Thrillers

Le reflet dans le miroir (la vérité)

  • Mais la greffe a réussie ?
  • Oui
  • Elle s’appelait comment la personne qui m’a donnée sa cornée ;
  • Nous ne le savons pas ma fille
  • Papa moi je le sais elle s’appelait Rébecca.
  • Rebecca, « mon père a une drôle de tête en me disant cela » par deux fois il essaye de me dire quelques choses, puis finalement il prend son téléphone et appelle le médecin »
  • Mario pouvez-vous venir, Marion est enfin complètement réveillée, elle me pose de nombreuses questions, me raconte ce qu’elle a vu pendant son coma mais je ne sais pas comment il faut que j’aborde tout cela, et seul je ne m’en sens pas vraiment le courage, car j’ai peur de ce que je pourrais lui faire.
  • Ah merci, je vous attends.

Dès que mon père a terminé sa communication je lui dis ce que je ressens :

  • Papa c’est étrange quand j’étais dans le coma je la voyais, elle prenait ma place. Tu me rejetais, tu disais que Marion était à côté de toi.
  • Marion ce sont les effets de la morphine, voire même du coma, ce n’était pas vrai, juste une impression. Mais possible que tu puisses en discuter avec le médecin, lui a déjà rencontré d’autres malades ayant sombré dans le coma, je pense qu’il va pouvoir t’aider.
  • – Il va plutôt m’envoyer vers un psychiatre, comme c’est horrible de penser que ce n’était pas vrai, c’était tellement réel. Qui est ce Mario ? Un médecin, et José qui est-il ?

 

A cet instant une infirmière entre et réponds en lieux et place de mon père « José et Mario travaillent chez nous, Mario est interne, il sera médecin prochainement, il passe sa thèse sur le coma chez les jeunes adultes en septembre. Quant à José, il est infirmier. Ils ont passés tous les deux de nombreuses heures à votre chevet, surtout Mario, il connait les personnes dans le coma. Dès qu’il a su que vous étiez dans le service du Professeur Robin il lui a demandé s’il pouvait passer du temps auprès de vous, il a reçu son accord, il vous a énormément parlé, c’est la raison pour laquelle vous vous en souvenez. Je veux bien la croire mais pourtant elle était tout à l’heure à mon chevet cette Rebecca, je l’ai vu, je suis certaine de l’avoir touché. Ce prénom on me l’a bien dit, je ne l’ai pas inventé, j’ai des milliers de questions à lui poser au jeune interne, il faut qu’il se dépêche, j’ai besoin de reprendre ma vie là où elle s’est arrêtée il y a deux mois et demi.

Enfin le voilà Mario, il est beau brun aux yeux vert très clairs, il me fait un magnifique sourire, il me prend la main et s’assoit à mon chevet, dès qu’il est auprès de moi je me sens calme, même heureuse comme jamais je ne l’ai ressentie auparavant. Il m’explique ce qui s’est passé.

Le 2 avril vous avez eu un accident de voiture avec votre amie Grâce en sortant de  la Sorbonne. Un  dingue a surgit de nulle part et il vous a coupé la route, votre amie n’avait pas mis sa ceinture, disons que vous étiez à l’arrêt mais l’impact a été fort violent, votre amie a été éjectée de la voiture, Mario marque un temps d’arrêt je n’ai pas besoin de le lui demander, de suite je comprends que mon amie Grâce est morte. Il acquiesce et me dit « elle n’a pas souffert, elle est morte sur le coup »

  • Possible mais elle a bien dû voir arriver l’accident ?
  • Vous en souvenez-vous ?
  • Non !
  • Donc elle n’a pas pu s’en rendre compte. Les pompiers sont arrivés rapidement sur les lieux, mais de suite à l’Hôpital de la Salpêtrière les médecins urgentistes se sont rendus compte que vous aviez perdu un de vos yeux.
  • C’est celui de Grâce que l’on m’a greffé ?
  • Non, elle n’était pas compatible, mais ses parents l’avaient proposés immédiatement. Pendant quinze jours on a essayé de trouver un donneur compatible, puis un imminent Professeur de Suisse s’est mis en relation avec l’ophtalmo qui s’était occupé de vous et il a été décidé que vous seriez opéré là-bas. C’est de cette manière que j’ai eu la chance de vous voir.
  • Chance ?
  • Excusez-moi, ce n’est pas parce que vous étiez dans le service Ophtalmo de la clinique que j’ai eu l’occasion de vous rencontrer, c’est parce que dans cette même clinique il y avait la personne qui vous a donné sa cornée, je ne devrais pas vous en parler mais il me semble que compte tenu de ce que votre père vient de me faire part, vous avez vécu « le syndrome de Cotard » où quelques choses d’approchant.
  • J’aimerais savoir si la jeune femme se nommait Rebecca. A ce moment-là je vois mon père qui pâlit davantage, et quant au jeune médecin il me répond de suite, oui.
  • Alors je l’ai vu, mais elle m’était plus antipathique que gentille, elle voulait prendre ma place, me voler mon père. Elle voulait m’entraîner dans le monde ou elle était.
  • Ce dont vous me parlez Marion ce sont les effets secondaires de la morphine. En fait cela dépends des personnes, vous il me semble que cela vous a été néfaste car je vous sens plutôt troublé.

C’est à ce moment que mon père se lève et sort rapidement, Mario et moi sommes étonnés. Quand il revient il a à sa main le livret de famille, il le tend tout d’abord à Mario, il est ouvert, Mario regarde tour à tour mon père et moi, il sort et fait signe à mon père de le suivre. Je n’entends pas ce qu’ils se disent mais je sens que mon père est inquiet. Mario lui répond qu’il faut me dire la vérité, qu’il n’a aucune inquiétude à avoir je suis forte, je n’ai aucun problème, rien d’irréversible, mon cerveau fonctionne très bien, et il ajoute il est grand temps. Puis, ils reviennent tous les deux, mon père demande la présence de Mario, ce dernier hésite puis il me prend la main et me dit :

  • Votre père va vous révéler quelques choses qu’il ne vous a jamais dit, ne vous inquiétez pas, je pense que cela va vous aider à surmonter vos angoisses, possible que dans un premier temps vous allez lui en vouloir, mais sachez qu’il n’a pas ménagé son temps, il a passé pratiquement toutes ses nuits auprès de vous, puis vous savez les parents sont comme chacun d’entre nous, eux aussi peuvent se tromper. Mais avant qu’il vous confie son terrible secret, non qu’il soit pas beau mais juste que pour lui c’est difficile de vous le dire sans que votre maman soit là, je dois vous avouer quelques choses ;

Bêtement je souris, je sais ce qu’il va me dire, il m’aime, je l’ai compris, je me souviens de ce qu’il disait quand il pensait tous que j’étais entre la vie et la mort, aussi je me penche vers lui et avant qu’il ne me dise quoi que ce soit je lui dit :

  • Moi aussi je vous aime !

Il est tellement heureux mais ce qui m’impressionne davantage c’est qu’il se lève et dit :

  • j’avais raison, ma thèse je vais pouvoir la présenter, et personne ne doutera plus de moi. Moi aussi je vous aime Marion, je suis heureux que vous m’ayez entendu. « Bien sûr que je ne vais pas lui dire que je croyais que c’était à Rebecca qu’il disait cela. Mon père commence à s’impatienter aussi il me faut écouter ce qu’il a tant de difficultés à me dire. »
  • Marion quand tu es née tu avais deux mois d’avance, vous étiez deux, tu avais une jumelle, vous étiez si petites que nous nous préparions tous les jours à vous voir vous en allez. Puis vous avez réussis à vous en sortir, hélas ta sœur avait un problème cardiaque, tu étais plus grosse qu’elle, les médecins ont pensé qu’elle n’avait pas pu se développer normalement. Vers l’âge de quatre mois les médecins ont tenté une opération, nous étions avertis que les résultats de survie étaient très mauvais, mais c’était soit l’opération, soit la voir mourir en s’asphyxiant, nous avons privilégié l’opération. Si au début nous avons pensé que ta jumelle était sauvée, il nous a bien fallu nous rendre à l’évidence, elle dépérissait et petit à petit elle s’est éteinte.
  • Quand elle est morte c’était au mois de mai ?
  • Oui ! Je sais tu as eu ton accident en avril et quand tu as commencé à donner des signes de vie c’était le jour anniversaire de la mort de ta sœur.
  • Elle se nommait Rebecca ma sœur ?
  • Oui, Marion ta jumelle s’appelait Rebecca, comme la sœur de Mario, c’est sa cornée.

J’ai juste dit merci à mon père et aussi à Mario qui avait accepté de donner la cornée de sa sœur morte elle aussi tout comme Grâce dans un accident de voitures.

 

Depuis ces événements Mario a soutenu sa thèse devant d’imminents « pontes, mandarins et médecins, il est désormais médecin en Suisse. Bientôt j’irai vivre avec lui et je rencontrerais la jumelle de Rebecca, j’aurais l’impression de retrouver la mienne.

 

FIN

Le reflet dans le miroir (le jour d’après)

Je suis à nouveau devant ma glace, je me vois enfant et de l’autre côté je vois maman assise sur son lit, elle me sourit, nous sommes deux, une autre petite fille me regarde, c’est moi et pas moi, c’est mon  image, mais au moment où je regarde je vois que l’enfant est plus grande, elle me ressemble, elle ressemble  à celle que je suis aujourd’hui : Marion 25 ans. Et, pourtant c’est bien moi le reflet. Mais s’il y a maman c’est que désormais je suis morte, car ma mère est morte depuis…Je ne sais plus quel jour nous sommes ? C’est la date qui me fait défaut, personne ne me demande si nous sommes un jeudi ou un dimanche car c’est le trou noir.

