinon cette maison allait mourir sans entendre à nouveau résonner des cris d’enfants. Et tout en pensant à cela, il espérait bien que son droit d’aînesse lui permettrait de posséder ce bijou. Mais tant que le testament n’était pas ouvert, personne n’en saurait rien. Il était grand temps que l’on se passe de François.

Pendant ce temps, tous écoutent le récit que leur fait France de sa rencontre avec son cousin, elle aussi a ressenti comme un malaise après qu’elle lui a parlé. Elle n’avait pas pris sa voix façon DRH, voix qu’elle avait travaillée avec Victoria pour mettre au point le subterfuge dont leur cousin faisait les frais. Mais elle a été fort surprise de voir les portes de l’ascenseur s’ouvrir sur leur cousin. La surprise a joué en sa défaveur. Mais tant pis, ce quiproquo allait bientôt se terminer et tout rentrerait dans l’ordre. Maintenant il fallait passer à l’ouverture du coffret.

France ouvre devant  Denis, Léa et Victoria le coffret, maintenant qu’elle connaît le sens d’ouverture, cela va vite. Enfin le voilà ouvert. A l’intérieur il y a pas mal de choses, une reconnaissance de paternité de François Delmas envers sa fille, ainsi qu’un test ADN, des lettres, celles des échanges entre Marianne la mère de Victoria et leur père. France les lui remet, désormais elles lui appartiennent. Il y a aussi le premier acte notarié du patriarche, France le lit rapidement et sourit, son arrière-grand-père avait de drôles de façons d’envisager sa succession. Il faut attendre celui de Bonne Maman pour voir comment tout ceci va évoluer. A ce moment-là, Denis et Léa se retirent et les laissent prendre connaissance de tout ce que ce coffret contient, c’est leur vie, leur avenir et sûrement plein d’autres choses. Ils rejoignent Rodolphe qui, lui aussi  a rencontré son patron. Il est renvoyé, car ce dernier n’a pas admis qu’il soit parti de son travail avant l’heure, il a eu beau nier, rien n’y a fait. Il lui a donné une attestation et il a filé dehors sans émolument, ce qui fait dire à Denis que le torchon brûle, et que ça sent la fin pour Monsieur Fabien Delmas. Il doit sentir le vent tourner. Denis le tranquillise et lui dit que prochainement il devrait retrouver du travail, qu’il ne doit pas se faire de soucis, il y veillera personnellement. Rodolphe pense que tous les autres collaborateurs ont quitté leur travail avant l’heure et que s’ il suit le raisonnement du « Boss », tous devraient être virés dès demain. Il en saura plus grâce à Victoria. En attendant, il rentre chez lui. Demain est un autre jour, mais aujourd’hui sa vie a pris un chemin dont, ce matin en se levant, il aurait ri si on lui l’avait dit.

Dans le petit salon, France et Victoria ont enfin trouvé les formules des deux parfums de leur père, et comme le dit judicieusement France ce sont « les Parfums de l’     Eau de Là » Toutes les deux rient et se disent que le nom est trouvé. Demain, elles vont pouvoir le commercialiser après avoir effectué les essais de rigueur. Mais ce qui attire leur attention dans ce coffret c’est une deuxième reconnaissance de paternité. Celle-ci a été faite de la main de leur oncle, le père de Fabien. Aussi étrange que cela est, elles lisent que Fabien n’est pas né de l’union de leur tante avec le frère de leur père, mais de celui d’une actrice et de leur oncle. Cela leur semble incroyables car, avant d’imaginer que Fabien ne peut lui aussi prétendre à la direction des laboratoires, elles pensent plus à leur tante, et se demandent comment cette dernière s’y est prise pour tromper sa belle-mère. Comment faire croire à tous que l’on n’est pas enceinte ? Tout en continuant à chercher ce que ce coffret contient, elles ne vont pas tarder à en avoir l’explication. En effet la mère de Fabien était enceinte la même année que la maîtresse de leur oncle, et hélas au moment de son accouchement, l’enfant était décédé. Aussi, c’est sans scrupule que leur oncle a déclaré comme étant son enfant né de sa femme et de lui, le bébé de sa maîtresse alors âgé de deux jours. Comment sa maîtresse a-t-elle pris la chose, rien ne peut le leur dire, car il n’y a aucune autre explication ou courrier dans ce coffret. Mais pour un coup de Trafalgar, il est fort, car Fabien, sa mère et tout le reste de la famille ne doivent pas être au courant. Cependant, elles trouvent un courrier d’abandon d’enfant signé devant notaire. Bon, l’honneur de leur famille est sauf.

Il est noté que Fabien ne devra en aucun cas être mis au courant, sauf si au moment de la prise de possession du laboratoire, il venait à s’opposer à sa cousine France, s’il n’y avait aucun descendant homme au moment de la mort de l’oncle François. Et bien pour une nouvelle, c’était une drôle de nouvelle. Elles se demandaient toutes deux si leur Bonne Maman était au courant de tout ceci. Car aucun des actes notariés ne portait sa signature, ce qui leur faisait dire qu’elle était partie sans le savoir, et pour elles deux ce n’était pas plus mal.

