Nouvelles

La rencontre

Je vais partir en pause pour quinze jours mais avant de prendre des vacances bien méritées j’ai voulu vous faire part de ma nouvelle histoire, j’en ai mis quelques lignes pour vous donner envie d’en connaître la suite et de vous languir en l’attendant. Cette histoire est née par un concours de circonstance. Je n’ai pas encore d’idées pour le titre, mais je mettrais un nom sur chacune des pages.Ensuite je mettrais le titre….

 

« Regarde Mathéo comme il est beau l’éclair dans le ciel »

Mais Mathéo est loin de tout ça, il est muré dans son monde à lui, il est tétanisé par la peur, assis sur le plancher de sa chambre, les deux mains sur ses oreilles, le teint blême il tremble comme une feuille sur l’arbre, il n’écoute pas sa Mamie lui raconter les orages de son enfance. 

Ce sont les vacances et pour la première fois Mathéo est venu voir sa grand-mère, ils sont dans les Alpes, là où les orages font des bruits terribles pour un enfant, ils résonnent dans la montagne se répondent, mais pour Mamie Catherine il va falloir qu’elle apprivoise la, peur de Mathéo.Après avoir couché son petit fils elle réfléchit, puis brusquement une idée lui vient à l’esprit. Il faut dire que Catherine est très connue, c’est la reine du polar. Elle fait peur dans des thrillers terribles aux adultes, alors cette nuit elle s’est décidée à écrire des livres pour ses petits enfants. Elle commencera par Mathéo son petit fils du bout du monde. Né quelques parts en Afrique.

Son fils Guillaume grand baroudeur est arrivé hier matin accompagné d’un petit garçon âgé d’à peine 6 ans, il a expliqué à sa mère qu’il était là que de passage, et que Mathéo avait besoin de connaître sa famille française et en particulier ses grands parents. Guillaume ignorait que son père était décédé depuis trois mois. Mais il était partis sur un coup de tête dix ans plus tôt les laissant tous anéantis, en particulier sa petite soeur Clémentine. Son père ne s’en était pas remis, il avait espéré revoir son fils mais ce dernier ne lui avait plus jamais donné signe de vie jusqu’à ce matin. Guillaume était resté assez évasif sur la maman de l’enfant. Mathéo était un petit bonhomme charmant, de grands yeux verts ceux ceux de son père donnaient à son visage un je ne sais quoi d’indéfinissable. D’emblée alors qu’il ne connaissait pas sa grand-mère il avait glissé sa petite main dans la sienne et s’était blottis dans ses bras pour le reste de la journée jusqu’à l’apparition de cet orage qui avait brisé net l’élan de l’enfant vers l’aïeule. Il était resté jusqu’au repas muré dans un silence impressionnant, toutes les paroles de réconfort, toutes les gâteries de sa grand-mère n’avaient donné aucun résultat, Mathéo voulait son papa et ne plus entendre la vilaine bête de la montagne. Quant au repas il avait lui aussi été difficile, toute la nourriture présente sur la table ne plaisait pas à Mathéo, mais il l’avait réussi à lui le dire:

  • Mathéo n’a pas faim, Mathéo veut son papa, Mathéo veut partir.

Et puis brusquement sa petite main avait saisis une pêche juteuse et ses petites dents bien alignés avaient croqué dans la pêche. Au début il avait marqué un temps d’arrêt puis l’avait dévoré, en concluant avec un sourire timide:

  • Mathéo aime! C’est quoi Mamie?
  • Une pêche!
  • Mathéo aime la pêche, encore Mamie, encore une pêche.

Mais la grand-mère n’avait pas accepté que son petit fils mange une autre pêche elle lui avait dit:

  • puisque tu aimes la pêche tu devrais goûter à ma purée, c’est celle que ton papa aimait quand il était tout petit.

Les yeux de Mathéo à l’évocation  de son papa s’était voilé de larmes, mais il avait réussis à goûter deux cuillères de purée, certes c’était peu mais ils avaient tous les deux renoués des liens. L’orage s’était éloigné, Mathéo avait accepté de regarder la vallée et les petites lumières qui clignotaient. Mamie lui avait montré la montagne voilée dans son écharpe de brume. C’était beau mais il n’avait rien dit à cette Mamie. Elle l’avait serré dans ses bras et depuis il n’y avait plus de bruits dans la maison. Juste une petite lumière tout près de lui était allumé. Sa grand-mère lui avait demandé si il voulait une présence dans sa chambre. Mathéo n’avait pas très bien compris, mais maintenant il se sentait rassuré, c’était certainement cela la présence. La petite lumière qui brillait dans sa chambre ne pouvait pas remplacer son papa. Depuis que sa maman avait disparue, Mathéo avait grandi c’était son papa qui le disait à tous ses amis. Mais sa maman lui manquait, mais il faut dire que là-bas en Afrique c’était la guerre, sa grand-mère Fath et son grand-père Bho avaient eux aussi disparu.

Emportés par une guerre qui ne disait pas son nom, mais cela Mathéo ne le savait pas c’était Catherine qui se remémorait le long récit de son fils Guillaume. 

A suivre

Un parfum de l’Eau de Là! ( Épilogue)

Voilà j’espère que vous ne serez pas déçu, c’est terminé…Une fois que vous m’aurez dit votre ressentiment sur le texte. Dîtes-moi si je peux me lancer auprès d’un éditeur, sachant que bien entendu je vais tout regarder à nouveau, les répétitions, la ponctuation, le style, etc ….

Merci déjà de m’avoir suivis au cours de ces semaines et à bientôt pour une nouvelle histoire, sachant que j’ai la tête vide..Rire, vous attendrez donc un peu…..

 

Enfin nous allions savoir ce  que contenait le testament de Bonne Maman, depuis que Papa était revenu d’un lieu qui à ce jour restait flou. Suite à un coup reçu sur la tête, il s’était retrouvé enfermé dans un hôpital où, souffrant d’amnésie, il avait eu du mal à remonter la pente. Et, c’est en lisant le journal que le nom du Laboratoire lui avait permis de retrouver cette mémoire qui lui  faisait défaut.

Il avait accusé son neveu d’être l’instigateur de son  départ de la vie de sa femme et de ses enfants. Ce dernier avait accepté les remontrances, et à ce jour, il n’était pas réapparu au laboratoire. Par contre, il fallait qu’à l’ouverture du testament il soit présent, sinon on repartait pour qu’il ne soit pas ouvert.