  • Non ! J’ai beau crier, aucun son ne sort de ma gorge et pourtant je sens la piqûre que ce José me fait, je n’arrive plus à faire mes prises de judo. Je n’ai plus de muscles j’ai fondu, je suis une larve, elle va continuer à vivre chez moi Rebecca, et ça je ne le veux pas. J’ai une vie qui me plait, des copains plus que des amis, un chéri. Du reste il est passé où mon chéri ? Romain, depuis que Rebecca est dans ma vie il ne vient plu me voir, l’autre a dû lui faire les yeux doux. Moi on m’habille, on me peigne, je ne suis pas reluisante, quoique je ne me vois pas. Mais je les entends, soit il parle à mots couverts pour que je n’entende pas, soit ils s’en fichent complètement et disent de moi des horreurs. Je les ai entendu pas plus tard qu’hier au soir, une fois que celui qu’elle nomme Mario soit venu me lire le journal, me parler du monde qui ne tourne pas rond, en fait tout est différent mais pourtant tout est semblable. Oui je vous entends, arrêtez de dire que je ne remarcherais plus jamais, je fais bouger mes jambes dès que je n’entends plus rien dans la chambre, je vis au rythme du bruit dans le couloir, je ne sais pas si c’est la nuit ou si c’est le jour. J’ai toujours ce voile opaque devant les yeux. Je suis dans un monde, le monde du silence ou plutôt le monde des ténèbres.
  • «  Tiens aujourd’hui il s’est passé quelques choses, on m’a déplacé, changé de lieux, je vais dans une clinique adaptée aux gens comme moi, je ne sais pas ce qu’elle a de différent, mais ce que je sais c’est que c’est la décision de mon père et de ce Mario, il me veut quoi ce type, je ne le connais pas, il est là pour me lire le journal, pourtant il a donné son avis, il me suivra sur ordre de son patron. J’espère que Rebecca ne va pas me suivre, il va falloir que je le dise à Mario qu’il doit la laisser ici. Mais je n’ai ni mes jambes, ni ma voix et ils ont dit quand j’ai passé l’IRM qu’il voyait des signes d’activités dans mon cerveau mais cela n’allait pas plus loin. Ce que j’ai entendu m’a fait très peur, le grand « Ponte «  m’avait débranché et, depuis il était étonné de ma résistance, il pensait que c’était finis que j’allais m’éteindre doucement. Tu vas voir si je vais m’éteindre comme une bougie, je faisais beaucoup de sport avant, j’ai un cœur qui tient, et oui ! Cela vous gêne Monsieur le Mandarin que je sois dans ce lit à vous narguer, je comprends mieux la raison pour laquelle ils m’emmènent ailleurs, l’autre ne doit plus avoir envie de me voir, à moins que ce soit Rebecca qui ait intrigué contre moi. Enfin je quitte la Suisse, je rentre en France, ouf, je retourne dans des lieux que j’aime. Mais ai-je encore besoin de soins ? Ici, c’est différent de là-bas, il y a de la musique, du va et viens, on m’a installée dans un fauteuil car j’ai enfin ouvert les yeux. Mais je n’arrive toujours pas à communiquer avec eux, ce n’est pas que je n’en n’ai pas envie mais c’est parce que je ne les vois pas, je les entends, je peux bouger ma main, cela s’arrête là, c’est énorme selon mon père et Julien, pour moi c’est petit tout petit.

Ce matin chez les Laurent il y a conciliabule, Julien le frère de Marion, Mario le jeune médecin, le chef de la clinique « Les Pervenches » Monsieur Laurent le père  se demandent si Marion ne serait pas mieux dans leur villa plutôt que dans une clinique ou tous ont l’impression qu’elle n’avance plus, au contraire elle stagne voire même elle rétrograde selon le grand professeur venu des USA, mais si Rebecca le sait car elle a dû se cacher là-bas, moi Marion je ne l’apprendrais que plus tard, quand tout sera fait, quand à nouveau l’ambulance viendra. A chaque fois que je change d’endroits j’ai peur de retourner dans ce château où José me tourmentait. Mais là je comprends que tout est différent, je sens l’odeur de ma vie d’avant. Quand Mario me descend de la voiture je vois mon frère qui se penche sur moi, oui j’en suis heureuse je le vois, lui je ne sais pas s’il comprend qu’enfin je vois. Mais au moment où il m’embrasse il dit à Mario :

  • Regarde son œil pétille ! Marion si tu me vois serre moi la main.

De suite il me prend la main et je sens sa main dans la mienne, je lui la serre. Je vois à son regard qu’il est fou de joie, mais hélas il s’aperçoit rapidement que je retombe dans ma léthargie et c’est ainsi que je vais vivre chez mon père sous la surveillance d’une infirmière, Mario viendra me voir mais ce ne sera pas en tant que médecin, mais en tant que l’amour de Rebecca je l’ai enfin compris et cela m’a détruit, aussi je me suis laissée aller, je n’ai plus fait d’efforts, à quoi bon si cette Rebecca me prends tout. Je sais qu’elle m’a volé Romain, je sais bien qu’il a fait l’amour avec Rebecca. Je ne sais pas s’il ne m’a jamais aimé, mais c’est moi qui en aie tiré cette conclusion. Je n’entendais plus sa voix, il n’a jamais pris de mes nouvelles, ça je l’ai entendu de la bouche de mon père. Et maintenant Mario qui dit,  je l’aime. Si c’était à moi il aurait dit je t’aime, donc c’est forcément à Rebecca. Je ne suis pas convaincue mais je me sens tellement fatiguée qu’imperceptiblement je perds à nouveau la notion du temps et je m’endors.

Je vois que Rebecca est là, elle est assise à mon chevet, elle me sourit et me dit : « voilà j’étais venue te chercher car tu m’appelais à l’aide, au revoir Marion je continuerais à te protéger mais je dois partir. » J’essaye de la retenir mais je la vois disparaître comme dans de la fumée, cela me semble si irréel que je fais un effort énorme pour ouvrir les yeux. A mon chevet il y a mon père et de suite je vois comme il est heureux.

  • Ah enfin tu te réveilles sais-tu que tu es dans le coma depuis deux mois?

A suivre

Un reflet dans le miroir (les jours suivants)

Mais je n’ai pas le temps de lui répondre qu’il me raccroche au nez, je suis à bout de nerf, je dois me procurer les avis de décès, fouiller la vie privée de ma propre famille pour enfin savoir ce qu’il se passe. Je n’ai pas trouvé d’avis de décès me concernant, heureusement, mais j’ai trouvé un article de journal faisant mention de la greffe qu’avait subi la fille de l’imminent professeur Laurent dans une clinique privée en Suisse. Assise sur l’unique chaise de l’hôtel ou je viens de me réfugier, je passe en revue ma vie, je ne me souviens nullement d’avoir été hospitalisée.  Bien entendu il y a cette fille, possible qu’elle soit réellement ma sœur, mais alors c’est elle qui a dû être hospitalisée. Finalement j’aurais dû rester dans ce château je ne serais pas là à me forcer les méninges, je sens que la folie me guette. L’autre aurait profité de moi, mais au moins j’aurais pu croire que mon père me faisait rechercher alors que là je suis orpheline. Je tombe épuisée sur le lit qui grince et m’endort d’un sommeil peuplé de cauchemars.

Quand je me lève le matin, je sais que je suis Rebecca, je me suis raccrochée à l’espoir que j’étais cette fille vue à sa fenêtre, mais c’était impossible. Lorsque j’ai mis les yeux sur sa thèse je n’ai absolument rien compris. C’est du chinois pour moi, lorsque mon père m’a vu, de suite il m’a dit, enfin tu es revenue Marion, j’ai eu l’impression qu’il voulait me dire quelques choses mais il s’est ravisé et ne m’a rien dit. Aussi je me suis bien gardée de lui dire que je n’étais pas Marion, mais par contre j’ai réussis à le convaincre que cette Rebecca existait bien et qu’elle me voulait du mal. Il m’a semblé gêné mais à nouveau le silence s ‘est installé entre nous. Je ne l’ai pas rompu. J’avais le téléphone de l’autre la fille au déshabillé noir, j’ai appelé ses amis, et ils m’ont rejoint à Deauville et c’est là que j’ai annoncé à tous que j’abandonnais mes études. J’ai cru que mon père tombait à la renverse, mais sur le coup il n’a rien dit, mes amis étaient étonnés mais personne ne m’a dit que je faisais une bêtise. Nous avons continué de nous ébattre dans la piscine, et le soir même en revenant d’une boîte branchée sur Deauville je me donnais à ce bourgeois de Romain, il m’avait dragué ouvertement toute la soirée, et c’est bien normal que je finisse dans son lit. Je me suis sauvée au petit matin, le laissant nu sur le lit de sa garçonnière, un peu étroite la couche, mais pour faire ce que nous faisions c’était bien suffisant. Mais avant de rentrer au bercail sur Paris il me fallait téléphoner à José pour voir ce qui se passait avec l’autre. J’étais perplexe il ne me répondait pas, je n’avais pas le temps d’y aller mais j’appelais son frère afin qu’il se rende sur place, je lui donnais le numéro de Marion, la vraie afin qu’il puisse me dire ce qu’il se passait, mais en rentrant à la maison j’allais rapidement comprendre. Celle dont j’usurpais la vie s’était échappée, elle avait refait surface et essayait de monter notre père enfin l’homme qui était mon père pour l’instant contre moi.

L’imminent professeur m’explique ce que Marion lui a dit : «  Papa tu as reçu un coup sur la tête, je suis Marion. On t’a fait un lavage de cerveau, c’est impossible que tu ne me reconnaisses pas, tu es venu avant-hier me chercher au 36 quai des Orfèvres, tu m’as rapporté ma robe noire. Tu étais étonné que je sois en déshabillé. »

 Alors je me décide à poser des questions  au Maître de la Sorbonne :

  • Papa je sens bien que tu me caches quelques choses qui est Rebecca ?

Mon père ou soi-disant tel, bafouille, pâli et tourne les talons en me disant, moins tu en sauras mieux tu te porteras..

Lorsque Rebecca a quitté les lieux, je sors de mon réduit et quitte la maison de mon père et sort dans la rue, la voiture de Grâce n’est plus là. Je suis seule complètement seule et je ne sais pas qui je suis. Je me sens tomber dans un puits sans fond, je ne crie même pas, je sens même pas la chaussée pourtant je me tape la tête puisque je vois une tache de sang s’écouler sur la route. Après c’est le trou noir, j’entends plus que je ne vois les pompiers, mon père est affolé, tiens je croyais que je n’étais pas sa fille, décidément tout s’embrouille dans ma tête. Je suis déposée avec délicatesse sur un brancard, puis je vois de longs couloirs blancs avec des lumières au plafond, enfin ceux qui me poussent s’arrêtent, j’entre dans une salle là les lumières sont encore plus vive, mais je n’arrive pas à ouvrir les yeux, je sens qu’elles sont braquées sur moi. J’entends des voix inconnues affirmer que je suis dans un sale état. Je n’ai que l’arcade sourcilière de péter, ce n’est tout de même pas la mer à boire. Ce n’est pas si grave. Puis je tombe dans un lieu de douceur, on dirait du coton, je ne sens plus rien, enfin je vais pouvoir dormir.

Je me revois chez mon père cachée dans son placard, j’entends cette Rebecca parler, faire comme si elle était moi, je n’arrive pas à crier, où plutôt je me vois crier mais je n’entends même pas ce que je dis, je suis invisible pour eux, inexistante, pourquoi? Que leur ai-je fait ? Alors je pleure sur mon sort, et espère qu’un miracle va se produire, mais rien, je suis, mais où suis-je exactement ? Je suis allongée dans un lit qui n’est pas le mien, quelqu’un me tient la main mais je ne sais même pas qui est cette personne, pourvu qu’enfin on me parle, je ne suis pas un légume, je suis vivante même si je ne peux pas leur parler, je suis vivante, j’entends comme un écho qui se répercute au loin, mais rien personne n’entends mon cri.

