Face au vent (5) Qu’est devenu Sophie?

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Au moment de l’explosion, Fanne et Sophie se tiennent la main, sous le souffle de l’explosion Sophie se sent comme écartelée et instinctivement elle lâche la main de son amie, elle la voit être projeté à l’arrière, quant à elle le souffle la pousse au sol et la maintient quelques minutes, quand elle arrive alors qu’elle est sonné à se relever, elle voit face à elle son oncle chéri qui la pousse à l’opposé d’où son amie vient d’être projeté, il lui fait traverser le deuxième hangar et lui dit de partir le plus loin possible de l’explosion qui menace les avions. 

  • Norbert ne retourne pas dedans tu vas mourir,
  • l’avion de Frédéric va flamber si je n’y retourne pas,
  • Et, celui de Fanne aussi, son père vient juste de le lui acheter laisse-moi t’aider je vais le sortir avec toi;

Norbert a un instant d’hésitation, puis il accepte que sa nièce l’aide, le deuxième hangar est seulement envahi par la fumée qui se dégage des avions qui ont explosés, il lui demande de masquer son nez et de faire rouler l’avion pour éviter que les gaz produisent un effet pire que celui qui vient d’intervenir. Une fois dehors, Sophie voit son oncle mettre l’avion du père de Fanne à l’abri et il repart à grande enjambée dans le hangar, au même moment une deuxième explosion fait trembler les vitres du bureau, sous le souffle elle reçoit même des morceaux dont un qui se fiche dans son bras et de suite elle se met à saigner. Elle crie et s’affole, puis part en courant et c’est à ce moment-là qu’elle reçoit sur la tête un magistrale coup qui l’envoi au sol. Quand elle revient à elle, elle est enfermée dans une espèce de cabane de jardins, seule, elle a 

le bras bandé ainsi que la tête. Une espèce de fenêtres devrait lui permettre de voir à l’extérieur mais c’est peine perdue il fat grand nuit. Qui l’a kidnappé et pour quelles raisons? Où est passé son oncle est-il mort dans l’incendie qui a suivi la déflagration? Elle ne s’attarde pas à répondre à ces questions, il lui faut s’enfuir, la personne qui l’a conduite ici peut revenir d’un moment à l’autre, elle n’a nullement l’intention de l’attendre. Bizarre la porte n’est pas fermée, possible que l’on ne s’attendait pas à ce qu’elle revienne à elle aussi vite. Bien entendu elle ne possède plus sa sacoche, donc elle n’a pas son téléphone, sur celui-ci elle a une boussole cela lui aurait été d’un grand secours. Tant pis il va falloir avancer un peu au hasard.

Sophie doit d’abord se repérer, elle voit des lumières au loin, elle espère que c’est Marour, à moins qu’elle soit plus près de Sainte Luce. De toutes façons elle n’a pas le choix elle va se diriger vers les lumières. Rapidement elle atteint une route bordée d’arbres, elle la longe du côté des lumières qu’elle a vus. Au bout d’un moment qui lui semble fort long, elle voit de l’autre côté de la route une borne kilométrique, elle s’en approche et s’aperçoit qu’elle ne se dirige pas vers Marour mais complètement à l’opposé. En réfléchissant elle comprend qu’elle est fort loin de sa petite bourgade. Brusquement elle entend une voiture et aperçoit des phares, comme ils viennent du côté d’où elle a fui elle préfère se dissimuler dans le fossé qui borde la route. La voiture passe au ralentie, Sophie essaye de se fondre dans la terre, mais l’automobile continu son chemin, ouf ils ne l’ont pas repérés. Elle ne sait qui l’avait amené dans la cabane, à ce moment elle ne cherche pas pourquoi on ne l’a pas laissé sur le tarmac de l’aérodrome. Caché dans le fossé, elle essaye de se souvenir combien de kilomètres il y a entre Sainte-Luce et La Baie des Lumières. 

Sophie est en total panique quand elle s’aperçoit qu’il y a plus de 150 km qui la sépare de chez ses parents. Par contre il y a la voie ferrée qui enjambe la rivière, ce pont ne doit pas être bien loin car de là  elle connait un petit chemin qui pourrait la ramener sur le petit village où sa grand-mère loge avec son frère depuis qu’elle est seule. Mais elle ne peut pas la surprendre en pleine nuit, et, elle n’ose pas traverser à nouveau la forêt pour repartir, il lui faut à tout prix rester sur cette route, mais elle a comme l’impression que la voiture qui vient de passer est dans les parages. Effectivement elle entend à nouveau un bruit de moteur, elle voit même les phares éclairés le fossé, on va la trouver, elle ne doit pas se relever, parfois la peur fait faire n’importe quoi. Elle a l’habitude d’aller en forêt et aussi de se dissimuler, elle a fait des jeux avec ses cousins et va chez les éclaireurs, avec eux les grands jeux étaient monnaie courante. Se dissimuler, se fondre avec la nature, ça elle sait faire, elle était même la meilleure. Heureusement que Fanne n’est pas avec elle, car là elle en est certaine elle aurait paniqué. Mais elle n’a pas le temps de se demander où son amie se trouve à une heure pareille, qu’elle entend claquer la portière d’une voiture et ce que se disent les deux personnes qui se trouvent à une encablure d’elle la liquéfie sur place.

  • Ta cabane est à deux kilomètres de là, la gamine n’est pas sur la route, soit elle est restée dans la forêt et elle tourne en rond, soit elle a traversé la route, et a rejoint la Montagne Noire, mais je ne pense pas qu’elle pouvait savoir que là-bas il y a des anciens mineurs qui vivent en communauté. Ou alors elle est planquée quelques parts. Nous allons prendre nos épées et nous allons sonder les fossés de part et d’autres de la route.