En ce samedi matin, la famille Delmas au grand complet est là. Fabien est venu, il a sa tête des mauvais jours, il faut dire que ses cousines se sont payé sa tête et là il est en colère, mais compte tenu de ce qu’il leur a fait, il s’est incliné.

Nous sommes tous réunis dans la grande Maison de Bonne Maman, cela nous rappelle les beaux jours, mais maintenant nous allons pouvoir en savourer toutes les retombées bénéfiques. C’est dans un joyeux brouhaha que nous prenons plaisir à nous retrouver, rien qu’en ouvrant les volets on sentait revivre le passé. L’enfant prodigue était de retour, peu savaient la raison d’une si grande absence, mais chacun respectait le silence de l’oncle François.

Une fois le clerc de notaire arrivé, nous allions pouvoir procéder à l’ouverture du testament de Bonne Maman qui nous avait réservé des surprises. Non seulement elle nous léguait la grande Maison et toutes les terres qui l’entouraient, mais chacun des petits enfants, sans oublier ses enfants, touchait une somme considérable, le fruit de toute une vie. A cela elle avait ajouté une lettre écrite de sa main à chacun des petits enfants, sur laquelle elle nous redisait les valeurs de la famille et elle nous demandait de toujours honorer la mémoire de ceux qui nous avaient précédés et de ne jamais oublier que le nom des Delmas ne devait jamais être entaché par de sombres règlements familiaux.

Papa, à ce moment-là, avait regardé leur cousin…qui avait baissé la tête, fort gêné.

Puis ils avaient tous été invités à se rappeler de l’endroit où ils aimaient retrouver leur Bonne Maman et dans ce lieu privilégié pour chacun d’entre eux, elle leur avait laissé, mais caché, un cadeau personnalisé. En ce qui concernait les enfants nés après son décès, comme Louis, il aurait un cadeau remis par le clerc.

Aussi, c’est une envolée de moineaux qui s’est précipitée dans le domaine familial. Chacun a eu le temps de chercher et de retrouver le cadeau que notre Grand-Mère lui destinait.

Si France, nos cousines et Victoria avaient des bijoux ainsi que Bertrand qui avait trouvé la chevalière en or de notre Bon Papa, notre cousin Fabien avait, quant à lui, les vieilles éprouvettes du Patriarche. Cela nous a semblé comme un clin d’œil et une ironie de l’au-delà que Bonne Maman lui adressait. Mais il est parti sans les emporter car son frère Bertrand et sa jeune sœur s’étaient payé sa tête, et c’est le bruit des éprouvettes qui tombaient sur le sol qui avait alerté les autres membres de la Famille.

La porte s’est refermée avec fracas et depuis nous n’avons plus jamais eu de nouvelles de notre grand cousin comme nous l’appelions autrefois.

 

 

FIN

Cadeau

De passage chez moi entre deux escapades je vous offre le titre de mon texte….Découvrez-le et extrapolez de la fin…..

 

 

 

 

 

« Un parfum de l’eau de là »

 

 

 

 

A bientôt et bonne fêtes de Pâques!

 

EvaJoe

Chapitre 11 Les filles Delmas (suite)

Désolée je n’ai pas mis le chapitre en entier, une coquille s’est glissée dans mon copié collé….Voilà c’est réparé, la suite à mon retour.

 

Quant à sa sœur Victoria, comme tout le monde l’appelle désormais, elle avait suivi un parcours édifiant au Campus EM-Lyon d’Ecully. Elle en était sortie l’an passée avec un Bac +5, ce qui consiste à dire qu’elle possédait un Master en Ressources Humaines et elle était devenu une DRH accomplie.

Leur cousine, celle dont on avait attendu les 18 ans, d’un an la cadette de France, était quant à elle vendeuse dans une parfumerie des Champs Elysées, elle espérait qu’un jour sa cousine France lui laisse vendre ses propres parfums, mais elle ne semblait pas prête pour les commercialiser, et pourtant elle trouvait qu’ils étaient excellents. Mais son oncle n’étant pas réapparu cela devait l’handicaper, et puis leur cousin Fabien ne semblait pas prêt à leur ouvrir les portes du laboratoire. France et Victoria avaient suivi un joli parcours, mais sans leur papa ce qui était fort dommage.

Elle se souvenait du drame qui a suivi la mort de leur grand-mère. Ses cousines étaient à nouveau à l’internat quand un après-midi, alors que France se rendait à la piscine, elle avait surpris une conversation téléphonique entre un inconnu et la directrice. Cette dernière ne pensant pas que la porte de son bureau était entrouverte avait poussé un cri en apprenant la disparition de Monsieur Delmas. La directrice en sortant avait retrouvé France évanouie dans le couloir, bien entendu elle avait rapidement compris ce qui s’était passé. France avait eu du mal à s’en remettre, sûrement comme disaient les médecins, pour éviter de reprendre conscience dans la réalité car rien que d’y penser cela la faisait souffrir. Aussi c’est aidé  par sa sœur et Léa qu’elle avait réussi à surmonter ce drame. Surtout que Victoria devait prendre sur elle pour ne pas sombrer elle-aussi.

A ce jour on est toujours sans nouvelles de Monsieur François Delmas, on a retrouvé sa voiture Place des Terreaux à Lyon, en plein centre, et rien ne pouvait indiquer quoi que ce soit. France avait toujours pensé que l’on devait le retenir contre son gré pour lui faire avouer où se trouvait la formule de ses parfums, pire encore on le forçait peut-être à le refaire. Mais ce n’étaient que des suppositions, et rien n’était venu étayer ses dires, ou les contredire.

 

A SUIVRE

Les Filles Delmas

Programmé pour ne pas vous faire languir….Je vous visiterais vendredi après mon escapade….

 

 

2ième PARTIE

 

15 ans plus tard

 

 

Bonne Maman est morte des suites de sa crise cardiaque. Pendant quelques jours, France s’en est voulu de lui avoir confié avoir eu des nouvelles de son papa, mais de ce qu’elle lui a dit réellement, seul son père est au courant. Ils n’en n’ont plus jamais parlé, Victoria sait que leur père ne lui en a pas tenu rigueur.

