Face au vent ( 11) Une situation inattendue

 

Pendant le repas Rubens voit que je suis préoccupée, je ne lui ai même pas fait part de mon premier contact avec mon école et lui ne m’a pas expliqué sa phrase sibylline. Mais il prend rapidement les devants et m’annonce qu’il a profité de mon absence ce matin pour aller s’inscrire dans une boite d’intérim, avec son bac professionnel qu’il travaille sur Sainte-Luce ou Toulouse c’est la même chose. Je suis abasourdie quand je l’entends ajouter au moins nous pourrons partager les frais et nous serons ensemble. Pour moi je trouve que tout va trop vite, je ne suis pas prête à vivre avec Rubens, mais je ne lui dit rien, on verra au fil du temps et puis cette jeune femme m’intrigue, du reste je vais rappeler le jeune homme pour lui poser quelques questions. Lorsque je raccroche je sais  que la ressemblance n’est pas parfaite, j’ai le même timbre de voix, le même regard vert. Elle n’a pas la même coiffure que moi, sauf la couleur est semblable, nous sommes toutes les deux rousses. Mais pour lui c’est plus une allure générale, finalement je ne lui aurai pas montré ma carte d’identité il serait repartis en se confondant en excuse, mais là c’est ce à quoi il ne s’attendait pas. Nous nous sommes donnés rendez-vous samedi sur le petit aérodrome où mon avion, enfin celui que j’ai eu en prêt m’attends, il me donnera quelques explications, mais je ne m’attends pas à des miracles. Les coïncidences dans la vie cela existe mais je suis troublée. Par contre rien n’a été prémédité puisque seuls mon père et moi étions au courant de ma venue sur Toulouse. Avec tous ces problèmes je vais devenir parano si je pense que tout le monde me poursuit. Je termine le repas en pensant aux appartements que Rubens a réservé, il va nous falloir nous décider rapidement si mi-septembre ou avant nous venons nous installer, tout cela va dépendre de son travail.

Après la visite du second appartement Rubens et moi nous allons avoir une conversation téléphonique avec ma mère qui a enfin réussis à me rappeler. Je ne sais si la communication ne passait pas, mais en tous les cas elle a eu du mal. Elle est dans l’avion mais comme simple passagère et non hôtesse de l’air. Une de ces collègues est malade, elle rentre en Métropole plus tôt que prévu, elle doit faire une escale à Toulouse-Blagnac et passer la nuit sur place, elle nous invite tous les deux au restaurant ce soir, ce qui nous ravi, elle ajoute :

  • Ma petite fille j’ai des informations importantes à te faire part, j’espère que tu sauras attendre ce soir.

Moi, qui pensait les lui demander au téléphone j’en suis quittes pour me taire et attendre son arrivée, aussi c’est sans aucune envie que je me traîne pour aller voir ce troisième appartement, Rubens ne dit pas ce qu’il en pense mais je le vois contrarié. Dès que je franchis le hall d’entrée et que j’accède au premier étage, j’aime déjà cet escalier avec sa rampe en fer forgée, mon entrain revient. Devant la porte nous attends la jeune femme qui doit nous faire visiter, dès que je suis à l’intérieure je suis conquise par la cuisine tout équipée, tout y est, c’est superbe. A côté une grande pièce de vie et deux chambres. C’est le seul appartement qui en possède autant. Chaque chambre a sa salle de bain fort fonctionnelle. Rubens voit que je suis emballée, il ne dit rien car c’est moi qui doit prendre la décision, lui est venu s’ajouter, mais il est d’accord pour participer aux frais. Je demande à combien se monte le loyer, bien entendu cela dépasse largement mon budget, mais avec la participation de Rubens qui bien entendu sera moindre au départ, je peux signer le bail. Nous sommes tellement euphoriques que nous nous précipitons dans une grande surface pour se faire livrer rapidement un lit un grand dit Rubens à la vendeuse qui éclate de rire. Pour ce soir nous dormirons encore ensemble, quand nous reviendrons nous aviserons si nous ne prenons pas chacun une chambre ce qui fera certainement rire ma sœur si je lui en touche deux mots. Pour les parents j’attendrais. Maintenant que nous savons où dormir, il ne nous reste plus qu’à aller visiter Toulouse la ville rose. J’insiste un peu car Rubens voulait essayer le lit, moi je n’ai pas envie d’être en retard lorsque maman sera arrivée, elle n’aura pas envie de rester dans un aéroport, elle est en congé, et a envie de me serrer dans ses bras, surtout depuis qu’elle sait que j’ai eu cet accident en avion.  Et puis je connais les intentions de Rubens, depuis que je me suis donnée à lui il se sent en territoire conquis, nous avons bien le temps, je suis fort jeune, je ne vais pas me marier demain ou tout au moins passer ma vie de suite avec lui. Mon avenir professionnel n’a pas encore commencé. Mais cela ressemble étrangement à la vie de mes parents et de ce trisaïeul. Un coup de foudre ! Mais Rubens est têtu il ne l’entend pas et il passe derrière moi et commence à poser ses mains sur mes seins, je n’ai nullement envie qu’il m’entraîne sur le lit, je le repousse sans ménagement, il est aussi rouge qu’une tomate bien mûre, il se confond en excuse, mais ne voulant pas le mettre mal à l’aise  je le laisse m’embrasser et lui murmure :

