Face au vent (suite 3)

Marour est en ébullition depuis que la gendarmerie a fouillé systématiquement l’ensemble des maisons, Sophie la fille du médecin a disparue, tout le monde connait cette charmante jeune fille comme la fille de Mr Frédéric le brillant ingénieur qui a conçu l’ULM qui est le fleuron de leur village. 

Tout le village attend que le maire rentre de son voyage, mais hélas son téléphone reste lettre morte. Son conseiller Mr Guillaume Langlois, l’oncle de Fanne n’a aucune nouvelle. Chacun a regagné sa demeure espérant que le lendemain les nouvelles seraient bien meilleures, bien que cet incendie criminelle car il n’y avait aucun doute à ce sujet, l’homme retrouvé mort était en possession d’un jerrican ou tout au moins ce qui l’en restait. Ses empreintes étaient en cours d’analyse, tôt ou tard on saurait qui il était si toutefois il était connu dans le village.

La nuit semble paisible en apparence, seule la  fumée  pique les yeux et alourdisse l’air. Cette odeur de kérosène est insupportable, mais chacun se calfeutre et essaye d’oublier tout en se demandant si la malédiction ne vient pas de les rattraper. 

Le lendemain matin l’atmosphère est lourde, concernant Sophie il y a aucune nouvelle, la mère de cette dernière c’est rendue à Sainte Luce, elle est dans les locaux de la gendarmerie, elle a apporté une photo récente de sa fille fait une description détaillée des vêtements qu’elle portait hier matin. Depuis plus de deux heures elle attend, quand elle entend plus qu’elle ne voit un brouhaha dans l’entrée. C’est Guillaume Langlois, il est pâle comme un mort, elle se précipite vers lui, de suite elle pense à sa fille mais il la tranquillise si on peut dire car pour sa fille il n’a aucune nouvelle,  mais par contre il sait qui est le mort.

  • Ah ! Mon Dieu! Je le connais;
  • Oui, mais je ne peux rien vous dire, je me dois d’en informer l’enquêteur. Votre mari ne vous a rien dit, c’est bien lui qui était en charge de l’autopsie.
  • Non il a  décliné la demande, il n’était pas en état de la faire, la disparition de Sophie devient inquiétante. Je me demande si elle n’a pas été kidnappé.
  • Ne vous inquiétez pas Julie, elle est peut-être dans un coin, certes perdue, mais bien vivante. Les gendarmes sont sur le terrain aidés par la population, tout Marour participe, dans ceux qui le peuvent.
  • Mais Guillaume si ce n’est pas mon époux qui vous a informé comment avez-vous eu connaissance de cette information?
  • En fait le laboratoire Meyriex a pensé avertir le maire et m’a donné les résultats.  Et je me dois de les donner aux enquêteurs, mais j’en ai déjà informé mon frère. C’est invraisemblable je ne comprends pas ce qu’il faisait sur les lieux avec un jerrican pourquoi a-t-il mis le feu à ce qui faisait vivre notre village, oui pourquoi? Surtout Lui! Pourquoi Lui?

Après avoir discuté avec la maman de Sophie il réussit à faire le forcing et à s’introduire dans le bureau des enquêteurs. Julie l’entends vociférer, crier, il refuse de se calmer, elle entend un des gendarmes lui dire:

  • Cela suffit, nous sommes au courant, avant d’en informer qui que ce soit vous devez d’une vous calmer, ensuite vous asseoir et nous écouter sinon tout conseiller et figure importante de notre Région que vous êtes je vous colle au trou.

Julie n’entends pas la réponse car son mari fait à son tour irruption dans la gendarmerie, lui aussi est d’une pâleur extrême, il tremble comme une feuille, à nouveau le cœur de Julie s’accélère.

  • Tu viens aux nouvelles ou tu as appris une mauvaise nouvelle concernant notre fille?
  • Non il la cherche toujours, ce n’est pas pour cette raison que je suis là.
  • Alors pourquoi es-tu là?
  • Je viens d’être appelé par la gendarmerie Guillaume Langlois est dans un état inquiétant, d’une part je peux le calmer d’autres parts je suis au courant de ce qui le met dans cet état.
  • Toi aussi tu sais qui est le mort?
  • Il t’en a parlé?
  • Oui!
  • Il ne t’a rien dit?
  • Non
  • Tant mieux tu n’aurais pas supporté la nouvelle.
  • Mon ami tu me fais peur, qui a été retrouvé mort? Qui? Et Norbert mon frère qui n’est pas là, tout incombe à Guillaume, cela m’angoisse. 
  • Allez je reviens vite attends- moi, je vais m’occuper de Guillaume.

Julie n’a pas remarqué la crispation de la bouche de son mari à l’évocation du prénom de son beau-frère, ni les gouttes de sueur qui l’ont envahis.

Lorsqu’il rentre dans la pièce, Guillaume est allongé sur le sol, sa respiration est sifflante, mais Pierre apprends des inspecteurs que l’un d’entre eux vient de lui faire du bouche à bouche. Rapidement Pierre prends les choses en main et Guillaume rouvre les yeux. Les gendarmes ont déjà appelé les pompiers et il est transporté sur le CHU de Sainte Luce où il sera rapidement sur pieds, la tension  de la veille, la longue nuit a veillé les restes fumants du hangar et la nouvelle qu’il vient d’apprendre sont les facteurs qui l’ont amené à s’écrouler sous les yeux de l’inspecteur principal.

Comme aucune autre nouvelle n’a filtré du bureau de l’inspecteur les parents de Sophie repartent, et c’est dans la voiture que le Docteur de Marour apprend à sa femme qui a été retrouvé mort dans le hangar. Comme il ne sait pas comment le lui dire, il la prend dans ses bras et lui dit le plus calmement possible:

  • Norbert est mort!
  • Comment ça mon frère est mort? Comment? Où? Son voyage c’est mal passé, c’est un accident de voitures, d’avions et sa jeune femme n’a rien au moins?

En relevant la tête elle voit que son mari est au bord des larmes, elle le regarde et la vérité lui saute aux yeux, Norbert son frère, le maire de Marour est l’incendiaire. Voilà c’est fait la malédiction est de retour.

 

A suivre…

7 réponses à Face au vent (suite 3)

 

eauteur

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