La grande maison est fermée à tout jamais car on attend l’ouverture du testament en la présence du père de Victoria et France. Il est bien revenu pour les obsèques de sa mère, mais le notaire a refusé d’ouvrir le testament. Sa mère avait écrit le matin même de sa mort un avenant à son testament, et lorsqu’ils ont pris connaissance de ses dernières volontés, ils ont tous été interloqués. Mais elle était saine de corps et d’esprit au moment où elle a tracé ces quelques mots :

«  Moi Anne Charlotte Marie, née Valériane, épouse de Fabioso Delmas, décédé, saine de corps et d’esprit, demande que mon testament soit ouvert en la présence de mes enfants, et de mes petits enfants ayant atteint leur majorité. Compte tenu que mon petit fils n’est pas encore né, il ne pourra être présent mais il ne sera pas oublié. Vous trouverez ci-joint ce que je lui lègue. A Lyon en ce 22 avril 1999 »

A ce moment-là, tous ont été stupéfaits. Pour quelle raison  leur mère et grand-mère avaitelle pris cette décision, et ce le jour même où France lui avait parlé ? Fabien avait même été jusqu’à l’accuser d’avoir provoqué sa mort ! Mais comme l’a fait judicieusement remarquer leur tante, même si par un hasard fort improbable sa mère était morte à cause de ce qu’avait dit sa petite fille France, cela n’avançait en rien l’ouverture du testament, puisque sa mère l’avait reportée.

La plus jeune fille de leur tante a 10 ans lors du décès de sa grand-mère, aussi  n’auront-ils rendez-vous en présence de tous ceux qui seront encore de ce monde  que le 22 avril 2007.

En quittant le notaire, tous espèrent être encore là pour voir ce que Bonne Maman et Bon Papa leur ont concocté. Seule leur Grand-Mère était présente à l’ouverture du testament lorsque leur grand-père avait eu une crise cardiaque. Décidément tous les deux étaient morts de la même façon.

Deux jours après la disparition de Bonne Maman, sa fille mettait au monde un petit Louis. Il était prématuré, il pesait à peine 2 kg, mais chez les Delmas ils sont tous des battants.

Puis le père de France et Victoria avait quitté brutalement la France, sans raisons apparentes, après être resté un mois en vacance dans leur chalet situé à Zermatt au pied du Cervin. Cela avait permis aux filles d’être demi-pensionnaire l’espace d’un mois. La famille était au grand complet puisque la maman de France les avait rejoints.

Aujourd’hui, la maison de Bonne Maman est toujours fermée, le testament n’a pu être ouvert. Il manque François, leur père et l’on est toujours sans nouvelles de lui.

 Ces événements se sont passés il y a 15 ans, tous les petits enfants ont grandi. Louis, le petit dernier, a cet âge, de Bonne Maman il n’en connait que des photos. La cousine de France a 25 ans, sept ans qu’elle attend l’ouverture du testament… Ce sont des jeunes femmes. France a suivi les traces de son père, elle vient de terminer son cursus universitaire, elle est Docteur en Chimie. Elle ne veut pas passer sa thèse car elle ne fera pas de la recherche comme son père. La seule chose qui l’intéresse c’est créer des parfums, mais pour cela, il lui faudrait son père, maître et heureux dépositaire de deux belles fragrances que l’on a à ce jour jamais retrouvées. Pour l’instant, elle travaille sur Grasse et fait des allers retours entre cette ville et Lyon.

Le Conseil de Famille (chapitre 9)

 

 

La fin de semaine était arrivée assez rapidement et sans trop de problèmes pour Victoire. Bien entendu, elle avait été obligée de présenter des excuses à toutes les fillettes  avec qui elle avait été désobligeante, mais la punition était juste.

La directrice pour ne pas cibler les sixièmes avait réuni l’ensemble des élèves internes pour leur rappeler la règle d’or de l’établissement, toujours se référer à un supérieur en cas de litiges et ne jamais faire justice soi-même, mais elle n’avait pas convoqué ni Léa, ni France, et encore moins Erika qui s’était sentie fautive de n’avoir pu être là.

Enfin la voiture de Bonne Maman vient d’arriver, les deux fillettes avec leurs bagages s’engouffrent dans la voiture. Auparavant, elles ont salué Monsieur Donnât et dit au revoir à Léa qui part chez son père ; et elles se retrouveront tous la seconde semaine car Denis les aura rejointes. Le papa de Léa avait été informé par leur père qu’il devrait s’occuper en plus de France de sa seconde fille née hors mariage. Aussi en partant il leur dit :

-Nous ferons plus ample connaissance dans une semaine, car là  nous devons nous dépêcher de rentrer. A bientôt Mesdemoiselles Delmas.

 Ce qui fit rosir de plaisir Victoire, qui, pour elle, porter ce nom était devenu un grand honneur depuis qu’elle avait réussi à crever l’abcès avec  sa sœur. Tout en roulant, France fait des parallèles entre la famille de son amie et la sienne, mais pas celle qu’elle forme avec son papa et sa maman et prochainement Victoire, mais la grande famille. Et la conclusion à laquelle elle arrive lui parait fort étrange, en effet chez Léa ce qui a de la valeur c’est la manière de donner une bonne éducation et non l’argent ou la renommée. Bien que d’un grade fort important, le papa de Léa mène avec ses deux enfants une vie simple, ils se chérissent tous, et personne n’essaie d’emmener l’autre dans des histoires étranges.

France trouvait que chez les Delmas la grande famille était gentille, mais il y avait toujours des bruits de couloir, des sous-entendus, de vieilles histoires qui rongeaient un à un les membres de la famille. Tout d’abord son oncle qui s’était donné la mort si on en parlait on avait toujours des chut ! Ensuite cette rancœur de Fabien envers son oncle le père de France et Victoire. Puis Bonne Maman qui se taisait souvent quand on arrivait près d’elle, et qui n’avait pas l’air de porter dans son cœur à la fois sa propre maman et maintenant, vu ce que lui en avait dit Victoire, sa soeur avait senti une certaine animosité de la part de celle qui apprenait son existence. Dans la grande maison c’était le patrimoine et le statut que cela leur donnait qui était toujours mis en avant. Cela était pesant.

Quand le chauffeur est arrivé, Victoire lui avait demandé si elle devait embrasser cet oncle, ce qui avait fait bien rire France, elle lui avait murmuré :

«  C’est le chauffeur de notre Grand-Mère »

Ce qui avait fait éclater de rire Victoire, et Léa qui avait surpris la conversation. En effet Victoire se sentait perplexe devant tous ces domestiques  qu’elle avait entrevus dans la grande maison. Elle appréhendait son arrivée, Fabien n’avait pas l’air de l’apprécier, et elle ne savait pas comment régler le conflit qu’elle voyait poindre dans sa vie.