  • Sois patient ce soir nous aurons toute la nuit et même demain matin pour s’aimer, là je n’en n’ai pas envie.
  • Chez les Langlois vous êtes intransigeantes !

    Je me souviens à ce moment que ma sœur aînée avait fréquenté son frère, je comprends sa phrase ; mais je ne lui réponds pas et nous regagnons notre voiture de location pour entreprendre notre visite qui va rapidement tourner court, le jeune homme rencontré ce matin est attablé en compagnie de plusieurs amis à la terrasse d’un bar et il nous fait signe de se joindre à eux. Nous passons un excellent après-midi et nous remettons à dans plusieurs semaines notre visite. Ses amis ne connaissant pas celle qui me ressemble je n’ai pas à les écouter et cela me va à ravir, nous parlons plus de cet école préparatoire que de sosies. Je les quitte en disant à deux d’entre eux que l’on se retrouvera à la rentrée, c’est par eux que j’apprends que nous serons deux filles pour 15 garçons, je vois que cela ne plait nullement à Rubens ce qui me permet de le taquiner pendant le trajet vers l’aéroport. Il fait contre mauvaise fortune bon cœur, et accepte mes boutades. Mais je lui demande s’il doute de moi ? Il m’assure du contraire mais je me demande s’il est bien honnête avec moi. J’essaye d’oublier cet incident malheureux et je lui demande de m’attendre pendant que je rejoins ma mère.

    C’est bras dessus bras dessous que Rubens me voit revenir avec ma mère, nous rions comme deux copines, j’attends le repas avec impatience pour en savoir davantage sur l’enquête que j’ai diligenté du fait de mon appel téléphonique. J’installe ma mère qui observe mon visage car celui-ci est coupé de part et d’autres par l’impact lors de la chute de mon avion, j’apprends que mon avion est plutôt mal en point, mon oncle s’est rendu sur Saint-Chamond pour voir quels étaient les dégâts et il pense quand mon père l’aura vu soit le vendre en l’état soit le réparer mais cela risque de prendre du temps ce qui ne m’intéresse pas je pensais voler sur mon propre avion pendant les vacances. Maman dit que je volerais mais sur un avion de la compagnie, je ne dis rien mais je me sens redevable et j’aurai préféré être libre comme l’air. Maman fait taire mes appréhensions et nous nous dirigeons vers le bar de l’hôtel où elle loge, Rubens est déjà au bar, il boit un whisky coca, je fais de même et la soirée se prolonge assez tard, maman ne m’a fait aucune confidence je pense que c’est la présence de Rubens qui l’empêche de me raconter ce qu’elle a appris lors de son enquête en Nouvelle Calédonie. Il faut que je lui dise que cela ne m’indispose nullement que Rubens soit présent, je profite qu’elle va se passer un trait de rouge sur ses lèvres pour l’accompagner, et là, elle me demande à brûle pourpoint ce que je fais réellement avec Rubens. J’ai dû devenir pâle comme une morte car elle me prend dans ses bras en me disant :

    • Pardonne moi ma Fanne chérie je ne voulais pas te brusquer, mais j’ignorais que vous étiez si proche tous les deux.
    • Maman je ne voulais pas t’en parler car nous n’en sommes qu’aux prémices, c’est tout neuf, nous nous découvrons. Evite de dire quoi que ce soit à Papa car je n’ai pas envie qu’il vienne interférer dans ma relation. Déjà que je n’ai pas compris pourquoi Zoé avait laissé tomber son frère.