Un coup discret est frappé à la porte, c’est Denis qui passe la tête et leur demande si elles ont bien avancé dans leur quête, il ne croit pas si bien dire. Devant leurs mines de conspiratrices il ne demande rien. France saura lui confier ce qu’elle voudra bien lui dire. Car il l’aime France, ils se sont fiancés officieusement et, lorsqu’il voit son regard il sait qu’elle aussi l’aime. Mais il est vrai que tant que l’on ne saura rien concernant son père, Denis se demande si elle pourra dépasser ce drame qui la hante depuis ces longues années.

Avant de les rejoindre, elles vont redevenir elles-mêmes. Il rit et les comprend, aussi il se retire et attend de les voir réapparaître en femmes du monde, car toutesdeux sont plus fagotées qu’habillées. France ôte ses lentilles marrons et reprend son regard de mer en furie l’espace d’un instant, pour s’apaiser  en sentant le baiser de Denis sur sa bouche.

–       Allez vilain pars vite, nous allons vous rejoindre.

Elle sort de son sac un ensemble tailleur vert bouteille qui lui va à merveille, pendant que sa sœur en prend un bleu pâle qui accentue son regard de braise. Enfin, les voici redevenues les sœurs Delmas comme on les appelait au lycée sur Lyon quand elles avaient rejoint la demeure familiale, après que la maman de France aitréussi pour sa fille et sa demi-sœur à prendre sur elle et à devenir leur maman à toutes les deux. Cela leur semblait une éternité, mais ce n’était pas si loin.

Alors qu’ils riaient des facéties des uns et des autres, la sonnette d’entrée avait retenti. C’était Bertrand, le frère de Fabien, qui venait rendre visite à sa Léa adorée. Ces deux-là parlaient mariage, ce qui ravissait les sœurs Delmas, car elle allait devenir leur cousine. Heureusement qu’elles s’étaient changées, car Bertrand venait de temps en temps voir son frère et elles savaient par Léa ce qu’il pensait de la DRH de Fabien. Il avait dit à sa chérie, mon frère ne risque pas de tomber amoureux de sa DRH car la pauvre est fort laide et ne sait pas s’habiller. Ce qui, en d’autres temps, aurait pu faire rire Léa, mais cela l’avait plutôt mise mal à l’aise. Il était grand temps que toute cette comédie s’arrête. Mais les sœurs Delmas avaient pensé, à ce moment-là, qu’elles devaient être d’excellentes comédiennes car leur cousin ne les avait jamais reconnues.

La soirée se termine assez rapidement, demain ce sera le grand jour. C’est France qui se rendra au laboratoire pour signifier son congé à son cousin à moins qu’en y réfléchissant bien, elle lui laisse le côté recherche, auquel cas, elle prendrait le côté parfum. La nuit portant conseil elle aviserait demain.

 

10 réponses à le coffret (suite chap 12)

  • clara65 dit :

    « Pour s’apaiser en sentant le baiser de Fabien sur sa bouche… » n’y-a-t-il pas une erreur de prénom ?
    Bon, tout ça ne nous dit pas ce qu’est devenu leur père !
    Bonne journée.

    • Evajoe dit :

      Oh là là! L’erreur est fatale, rire! En fait j’ai écrit, puis j’ai une amie qui me corrige, elle ne s’attarde pas , enfin je pense à ce genre de détails, elle vaérifie autres choses, elle me le renvoie et je corrige à mon tour, ces suggestions ou je re vérifie les fautes de syntaxe, grammaire, mais je n’ai pas relu comme je le fais habituellement, et j’avais écrit autres choses, qui parlait de Fabien, et seul son prénom est resté…

      D’ici demain je met la fin, enfin ma fin et je vous réserve une petite surprise…Hi hi!! Alors bien faire attention, tant que tu ne vois pas le mot Fin, ma nouvelle n’est pas terminée…D’accord tu vas t’en souvenir.

      Rire!

      Belle journée ensoleillée et bisous

  • colettedc dit :

    Merci EvaJoe ! Qu’est-ce qu’il sortira de bon de cette nuit … bisous♥ et bel et bon après-midi !

  • globule dit :

    Roooo, je ne m’attendais pas à cela dis donc. Le Fabien, il va être tout bouleversé et ce pauvre Rodolphe, il est viré et ben ca bouge …
    Bisous

  • Martine dit :

    Oh alors ça! Bravo pour ce coup de Trafalgar qui attend Fabien. L’arroseur arrosé! Tu l’as rendu si antipathique que j’ai envie de dire:  » Na! c’est bien fait pour lui! » 😉 🙂
    Nous allons de surprise en surprise. Les soeurs Delmas ont enfin les fameuses formules.
    Tu nous laisses de nouveau sur des charbons ardents O Maîtresse du suspense! 🙂
    Gros bisous de bonne journée
    😉

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

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Le temps qui passe
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