J’ai dû m’endormir, car je n’ai plus de souvenirs, j’avais des tuyaux de branchés, je respirais avec une machine, ils me les ont enlevés, j’ai entendu celui qui me semble être un médecin dire qu’à ce stade il ne peut rien faire juste attendre. Mais attendre quoi ? A nouveau un léger froissement, une main et une bouche chaude qui me susurre des mots ; j’entends sans vraiment comprendre :

  • Marion si tu m’entends, « bien entendu que je t’entends » tu n’as pas besoin de t’accrocher à la vie, je suis là je vais te remplacer, tu as vécu 25 ans je prends le relais maintenant, chacun son tour. «  Mais je ne veux pas, c’est cela que je lui dis, mais elle ne m’entend pas, chacune de notre côté on se parle, ce n’est pas un dialogue c’est un monologue. »

Puis à nouveau du bruit et plus rien, des visites j’en ai, des copains de la Sorbonne marche à pas de loup, mais j’entends tout y compris les bruits que l’on n’ose faire. Je sais que mon père passe une partie de la nuit à mes côtés. Et, au matin il s’en va et je suis seule avec mes douleurs à la tête. On me pique, on me soulève, me tourne, ceux qui me font ça parlent entre elles et disent pauvre fille, elle avait la vie devant elle, et maintenant elle est un vrai légume. Une autre ajoute, mais elle vit sans  aide respiratoire, elle mange certes avec une sonde  mais elle vit, un jour a dit le professeur elle se réveillera où jamais comme dit son frère. C’est triste, il serait préférable qu’elle meurt.

  • Non je ne veux pas mourir, je veux vivre, d’ailleurs je suis vivante c’est juste que vous ne m’entendez pas, je suis de l’autre côté de la porte, dans un autre monde, c’est comment dit-on surnaturel. Aidez-moi, ne faîtes pas comme si j’étais déjà morte ; j’ai la rage, j’aimerais qu’elles m’entendent, mais à nouveau elles s’éloignent et je me retrouve seule face à moi-même. Je sens une présence, je ne veux pas que ce soit Rebecca, comment le faire comprendre ? Oui, comment ? Mais quand j’entends la voix je sais que c’est un homme, il a une belle voix langoureuse, je le sens bien, il me lit le journal, c’est incroyable je ne pensais pas que nous étions au mois de mai. Depuis combien de temps je suis dans ce lit ? Et qu’elle en est la raison ? Que m’est-il arrivé ? Il semblerait que je donne des signes de vie à celui qui est auprès de moi, car je l’entends crier :
  • Professeur Marion a bougé ; «  et là à nouveau il y a du bruit, on écoute mon cœur, on me soulève les paupières, j’essaye de toutes les forces de bouger ma main, ah enfin l’interne a l’air de comprendre il me demande de lui serrer la main, je serre de toutes mes forces, mais ce n’est qu’une illusion puisque je l’entends dire :
  • Il me semble que j’ai sentis un léger frémissement, Professeur je sens que bientôt nous verrons ces beaux yeux myosotis.
  • Vous ne seriez pas tombé amoureux ?

J’attends, mais il esquive sa réponse au médecin, c’est un malin, il ne dira rien devant son patron, enfin je ne sais pas qui est réellement cet homme. Un autre docteur, un infirmier. Rien j’ignore tout. Il n’y a que Rebecca qui me poursuit de ces assiduités, tous les jours elle me pousse plus loin, tous les jours je me retiens pour ne pas tomber. Du reste je me demande si ce n’est pas elle qui m’a poussé hors du lit, maintenant j’ai les idées un peu plus claires, je n’étais pas sur la route, j’étais déjà là et j’ai basculé du lit, d’ailleurs le professeur a disputé, oh non vraiment engueulé une femme qui me semble n’en menait pas large, elle avait oublié de remettre les barrières à mon lit et je serais tombée sur le sol et me serais tapée la tête. Cela me revient doucement, pourtant il y a à peine dix minutes je pensais avoir eu un accident, mais il est possible que c’était il y a bien plus longtemps. Il faut que je me souvienne, j’ai commencé à aller mieux dans ma tête aussi bizarre soit-il c’est le jour où je me suis blessée. Un choc salutaire, mais j’ai toujours pas retrouvé l’usage de ma voix, ça je l’ai bien compris, ni celui de bouger mes mains et mes jambes, encore moins de manger. Comme je me sens fatiguée je vais me laisser aller et dormir. Je ne fais que ça et pourtant je n’ai envie que de faire une seule chose c’est vivre, courir, danser, nager, être avec mon père, mon frère, mes amis, mais ne plus jamais revoir cette Rebecca. A moins qu’elle puisse m’aider, car il faut qu’elle me ramène à la vie, je sens qu’elle n’est plus de ce monde et qu’elle veut m’entraîner dans un monde souterrain, un monde parallèle.

 

A suivre…

Le reflet dans le miroir (4 mai 2001)

– Bonsoir Rebecca, tu as fait bon voyage ?
– Je ne suis pas Rebecca
– Chut je sais que ton cerveau est plutôt mal en point suite à l’opération, tu es ma sœur jumelle je suis Marion et je vais reprendre ma place.
– Je suis Marion ! Et je n’ai pas de sœur jumelle.
– Mario fait lui sa piqûre et tu suis mes recommandations à la lettre. Dès qu’elle sera plus raisonnable tu passeras aux médicaments, mais pour l’instant ce sont les piqûres. Je ne la veux pas dans mes pattes.
Elle s’approche de moi, m’embrasse me prends mon sac à main, mon téléphone et disparaît suivis du plus âgé, le dénommé Mario s’avance vers moi avec une seringue, mais je ne vais pas me laisser faire, ils ne savent rien de moi je suis ceinture noire de judo. Voilà le petit Mario n’a rien compris il est par terre, je trouve les menottes sur la table, je lui les mets au poignet et je le traîne tant bien que mal vers le radiateur glacé et je fais comme les policiers je l’attache. Puis je saisis la lampe de poche qu’ils ont abandonnée sur la table et fait le tour de la maison. C’est une belle demeure assez vaste, dans une pièce un feu de cheminée crépite, on y est bien, je fouille les tiroirs de la commode dans la chambre, mais comme dans l’appartement voisin au mien il n’y a rien. Enfin voilà certainement la pièce que l’on me destinait, des barreaux autour d’un lit ainsi qu’aux fenêtres, un wc dans la chambre et une minuscule salle de bain. Cela sent le moisi et une autre odeur que je ne connais pas. Bon les deux autres ne sont pas revenus, Mario a les yeux ouverts et il m’envoie une bordée d’injures, je me fiche de ce qu’il raconte, je sors et aperçoit la voiture avec laquelle je suis arrivée, les clefs n’ont pas été ôtés, Mario allait surement la rentrer dans le garage qui est ouvert et allumé. Avant de partir il me faut téléphoner à mon père car il doit s’inquiéter. Mais je ne veux pas qu’il trace mon père ces dingues. Hélas je dois me rendre à l’évidence il n’y a pas de téléphone, le pauvre mec il va falloir que j’appelle en route pour que la police vienne le cueillir sinon il va mourir de faim attaché à son radiateur. Me voilà partis, Mario a eu beau me supplier de le détacher en m’appelant :

  • Rébecca mon cœur mon amour ne me fais pas ça, tu sais bien que ta sœur ne va pas revenir avant plusieurs semaines je t’en supplie je ne te ferais pas de piqûres mais ne me laisse pas.

Je suis restée inflexible, je roule en direction de la capitale, je n’ai pas d’argent sur moi, je n’ai pas mes clefs, je n’ai rien si je tombe en panne d’essence je ne pourrais pas téléphoner, j’ai réussis à m’habiller d’une vieille salopette appartenant à Mario car il a grimacé un sourire en me voyant puis il m’a dit un rien ne t’habille, mais tu seras vite ramené là tu verras. Les effets  du somnifère ont faillis me faire aller dans le décor, finalement j’ai réussis à m’arrêter au bord de la nationale et a faire un petit somme puis j’ai repris ma route, je suis arrivée à mon domicile il était à peu près cinq heures du matin, j’ai pris l’ascenseur et sur ma porte j’ai vu qu’il y avait les scellés, au moins l’autre folle n’était pas venue là, je me suis introduite chez moi à mes risques et périls, craignant que la police débarque. J’ai récupéré le double des clefs de l’appartement d’à côté, mes clefs de voitures, mon téléphone portable est introuvable, tant pis je m‘en rachèterais un dans la journée. Dans une valise j’ai jeté en vrac mes vêtements, ma thèse, mon ordinateur. Puis j’ai ouvert l’appartement d’en face, auparavant j’ai récupéré un matelas pneumatique dans mon placard ainsi qu’une couette et un drap, ce n’est pas terrible mais au moins je vais pouvoir dormir. Je fais doucement le tour, personne n’est venu depuis hier matin. Rien n’a changé de place, le lit métallique pliant est toujours-là, Rebecca puisque c’est son prénom n’est pas venue le récupérer, de toutes façons elle n’a pas les clefs. J’ai dû dormir des heures, car lorsque j’émerge il fait nuit, j’ai du mal à revenir à la réalité. Il faut que je me concentre pour comprendre ce qu’il m’arrive ? Qui est cette jeune femme qui me ressemble en tout point, que me veut-elle ? A l’évidence prendre ma place, gagner l’affection de mon père, mais pour quelles raisons ? En quoi je peux la déranger ? Et, pourquoi maintenant alors que tout me souriait ? Quel est le dénominateur commun entre cette fille et moi. Ce Mario j’ai bien vu briller son regard, je ne suis pas tombée de la dernière pluie, il me désirait j’en suis certaine. Vraiment pas envie de me taper ce genre de bonhomme. Je vais essayer de joindre Timothée, il est rentré dans la police, il est un peu loin mais il pourra m’aider à débrouiller l’écheveau de cette pelote de laine. Sur mon ordinateur j’ai mon agenda électronique, c’est fort pratique, mais Dieu que je suis bête je n’ai pas de téléphone, il y en a bien un ici mais il n’est pas question que l’on me suive à la trace, bientôt, Rebecca se rendra compte que son Mario ne lui donne plus de nouvelles et cela devrait bouger, mais il me faut trouver une planque, demain j’irai à la banque récupérer un peu d’argent, j’ai pris la carte bancaire du compte secondaire ouvert par mon père à la mort de ma mère, je ne dois m’en servir qu’en cas d’urgence absolue, c’est le moment. Quant à l’autre il faut que je fasse opposition, sinon cette fille peut me vider mon compte en banque, quoiqu’il lui en faille du temps pour arriver à ses fins. J’ai enfilé les heures de sommeil comme un bébé, le lendemain je suis encore un peu assommée et surtout j’ai faim je n’ai rien avalée je me sens pas en pleine forme, mais il est temps de passer à l’action.

