La saga de l’été (chapitre 4 suite 1)

Midi est passé depuis longtemps et aucune femme ne s’est présenté pour récupérer les deux enfants, lorsque soudain un grésillement se fait entendre à la radio des policiers, on leur signale un accident au lieudit « Les Cuisiniers » Mais le policier qui appelle n’en dit pas plus sauf qu’il faut que l’inspecteur se déplace en personne. La planque est levée, la nounou et les enfants sont emmenés au commissariat.

Amaury ne dit pas un mot et espère qu’il va rester pour voir cet accident bizarre, sa sœur est partie dans une voiture banalisée, exténuée elle dort. Entre-temps ils ont appris que leur père s’était réveillé et demandait à voir ses enfants, mais personne ne savait si il parlait des petits ou bien des grands, tant ces mots étaient hachés, sa mémoire lui faisait toujours défaut, tous espéraient qu’il la retrouverait pour un dénouement heureux. Il fallait lui dire doucement que son fils le plus jeune et sa fille Léa avait été retrouvé. Mais cela se passerait plus tard, pour l’instant les policiers filaient à vive allure vers le lieu du mystérieux accident.

L’inspecteur en arrivant au rondpoint a demandé à Amaury de ne pas bouger, il n’est pas certain que le jeune homme va lui obéir, aussi il laisse en sa compagnie la jeune stagiaire, car tout-à-l’ heure la fougue d’Amaury a mis en danger la vie des deux enfants et il ne veut nullement être confronté à cet incident une nouvelle fois.

Tout en s’approchant du véhicule accidenté, il se remémore le début de son enquête, il lui faut trouver la vérité ou la raison pour laquelle ces quatre enfants ont été enlevés. Qui en est l’instigateur et surtout pourquoi ? Ce Marco l’orienterait plutôt vers la mère des deux plus grands mais cette Nanie et cet individu qui est emmené au commissariat le mène tout droit vers le père des quatre enfants. Son amnésie est-elle fondée ou joue-t-il la comédie. Il espère que d’ici ce soir il aura avancé dans son enquête.

Dans l’herbe à quelques mètres de la voiture une Citroën C4 beige clair immatriculée dans le 75 gît une femme, elle a reçu une balle dans la nuque, ce n’est pas un accident comme la voiture encastrée dans le platane pourrait le laisser croire. A l’intérieur affalé sur le volant un homme mort, lui il est possible qu’il est eu un accident, la femme aurait, pense l’inspecteur voulu se sauver, mais qui les poursuivait. Lorsque soudain débouchant de la forêt surgit une autre femme plus âgée tenant dans ses bras un bébé. Aussitôt, cette femme est entourée, l’enfant déposé dans les bras de l’auxiliaire, c’est une magnifique petite fille qui suce son pouce et dort ignorante de ce qui se passe autour d’elle. La femme âgée ne parle pas un mot de français, elle roule les yeux de gauche à droite et se signe plusieurs fois en disant :

  • Oh il mio Dio, Non ho fatto niente

Et de la voiture où la vitre est baissée on entend Amaury traduire :

« Oh mon Dieu, je n’ai rien fait ! »

  • Amaury demande lui si elle connait la femme allongée au sol
  • D’accord
  • Signora
  • Sì, che cosa mi volete?
  • Conoscete questa donna?
  • Si
  • Chi è?
  • È la madre del bambino

L’inspecteur n’a pas besoin de traduction pour comprendre que la jeune femme était la maman du bébé, mais qui est-elle réellement ? Au moment où il la retourne sur le dos il s’aperçoit que c’est la jeune bonne, l’amie de la famille, en effet c’est bien sa mère, mais qui est la femme plus âgée, son italien est trop approximatif pour qu’il mène l’interrogatoire lui-même aussi en attendant d’être dans son bureau Amaury fera office de traducteur. Décidément dans cette affaire on va de rebondissement en rebondissement, pourquoi la jeune bonne est mêlée à l’enlèvement de son propre enfant et pourquoi a-t-elle été tuée. Et par qui ? Qui est l’homme qui conduisait la voiture, des questions qui méritent des réponses. Il appelle le commissaire et demande que la mère d’Adrien et de la petite Rébecca vienne au commissariat, il a des questions à lui poser.

  • Bon Amaury nous allons continuer les questions, demande lui qui elle est ?
  • Chi siete?
  • Una donna
  • Inspecteur elle se paye votre tête
  • Qu’a-t-elle dit ?
  • Qu’elle était une femme !
  • Bon on l’embarque, Amaury en attendant que je trouve un traducteur tu en feras office, mais je ne sais si le commissaire va accepter, enfin, nous verrons.

Les voitures s’éloignent laissant ceux de la balistique faire les constatations d’usage. Les deux corps rejoignent la morgue des services de la police judiciaire pour être autopsié.

Au commissariat c’est branle-bas le combat. Il y a des journalistes par dizaine devant la porte et il leur est difficile de se frayer un passage pour atteindre la salle d’interrogatoire.

  • Qui les a mis au courant ?

Personne ne peut lui répondre, en tous les cas la foule est énorme et cela n’arrange pas les affaires de l’inspecteur. Mais comme tous les enfants ont été retrouvés il n’y a pas grands choses à craindre de ce côté-là, car ils se trouvent tous dans les locaux de la police judiciaire. Mais un appel téléphonique des services techniques, là où ont été emmenés les corps, laisse une sensation étrange à l’inspecteur. Il se penche vers son subalterne et lui chuchote :

  • «  Ce n’est pas la bonne, c’est une autre femme »
  • Pourtant nous l’avons bien reconnu
  • Oui, mais elle avait un masque en silicone
  • Certainement pour tromper Adrien
  • Ah vous arrivez à la même conclusion que moi, mais alors qui a fomenté ce deuxième enlèvement, moi qui pensait que la petite bonne s’était vengé de son amie car lors de notre première rencontre elle m’avait laissé un sentiment assez nébuleux voire opaque. Nous allons la faire venir, de toute façon le bébé a besoin de sa mère.
  • Passons à l’interrogatoire de la femme âgée, je veux juste savoir si elle était dans la voiture ou si on l’a prise en route.
  • J’ai appelé un traducteur, mais pour l’instant ils ont personne sous la main, as-tu demandé au Commissaire si Amaury peut
  • On n’a pas le temps de l’appeler il est chez le préfet, Amaury va nous servir d’interprète, il s’en fait une joie.
  • Amaury vient avec moi, nous allons interroger la femme, tu vas lui demander ses noms et prénoms, ce qu’elle faisait dans la voiture, pour la suite nous aviserons selon ses réponses. Je compte sur toi pour tout me dire même la chose la plus insignifiante. Tu me donnes immédiatement à chaque interrogation sa réponse en français pour gagner du temps.
  • D’acc Chef !

Amaury a réussis à faire sourire l’inspecteur, et ses hommes se disent qu’il s’est pris d’affection pour le jeune homme.

Trois policiers ont été diligentés vers l’hôpital pour interroger à nouveau le père des quatre enfants. L’un d’entre eux restera en faction devant la porte jusqu’à nouvel ordre. Quand à Marco son interrogatoire n’a rien donné, il est muet comme une carpe. Même en présence de son avocat il n’a pas proféré un mot. Ni qu’il était innocent, ni coupable. Il est campé dans son mutisme. Cela ne fera pas avancé l’enquête.

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