    Je vois que ma phrase a fait mouche sur ma mère, elle bredouille plutôt qu’elle ne me parle une suite d’onomatopées qui me laisse pantoise n’en comprenant même pas le quart. Je crois deviner à demi-mots que ce n’était pas la bonne personne pour ma sœur mais que cela n’a rien à voir avec moi et Rubens. Ouf je suis rassurée, mais elle refuse systématiquement de m’informer de ce qu’elle a découvert, elle préfère me le dire lorsque je serais de retour à Marour, et que pour l’instant je n’ai qu’à m’amuser, mais dans ses paroles je sens comme une menace concernant Rubens s’il  lui prenait l’envie de me faire du mal. Du coup je reprends pieds sur la terre ferme et me rends compte que je n’ai pris aucune précaution ni Rubens du reste, je n’ai pas envie de gâcher ma vie et de me retrouver enceinte. Ma mère doit comprendre mon désarroi, car elle me fait signe et me montre que l’hôtel vends des préservatifs, elle me conseille d’en prendre et je les glisse dans mon sac que j’avais eu le soin d’emporter avec moi. En calculant bien je ne suis pas dans une bonne période pour craindre le pire, mais je préfère avoir sur moi le nécessaire surtout que si j’agis toujours de la même façon tôt ou tard je me ferais avoir. Ma mère me laisse entendre que les jeunes sont de plus en plus insouciant et que Rubens a failli à tous ses devoirs, pour éviter l’esclandre que je sens venir, je lui dis qu’il avait fait le nécessaire mais que nous avions oubliés d’en racheter. Je ne sais si elle me croit, mais au moins l’incident est clos.

    C’est seulement vers 23 h que nous nous quittons, elle ne me pose aucune question et Rubens et moi nous ne lui disons pas où nous nous rendons. Nous lui avons tu que nous avions trouvés un appartement, la connaissant elle aurait voulu le visiter et ce serait rapidement rendue compte que nous allions y vivre ensemble. Rubens remercie ma mère et nous nous engouffrons dans la voiture de location et regagnons Blagnac là où nous avons un joli appartement. Je prends beaucoup de plaisirs à tourner la clef dans la serrure de mon appartement, même si je vais y vivre avec mon amour, je dis que c’est le mien, je ne pensais pas y vivre à deux, mais pour l’instant cela me va à ravir. Je pose discrètement les préservatifs sur la table de chevet que j’ai acheté plus tôt. Lorsque je reviens je vois qu’à côté des miens il y a une deuxième boîte, Rubens y a aussi pensé cela me fait chaud au cœur. Il n’est pas aussi désinvolte que ma mère me l’avait laissé entendre. Nous passons une nuit de folie et nous nous endormons que lorsque le soleil pointe son nez. Mais nous avons mis le réveil vers 14 h car nous devons rejoindre le jeune homme qui aime Aurore, il doit nous raconter tout ce qu’il sait la concernant. Mais c’est mon téléphone qui va me réveiller, ma mère me demande de la rejoindre seule à son hôtel. Je me lève sans bruit, laisse un mot à Rubens en lui promettant d’être là vers 13 h 45, je lui écris « maman m’a appelée ».

    Les révélations de maman ne m’affolent nullement au contraire je  trouve que l’histoire est fort belle pour l’arrière-grand-père de mon père et fort triste pour l’arrière-grand-mère de ma tante.. J’apprends que mon trisaïeul avait accompagné vers la Métropole la femme qu’il aimait, qu’en route elle avait accouché d’un joli petit garçon mais qu’à l’arrivée elle avait confié son bébé à celui qu’elle chérissait pour épouser l’homme que son père lui avait choisi. Le père du bébé était allé sur Paris chercher une jeune femme sortie tout droit d’un couvent, l’avait épousé et elle s’était occupé de l’enfant ainsi que de ses autres enfants nés de leur union en Nouvelle Calédonie. Ma mère ignore si nous descendons du fils aîné ou d’’un de ses demi-frères, il va falloir que je me penche sur la généalogie familiale, car il y a un sérieux problème, deux des enfants portent le même prénom ou sensiblement différent, l’un se nomme Pierre Jean et l’autre Jean Pierre, et mon père quand il parle de son grand-père il dit Papé Pierre. Maman a appris tout cela car elle a rencontré un avocat qui s’appelle lui aussi Jean Pierre Langlois et j’apprends d’un seul coup que c’est le père d’Aurore qui a disparu en France depuis trois mois. Pour une nouvelle s’en est une mais voilà la clef de l’énigme mais de suite je pense à l’homme qui ressemble au frère de ma tante, et là elle ne peut rien me dire car cet avocat ne voyait pas de qui elle parlait. Ma mère repart vers 12 h 30, j’ai encore le temps de l’accompagner et je la laisse à la porte d’embarquement, je lui ai dit avoir trouvé un appartement, mais je n’ai pas mentionné que j’allais y vivre avec mon chéri, je sais fort bien ce qu’elle m’aurait dit. Et, à ce stade de mon idylle je ne veux rien savoir.