Ma voiture n’est plus dans son box, décidément les choses tournent mal pour moi, il me faut une voiture, en attendant j’ai appelé une de mes amies, Grâce m’a parue bizarre au téléphone mais elle a accepté de me prêter la voiture de son frère tout au moins jusqu’à ce que je retrouve la mienne. Elle m’a posé un tas de questions comme si l’autre avait déjà pris contact avec ma bande de copains. Elle m’a prêté la voiture après s’être assurée que j’étais bien son amie de la Sorbonne, c’était une question que j’aurais pu dire de subsidiaire, connue de nous deux. En s’en allant elle m’a dit :

  • Pardon si tu as l’impression que je me méfie de toi, mais tu comprendras qu’après ce que tu nous as appris hier je sois méfiante.

    Je n’ai pas osé lui demander ce que je lui avais soi-disant dit, je me suis doutée que c’était le travail de sape de Rebecca, cette nana allait me pourrir la vie. Et, je n’étais pas au bout de mes peines, cela allait devenir pire dans les jours suivant. Enfin voici ma banque, mon conseiller me fait des yeux tout ronds. Il semble complètement paniqué. Il me communique sa peur et je fais demi-tour. Après tout je n’ai pas besoin de mon conseiller pour prendre de l’argent au distributeur. C’était juste pour faire opposition à mon autre carte, mais là quand j’allais découvrir ce qui se passait j’allais me demander si finalement ce n’était pas moi cette fille nommée Rebecca. J’ai réussis à prendre quelques milliers d’€ sur mon compte privé, comme j’ai un chéquier je vais aller m’acheter une voiture, car je vais éviter de déposer plainte à la police. Mais auparavant je vais téléphoner à mon père mais pour cela il me faut un téléphone. J’ai acheté un téléphone à carte jetable, ce n’est pas traçable on l’utilise pour le temps que l’on en a besoin et après on change. Je me sens l’esprit espion. Je connais le numéro de mon père je vais l’appeler aujourd’hui nous sommes samedi il a dû partir pour Deauville, nous y avons un cottage en bord de mer.

    • Papa
    • Qui êtes-vous ?
    • Mais voyons Papa je suis Marion !
    • Marion? ma fille Marion est avec moi
    • Mais papa ce n’est pas possible j’ai été kidnappé hier par une femme qui me ressemblait une Rebecca, c’est ce que m’ont dit les policiers. 

    Puis, plus rien, le téléphone a été raccroché, je suis anéantie, pourquoi mon père dit que je suis avec lui, cette fille a pris a place, elle a trompé mon père. Et si cet homme n’était pas mon père, si tout avait été changé, mon père, moi, il me reste mon frère je vais l’appeler. Julien répond au bout de dix sonneries, quand je dis :

    • Julien ! De suite je sens qu’il ne sait pas qui lui téléphone, je sens passer son angoisse alors qu’il est dans le Thalie comme il me le dit, mais il m’appelle Rebecca.
    • Non, je suis ta petite sœur, celle avec qui tu jouais à chat perché chez grand-père.
    • Vous avez bien appris votre leçon, nous ne sommes pas dupe les policiers nous l’ont dit vous êtes une intrigante et user de votre ressemblance pour essayer de nous faire cracher notre argent c’est dégoutant.
    • Julien rappelle-toi lorsque nous allions en mer avec Oncle Jean !
    • Rebecca ou je ne sais qui dîtes-moi ce que nous avons fait l’an passé en août ?

A suivre…

Un reflet dans le miroir ( 2 et 3 mai 2001 )

    • C’est bien vous ?
    • Oui et non !
    • Comment ça ? Ou c’est vous, ou ce n’est pas vous ? Je me décide à leur dire que ce n’est pas moi, je verrais bien ce qu’il va se passer.
    • C’est l’inconnue qui squattait mon appartement.

    Les bras leur en serai tombés qu’il ne m’aurait pas fait une tête plus ahurie que celle que je voyais face à moi.

    • Maintenant Mademoiselle Rebecca on a assez joué
    • Je ne suis pas Rebecca, je m’appelle Marion, je ne comprends pas vos questions appelez ce numéro, et je griffonne sur le papier qui est devant moi le numéro de l’avocat de mon père. J’exige mon avocat.
    • Mademoiselle exige, on aura tout vu, que faisiez-vous hier à 16 h devant le tribunal de Bobigny ?
    • Moi ?
    • Oui ! Il n’y a que vous assise sur cette chaise et vous nous faîtes perdre notre temps, nous allons vous transférer à un juge si vous continuez de vous payer notre tête.
    • Il me semble qu’en France on est présumé innocent tant que les affaires ne sont pas jugées et que les gardes à vue durent plus longtemps qu’à peine une heure.

    Excédés les inspecteurs appellent le grand black que je nomme ainsi car je ne connais pas son nom, il m’attache les mains dans le dos mais délicatement ce dont je lui suis reconnaissante et m’emmène dans une cellule. Avant de la refermer il me dit, dîtes leur tout et ce sera fini pour vous, et vous retournerez là où vous étiez. Je ne comprends rien, je vous assure que je ne suis pas cette Rebecca, appelez mon père je vous en supplie, il viendra me reconnaître et vous rechercherez cette femme, mais je m’appelle Marion Laurent. Il me laisse en me prenant pour une demeurée j’en suis certaine. Puis ils reviennent et à nouveau l’interrogatoire reprends de plus belle, le plus vieux n’a qu’une envie s’est de me balancer une gifle mais il a été retenu deux fois par le beau gosse comme je le nomme.

     Il me demande si mon père n’a pas eu de maîtresses, mais jusqu’où leurs insinuations vont aller ? Il me prenne pour qui, je leur dit qui est mon père, bien sûr que je suis idiote, ce n’est pas parce que mon père a de hautes fonctions qu’il ne peut pas avoir eu de maîtresses. Mais j’ai toujours vu ma mère et mon père unit je ne comprends pas qu’ils puissent me tenir des propos pareils.

    Puis à nouveau un feu roulant de questions, mais sur moi et ma famille. Ils se confondent en excuses quand ils apprennent que ma mère est décédée il y a même pas un an. Ils m’ont fait sortir de mes gonds quand ils supposaient que ma mère était idiote et aveugle,  qu’elle ne voyait pas les fredaines de mon père, je n’ai pas pu leur laisser dire pareilles ignominies. Maintenant ils m’ont ramenés dans la cellule. Il y a d’autres personnes qui attendent un interrogatoire, ils me dévisagent, j’ai l’air étrange avec ma couverture sur le dos. Je prends bien soin de cacher mon corps qui est juste enveloppé de ma nuisette. Comment je vais pouvoir partir du 36, ils vont me relâcher je les ai entendu le dire, mais je ne peux pas partir presque nue. Pourvu que l’on puisse venir me récupérer. Soudain je vois surgir devant moi une femme, celle-là je ne l’avais pas encore vue, elle me sort de la cellule, ne me met pas les menottes, tiens possible qu’ils me renvoient chez moi, elle me fait entrer dans une pièce plus lumineuse que la précédente, me demande si je veux un café, bien sûr que j’en veux un, il est chaud et pas trop mauvais, il me fait du bien, puis c’est à ce moment que j’entends la voix tonitruante de mon père  : 

    • Bande d’incapable, vous auriez pu récupérer les papiers de ma fille dans son appartement qui du reste était ouvert, qui a osé le faire ? Ma fille n’est pas une criminelle elle prépare un doctorat à la Sorbonne, regardez son passeport et j’ai aussi ma carte d’identité, vous voyez bien qu’elle se nomme Marion Laurent et que je suis son père, vous ne voulez pas mon livret de famille au cas où ? Ou bien je peux me faire faire un test ADN et ma fille aussi, vous pourrez comparer. Allez qu’est-ce que vous faîtes à écrire, je veux que ma fille soit libre sur le champ sinon je porte plainte en haut lieux, j’ai le bras long, je peux vous faire avaler votre extrait de naissance si je lève le petit doigt.

    La jeune femme qui m’a offert le café rit sous cape devant les cris de mon père, mais elle ne me dit rien, la porte s’ouvre à la volée et le grand black qui répond au nom de Michel me dit

    • si Mademoiselle veut bien s’en donner la peine son papa est arrivé.

    Ces paroles auraient pu me faire rire en d’autres circonstances mais là je n’ai envie que d’une chose de voir mon père et de quitter ces lieux habillés ou non mais en vie et libre.

    Quand mon père passe la porte il a sur son bras ma robe noire, la jeune femme me laisse seule dans le bureau pendant que je m’habille un peu plus décemment, puis la tête haute et sans un regard pour les policiers nous quittons le 36.

    A peine dans la rue je m’effondre telle une poupée, les heures passées au commissariat m’ont épuisées nerveusement et je n’arrive plus à me contrôler, mon père attends, il est à la fois colérique et fort patient. Il me prend dans ses bras, me caresse le visage, m’embrasse sur le front et me demande ce qui a bien pu se passer ?

    Il ne comprend pas pourquoi je me suis retrouvée en nuisette au commissariat du Quai des Orfèvres. Je lui raconte tout ce qui s’est passé depuis ce matin, mais j’omets de lui parler de la ressemblance avec cette Rebecca vu sur les Champs Elysées deux jours auparavant. Dans la même journée mon père m’a envoyé un serrurier qui a changé la totalité des serrures des deux appartements, l’inconnue pourra toujours essayer de revenir elle ne le pourra pas. Je je suis restée chez moi sans rien faire pour le reste de la journée, j’ai eu un appel de mon frère, il m’a écouté et lui non plus ne comprends pas qui est cette mystérieuse inconnue qui avait réussis à s’introduire dans l’appartement d’à côté. Deux copains de la Sorbonne ont téléphoné, mais je ne leur ai rien dit, mais refusé d’aller en boîte car trop fatiguée, mais j’ai prétexté un léger mal de gorge, comme ils sont gentils mais pas téméraire ils ne m’ont même pas proposés de passer la soirée chez moi. Au cas où je serais contagieuse. C’est tout à fait la manière d’être de ces deux-là, les faux frères comme nous les appelons ma bande et moi.

