Face au vent ( 12) Le mort

A mon arrivée l’appartement est vide Rubens a dû s’absenter, mais les heures passent et je commence à m’angoisser que dois-je faire ? J’essaye plusieurs fis de l’appeler sur son téléphone mais personne ne me répond, pire c’est sur la messagerie. Ou est-il allé ? Et pourquoi ne m’a-t-il pas attendu. J’essaye de joindre l’ami d’Aurélie, mais lui aussi a fermé son téléphone. A moins que ces deux soient ensemble, mais pour quelles raisons Rubens ne m’a pas informé. En refermant la fenêtre suite à un appel d’air, je vois voleter devant moi un papier arraché du calepin de Rubens, je me penche et ramasse la petite feuille, et là je vois que Rubens est parti à la rencontre de Mathéo l’ami d’Aurélie. Que s’est-il passé pour que ces deux-là est coupé leurs téléphones ?

Jamais je ne vais pouvoir répondre aux questions qui m’affluent au cerveau, je ne vais pas m’affoler, ils n’ont pas dû voir passer les heures et bientôt Rubens franchira le seuil de notre havre d’amour. Hélas à 19 h il n’est toujours pas rentré et les deux téléphones sont muets. Il faut que j’avertisse le commissariat de Toulouse, mais on me dit de ne pas m’affoler, mon ami est majeur et vacciné, il va rentrer dans la nuit. Et ils prennent mes coordonnées et raccrochent. Les heures s’égrènent inlassablement et personne ne me rappelle ni la police, ni mes parents, ni Rubens. Je n’ai rien pu avaler et je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Au petit matin je me décide d’appeler ma mère et je lui expose la situation, mais hélas elle est entre deux vols et n’a pas beaucoup de temps à me consacrer, elle me dit que c’est mon amoureux qui n’était pas fiable car cela correspond à l’histoire de ma sœur, elle n’a pas voulu m’alarmer mais elle ne pensait pas que cela se terminerait si vite. Je sanglote plus que je pleure, je me trouve devant le fait accompli que Rubens était lui aussi un salop. Toutefois, notre histoire est différente de celle de ma sœur, nous sommes à plus de 800 km de Marour, nous avons loué cet appartement ensemble, du reste il l’a mis à son nom, on a versé un mois de caution, il a déjà des pistes pour son travail, moi j’irai en prépa, et j’ai même trouvé un petit travail de documentaliste pour les jours ou je serais disponible, cela mettra du beurre à notre affaire.

Ce n’est que vers midi que je reçois un appel téléphonique du commissariat mais ce qu’ils me disent n’est pas fait pour me calmer, l’inspecteur que j’ai au bout du fil me demande de passer il a des nouvelles concernant un des deux hommes dont je leur ai parlé hier au soir. Mais l’entretien s’arrête là, car il ne veut rien me dire au téléphone. Je me précipite sur ma veste, prends mon sac et ferme l’appartement, je dévale les escaliers et me heurte de pleins fouets  avec un jeune homme avec une capuche sur la tête qui gravi les escaliers. Je ne lui prête pas attention, lui me bredouille une vague excuse et continue son chemin. Je suis rapidement dans la rue, mais hélas, force est de constater que la voiture de location n’est plus sur sa place de parking, c’est vraiment la catastrophe. Je rappelle le commissariat qui me dit de rester là où je suis et il m’envoie une voiture de patrouille qui est dans le coin, et que nous verrons tous ces évènements ensemble. Cela n’est pas fait pour me rassurer. Je me demande ce qu’ils ont à m’apprendre et pour quelles raisons je dois me rendre au commissariat. Moins de deux minutes après mon appel, une voiture de la police se gare à ma hauteur, un agent en descends et m’invite à prendre place, je suis leur hôte et non une condamnée, mais la suite ne va pas aller dans le bon sens. Le conducteur rejoint Toulouse et me dépose devant la porte d’entrée, son acolyte m’ouvre la portière et m’invite à rejoindre l’inspecteur. Il me précède et me fait entrer dans un petit bureau ou il n’y a qu’une jeune femme qui travaille sur un ordinateur, elle me salue et me demande si je veux un café, dans ma tête je me dis et pourquoi pas la dernière cigarette, mais je me garde bien d’en faire la réflexion. J’acquiesce et elle me l’apporte, puis un jeune inspecteur entre et lui demande de nous laisser, elle s’exécute et me voici face à un beau jeune homme.