Mais France, alors qu’elle était plus jeune qu’elle, la protégerait, elles se l’étaient mutuellement dit. Tout en roulant vers Lyon, les fillettes se taisent et chacune est plongée dans ses pensées.

France se souvient de tout ce que son père lui a appris concernant le Laboratoire DELMAS père et fils. C’est le patriarche c’est ainsi qu’il nommait son grand-père qui avait créé ce laboratoire. Au départ, les chercheurs étaient seulement Bon Papa qui était mort dix jours après le suicide de son fils aîné. France ne les avait pas connus, elle était née la même année mais trop petite pour s’en souvenir. Pour pouvoir continuer il fallait que ce soit Fabien, mais à l’époque il était bien trop jeune et son père lui avait toujours dit que jamais il ne pourrait prendre la tête de l’entreprise familiale. La raison, il ne lui avait pas dite. C’est donc son frère cadet, notre père qui avait quitté le CNRS, et Il reviendrait à elle de le remplacer quand elle serait en âge de le faire, mais pour cela il fallait qu’elle travaille bien à l’école, il lui demandait d’être au moins ingénieur chimiste. Il avait pour sa fille France un grand projet celui de mettre en place une antenne spécifique pour  fabriquer des parfums. Sa fille France connaissait déjà les deux premières fragrances, mais son papa attendait de le proposer sur le marché qu’elle soit en âge de le seconder, puis plus tard de voler de ses propres ailes.

France sentait que ses vacances de Pâques ne seraient pas de tout repos, car elle savait par une indiscrétion du chauffeur qu’elles venaient pour un Conseil de Famille. La raison, elles ne la connaissaient pas, et surtout elles ne comprenaient ni l’une ni l’autre. En chemin le chauffeur s’était arrêté et elles ont eu le plaisir de voir arriver Bertrand, le filleul de leur papa, lui aussi avait été obligé de changer ses vacances car son frère lui avait dit de rappliquer immédiatement. A peine arrivés, les domestiques de Bonne Maman viennent récupérer les bagages des trois enfants, et le chauffeur les conduit dans la bibliothèque où se trouve l’avocat de la famille, Fabien et sa mère et aussi Bonne Maman. Il n’y a ni leurs oncles, ni leur tante. Cela leur parait encore plus étrange, elles sont inquiètes. Quant à Bertrand, il se demande ce qu’il peut bien faire ici, alors qu’il devait partir avec sa classe à Londres. Il devrait toutefois les rejoindre plus tard, mais pour l’instant il doit embrasser sa mère qui se dit en porcelaine, et cette dernière  dépose à sa nièce France et à son fils un baiser sur le front, tend sa main à Victoire qui rougit sous l’affront. Du reste elle ne serre pas la main de cette femme qui ne lui est rien.

C’est Bonne Maman qui prend la parole la première :

–       Mes enfants, si je vous ai invités c’est parce que mon fils François, votre père m’y contraint. Il donne de ses nouvelles de temps en temps, et surtout il ne me dit pas ou il est. Mais peut-être que vous, France et Victoire, vous en savez plus que moi sa propre mère. Vous écrit-il ?

 

–       Oui, lui répond France, mais cela fait longtemps que je n’ai pas eu de courrier, car j’attends sa nouvelle adresse, il doit me la communiquer.

La mère de Fabien, hurle :

–       Depuis quand ?

Aussitôt France se met à pleurer, tant cette pression lui fait mal, mais Victoire joue son rôle de grande sœur à merveille.

–       Vous n’avez pas besoin d’agresser ma petite sœur, on a reçu du courrier il y a 8 jours et nous n’en savons pas plus, c’est tout ce que l’on peut vous dire.

 

–       Je ne m’adresse pas à toi, tu es une intrigante…

 

–       N’importe quoi ?

A ce moment-là, la Bonne Maman calme le jeu :

–       Voyons, ne nous énervons pas, il faut ma petite France que tu me donnes les lettres de ton papa.

 

–       Non Bonne Maman, papa me les a envoyées à moi et personne ne les lira, de toute façon je ne les ai pas. Et il ne me dit rien sur son travail sauf que bientôt je saurais tout.

 

–       Mais dans cette lettre il n’y a pas le code du coffre-fort de la famille ?

 

–       Non, pourquoi me donnerait-il cela, je ne parle jamais avec lui des affaires familiales.

Soudain Fabien, qui est dans une colère terrible prend la parole :

–       Et la formule du parfum tu ne l’aurais pas par hasard ?

 

–       Ah Papa veut faire du parfum ? c’est bien, mais si toi tu le sais et bien moi, je ne suis pas dans le secret, tu es le premier à me l’apprendre.

Du coup Fabien se mord les lèvres, et lui dit qu’il faut qu’elle pense à l’avertir le plus rapidement possible si son père lui met dans une de ses lettres une formule. Il lui explique que ce sont de drôles de signes que bien entendu elle ne peut utiliser vu qu’elle n’y connait rien. En petite fille bien élevée, France acquiesce, se gardant bien de lui dire qu’elle n’en fera rien. Maintenant c’est au tour de Bertrand d’être sous le feu des questions de sa maman et de son frère, mais lui ne peut rien dire de plus que les filles.

Finalement Fabien a trouvé qu’il avait perdu assez de temps avec les petits comme il les appelait. Il se sauve pour travailler et laisse sa mère en tête à tête avec sa grand-mère. Quant à Bertrand il attend sur le perron que sa mère en ait terminé avec Bonne Maman.

France a accompagné Victoire au premier étage et lui confie qu’elles vont coucher toutes les deux dans la chambre de leur papa, c’est la femme de chambre qui le lui a confié. Pour la circonstance ils ont ajouté un des lits d’une autre chambre. Mais ce qui ne rassure nullement France, ce sont les propos de sa grand-mère, elle voulait lire ses lettres. N’allait-elle pas profiter d’une de ses absences pour venir fouiller dans sa valise et découvrir la fameuse clef que son père lui a confiée, et qu’elle a rapportée du lycée pour la mettre en lieu sûr chez Léa où elles doivent se rendre assez rapidement. Cet après-midi, elle va profiter de l’absence de sa Bonne Maman qui doit se rendre à un bridge chez des amies, pour aller visiter sa maman. Elle a même demandé à Victoire de l’accompagner, ne voulant pas la laisser seule dans la grande maison. Mais il lui faut auparavant avoir le feu vert de sa Grand-Mère ce qui n’est pas encore certain.

