La révélation (chapitre 8 suite)

 

 

 

–       Bonjour France, asseyez-vous toutes les deux. J’ai déjà vu Victoire, vous a-t-elle parlé ?

–       Oui Madame, mais ce matin j’ai reçu un  courrier de papa et je vois qu’il est étonné que je ne lui parle jamais dans mes courriers de la venue de Victoire. Au vu de ce que vient de me dire Victoire je comprends son sous-entendu, il ne voulait pas me l’annoncer lui-même, il espérait que Victoire me le dirait elle-même.

Et, à ce moment France se tourne vers Victoire et l’apostrophe  car elle est en colère :

–       Pourquoi as-tu eu ce comportement avec moi et surtout pourquoi m’avoir fait tant souffrir ? J’ai toujours rêvé d’avoir un frère ou une sœur je t’aurais accueillie les bras grands ouverts. Pourquoi ne m’avoir rien dit ? Pourquoi ? Papa espérait tellement que nous devenions amies avant de découvrir notre lien de parenté.

Dans le bureau on pourrait entendre une mouche voler tant le silence est pesant, puis tout-à-coup les deux fillettes éclatent en sanglot ; aussi bien pour l’une que pour l’autre, la tension ses derniers temps a été rude. La directrice ne dit rien, elle pense que France sera capable de prendre sur elle et d’accepter cette sœur qui lui tombe du ciel, quant à Victoire il lui faudra mettre sa fierté dans sa poche, mais vu qu’elle pleure autant que sa sœur, elle pense à ce moment qu’elle a franchi un grand pas. Aussi c’est sur la pointe des pieds qu’elle laisse les deux sœurs faire plus ample connaissance, elles ont certainement beaucoup de choses à se dire.

–       J’étais jalouse de toi France, tu avais eu notre père et moi pendant mon enfance je n’ai eu que ma maman, qui est morte, emportée par un cancer. Elle ne m’avait jamais parlé de notre père, elle était fort évasive, mais jamais elle n’a dit du mal de lui, elle parlait de circonstance malheureuse. Depuis qu’elle est partie j’ai été livrée à moi-même, j’étais avec une tutrice que ma mère avait désignée avant de s’en aller à tout jamais. Elle était gentille mais ne connaissait rien aux enfants, et puis il y a eu l’ouverture de ce testament et là tout a basculé. J’ai rencontré notre père à New York, chez un homme de Loi qui a ouvert un testament et qui m’a présentée à mon père. Lui ne savait même pas la raison pour laquelle il était convoqué, je pense qu’il s’en doutait, mais ma mère ne lui avait jamais rien dit, et pourtant elle travaillait pour les Laboratoires Delmas comme chimiste.

–       Comment ta maman a rencontré Papa ?

–       Non seulement  Papa, mais aussi tes oncles et ta tante, car ses parents, mes grands-parents étaient employés chez ton grand-père et ta grand-mère. Ma grand-mère était cuisinière et mon grand-père chauffeur. Le jour où ton grand-père a empêché ses fils, d’abord son fils aîné qui s’est tué par la suite car il aimait lui aussi ma mère à la folie, et ensuite notre père, à avoir une relation avec ma mère, mes grands-parents  maternels ont quitté Bonne-Maman qui était veuve à la suite de la crise cardiaque de Bon papa.

–       Oui, je sais que Bon Papa est mort quand il a appris que son fils aîné s’était donné la mort, mais jamais il ne nous a été dit la raison.

Dans la pièce, le silence s’est fait entre les deux fillettes ; la directrice, qui attend dans la pièce voisine, hésite à les déranger. Passé ces explications de la raison pour laquelle elles sont sœurs, il faut que l’abcès éclate concernant la vie que Victoire a menée à sa sœur.

–       Tu te rends compte Victoire tu es là depuis deux mois et tu n’as même pas essayé de faire un pas vers moi, tu n’as même pas pris la peine de dire à Papa que c’était plus difficile que tu ne pensais, mais surtout tu as été très méchante avec moi, tu m’as poussée dans les escaliers, j’en ai eu le poignet cassé, tu ne t’es même pas excusée alors que tu aurais pu le faire. Certes tu es ma sœur mais tu dois te comporter différemment sinon je ne donne pas cher de notre fratrie.

–       France, j’espère que tu me pardonneras, car papa m’a donné une mission, je dois te protéger. Puisque je vide mon sac, il faut que tu saches que c’est moi qui ai fracturé ton armoire et que c’est bien entendu moi qui ai mangé ta tablette de chocolat. Je te demande pardon pour ce que j’ai fait et surtout j’espère que nous arriverons à ressembler à des sœurs.

La directrice profite de ce moment assez tendre entre les deux fillettes pour revenir, et elle les invites à se prendre dans les bras. Ce qu’elles font avec beaucoup de promptitude, un sourire naît sur chacun de leur visage. Ce n’est pas encore gagné, pense la directrice mais elles viennent de faire un grand pas en avant. Puis, doucement, elle les met à la porte et les invite à rejoindre leurs amies, et elle insiste sur le mot ami. Pendant que les fillettes se passent un peu d’eau sur leur visage bouffi, la directrice en profite pour rejoindre Léa qui n’a pas quitté son banc, sautant par la même occasion le premier cours du matin. La directrice comprend très bien la raison, elle va se retrouver entre France et Victoire, mais elle a une grande capacité d’écoute, elle s’en est rendue compte depuis qu’elle a rejoint l’internat, et elle chérit France. Elle va être capable d’aimer Victoire, elle se doute que c’est elle qui a mené la punition contre Victoire, il lui faut à tout prix lui en toucher un mot avant que ses camarades la rejoignent.