    Je n’ai pas trop mal dormi bien que je voyais le vieux policier chauve me frapper à maintes fois, quand je me réveille il est trois heures à ma montre je me demande ce qui m’a réveillée, j’entends comme un grattement imperceptible à ma porte. Je cherche mon portable mais je ne le trouve pas, il y a juste le fixe, que je prends avec moi et fais le numéro de mon père, mais il ne me répond pas. Bizarre !  Je m’approche le plus doucement possible de ma porte d’entrée et met mon œil au judas, peine perdue on y a mis soit une main soit un cache je ne vois rien. Que me veut-on, la police ce n’est pas possible, alors il ne reste que l’inconnue cette Rebecca ; je n’ose pas demander qui se trouve de l’autre côté, je vais dans ma salle de bain dans le noir je plus complet, je ferme la porte et attends. Une demi-heure se passe, de là ou je suis, je n’entends absolument rien, aussi je me décide la peur au ventre à me rendre dans mon couloir, c’est à ce moment que mon téléphone se met à sonner, que faire ? Répondre et je me découvre ou ne rien dire et on pensera qu’il n’y a personne, si c’est mon père il viendra immédiatement si c’est elle j’aviserais, aussi je décroche.

    • Oui
    • Rebecca
    • Non vous faîtes erreur
    • Si je sais que c’est toi Rebecca
    • Non vous dis-je, je m’appelle Marion
    • Rebecca ou Marion qu’importe vous êtes une et même personne.
    • Non ! Et je raccroche, mais qu’est-ce que cet homme me veut et où est-il ?

    J’ai à peine finis de me poser cette question que l’on tambourine à ma porte et j’entends l’homme appelé :

    • Rebecca ne fait pas l’enfant, ouvre-moi
    • Lisez mon nom sur ma boîte aux lettres, je m’appelle Marion, Rebecca c’est la porte en face, et si vous continuez j’appelle la police.
    • Ne les appelez pas, je suis de la police.
    • Et moi je suis une criminelle ?
    • Oui !
    • Mais bien sûr que je vais vous croire, je suis Marion Laurent et j’aimerais dormir. Pendant que j’attends sa réponse mon téléphone sonne à nouveau, là je vois que c’est le numéro de mon père, aussi je lui réponds.
    • Papa !
    • Marion je rentre à l’instant, tu m’as appelé ?
    • Oui, viens à l’appartement j’ai eu de la visite.
    • J’arrive !

    Mon père arrive, mais je ne suis plus là pour ouvrir ma porte, de plus elle est ouverte de haut en bas comme ils diront plus tard avec une hache, j’ai disparu. Mon père téléphone à la police de quartier, mais il leur faut se rendre à la raison à part ma porte fracturée, rien ne semble avoir été volé.

    Pendant ce temps j’étouffe dans le coffre de la voiture qui m’emmène dans un lieu inconnu, je suis à nouveau en nuisette rouge cette fois-ci, mais ce policier faux ou vrai a eu le temps de faire main basse sur mes vêtements du lendemain posés sur ma chaise. Après je ne me souviens de rien il m’a fait une piqûre et j’ai sombré dans un sommeil profond et je viens tout juste de me réveiller et je me vois dans un coffre de voiture qui roule vite. Je ne puis me résoudre à rester ainsi, aussi je frappe fort avec ma chaussure qui se trouve plus près de mes mains qu’à mes pieds. La voiture ralentie, le coffre s’ouvre on me braque une lampe sur le visage et on me demande d’être sage sinon on me jette sur la route. Je me tais mais pense tout bas qu’ils ne le feront pas car s’ils en voulaient à ma vie ils l’auraient fait bien plus tôt voire dans mon appartement à quoi ça sert de me tuer une fois enlevée ; car il s’agit forcément d’un enlèvement. L’un des deux hommes me propose de venir m’asseoir à l’arrière de la voiture, il me met des menottes, décidément je dois être encore prise pour cette Rebecca. Cela fait déjà deux heures que l’on roule quand brusquement alors que je ne voyais que des arbres, la voiture tourne dans une allée de château. Ils se garent, on m’ôte les menottes, je ne risque plus de m’échapper, je ne sais même pas où je suis.

    J’entre, une femme est là de dos, elle se retourne, c’est mon inconnue des Champs Elysées, cette fameuse Rebecca. Je suis estomaquée on dirait moi, elle est habillée comme je l’étais avant d’aller me coucher. C’est mon portrait tout craché. Même mèche rebelle, même fossette, enfin je me vois comme dans une glace.

  • A suivre…

Le reflet dans le miroir 2 mai 2001

Debout devant ma glace je m’interroge, est-ce moi où l’autre ? Deux jours déjà qu’en plein Paris j’ai croisé cette femme, elle marchait face à moi, au premier abord elle n’était rien pour moi, c’était une femme comme une autre comme on en voit tant lorsque l’on arpente les rues de la capitale. Mais là, cette silhouette c’était la mienne, elle avait mon port de tête, mon allure, ma démarche. En tailleur comme moi, même si en ce mois de mai elle avait posé sur ses épaules un grand paréo, par l’ouverture je voyais sa jupe courte, elle avait des talons noirs. Moi ce jour j’étais en rouge, elle était en vert, pour un daltonien nous étions toutes les deux de la couleur opposée.  Machinalement je l’avais regardée, ensuite j’avais continué mon chemin. Puis poussé par je ne sais quoi et dans un ensemble parfait nous nous étions retournées. Intriguées mais ne sachant que faire nous étions reparties l’une l’autre et petit à petit nous nous étions perdues de vue. Le jour suivant j’étais repassé au même endroit, mais je ne l’avais pas croisé. Je déambulais dans les rues sans vraiment la chercher mais je m’étais promis que cette fois-ci je l’accosterais et lui demanderais qui elle était ? Deux soirs que je rentrais bredouille, je m’étais même arrêté de chercher un travail dans l’une des boutiques chics des Champs Elysées.

Chaque matin je me lève assez tôt un peu avant six heures car je peaufine ma thèse sur l’Histoire des Arts Égyptiens. Mes amis se moquaient de moi car je n’avais jamais mis les pieds en Egypte, mais qu’importe, j’en étais capable mon père était Maître de conférence à la Sorbonne, précisément là où j’étais en passe de décrocher mon Doctorat. Avant de me plonger dans mes dernières notes, j’ouvre ma fenêtre et admire Paris qui dort encore, la tour Eiffel me nargue, puis mes yeux se posent sur la terrasse voisine et là je sursaute, il y a une femme en déshabillé rouge alors que le mien est noir, j’ai comme l’impression de me voir dans un miroir, elle aussi me regarde, je lui fais un signe de la main, je la vois froncer les sourcils, me dévisager de haut en bas et se précipiter à l’intérieur. Je bondis moi aussi à l’intérieur de mon appartement, me précipite vers ma petite boîte dans laquelle j’ai les clefs de l’appartement d’à côté, en effet elles y sont, j’ouvre la porte de mon appartement et j’ai le temps de voir une fusée qui descend quatre à quatre les escaliers. J’attends que ces pas s’amenuisent et ouvre la porte qui me fait face, je n’ai pas la berlue, cet appartement est vide, je savais bien que ni mon frère ni moi l’avions loué à qui que ce soit. Pourquoi cette femme était en déshabillé, et où a-t-elle pu mettre ce vêtement. Dans la salle de bain je sens mon propre parfum et je vois le déshabillé que cette femme portait jeté à même le sol. Et, c’est à ce moment-là que j’entends sonner mon téléphone, je vais pour me précipiter dans mon appartement mais la porte est fermée à clefs et j’ai laissé ma clefs de l’autre côté. En fait le téléphone est plus proche que je ne pensais car c’est celui de ma voisine qui fait entendre une mélodie comme le mien. Je le décroche mais au bout du fil je n’entends qu’un souffle personne ne m’adresse la parole, excédée je raccroche.

Désemparée je m’assois sur l’unique tabouret que j’ai trouvé dans la cuisine qui est la copie conforme à la mienne, je ne sais que faire, je pourrais appeler mon frère, mais il est partis depuis dimanche à Bruxelles, mon père, mais il n’aime pas être dérangé le matin avant d’aller à la Sorbonne. Qui de mes amis va pouvoir venir m’ouvrir, ils sont comme moi plongé dans leur thèse ? C’est à ce moment que je me rends compte que je n’ai vraiment pas grand monde sur qui compter, ce sont juste des amis, enfin des copains, les amis je n’en n’ai plus. Mais je n’ai pas le temps de me poser mille questions, on sonne. Il est à peine six heure, qui peut venir à une heure aussi matinale, j’ai l’impression d’entendre police, me voilà bien, moi qui ne suis pas chez moi, je vais être arrêtée à la place de mon double. Comment vais-je pouvoir m’expliquer, mais je n’en n’ai même pas le temps, je sens deux bras qui me plaquent au sol, on m’intime l’ordre de ne pas bouger. L’un se détache de moi pendant que l’autre me maintient au sol. Puis on me soulève plus que l’on me traîne et ils commencent à fouiller les placards, bien entendu ils ne trouvent rien puisque j’ai déjà fait le même constat. L’un me jette sur les épaules une couverture qu’ils ont arrachée à l’unique lit qui se trouvait dans le salon. Il me jette dans l’ascenseur, je suis devant le plus grand, c’est un black, sur son bras il a un brassard rouge, quand je pose mes yeux sur son visage il a un regard goguenard, il est vrai que j’ai un air de folle et je vois dans la glace que la bride de mon déshabillé laisse voir la pointe d’un de mes seins, j’ai beau la remettre elle ne fait que redescendre, j’en rougis de honte. Au rez-de-chaussée il y a un véritable comité d’accueil, armés jusqu’aux dents, ce sont ceux du RAID je me dis en mon for intérieur. Qui est cette femme pour qu’ils aient déployés pareille force. Une terroriste, c’est bien ma veine, une criminelle ? Aucun d’entre eux n’émet la moindre parole, aussi je décide de me lancer,  et je leur demande :

  • Mais que me voulez-vous ?

Aucun ne me répond mais on me fait rapidement comprendre que je n’ai pas le droit de l’ouvrir. Dans la voiture qui traverse Paris à vive allure je les entends dire qu’ils n’ont pas compris la raison pour laquelle il n’y avait aucun vêtement, rien dans les placards ni dans le frigo, il râle en disant on est arrivé trop tôt. J’essaye de leur dire que je ne suis que la loueuse, mais ils me disent qu’il faut éviter de l’ouvrir pour ne rien dire.

A peine arrivée dans des locaux que je qualifierais d’insalubre, le grand black me jette sur l’unique chaise en fer et me menotte au radiateur puis il me laisse seule. J’ai l’impression d’avoir été projetée dans un vieux polar que je regarde parfois à la télévision quand mes études et ma vie m’en laissent le temps. Je les entends rire, puis brusquement deux hommes en costume arrivent et tout en apportant deux chaises ainsi qu’un ordinateur se placent face à moi et un  interrogatoire commence. Je ne connais rien aux manières de la police mais là c’est un feu roulant de questions.