Voilà sa tante qui quitte avec perte et fracas la grande Maison, avec un regard courroucé envers ses deux nièces, elle s’éclipse rapidement et dès que  leur grand-mère apparaît, France lui fait la proposition suivante :

–       Bonne Maman, j’ai appris que vous alliez voir vos amies pour un bridge, aussi pour pouvoir profiter de vous, je n’irai pas demain voir Maman, mais cet après-midi et Victoire m’accompagnera. De cette manière je lui présenterai maman, et j’en suis certaine elle sera une seconde maman pour elle.

 

–       Ma petite fille j’avais prévu autre chose pour vous deux cet après-midi, car ton parrain arrivant demain du Bénin, s’était proposé pour vous accompagner à la maison de repos. Mais finalement, le chauffeur me déposera et fera un détour pour vous y emmener.

 

–       Oh merci Bonne-Maman !

 

–       Ne me remercie pas, c’est bien normal que tu puisses aller voir ta mère.

Elle tourne les talons, sans un autre mot, pour se rendre à la cuisine afin de donner des ordres pour qu’ils servent le déjeuner à midi tapante. Mais Bonne Maman faisait toujours la difficile habituellement pour que sa petite-fille puisse aller voir sa mère, ce fut la première chose qui inquiéta France, mais elle n’en fit pas part à sa sœur aînée, elle garda pour elle ses questions.

Vengeance ( chapitre 7)

Pendant les quinze jours qui les séparaient de ce mercredi ou Laure partait, les filles des deux chambres de l’aile gauche avaient mis en place leur vengeance, elles avaient repéré depuis qu’elles étaient à l’internat une petite pièce elle n’avait  pas de fenêtres, elle servait de buanderie et était éclairée par une lumière blafarde et si on s’amusait à faire bouger la lampe qui était fort basse on pouvait voir se dessiner sur le mur des ombres. Personne n’y allait la nuit car toutes connaissaient des histoires à faire peur et à cet âge on aime bien se faire peur. Mais pour peaufiner leur vengeance, elles avaient demandé, le weekend précédent où toutes étaient restés pour dire  au revoir à Laure que le soir elles puissent se raconter l’histoire de la dame ou de la fille du Seigneur, selon celui qui la racontait qui hantait parfois la nuit le bâtiment. Autrefois c’était un château qui avait appartenu à un Ecossais, et qui dit Ecossais dit monstre du Loch Ness ou d’ailleurs. Les fillettes avaient  suggéré que ce soit l’économe qui déjà âgée connaissait plusieurs légendes et elle avait une manière de les raconter à faire peur à plus d’une fillette. Elles avaient bien observés Victoire, elle était comme beaucoup d’entre elles vite effrayée, elle le faisait moins voir que Laure, mais elle aussi lors de la veillée, elle avait paniqué, et Léa qui était chargé de la surveiller s’en était rapidement rendu compte. Pour parfaire leur vengeance elles s’étaient toutes rendues dans la buanderie et ici sans fenêtres, personne ne pouvait se sauver et l’illusion serait parfaite lorsque la dame apparaîtrait. Ce qui du reste c’était passé comme France et Léa l’avait imaginé, elles avaient mis l’économe dans la confidence, tout au moins pour la première partie, car la seconde se jouerait mercredi à la tombée de la nuit, le moment le meilleur pour faire peur. L’économe avait accepté qu’Erika joue le rôle de la femme qui hantait le château, avec un drap sur le corps et au moment fatidique, elle devait se lever, elle était caché dans le placard où se trouvait les draps bien empilés, dessous il y avait une grande place que les fillettes avaient vidés dans l’après-midi. Si Erika avait su ce qui se tramait il est certain qu’elle ne se serait pas prêté à ce jeu, mais pour cet épisode il y en avait peu qui était au courant. Le cri qu’a poussé Victoire a dû s’entendre à des milliers de kilomètres tant elle a eu peur, et dans la semaine qui a précédé leur vengeance, elle circulait dans les couloirs qu’‘accompagnés de Laure qui se prêtait bien au jeu. Bien entendu que le jour ou l’économe avait raconté l’histoire, d’autres aussi avaient eu peur mais Victoire les avait battus par son cri guttural et horrible, et que si il n’y avait pas cette vengeance de prête aurait pu servir à Léa et France pour se moquer d’elle. Mais elles avaient toutes les deux préférées la manière forte tant cette fille avait été désobligeante envers France mais aussi envers une partie de l’internat.

Quand la porte avait été refermée à clefs, Laure s’était affolée, jamais elle ne pourrait faire ce qu’elles avaient décidés, mais Léa en bonne détective avait réussis à subtiliser le double de la clef, elle avait déjà essayé et elle ouvrait bien la porte.

Le mercredi jour du départ de Laure, la matinée c’était passé à regarder des photos avec l’accord de leurs prof d’Histoire, puis l’après-midi chacune avait vaqué à ses occupations habituelles sauf Victoire qui comme à son habitude avait une colle, Laure lui avait promis qu’elle viendrait l’attendre vers les 17 h et qu’elles iraient ensemble prendre leur goûter, les parents de Laure ne devaient venir qu’après le repas du soir, elles avaient largement le temps de rejoindre les autres à la patinoire et après le repas du soir au moment où tout le monde irait vers sa chambre, il faudrait passer  à l’acte,  et Laure pourrait savourer comme elles la vengeance, de plus comme cette dernière partait, ses parents devaient s’entretenir avec l’économe et la directrice pour récupérer son argent, ses bijoux et son carnet scolaire. Erika quant à elle devait assister à une soirée cinéma en ville avec les élèves de terminale, elle ne regagnerait la chambre qu’assez tard, c’était vraiment le seul jour où elles pouvaient exécuter leur plan. Toutes les filles étaient déjà arrivés, Léa avait ouvert la porte et attendait cachée dans le placard à balai l’arrivée de Victoire et Laure, elle tenait dans sa main un foulard, tout comme France qui avait mis le sien autour de son cou pour éviter que si Victoire sentait  que quelques choses se passaient qu’elle soit sur ses gardes. Laure devait simuler une douleur au moment où elle passait devant le placard à balai et elle devait se pencher pour laisser croire à sa compagne qu’elle souffrait horriblement. Comme Victoire était heureuse que Laure la fille d’un richissime patron du Cac 40 s’intéresse à sa petite personne, fit exactement ce que ses compagnes de chambre attendaient d’elle, elle se pencha sur Laure en lui demandant ce qu’elle pouvait faire pour elle. A ce moment précis elle a sentis une vive poussée et elle serait tombée si Laure ne l’avait pas retenue, puis deux mains la saisissaient, deux autres lui mettaient un bâillon sur la bouche et Léa lui bandait les yeux. Elle fut tellement surprise qu’elle ne s’était point débattue, aussi une dizaine de mains l’ont poussé vers la buanderie et elle a eu le temps d’entendre tourner la clef dans la serrure, elle avait atterris sur le plancher, et puis,  une cavalcade de pas des rires étouffés et plus rien.