–       Alors, Léa, vous avez manqué le cours d’histoire géographie de ce matin, il faut dire que le paysage a de quoi vous laisser rêveuse, mais je vous invite à rejoindre le cours suivant et profiter des quelques minutes qui vous en séparent pour être présente auprès de votre amie et laisser une chance à Victoire de se reprendre, elles ont toutes les deux beaucoup de choses à vous dire.

–       Je pense Madame la Directrice que j’ai compris à mi mot, France et Victoire ne seraient-elles pas sœurs ? Car avant d’aller vous voir, je leur ai trouvé une forte ressemblance, il faut dire que toutes les deux pleuraient.et que Victoire n’avait pas cet air renfermé qu’elle affiche depuis son arrivée.

Mais la directrice ne lui répond pas car les deux sœurs arrivent, elle remet juste un bon d’absence pour chacune d’entre elles pour la deuxième heure du cours d’histoire géographie. Léa les voit arriver main dans la main, et elle en sourit, elle avait raison.

A midi au moment du petit déjeuner tout l’internat est réuni car la directrice veut profiter des évènements pour leur rappeler que l’on ne fait jamais justice soi-même. Même si tout peut conduire à une vengeance, celle-là aurait pu tourner au drame si Victoire avait été cardiaque. Elle en profite pour leur annoncer que France et Victoire viennent de découvrir qu’elles sont sœurs. La directrice ne fait aucune allusion concernant l’attitude de Victoire, seule Léa est au courant mais elle saura tenir sa langue.

Au travers de ses larmes, Victoire esquisse un sourire, la vie va redevenir normale. Le soir un appel téléphonique de Bonne Maman les informe toutes les deux que pour les vacances de Pâques elles seront à la grande maison la première semaine et quant à la seconde, Monsieur Donnât les récupérera toutes les deux pour qu’elles passent une semaine de vacance à la mer en compagnie de Léa et Denis.

A la suite de cette annonce les trois fillettes sautent de joie et attendent avec impatience la fin de la semaine.

16 réponses à La révélation (chapitre 8 suite)

  • chemin-je-t-aime dit :

    Ah ben voilà ……..tout reprend dans la joie !
    Le soleil inonde-t-il ton canal ? Le paysage environnant peut-être tellement complice dans nos écrits, parfois !

    Si, effectivement, il l’inonde, passe moi en un peu car ici c’est ….brume épaisse !
    Et j’en fais les frais ! Etant claustrophobe, je ne m’aventure pas sur les vases lorsque la brume atteint un tel point de non visibilité (!).
    Dieu merci, ce n’est pas tous les jours ………(et ça m’a donné l’occasion de pouvoir revenir sur ton récit !)

    Qui c’est ce « Denis » déjà ? Sûrement le frère de Léa ?

    Biiiiiiiiiiiiiiiiises.

    • Evajoe dit :

      En route pour la suite le prochain chapitre. Oui Denis est le grand-frère de Léa.

      Je t’envoie mes doux rayons de soleil….

      Bisoussssssssssssss

  • chemin-je-t-aime dit :

    Ah oui, je voulais te dire : qu’elle est belle ta police d’écriture ici, c’est laquelle ?
    Douce journée au coin de tes clapotis ……….!

    • Evajoe dit :

      Coucou,

      Ma police d’écriture est valable que pour ce blog, je ne peux même pas la reproduire sur mon autre blog….

      Les bateaux ont repris leur lent mouvement depuis peu. Nous avons déjà voyagé en Norvège ce jour.

  • Renée dit :

    Tiens de nouveau visage qui se greffe sur l’histoire ou je ne les ai pas vu ayant loupé quelques épisodes……Il me semble que tu mijte quelque chose toi mais quoi???? Bisessss

    • Evajoe dit :

      Coucou

      T’inquiètes tu en auras prochainement, c’est prévu, il y aura même un grand passage sur sa maman, je ne l’oublie point.

      Ben oui, cette histoire m’est venue et j’ai essayé au départ de ne pas mettre l’histoire d’une famille Bourgeoise ou je ne sais, mais rien ne collait, et il a fallu que j’obéisse à ma plume qui a voulu que je ne parle que de ce que j’avais dans le crâne…Rire!!

      Bisous

  • colettedc dit :

    Bon, je crois que c’est bien parti pour les deux sœurs.
    J’aime bien ce début, en tout cas, ça regarde bien !
    Bonne et belle soirée EvaJoe !
    Bisous♥

  • globule dit :

    Un petit peu de bonheur dans cette drôle de vie. C’est bien et au moins elles vont apprendre à se connaitre.
    Bisous

  • Martine dit :

    Tout se termine dans les sourires. Tu distille le froid et le chaud avec dextérité. Mais je soupçonne que tout ne va pas aller tout seul avec Denis.
    hi!hi! vite, la suite
    😉

  • ozy dit :

    je préfère nettement France à Victoire qui est l’enfant cachée… saura-t-elle pardonner vraiment ???? et la maman de France sait-elle tout ceci ???
    jolie suite… à bientôt pour le reste
    je t’embrasse EvaJoe bon dimanche
    joelle

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
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