Je ne réponds pas, mais à mon tour je pose une question, « Je me trouve où donc ? Au 36 me réponds le plus petit, il a les cheveux en brosse, des dents éclatantes, des yeux noirs, au 36 je répète, quel 36 ? Au 36 quai des Orfèvres, je suis abasourdie, devant mon regard complètement à l’ouest, je vois que j’ai fait un peu de l’impression, j’ajoute, mais ce n’est pas possible je n’ai rien fait, j’étais juste allé visiter l’appartement voisin du mien. A ce moment-là je remarque un léger flottement chez les inspecteurs, puis ils s’esclaffent et me montre une photo. En effet c’est moi qui marche dans la rue sur les Champs Elysées. »

 

A suivre…

Le reflet dans le miroir

Résumé

 

Celle qui va vous raconter son histoire se nomme Marion, elle a tout pour elle, c’est une belle femme, élancée, brune aux yeux myosotis, elle est étudiante à la Sorbonne, a de nombreux amis, sort beaucoup, songe à prendre un job pour l’été pour avoir un peu d’argent de poche. Elle n’en n’a pas vraiment besoin mais cela cassera sa vie monotone, hélas les événements vont s’en charger pour elle. La voilà confrontée avec une autre femme, elle ne sait plus si c’est elle ou si elle rêve. Petit à petit elle va être entraînée vers des lieux qu’elle n’a jamais côtoyés. Va vivre des situations dramatiques, elle frôlera la folie et sombrera dans un puits sans fond où le seul rendez-vous pour s’en sortir sera la mort.  Une seule personne peut lui tendre la main, mais est-ce qu’elle acceptera ?

 

Le souterrain de la désespérance (fin)

Voilà la boucle est bouclée, Claudie, Marine et la petite Lilli devaient toutes avoir été enlevées par ces trois types, Rapidement une voiture est envoyée au musée, les recherches dans l’usine désaffectée sont arrêtées, les précisions apportées par Marine sont très fiables, car un des mineurs confirment qu’une des galeries avaient bien été fermée par une porte en bois à claire-voie. Accompagné par cet homme ils retrouvent rapidement le boyau par lequel Marine est sortie, ils admirent sa ténacité car il y a des marches qui ne tiennent pas, mais quand on fuit pareille horreur on a une force qui soulève les montagnes.

A partir de maintenant, nous ne parlons plus, nous marchons doucement en file indienne, tout le monde éteint son mobile,  nous prenons toujours à droite et quand nous serons en vue de la fameuse porte en fer nous aviserons. Les kilomètres de galeries sont faits au pas de charge mais fort silencieusement, à chaque intersection deux policiers sont postées, non pour retrouver leurs chemins mais pour pouvoir parcourir les autres galeries. Les voici devant cette fameuse porte en fer, effectivement elle grince. Il parcourt le couloir plongé dans le noir le plus complet, chaque cellule est visitée mais aucune n’a la petite Lilli encore moins Claudie. Dans la dernière cellule il y a un matelas avec du sang, des vomissures, des bouteilles abandonnées, personne n’est revenue depuis la fuite de Marine. Ce sont des pièces à conviction, ils en ramassent le plus possible et repartent. Ils vont désormais refaire le chemin jusqu’aux escaliers qui se trouvent à la deuxième intersection et les prendre. Ils ont été refaits assez récemment, après avoir parcouru une vingtaine de marches ils accèdent à une nouvelle porte en fer mais cette dernière est verrouillée. Ils décident de redescendre et avec l’ancien mineur ils font un point au bas des escaliers pour savoir où ils peuvent mener en surface. Le plan est étalé à même le sol, mais à ce moment-là un bruit de verrou se fait entendre. Tous se plaquent contre la paroi et plus un bruit ne se fait entendre à part les vociférations d’une fillette, ce doit être Lilli qui hurle. Un homme passe à deux pas du premier policier qui ne fait aucun geste, il leur faut le suivre et l’empêcher de faire du mal à la petite. L’homme ne se rend compte de rien, au moment où il va pour ouvrir la porte il dépose au sol la petite qui semble entravée aux pieds, aussi le capitaine n’hésite pas et se rue sur l’homme et il le plaque au sol, rapidement il est aidé par deux de ses collègues, il lui passe les menottes et à leur tour le bâillonne. Il ne faut pas que ses cris gutturaux alertent ses frères. La petite Lilli s’est évanouie, rapidement il l’emmène hors des souterrains.

Quant au kidnappeur, menotté, ils l’emmènent vers la sortie en passant par une ouverture plus facile d’accès. Dès qu’ils sont dehors, le mineur reconnait l’homme, c’est le frère d’un de ses amis. Son ami ancien mineur se nomme Éric, c’est bien le prénom que Marine a signalé comme étant le frère aîné de ce rustre.

Finalement Marine avait raison de se méfier, Éric était bien le gardien du musée, à la fermeture de la mine un de ses frères étant assez jeune, il était resté dans la région et avait proposé ses services au musée. Quant au cadet il était infirmier en milieu psychiatrique, d’où la raison pour laquelle son frère était sorti si facilement. 

Mais hélas il fallait se rendre à l’évidence, l’homme qu’ils avaient attrapé était le cadet, le plus jeune, le bourreau de Marine n’avait pas été retrouvé, quant à Éric et la jeune Claudie nul ne savait ou à cette heure où ils se trouvaient.

Il fallait agir rapidement car l’absence du cadet allait donner l’alerte aux deux autres, Claudie était encore entre leurs mains. La petite Lilli allait certainement leur dire d’où elle arrivait, en effet, après avoir été enlevé par l’homme aux cheveux noirs et en broussaille elle s’était retrouvée dans la maison de Monsieur Éric et sa future femme Claudie. Claudie lui avait mis une belle robe blanche et lui avait dit qu’elle allait assister à son mariage. Puis elle avait mis son doigt sur sa bouche et lui avait dit, je t’en supplie sois bien sage, tant que je serais avec toi il ne t’arrivera rien. Aussi lui avait-elle obéie, et la cérémonie avait commencée. Après il y avait eu le repas, tout le monde avait bu, celui qui disait être son amoureux l’avait forcé à boire mais son frère Éric lui avait dit d’arrêter. Ensuite il l’avait emmené dans une chambre et l’avait fait déshabillé, lui avait dit couche toi je reviens. Elle ne savait pas quoi faire, elle avait peur. Elle avait entendue Claudie rire, puis après de drôles de bruit. Mais personne ne pleurait, alors elle s’était endormie. Quand elle s’était réveillée le Monsieur qui l’avait kidnappé dormait tout contre elle, elle avait crié en le voyant nu, mais quand il avait ouvert les yeux il ne lui avait rien fait, juste il avait rigolé et lui avait dit :

  • Je ne veux pas de toi tu es un bébé, tu as quel âge ?
  • 12ans ;
  • Et bien tu n’es pas une femme, tu es un bébé, je vais te descendre à la cave, car je ne te veux pas, mon frère aime tout, les bébés et les grandes filles je vais t’offrir à lui il a perdu sa poulette.
  • Et, c’est tout, car vous m’avez retrouvé.

Ouf tout est bien qui finit bien pour Lilli, quant à Claudie elle doit aimer son tourmenteur pour que au vu de ce que Lilli leur a raconté elle se soit donné à lui sans un cri. Mais à force d’être violé, elle a certainement préféré accepter que de lui résister. De plus selon les dires de Lilli elle attendrait un bébé. Et si cela se voit c’est que la date d’un avortement est largement dépassée. Pauvre gamine pense l’inspecteur en chef.

Une réunion de crise a lieu dans les locaux de la police, il faut que Bernie le second des frères Reno parle. Ils vont le cuisiner sans répit.

Tout d’abord il se défend d’avoir touché la gamine, il l’a juste mis dans son lit, caressé, puis il a vu que la gamine était encore une enfant et lui préfère les jeunes filles en fleur. Depuis il ne disait plus rien il s’était muré dans le silence. Il leur faut le secouer et passer à la vitesse supérieure :

  • Qu’as-tu fais à Marine ?
  • Marine c’est la poulette à mon frère, je ne l’ai pas touché !
  • Menteur, tu l’as violé,
  • Elle aimait ça je ne l’ai pas violé, elle criait de plaisir ;

Les policiers ne peuvent le gifler mais c’est ce qu’il mériterait, mais il leur faut du sang froid et avec ce genre d’individus ce n’est pas chose facile.

  • Où est ton frère ?
  • Lequel ?
  • Le plus jeune il se nomme comment ?
  • Pierre, mais on l’appelle Pierrot,
  • Où est Pierrot ?
  • Il est parti !
  • Quand et où ?
  • Hier mon frère a appris que sa poulette devait être en train d’errer dans les souterrains alors Éric l’a envoyé la chercher et depuis il n’est pas revenu.
  • Il s’est perdu tant pis pour lui ! On n’ira pas le chercher ; Et ton frère aîné ou est-il ?
  • En voyage de noce ;
  • Où ?
  • Dans notre maison du lac !

Après avoir écouté les explications de Bernie, la police est allée cueillir à 6 h du matin le couple. Éric est en prison et Claudie est à l’hôpital ou elle se remet lentement de ces 5 mois de captivité. Elle attend son bébé, et ne sait pas si elle donnera l’enfant à l’adoption ou si elle va le garder. Quand à Pierrot lui aussi a été récupéré errant sur la départementale, il n’avait plus sa tête mais cherchait sa poulette. Il est désormais enfermé dans un hôpital spécialisé, le père de Marine et les parents de Claudie se battent pour qu’il soit jugé normalement.  Marine est certaine qu’il joue la comédie.

 

Quelques mois plus tard, Claudie a accouché d’une jolie petite fille, elle a préféré la donner à l’adoption, elle lui a laissé un mot pour si plus tard elle voulait savoir qui était sa mère.

Lilli s’est remise rapidement, car elle avait juste été traumatisée. Quant à Marine, elle et son père ont quitté la Région, elle n’a pas cherché à revoir Jules surtout après avoir appris le rôle qu’il avait joué. Ses blessures physiques se sont estompées, elle sait qu’elle pourra avoir quand le moment sera venu des enfants. Elle fait toujours des cauchemars, mais entouré par son père et sa nouvelle femme elle va arriver à se reconstruire. Ils reviendront pour le procès, elle sera à nouveau confrontée avec son bourreau et son frère, . Marine sait qu’elle est désormais capable d’affronter leur regard, ils seront jugés tous les deux aux Assises, le plus jeune n’est nullement fou, il est même fort intelligent, mais comme il boit énormément, cela lui fait perdre ses repères et lui décuple ses bas instincts.

 

Dix-huit mois après ces événements le jugement a eu lieu, les trois hommes ont reconnus les faits, que dis-je les horreurs qu’ils ont fait. Les deux plus jeunes ont été condamnés à la réclusion à vie avec obligation de soin. Eric a écopé de 30 ans de prison pour avoir violé Claudie mais pour Marine, rien ne sera retenu contre lui, la concernant, à part ses sous-entendus il ne l’a jamais violé.  Claudie a récupéré sa petite fille, car elle ne pouvait la laisser. Quant à son père, elle ne vivra jamais avec lui, mais à ce stade elle ne sait pas si un jour elle pourra en parler à sa fille… Ses parents allaient l’aider pour lui permettre de bien démarrer dans la vie.