Elle ignorait ou elle se trouvait et qui lui avait fait ça, elle pensait un peu à France, voir à Léa mais elle ne les avait pas vu ; tout c’était passé dans son dos. Dans un premier temps elle réussissait à ôter le bandeau, mais cela ne l’avançait à rien, c’était noir, ôter aussi le bâillon sur sa bouche, mais avant d’appeler au secours, il fallait qu’elle sache où elle était, quand soudain, une peur irraisonnée l’a prise à la gorge, elle savait, son cri est resté dans le fond de sa gorge, elle avait beau appelé à l’aide rien ne sortait. Elle pleurait, et criait mais personne ne semblait l’entendre, par contre, elle entendait des chants, des rires, c’était Laure qui partait, mais elle, qui pensait qu’elle s’en était fait son amie l’avait trahis…

Il a bien dû s’écouler au moins dix bonne minutes avant que Victoire  réussis tant bien que mal à appeler, mais qui pouvait l’entendre, à part celles qui savaient, mais vu le silence soit elles avaient accompagnés Laura, soit elles s’étaient enfin coucher. La montre de Victoria s’allumait, elle vérifia l’heure qu’il était et reprenant son souffle elle se mit hurler : « Au secours », une fois puis deux, puis plusieurs, mais personne ne venait. Ces garces, se dit-elle avaient bien réussis leurs coups mais elle verrait, mais tout en se disant cela, Victoire compris qu’elle ne pourrait plus se venger car les fillettes s’étaient toutes unies contre elle, le mieux se serait que l’on vienne la chercher et elle les oublierait toutes, mais elle savait aussi qu’elle n’était pas maître de son destin.

Pendant ce temps les fillettes bavardaient et s’étonnaient que Victoire n’essaye pas de crier davantage, était-elle tétanisée et elle pleurait peut-être couchée à même le sol, ou alors comme France le pensait elle préparait déjà son retour pour la faire souffrir davantage, mais rien n’était moins sur car au départ toutes l’avaient entendu sangloter. Laure en partant sans rien dire à ses camarades avait glissé la clef dans la serrure et pendant que Victoire hurlait l’avait tourné et elle était partie en emmenant la clef. Comme les fillettes ont envie de savoir comment tout cela va se terminer elles essayaient de lutter contre le sommeil. Mais certaines dormiront lors du dénouement final qu’à cela ne tienne le lendemain la cloche de l’internat allait fonctionner à merveille et des élèves aux professeurs tous le sauraient.

 Mais voilà Erika qui rentre de sa séance cinéma, elle vérifie si les demoiselles dorment ce qui semble être le cas, quand soudain elle s’aperçoit que Victoire n’a pas défait son lit et que sa chemise de nuit est encore étalée sur son lit. Déjà que la directrice n’aime pas qu’elles se rendent au cinéma la nuit, si la gamine a fugué s’en sera terminé de leurs joyeuses escapades. Il faut réveiller les autres, et leur demander ce qu’elles savent, Erika sait bien qu’entre elles il y a une guerre sourde. Mais elles sauront se conduire en jeune filles responsables, c’est un cas de force majeur, à moins pense-t-elle  qu’en son absence il se soit passé quelques choses. Elle allume le plafonnier et chose curieuse à ce moment-là elle entend Victoire appelée au secours, mais dans la chambre il y a des cris de colère car Erika les a réveillés. Cette dernière se retrouve dans le couloir ou elle croise l’économe et la directrice. Elles trois ouvrent la porte de la chambre d’à coté, mais ici c’est le calme le plus complet sauf les respirations des 5 fillettes se font entendre. La directrice referme la porte, et continue son inspection, elle ouvre le placard à balai, mais elle n’y est pas, puis ouvre la porte de la buanderie, allume et trouve Victoire assise à même le sol barbouillé de larmes.

Elle invective en lui disant :

–       Que faîtes-vous là dans le noir, vous jouez à quoi ?

–       On m’a enfermé et j’avais beau appeler au secours personne ne venait !

–       Non, mais vous vous moquez de moi, vous n’étiez pas enfermé, allez dépêchez-vous d’aller vous couchez, demain je vous attends dans mon bureau dès le petit déjeuner avalé.

Victoire se relève rapidement suis Erika et rentre dans la chambre ou 3 fillettes sont assises sur le lit et la regardent passé en se payant ouvertement sa tête. Elle se garde bien de dire quelques choses car la directrice est encore dans le couloir et la moindre phrase après 22 h est passible de punition. Lorsqu’Erika éteint elle n’est pas encore déshabillé mais elle ne profère aucune parole, elle fait comme tout le monde elle se couche et essaye de dormir.

La nuit s’est bien passée sauf pour Victoire qui a vu des ombres et qui dans sa tête a mélangé son aventure avec celle de la dame du château qui s’était jeté du haut de la fenêtre de la tour selon la légende.

 

A SUIVRE

Faits troublants (chapitre 6 ) Fin

Si cela s’ était arrêté là, cela n’aurait pas été si grave, car l’amour propre de France n’était pas à une remontrance, voire à une réflexion près, mais hélas quelques jours après le cours de volley, alors que France s’était retrouvée seule dans la chambre le matin pour faire son lit, Victoire s’était attardée elle aussi, sûrement pour en découdre avec son ennemie comme elle s’amusait à le dire.