    Avant de rejoindre Rubens je reçois un appel téléphonique de mon père et ce qu’il me dit m’inquiète à nouveau. Mon père est certainement au courant de plus de choses qu’il veut bien en convenir, mais il est laconique et me demande de ne pas m’emballer, quand je lui parle d’Aurore qui me donnerait d’air, il me dit qu’il ne faut pas que je creuse de ce côté-là sinon je n’aurais que du chagrin. Aussi est-ce sur le ton d’une femme colérique que je l’apostrophe un peu vertement :

    • Mais papa je suis majeur si je veux connaître cette jeune femme qui de surcroît doit être ma cousine certes lointaine, mais cousine quand même je ne vois pas en quoi cela peut te déranger. De toute façon je vais compulser les archives départementales pour voir s’il n’y a pas quelques pistes.
    • Si tu en fais qu’à ta tête tu iras de déception en déception, de plus je n’aimerais pas te savoir en danger tu as déjà eu cet accident, maintenant que j’ai vu l’avion je puis te dire que le manche a été scié, donc nous partons sur une enquête longue et minutieuse pour savoir qui est derrière tout ceci.
    • Mais papa je ne vois pas la raison pour laquelle un oncle ou une cousine pourrait être les auteurs de ce sabotage. Sinon que chercherait-il ?
    • Je ne sais pas, nous n’avons rien à cacher.
    • C’est à se demander ?
    • Quoi ? Tu te permets quoi ?
    • Je m’interroge papa !
    • Tu ferais mieux de te taire, tu ne connais absolument rien à notre famille.
    • Papa !
    • … Excuse-moi, ma chérie mais tous ses accidents, sabotages m’inquiètent, et puis, et puis…
    • Papa dis-moi ce qui ne va pas ? Ce qui te perturbe ? Papa je sens que tu as du mal à parler, je rentre de suite. Tu viendras récupérer l’avion que l’on m’a prêté à Planèze.
    • Non, Stéphanie profite de tes quelques jours, ta mère m’a dit que tu étais avec un garçon, sois sage, fait attention mais amuse toi.
    • Je te promets Papa.

    La communication s’achève, j’ai comme un arrière-goût dans la bouche d’assez étrange. Qu’est-ce que mon père me cache ? Pourquoi m’a-t-il répondu aussi durement. Que de questions qui viennent s’entrechoquer avec toutes ses révélations, je me sens mal à l’aise, il est plus de 13 h, je me dois de rejoindre rapidement Rubens, je vais lui demander de téléphoner à ce jeune homme et d’annuler, je vais me dépêcher de rentrer chez moi.

     

A suivre…

7 réponses à Face au vent ( 11) Une situation inattendue

  • Renée dit :

    J’avoue que vers la fin j’ai complètement décroché du texte, parce que j’ai les yeux fatigués en plus, je dois maintenant parce que le temps est venu pour moi de laisser l’ordi pendant 1 mois environ, je me désabonne de la news. Sache que j’en reçois environ 50-60 /jours et que cela serait, à mon retour, ingérable.
    Je me réabonne dès ma rentrée après le 15 juillet, peut-être avant….
    Je ne t’oublie pas. Je te souhaite une bonne fin de mois de juin et un super début juillet, profite au maximum du beau si il y en a. Amicales bises et à bientôt. Renée http://envie2.be/

  • Martine dit :

    Bonsoir Evajoe,

    Le mystère s’épaissit. Et le petit copain est chaud comme la braise! Un sabotage en plus? Et bien , dis -moi, quelle vie mouvementée pour cette jeune fille
    Gros bisous!!!
    🙂

  • Renée dit :

    suis quand même revenue lire la fin…..En fait o apprend pas grand choses c’est frustrant que cache papa, qui est cette cousine ….Bref encore plus de questions qu’avant……Bisous

  • pimprenelle dit :

    Il faudra que je revienne lire car je me sens fatiguée et j’avoue que j’ai eu du mal à suivre vraiment. Je me demande si Rubens … est vraiment ce garçon gentil et tout et tout.
    Je repars, ce soir je reviendrai te lire. Enfin, normalement.
    Bisous et bon après-midi EVAjOE

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