  Marine quant à elle vit avec son père et sa belle-mère, elles sont très complices, maintenant elle va pouvoir tourner la page, même si elle fait encore des cauchemars, mais le procès la aider car elle sait que ces bourreaux ne ressortiront jamais. Au procès elle a vu Jules, il est venu lui demander pardon, car c’est à cause de lui qu’elle a été enlevé, il ne lui aurait pas démonté sa roue rien de ce qui lui est arrivé aurait pu se passer. La famille de Marion est venue l’embrasser, Marion et elle, échangent par Skype, et Marion va venir la voir pendant les vacances. Le père de Marine accepte plus facilement que sa fille sorte, tous les deux sont sortis grandis de cet épreuve, mais lui particulièrement se demande si d’avoir enfermé sa fille dans une bonbonnière n’a pas été  un handicap pour sa fille, aidée en cela par sa femme il arrive à surmonter ses démons. Marine est suivie psychologiquement elle a besoin de raconter encore et encore, mais quand elle sort elle retrouve son ami, il se nomme Tom, elle lui a tout raconté, il est plus âgé qu’elle, son père l’a rencontré. Marine et Tom s’embrassent, il fait beau, ils en sont aux balbutiements de l’amour. Tom sait qu’il doit prendre beaucoup de précaution avec Marine, mais il l’aime.

 

FIN

 

 

 

Le souterrain de la désespérance ( suite 10)

Déjà trois semaines que la petite Marine a été enlevée, rien n’est venue étayer sa mort, aucun suspect n’a été arrêté, la famille de Claudie et le père de Marine ont unis leurs efforts. Les policiers étaient arrivés à la maison du lac le lundi matin à 6 h. Il n’y avait personne dans la maison, seule la camionnette blanche était devant le portail. Les deux frères avaient dû repartir avec l’autre voiture, la camionnette rouge, Ils avaient questionnés les deux pères pour savoir ce qu’ils avaient fait le samedi. Ni l’un ni l’autre ne les avait renseignés concernant leur entrée dans la maison, mais ils avaient dû alerter les deux frères, car la clef était restée dans la serrure. C’était certainement la raison pour laquelle ils avaient abandonnés la voiture. A cause de ce concours de circonstance, l’enquête piétinait, car personne n’avait pu suivre la voiture, et la plaque d’immatriculation ne correspondait pas à cette voiture et son propriétaire avait un tracteur qui portait la même plaque. Décidément tout se liguait contre eux.

Aussi sans rien dire aux policiers ils avaient repris leur recherche après avoir appris de Madeleine que Bernard avait une coquette maison sur la départementale du côté de l’usine désaffectée.

Quatre jours avant la fuite de Marine, une conversation téléphonique avait alerté les policiers. En effet tous les jeunes avaient été mis sur écoute, au cas où un élément en la faveur de leur enquête puisse être apporté par les gamins. Le fils du commissaire avait vers 8 h appelé la jeune Marion et lui avait dit ceci :

  • «  Est-ce que le fait que je n’ai pas dit que c’était moi qui avait ôté la roue du scooter puisse avoir une incidence sur le cours de l’enquête ? » Marion avait eu une hésitation, puis ne sachant quoi lui dire avait raccroché. Mais Jules avait rappelé :
  • Ton silence en dit long, j’aurais dû parler dès le départ, j’ai entendu une conversation de mon père j’ai peur qu’il pense que la roue a de l’importance sur la disparition de Marine. De plus il n’est plus en charge de l’enquête, je n’en connais pas la raison.
  • Ecoute-moi Jules si tu aimes Marine autant que tu le prétends, tu dois parler à ton père. Si tu ne le fais pas je le ferais moi-même et  je me rendrais au poste de police et je demanderais à parler à l’inspecteur.

Mais rien ne s’était passé comme Marion l’espérait, car à 8 h 15 une voiture de police toute sirène hurlante et avec le gyrophare s’était arrêtée à la fois devant le domicile de Jules et aussi devant celui de Marion. Ils avaient été emmenés au poste et depuis une heure, séparément ils étaient interrogés. Mais rapidement il avait fallu se rendre à l’évidence, malgré cette roue démontée, ils n’étaient coupable de rien. La jeune Marion avait été rapidement relâchée, quant au fils du commissaire il avait été placé en garde à vue plus pour que cela lui serve de leçons, mais l’inspecteur voulait le présenter à un juge pour entrave à l’enquête. Il leur avait fait perdre un précieux temps.

Même si l’enquête piétinait ils avaient épluchés des listes de délinquants sexuels, car c’était l’évidence même ce devait être un prédateur. Ils en avaient montrés des photos à leurs témoins, dessinés des portraits robots. Aucune ressemblance n’avait été trouvée avec aucun des délinquants de la région. Ils avaient visité des hôpitaux psychiatriques pour savoir si tel ou tel malades étaient sortis récemment, rien cela n’avait rien donné. Ils étaient dans une impasse. Mais maintenant ils avaient la description assez fidèle par les deux pères, des trois frères. L’aîné avait travaillé à la mine, le second là il y avait une énigme, personne ne trouvait de traces le concernant, quant au plus jeune il avait fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique mais depuis 6 mois personne n’avait eu de ses nouvelles, il ne rendait plus aucune visite à l’infirmière qui le suivait. Son appartement en ville était vide et aucun de ses voisins ne l’avaient vu.

Ils allaient passer à la vitesse supérieure, visiter chaque maison qui se trouvait proche du lieu de l’enlèvement et petit à petit s’en éloigner. Fouiller des carrières, la mine tous les endroits susceptibles de cacher ces deux gamines, mais surtout il leur fallait les retrouver vivantes.

Mais à 10 h un appel téléphonique allait bouleverser le petit commissariat, un homme de passage dans la région avec femme et enfants avaient découvert, gisant dans un fossé le long de la départementale, une fillette voire une jeune fille. Une patrouille s’était rendue immédiatement sur les lieux, en effet il s’agissait de la petite Marine, elle était habillée d’une longue robe noire, pieds nus et semblait dans le coma. Les pompiers diligentés sur les lieux avaient découvert l’indescriptible, l’horreur, cette jeune fille avait subis des sévices sexuelles innommables. Son cœur battait faiblement, elle avait les pieds en sang. Point n’est besoin de dire qu’elle avait été rapidement transporté à l’hôpital le plus proche où ils avaient mis un policier devant sa porte En haut lieu il avait été décidé de ne pas informer la presse pour laisser le temps à la jeune fille de sortir de son coma et pour éviter d’alerter le ou les kidnappeurs, qu’elle avait été découverte. Bien entendu Monsieur Duchamps avait été prévenu, et depuis il n’avait pas quitté le chevet de sa fille. Pour ses voisins il était allé dans sa famille, ne pouvant plus supporter l’attente.

Les investigations avaient repris sur la départementale, car d’un côté il y avait une usine désaffectée avec des abris plus ou moins écroulés et de l’autre côté il y avait l’ancienne mine que l’on murait petit à petit, mais aussi le musée ou ils passaient chaque jour un grand nombre de visiteurs, les recherches se dirigeaient donc plus vers l’usine que la mine. Chaque jour qui allait passer était un jour en moins pour sauver l’autre gamine, car les policiers avaient peur des représailles sur la première. Mais tout allait virer au cauchemar quand l’après-midi du quatrième jour depuis que Marine avait été découverte, au lac sur le même lieu de sa disparition, une fillette de 12 ans avait à son tour disparue. Le capitaine s’était rendu à l’hôpital car Marine donnait des signes d’un réveil imminent, sans la brusquer ils espéraient qu’elle pourrait leur dire si elle connaissait son lieu de détention car tout portait à croire qu’elle s’était échappée seule, et non déposée là par ses violeurs. En effet il n’avait pas été relevé de pas aux alentours, seuls les pieds nus de Marine s’étaient imprimés dans la terre humide. Ce n’est que le soir que Marine avait ouvert les yeux, d’abord éblouie elle les avait refermé assez rapidement puis peu à peu elle avait commencé à s’habituer à la lumière de la chambre. Son père était là, il l’avait prise dans ses bras, embrassé sur le front, puis, ils s’étaient mis à pleurer. Marine ne comprenait pas ce qu’elle faisait là, qui l’avait amené ? Elle se souvenait juste du balai incessant des voitures, du froid qui l’avait envahi et elle avait sombré dans le sommeil. Mais son père et le policier lui apprennent qu’elle était dans le coma lorsque le couple l’avait trouvé sur la départementale couchée dans un fossé au trois quart remplis d’eau.

  • Est-ce que vous pouvez nous dire comment vous avez pu échapper aux personnes qui vous retenaient prisonnière.

Marine se souvient, toute l’horreur de ces trois semaines revient à la surface, elle se met à pleurer, son père à qui on a demandé de sortir s’inquiète pour son bébé, mais le policier qui est avec lui, le rassure, c’est normal votre fille est obligé de se souvenir de ce qu’elle a vécu, mais mes collègues connaissent leur métier, ne vous inquiétez pas ils vont veiller sur elle. Ils sont venus de Paris, ce sont de grosses pointures en matière de criminologie et d’enlèvements.

  • J’espère qu’avec ces Messieurs il y a une femme, c’est plus facile pour une jeune fille de parler de ce genre de choses avec une femme.
  • Ne vous inquiétez pas, allons venez avec moi, ne restons pas là.