Dns un premier temps nous nous observons, lui ouvre son ordinateur, met des papiers dans l’imprimante et sans me laisser le temps de sortir de mon rêve me pose une question assez abrupte et dure à entendre.

  • Pourquoi avez-vous tué Mr Mathéo Langlois ?

Je suis anéantie et abasourdie, le jeune homme se nomme Langlois comme moi et il n’est donc pas le petit copain de celle qui serai ma cousine, lui qui peut-il être, mais hélas je ne vais pas rêvasser longtemps, l’autre change de registre et me dit qu’à compter de 14 h je suis en garde à vue pour avoir assassiné Mr Mathéo Langlois avec mon complice Mr Rubens Margery

  • Où est Rubens ? Il est parti hier au soir et je n’ai plus de nouvelles, je pensais que c’était la raison pour laquelle vous m’aviez convoqué.
  • Oui et non !
  • Je m’appelle aussi Langlois, Mathéo est mon cousin, jamais je n’aurai eu l’idée de l’assassiner, de plus j’ai quitté mon ami hier à 9 h du matin pour rejoindre ma mère à son hôtel et depuis je ne l’ai pas revu.
  • Vous n’êtes pas Aurélie Langlois ?
  • Non je suis Stéphanie Langlois ; et Aurélie est ma cousine.
  • Et bien si c’est votre cousine pourquoi vous ne saviez pas que Mathéo était son frère.
  • C’est une longue histoire Monsieur l’inspecteur, une histoire de famille. Je suis à la recherche de ma famille, de mes racines et quand Mathéo m’a rencontré l’autre jour il s’est fait passer pour le petit copain d’Aurélie mais jamais pour son frère.
  • Regardez la photo de votre cousine, vous lui ressemblez énormément, sauf pour les cheveux, la longueur, toutefois pour le reste vous pourriez passer pour sa jumelle.

Lorsque je pose les yeux sur la photo je tressaute, c’est moi il y a quelques années, nous nous ressemblons plus que moi avec ma sœur. Je suis sous le choc et l’inspecteur s’en rends rapidement compte, il fait le tour de son bureau, se penche sur moi et me tends un fin mouchoir pour que j’essuie mes jolis yeux comme il me le dit. Puis, il reprend sa place comme si rien ne s’était passé. J’explique tout depuis l’incendie, les avaries sur mon avion, mon arrivée à l’Ecole Préparatoire d’Aviation de Blagnac, ma rencontre là-bas avec Mathéo. Notre rencontre à Toulouse au cours de la même journée, je n’omets rien et je sors libre du commissariat, rien ne peut m’être reproché, à l’heure de la mort de Mathéo j’étais avec ma mère. Je suis juste celle qui apporte la poisse, ce n’est pas l’inspecteur qui me l’a dit c’est moi qui en est arrivé à ce triste constat.

Mais pourquoi Aurélie a tué son frère?

 

A suivre…

4 réponses à Face au vent ( 12) Le mort

  • Martine dit :

    Bonjour Evajoe,

    Que de questions! Quel suspense! Dans quelle mélasse est plongée ton héroïne?
    Et le capuchonné auquel elle s’est heurtée en partant? Qui est-il celui-là?
    J’ai hâte de découvrir la suite.
    Gros bisous
    🙂

  • pimprenelle dit :

    Rentrée plus tôt que prévu, alors je viens vite lire la suite.Que va-t-elle trouver en rentrant à son appartement ? Mise à sac, fouille ?Ce jeune homme qui l’a bousculée. Et qu’est devenu Rubens? Que de questions.
    Quelle histoire de famille. Bisous EvaJoe

  • Renée dit :

    Hello, je suis rentrée et de suite viens voir ou en est cet intrigue…Non elle n’as pas tuer son frère la soeur, m’est avis que tu nous balade comme il se doit d’un bon polar et….ça marche! Bisous (fais un peu court car pas encore bien de retour dans la tête)

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
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