France s’était rendue compte qu’elle traînait dans la douche, l’eau ne coulait pas, donc elle attendait, mais qu’allait-il se passer ? France pensait qu’elle devait rester sur le qui-vive car à chaque fois elle en avait fait les frais, et il n’était pas question qu’elle devienne son souffre-douleur. Certes elle était gentille mais pas au point de se laisser frapper sans répliquer ou tout au moins le signaler tout d’abord à Erika, puis si elle continuait à la directrice. Mais elle n’en n’était pas encore là, elle se faisait juste la réflexion, lorsque Victoire surgit devant elle. Son sourire était sardonique, on aurait dit un félin prêt à bondir sur sa proie. France marqua un temps de recul, puis se ressaisissant elle fit celle qui n’avait pas peur. Mais l’autre à l’affut de tout, s’est bien vite rendue compte que France était au bord de la panique, aussi en profita-t-elle pour s’approcher d’elle. Au moment où elle allait l’apostropher, Erika était rentrée dans la chambre, fort étonnée de les voir toutes les deux face à face.

–       Que faites- vous là ? Vous n’avez pas entendu la cloche, c’est l’heure du petit déjeuner, ne vous faites pas trop attendre, vous savez que la directrice n’aime pas les manquements à la bonne marche de son établissement.

Avant que France ne lui réponde, Victoire avait pris les devants en murmurant

–       Je dois faire une commission à France.

Etonnée, France dès qu’Erika eut franchi la porte interrogea Victoire.

–       Qu’as-tu à me dire ?

–       Je connais le prénom de ton père

Pour France, à ce moment de sa vie où son père lui manquait terriblement, en entendre parler c’était comme si on lui annonçait la plus mauvaise des nouvelles. Aussi d’un haussement d’épaules, elle sortit de la chambre pour ne pas en entendre davantage, et dévala rapidement les escaliers, tout en se disant :

« Cette fille se paye ma tête, elle ne peut pas connaître son prénom, ici je n’ai aucun papier, et tout ce qui me concerne est dans un des tiroirs du bureau de la directrice, comme pour l’ensemble des élèves. Donc elle va me balancer n’importe quels prénoms pour voir si elle fait mouche. Décidément rien ne l’arrête tout est prétexte à se faire remarquer, si elle essaye de gagner ma confiance ce n’est pas ainsi qu’elle doit faire. »

Dès que France franchit la porte de la salle à manger où l’on entend un joyeux brouhaha, elle voit Léa qui lui fait signe, elle se dépêche de la rejoindre sans faire le moindre bruit pour éviter la réprimande car tout le monde est en train de déjeuner.

Victoire les rejoint toutes les deux car, à l’évidence pour elle rien n’est terminé, elle se doit d’asséner à France le prénom de son père. Du reste elle ne doit pas traîner si elle veut que France lui accorde un peu d’attention.

–       Ton père se prénomme François.

Pour France c’est comme si dans ce joli matin il y avait eu un grand coup de tonnerre et que la pièce où elle se trouvait avait été envahie de noirceur. Plus aucun son ne sort de sa bouche, et elle ne peut même pas lui demander comment elle le sait. L’autre ne demande pas son reste, elle s’en va à une autre table pour éviter d’être bombardée de questions et remet à plus tard les explications qui lui seront demandées.

Léa qui savait comment le père de France se prénommait est elle aussi abasourdie, elle pense que Victoire est allée comme à son habitude fouiner dans les papiers de la directrice, mais à l’évidence cela est impossible car le bureau est en l’absence de la directrice tout le temps fermé à clefs. Donc elle a su, mais de quelle manière et par quelle indiscrétion et surtout que peut-elle en faire et en quoi cela la regarde ? Ni France, ni Léa ne comprennent. France se sent dépassée et de nombreuses questions lui viennent aux lèvres. Qui est cette Victoire qui est née un an avant elle et le même jour ? Elle a beau chercher elle ne la connait pas, elle sait son nom car les professeurs les appellent par leur nom de famille. Victoire Gerry, cela ne fait même pas français. Elle sait aussi que cette fille ne vit qu’avec sa mère, mais c’est tout ce que la demoiselle a dit. Quant à son père, elle est restée fort évasive à son sujet, et du reste cela n’intéressait nullement France et les copines de leur chambre, Victoire n’en n’a pas plus dit ce jour-là.

France dans les jours qui suivirent en avait reparlé avec sa meilleure amie, elles avaient toutes les deux l’impression que perpétuellement Victoire jouait un rôle. Pour quelle raison ? A quoi cela lui servait-elle ? Léa avait même émis qu’elle pensait qu’elle était téléguidée par un adulte, mais qui ? Avec l’accord de France, elle s’était rapprochée d’elle et faisait celle qui allait devenir son amie, mais Victoire n’était pas dupe et elle ne se livrait qu’au compte-goutte, de plus elle jouait un jeu dangereux, jusqu’à ce que Léa, fine mouche, y mit rapidement le holà. Elle avait essayé de la faire brouiller avec France. En conclusion les deux amies la trouvaient non seulement machiavélique, mais fourbe, méchante, cherchant toujours à faire punir qui que ce soit. Cette fille est aigrie en avait conclu Léa. Son éducation était à revoir, elle parlait vulgairement, même si parfois elle employait des mots qui avaient une résonnance étrange. Elle passait les trois-quarts de son temps les mercredis après-midi en punition, elle avait autant de colles que France et Léa à elles deux avaient de bonnes notes. Elle avait même réussi, pas plus tard que le matin de la découverte du prénom du père de France, à  faire infliger à l’ensemble de la classe une punition collective. Elle avait lancé sur la tête du professeur d’anglais, où elle excellait, une pomme prise dans la corbeille du petit déjeuner. Cette dernière un peu flétrie s’était écrasée sur la veste de Madame Smith, une écossaise fort sympathique. Quand elle avait reçu la pomme, elle s’était retournée, en demandant à la fautive de se dénoncer, personne n’aurait accusé Victoire, mais cette dernière ne l’avait pas mieux fait. D’où la punition collective à faire signer par les parents et la directrice. Ceux qui ne rentraient pas chez eux ne la faisaient signer que par la directrice. Avec les parents il est toujours possible de s’expliquer mais avec la directrice, ce n’était même pas la peine d’émettre une opinion. Sinon la sentence serait doublée. Les méchancetés s’accumulant, bientôt elle allait avoir la classe entière qui lui en voudrait. Soit elle le voulait, soit elle ne s’en rendait pas compte, mais elle n’était pas si naïve que ça, elle le faisait donc dans un but. Mais à ce jour le reste de la classe ne l’avait pas découvert.

Quelques jours plus tard, Léa au moment de se lever c’était sentie fort mal, et Erika avant d’appeler l’infirmière lui avait conseillé de garder le lit. Quant aux autres elles avaient fui la malade, seule France était restée un instant avec son amie.

–       Je reviendrai plus tard, en attendant lui dit-elle ne te découvre pas.