Sophie entend un rire gras et sinistre, elle se doute que si l’épée s’enfonce dans son corps elle va hurler de douleur. Ils doivent savoir qu’elle est allongée dans le fossé à portée de voix, et ils essayent de lui faire peur. Ce qui lui parait étrange c’est qu’ils ont des épées tout comme son oncle qui a une salle de sport à Marour. Donc ils connaissent son oncle. Mais pourquoi la kidnapper ? Elle connait un Matourois qui a une cabane dans la forêt, mais elle n’arrive pas à retrouver son nom. Mais la voix lui est aussi familière. Donc il faut qu’elle se remémore ce qu’elle a vu avant l’explosion et là tout s’illuminera. Mais elle a beau chercher elle ne se souvient absolument de rien.

  • Math tu prends côté cabane ou côté voiture ?
  • Côté voiture, on marche sur un km en amont et on revient ici au point de départ, ensuite on fait dans l’autre sens, si on ne trouve rien la petite Stéphanie se sera perdue corps et bien comme la tante du maire.

Sophie a envie de se lever et de leur dire mais je ne suis pas Fanne, mais elle s’enfonce de plus en plus dans le fossé. Dès que les deux hommes ont tourné le dos, elle se lève brusquement et monte le talus pour s’enfoncer côté opposé à la cabane, dans la forêt. Des courses d’orientation elle en a fait, elle sait de quoi parlait les deux hommes, les habitations  « des Polonais » comme on les appelle à Marour, elle sait où elles se trouvent, mais ce qu’elle ignore c’est pendant combien de temps elle va être obligé de courir, il lui faut mettre le plus de distance entre ces deux fous et elle-même.

Soudain, Sophie butte contre une souche d’arbres et s’affale de tout son long sur le sol. Avant de se relever elle écoute si on ne la suit pas, mais elle n’entend rien. Ils ont dû repartir ou ils essayent de la chercher du côté des bois où se situe la cabane. Il faut qu’elle se relève mais soudain ses sens sont en éveil, elle sent comme une odeur de cigarettes. Plutôt que de courir elle monte dans le seul arbre qui se situe à sa portée, elle trouve une branche assez grosse, elle se met à califourchon dessus et attends que ses poursuivants la dépasse. La lune éclaire la scène et ce qu’elle voit, la fait frissonner de peur. Tout en bas du gros chêne un homme s’est arrêté, il a un grand manteau gris mais le pire c’est qu’un gros molosse l’accompagne. Fait-il partis de ceux qui la cherche ou c’est une coïncidence ? Elle est condamnée à rester là, elle a peur de s’endormir et chuter à tout moment. Soudain l’homme lève la tête elle se dissimule dans les feuilles sans faire de bruit. Il ne l’a pas vu, ouf, se dit-elle !

  • Mon bon Médor, je me demande qui sont ces deux types sur la route ; ils devaient chercher des escargots, mais ce n’est ni l’époque, ni le moment ; je suis certain mon chien qu’ils ne nous ont pas vu. Nous allons rentrer au bercail. Demain nous retournerons faire la manche.

Alors que l’homme s’éloigne, Sophie est soulagée d’avoir entendu les propos que le SDF adressait à son chien, car cet homme ne lui était pas inconnu elle l’avait vu deux ou trois fois devant le bar tabac de Sainte Luce ou il tendait la main pour récupérer des cigarettes. Elle aurait pu descendre de son arbre mais avait tellement peur que le chien en jappant alerte les deux autres qu’elle s’en était bien gardée. 

Avant de descendre de l’arbre elle comprend où se situe sa méprise, elle n’est pas si loin de Marour, les kilomètres indiqués sur la borne n’indiquaient pas Sainte Luce mais bien la Baie des Lumières, elle était beaucoup plus près qu’elle ne le pensait de chez elle.

En descendant de l’arbre elle qui est habillée comme le matin de l’explosion s’écorche les jambes et les mains, sa tête est douloureuse, la plaie où les éclats de vitres se sont figés dans son bras s’est remise à saigner, le pansement est humide et à la pale lueur de la lune elle voit qu’il est rouge. Elle avance par où le SDF est reparti quand soudain un chien se jette sur elle.

 

A suivre…

7 réponses à Face au vent (5) Qu’est devenu Sophie?

  • Martine dit :

    Coucou Evajoe,

    Sophie est vivante. Mais ça, je m’en doutais. Pour le reste, la pauvre. Dans quelle galère se retrouve-t-elle. Ces deux types ont l’air vraiment sinistres. Quand à l’homme au chien, bizarre comme coïncidence. Et tu nous laisses en plein suspense. Un chien qui se jette sur Sophie? Est-ce celui du SDF? sûrement car sinon il aurait aboyé après un autre chien . Ils ont un sacré flair pour ça.
    Une histoire qui continue a bien se tenir. J’aime
    Gros bisous
    😉

  • Renée dit :

    Mais je n’ai pas reçu la news de celui-ci ni du 5 pr contre le 6 si…bon alors je rattrape la lecture…..
    Bon bonen nouvelle Sophie n’est pas morte dans l’explosion mais, n’est pas sortie de l’auberge enfin du bois de la route ou de ou tu veux, un chien mais il va l’aider ce chien c’est gentils les chiens…enfin en principe. Allez je file au 5. Bisoussssssss
    J’aime bien ce nouveau roman au fait

  • pimprenelle dit :

    Allons bon … Sophie est vivante mais en très auvaise posture. Et pourquoi donc, les deux hommes l’ont-ils confondue avec Fanne ?
    Je continue … à moins d’une interruption momentanée …
    Bisous

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

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