Et, bien malgré lui le père de Marine accepte de s’éloigner, et pendant ce temps Marine explique à ses policiers qui ont déjà entendu des horreurs l’innommable, les atrocités que cet homme barbu et son frère lui ont fait subir. Bien qu’habitué à recueillir ce genre de confessions ils sont fort émus, voire bouleversés, cet homme est le pire des sadiques dont ils ont eu connaissance à ce jour. Puis, Marine en vient à sa fuite, elle explique, elle voit sur leur regard qu’ils sont sceptiques alors elle insiste :

  • Non, j’en suis certaine je n’étais pas à l’usine désaffectée, j’étais dans la mine.
  • Nous vous croyons, mais nous sommes étonnés car elle a été fermée puis la plupart des boyaux ont été condamnés voire murés.
  • J’ai reconnu le grand parking où les visiteurs se garent, j’ai vu que certains puits étaient murés mais celui-là est assez loin et à ciel ouvert, il y a bien un grillage autour mais il a été à moitié arraché.
  • Donc je résume, vous étiez comme dans une cage, fermée par une grille, couchée sur un matelas. Au milieu il y avait un couloir peu éclairé, et au bout une porte en ferraille qui grinçait. Quand vous vous êtes échappé, vous avez toujours été sur la gauche, vous avez compté au moins 5 intersections, ces couloirs étaient éclairés par des petites lampes de chaque côté, le sol était meuble, des murs tombaient par moment de la poussière grise, à un moment donné ce mur vous a fait tomber dans un trou d’eau, puis légèrement plus loin la galerie était fermée par une porte en bois à claire-voie que vous avez réussis à casser. Ensuite à partir d’ici vous savez sentis de l’air frais et entendu crier des enfants. Vous en avez conclus être proche du musée. Puis il y avait un mur devant vous mais en allumant votre lampe vous vous êtes rendu compte que des marches avaient été faîtes et vous avez réussis à vous hissez et à sortir au grand jour. Là, vous avez dû vous évanouir et quand vous êtes revenue à vous c’était la nuit tombante mais vous avez reconnu le parking du musée, par contre vous ne vous souvenez pas combien de mètres vous avez pu faire pour vous retrouver vers le mur d’enceinte, mais nous devrions le retrouver car vous nous dîtes que le grillage avait un trou assez large. Ensuite vous vous êtes dirigé vers la départementale et là vous aviez tellement mal que vous vous êtes allongée dans le fossé où dans un premier temps l’eau fraîche vous a apporté un peu de réconfort, vous vous êtes lavé les jambes, puis vous ne vous souvenez plus de rien. Et vous venez de sortir de votre coma qui a duré plus de quatre jours.

 

  • Que voulez-vous ajouter ?
  • Claudie !

Puis, épuisée Marine a replongé dans le sommeil, le calmant qui lui avait été donné venait de la terrasser mais elle avait eu le temps de leur livrer le seul prénom que tous espéraient entendre.

 

A suivre (‘demain la fin)

 

 

Le souterrain de la désespérance (suite 9 )

Marine attend patiemment que ce dingue se réveille, ce matin elle n’a pas eu droit à son petit déjeuner, elle a soif, elle a terminé ses deux bouteilles d’eau, elle se sent si faible. Soudain il bouge, mais elle a peur car dans son regard elle voit qu’il est arrivé à un degré de folie qu’elle n’a jamais connue, en plus il pue la bière. A nouveau elle se met à trembler comme une feuille. Le gros lourdaud s’en aperçoit et la prends dans ses bras.

  • Toi froid ! Je vais te réchauffer !

 

Il lui malaxe les seins, l’embrasse, la serre contre lui, lui frictionne le corps et finalement s’éloigne d’elle et revient avec deux bouteilles de bière.

  • Champagne chérie ! Bois ! Toi avoir chaud !

Elle sent qu’elle va être rapidement saoule, et elle ne va plus savoir ce qu’elle va faire, elle hésite mais il lui met le goulot aux lèvres, lui renverse la tête et la force à boire, à la première goulée elle s’étouffe et recrache tout, il lui assène une gifle qui la couche, il la relève et lui dit de boire sans cracher sinon…Ces mots sont lourds de conséquences, alors elle boit. La bouteille à peine terminée il revient avec une autre bouteille, rapidement Marine perds conscience de ce qui l’entoure, elle flotte sur un petit nuage et se rapproche dangereusement du frustré. Lui la caresse et aussi vite qu’il s’est réveillé il se rendort.

Combien d’heures se sont écoulées ? Marine ne le sait pas, quand elle revient à elle, elle gît à même le sol couché sur la couverture, pleine de vomissures les siennes et celles de son bourreau, son corps est meurtri, elle ne pourra pas tenir, elle a mal de partout, elle s’examine, elle a les cuisses couvertes de bleues, de griffures de morsures. Le sang a coagulé, tout son corps est une plaie, cet homme s’est acharné sur elle, il lui faut s’en aller. Et tant pis s’il la tue. Elle n’a plus ses fers, même les anneaux ont disparu, si elle osait elle l’attacherait mais elle a peur qu’il se réveille. Alors tant bien que mal elle se lève, prends la lampe cela peut toujours lui servir, elle va vers la grille, elle est ouverte, marche rapidement vers ce qu’elle espère une sortie. Voilà la fameuse porte en ferraille, celle qui grince. Ouf elle est ouverte, Elle entend le bruit qui l’angoissait, elle écoute elle n’entend rien. Elle passe la porte et se retrouve dans un autre couloir moins lugubre que le précédent, il y a des petites lumières de part et d’autre. Au bout il y a une intersection, deux couloirs s’offrent à elle. D’un côté ce sont des escaliers, ils doivent mener à leur maison, alors elle préfère aller à gauche et continue tant bien que mal son long périple, toujours aucun bruit, maintenant elle en est certaine, elle est dans les galeries de l’ancienne mine. Pourvu que tout le toit tienne pense-t-elle ? Elle a de plus en plus des difficultés pour avancer, elle a mal au ventre et envie de vomir, mais il faut qu’elle mette énormément de distance entre elle et son bourreau. A nouveau deux galeries qui se croisent, depuis un bon moment il n’y a plus de lumières, elle décide de toujours aller à gauche de manière à pouvoir revenir sur ses  pas au cas où cette voie soit sans issue.

Tout à coup la voici devant une autre porte mais celle-là est à claire- voie, elle la secoue et la porte s’abat de l’autre côté, elle passe sans encombre, à nouveau une intersection, elle a tellement mal qu’elle s’appuie au mur qui cède sous son maigre poids et elle tombe dans une cavité pleine d’eau, elle a froid, et sa douleur s’est réveillée, elle va mourir ici, elle vomit la bière, l’alcool, l’eau tout ce que son ventre ne peut plus retenir et sent ses paupières s’alourdirent, alors au prix d’un immense effort, elle se relève, cherche à tâtons l’ouverture et réussis à sortir de ce trou et c’est à ce moment-là qu’elle commence à sentir de l’air frais, elle ne doit pas être loin d’une sortie. Elle entend même des cris d’enfants. Elle émerge petit à petit en s’aidant des mains et des pieds, elle a trouvé comme des marches taillées dans le sol. Vite il lui faut sortir au grand jour, après elle sera sauvée. Elle se sent complètement épuisée, il lui faut encore tenir, la voilà qui sort par un boyau assez large, elle ne voit personne, pas âmes qui vivent. Où sont les enfants ? Elle a dû rêver, elle se trouve bien dans l’ancienne mine, mais elle est seule au milieu de nulle part. Elle voit au loin une fumée, mais elle n’ira pas de ce côté, il lui faut parcourir les quelques mètres qui la séparent  de la route départementale ; pourvu que l’autre ne la rejoigne pas, mais il était complètement gorgé de bières. En plus si elle ne se souvient pas combien de bouteilles elle a bues, lui a dû boire autre chose que la bière, car elle a aperçu des bouteilles de whisky mais elle aussi a dû en boire, elle a la gorge en feu. Elle titube et tombe derrière un buisson. Puis elle attend, elle sombre dans un sommeil profond, elle ne réagit à aucun des bruits alentour, des enfants se chamaillent, mais elle est trop loin d’eux et elle ne les entend pas. Quand elle émerge de son semi- coma, elle voit que la ligne d’horizon est rouge, elle sait que la nuit ne va pas tarder, il lui faut mettre de la distance, mais elle se dit que vu l’heure qu’il est, ils ne peuvent pas la chercher ici. Elle est toujours allée à gauche, et elle a croisé pas mal de bifurcation. Si ils sont partis à sa recherche, ils auraient dû déjà déboucher par le boyau, et vu l’heure il la cherche plus loin. Ils vont peut-être jamais la retrouver. Comment pourront-ils savoir quelle direction elle l’a prise,  son bourreau était complètement saoul, il lui en faudra du temps  pour comprendre qu’elle  s’est enfuie, puis le temps qu’il reprenne ses esprits elle sera loin.

La nuit est à présent là et les lumières de la ville lui paraissent fort lointaines, il lui a bien semblé reconnaître quand il faisait encore jour un lieu où enfant elle était venue avec son école pour visiter le musée de la mine.

Il lui faut quitter son abri précaire et s’enfoncer plus en avant vers les habitations. En effet elle ne s’est pas trompée elle est bien au musée de la mine, bien maintenant il lui faut atteindre la limite de propriété et trouver un endroit pour sortir. Pourvu que ces trois dingues ne soient pas les gardiens de la mine, si cela était cela expliquerait comment ils leur étaient faciles de se déplacer sans attirer l’attention. Il faut que  pour Claudie elle arrive à sortir de cet enclos. Cette prison est en plein air, mais elle ne pense pas qu’il y ait des rondes car il n’y a pas grand-chose à voler. Elle avance péniblement, et arrive au portail, il est bien entendu fermer par un gros cadenas, la voilà à nouveau prisonnière, c’est impossible qu’il en soit ainsi. Elle doit à tout prix et n’importe comment s’en sortir. Elle va tout d’abord chercher une sortie dans la clôture, elle est certaine que tout à l’heure il y avait des enfants, elle avance à tâtons quand brusquement il y a un trou dans le grillage, elle passe au travers et sort. Il n’y a aucun bruit, sauf au loin sur la route. Il lui faut rapidement trouver un endroit pour se reposer, elle marche pieds nus et elle a mal  de partout. Son bas ventre est en feu, ses seins lui font très mal. Cet homme était impuissant mais il a utilisé des objets immondes ; elle les revoit et veut chasser de son esprit ses images d’enfer, voire apocalyptiques mais ces images passent en boucle devant ses yeux. Combien de temps va-t-elle mettre pour les oublier. Enfin la voici sur la route, finalement elle en était plus proche qu’elle ne le pensait, que faut-il faire ? Attendre le jour au risque de se retrouver avec ces bourreaux. Mais dans un sens jamais ils ne pourront penser qu’elle ait pu rester dans les parages, bien qu’elle ignore totalement où ces types habitent. Comme ce sont les vacances, la mine va ouvrir demain alors elle pourra téléphoner, avertir son père, oui voilà elle a pris la bonne décision, elle va s’envelopper dans sa longue robe et se mettre dans un fossé. Et elle va dormir. Demain elle trouvera certainement une voiture.

Pendant ce temps dans la cellule de Marine dort toujours son bourreau, mais il commence à geindre, il ne va pas tarder à se réveiller, en effet il émerge, il tâtonne à la recherche de sa poulette et ne la voit pas.

    • Où es-tu ma chérie, bébé viens là, j’ai besoin de toi!

Mais personne ne lui répond et il avance jusqu’à la porte, il l’ouvre et tourne de suite à droite, son frère a dû lui voler sa femme. Mais il est tellement imbibé d’alcool qu’il s’effondre avant d’atteindre la première marche  et il repart dans un sommeil lourd comme seuls les buveurs connaissent.

 

A suivre

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
Rejoignez moi dans mon imaginaire