Face au vent ( suite 1)

Quant à cette fameuse malédiction, comme disait son père elle avait dû sauter une génération, car lui et son frère  était pour l’un PDG  de leur petite entreprise de constructions d’ULM, et lui même était le président de l’ aéro-club de Marour où en sa qualité d’instructeur il volait régulièrement sur l’ensemble des avions et donnait des cours à une multitude de futurs pilotes. 

Sa cadette était un garçon manqué et elle ravissait son père qui avait tant rêvé d’avoir un fils. Fanne comme lui aussi  la nommait avait contracté en Afrique une maladie pendant les premiers jours de sa vie. Cette maladie lui avait cassé sa croissance, elle mesurait moins d’1 m 50, comme sa fille aimait le répéter:

  • Je mesure 1 m 49 et demi et ne me parlez pas de médecins qui n’ont qu’une envie m’allonger les jambes, puis ensuite les bras, je suis comme je suis et je m’en porte très bien, ce n’est pas une maladie tout au juste un léger contre temps. Je suis en pleine forme et si demain l’homme que j’aime mesure deux mètres et bien ce n’est pas grave il me portera dans ses bras.

Sur ces paroles dîtes avec beaucoup d’humour, Fanne partait d’un grand éclat de rire et passait à autres choses, mais aujourd’hui c’est le grand jour, il lui faut prouver à son père qu’elle est capable de poursuivre des études et de mener de concert l’aviation. Si aujourd’hui elle a son Brevet de pilote, la semaine prochaine elle va recevoir ses résultats du bac, elle espère bien le décrocher et surtout avoir une mention aussi belle que sa soeur. Mais elle ne comprends pas la raison pour laquelle Gérard le gardien de l’aérodrome n’est pas venu à sa rencontre, la grille est fermée, les hangars ne sont pas ouverts, aucun avion n’a été sortis, il est déjà 9 h passés, elle s’impatiente, l’examinateur arrive à 10 h, elle aurait aimé s’échauffer un peu. Elle joue de malchance car d’habitude son père lui donne les clefs mais comme ce matin elle passe cet examen, il a préféré la libérer et la laisser se préparer. Excédée, Fanne appelle son père, mais son appel téléphonique reste sans réponse, il ne réponds pas, décidément elle joue de malchance, les minutes s’égrainent sans que personne ne vienne lui ouvrir la porte. A 9 h 30 arrive son amie Sophie qui vient la voir, mais personne du staff n’est là. Comme elle n’est pas patiente, elle décide de faire le mur où tout au moins de passer le portail. Sophie l’aide en lui faisant la courte échelle, elle se trouve au sommet du portail et descend sans se faire de mal de l’autre côté. Sophie fait de même de son côté, les voilà toutes les deux dans la place. Elles courent plus qu’elles ne marchent, et arrivent devant les hangars, si ceux-ci sont fermés la porte de côté est grande ouverte.

  • Tu sais Sophie je n’aime pas ça, déjà Gérard n’est pas là, il n’a pas répondu à mes appels téléphoniques, il n’y a aucun avion de sorti. Et je ne comprend pas pourquoi la porte est ouverte.
  • Tu penses à quoi Fanne?
  • Je ne sais pas, mais cela n’est jamais arrivé, et ce matin où je dois passer mon examen je suis devant une porte fermée avoue que c’est troublant.

A ce moment Sophie a comme une lueur de lucidité, dans ses yeux passent l’espace d’un instant comme une grande frayeur.

  • Fanne j’espère que tu ne fais pas allusion à la malédiction;
  • Voilà tu l’as dit, je me demande si ce n’est pas un signe du destin m’invitant à renoncer;
  • Quoi? Tu ne veux plus le passer ce diplôme que tu attends depuis que tu as à peine 13 ans; tu n’es pas arrivé là pour tout arrêter.
  • Bien sûr que non, allez vient allons voir ce que fait Gérard.

Les deux amies arrivent à hauteur de la porte et elles entendent comme un avion dont on ferait tourner les hélices, cet avion est fort particulier c’est celui du Père de Stéphanie avec lequel il faisait des voltiges, personne n’a le droit de le toucher et encore moins de s’en servir à l’intérieur, son père n’est pas arrivé sur le parking il n’y a pas sa voiture. Qui est là? Il leur faut en avoir le cœur net, si c’est un voleur qu’est devenu le gardien? Si c’est son père pour quelles raisons le ferait il tourner à l’intérieur, car rapidement au moment où toutes deux franchissent la porte, elle voit  le hangar  envahi d’une épaisse fumée. Stéphanie a la présence d’esprit de téléphoner aux pompiers de Sainte Luce la ville voisine grâce à son portable. Ils ont un camion dans les parages qui fait une manœuvre le pompier de garde lui assure qu’ils seront dans cinq minutes sur les lieux. Stéphanie bondi en direction des bureaux et se heurtent à un corps allongé dans les escaliers, c’est Gérard, elle va pour hurler quand Sophie lui met la main sur la bouche en lui disant :

  • Chut il y a deux hommes là-bas qui arrosent d’essence l’ensemble des avions, dépêchons nous de sortir avant que tout s’enflamme.

Elle essaye d’entraîner son amie mais cette dernière lui oppose une force et ne veut surtout pas quitter les lieux sans avoir réussis à ouvrir le  portail extérieur afin que les pompiers aient accès au hangar.

  • C’est la vie entière de mon père qui risque de partir en fumée, s’il te plait laisse moi sauver au moins mon avion.

C’est à ce moment-là qu’à la fois les deux jeunes filles entendent les pompiers et une déflagration comme si le premier hangar où elles se trouvaient venait de disparaître en un embrasement spectaculaire.

 

A suivre…

8 réponses à Face au vent ( suite 1)

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

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