Devant tant de sollicitude, Léa avait fondu en larmes et France n’écoutant que son bon cœur l’avait prise dans ses bras et mis un gros bisou sur sa joue, en lui disant 

–       Tout à l’heure je m’occuperai de toi comme si c’était ton papa.

A travers ses larmes, Léa lui avait souri, mais elle avait assez de fièvre pour se rendormir rapidement. C’est dans la matinée que les premiers frissons ont envahi le corps de France et rapidement un violent mal de tête s’est emparé d’elle. La prof de français lui a posé quelques questions en voyant son manque d’assiduité en cours, et lui a dit de rejoindre l’infirmerie. Victoire a proposé de l’accompagner ce qui du reste était la consigne lorsque l’une d’entre elles se rendait à l’infirmerie. France descendait péniblement les marches tant sa vue se brouillait, soudain alors qu’elle précédait Victoire, elle reçut une grande claque dans le dos qui lui fit perdre l’équilibre et la projeta contre le mur et comme elle descendait elle ne put se retenir et bascula quelques marches plus bas. Victoire la rejoignit rapidement, nullement affolée, au contraire elle la regardait avec un sourire cruel aux lèvres et elle lui asséna quelques méchancetés du style :

 –   Pauvre idiote tu n’es même pas capable de tenir sur tes jambes, alors tu devrais appeler papa François et il viendrait tel un chevalier sauver son bébé. Mais hélas ton cher papa ne peut rien faire, de toute façon tu n’es qu’une sainte nitouche, tu vas encore pleurer pour rien comme à ton habitude et te faire chouchouter. Mais, elle lui ajouta,

–  Ta  Léa est malade elle ne viendra pas à ta rescousse, tu es donc à ma merci et il va falloir m’obéir. Dépêche-toi de te lever, et tu n’as pas besoin d’aller à l’infirmerie tu n’es pas malade, ce ne sont que des simagrées pour que l’on t’envoie rejoindre ta copine.

En lui disant cela elle lui mettait des coups dans le dos. France est à la fois choquée par les propos de Victoire et à la fois elle souffre car elle est malencontreusement tombée sur sa main et elle sent une vive douleur, du reste en haut du poignet c’est déjà bleu et brillant. Si cette folle ne l’aidait pas, jamais France n’allait pouvoir se relever. Malgré les multiples douleurs qui enserrent à la fois  ses tempes et son poignet, elle peut jeter un œil sur sa montre, elle sait qu’il faut qu’elle tienne au moins une ou deux minutes car l’intercours va bientôt sonner et là, il va y avoir une ruée de jeunes filles qui vont descendre quatre à quatre les marches, au moins pour un temps elle sera sauvée. Pendant que France réfléchissait quelle ne fut pas sa stupeur de voir Victoire tourner les talons et la laisser à son triste sort. France se mit à se traîner vers la rampe, elle se hissa tant bien que mal et put petit à petit reprendre sa descente  et rejoindre l’infirmière qui, prévenue par sa professeur trouvait étrange qu’elle ne soit pas encore là.  Etonnée de la voir dans ce piteux état, France ne put que lui dire que son mal de crâne ayant empiré alors qu’elle amorçait la descente, sa vue s’était brouillée et elle avait raté une marche, elle  était tombée sur sa main, et elle sentait une sourde douleur lui envahir tout le bras. L’infirmière s’étonnait de l’absence de l’élève qui devait l’accompagner, mais France fit celle qui n’avait pas compris et ne dit mot sur ce qui s’était réellement passé. Elle avait une forte fièvre et en plus elle s’était cassé le poignet. Elle qui pratiquait le cheval et le ski ne s’était jamais rien cassé, alors là, elle se sentait diminuée. Pourtant, elle n’y était pour rien, mais elle ne pouvait le dire, enfin c’était ce qu’elle pensait. Dès que Léa fut mise au courant, elle lui dit qu’elle avait eu tort. De toute façon, Victoria ne sortit pas victorieuse de cet incident, elle fut punie pour avoir omis de signaler l’accident de France et pour s’être enfuie en la laissant seule au sol. France, assez mal en point, ce mercredi avait préféré garder le lit avec un bon livre plutôt que de se rendre en salle de cours où elle aurait retrouvé Victoire punie qui faisait son pensum. Quant aux autres sixièmes, elles s’étaient rendues à la patinoire, ce dont avait rêvé France et Léa, mais ce serait partie remise, il y aurait bien d’autres sorties tout aussi intéressantes.

C’est à la suite de l’accident de France que l’ensemble des copines qui se trouvaient sous la direction d’Erika avaient décidé de punir une fois pour toute cette vermine. Mais elles ont dû attendre une quinzaine de jours pour mettre leurs plans à exécution.

En effet ce mercredi, Laure une de leurs amies s’en allait. L’occasion était trop belle, c’était le meilleur moment pour agir. De cette manière, si cela se retournait contre-elle, Laure porterait la faute, elle était d’accord, mais elle ne serait pas punie puisqu’elle quittait le soir même l’internat et qu’elle n’y reviendrait plus jamais.

Chapitre 6 Faits troublants

Chapitre 6

Une arrivée inattendue !

 

Le soir du réveillon tout le monde a oublié les problèmes familiaux et ils ont vécu un réveillon fort réussi. Monsieur Donnât était fort amusant, il a su les distraire avec des tours de magie, des chansons de marins et des histoires plus invraisemblables les unes que les autres. Avec eux, il y avait le frère aîné de Léa, il vivait à Paris avec sa maman, la première femme du papa de Léa. Il était facétieux et poète à ses heures perdues. Il lui a offert un poème écrit sur un parchemin aux armoiries de la famille de sa mère. Il se nomme Denis et veut faire des études pour devenir avocat ou juge pour les enfants, il ne le sait pas encore. Mais les bons moments ont toujours une fin et la date du retour arrivait à grands pas. Mais elles ne repartaient pas pour la Suisse, en effet Monsieur Donnât devait les déposer à la gare de Lyon car elles prenaient un train pour une station de montagne en France. Toutes les deux savaient skier ainsi que d’autres filles de sixième, aussi elles ont eu la chance d’avoir un moniteur de la FFS, il était super beau et tout bronzé, elles en sont toutes tombés amoureuses, ce qui le faisait bien rire.

Les journées étaient riches et pleines, elles auraient aimé rester toute la vie à travailler deux heures le matin. Puis elles prenaient une collation et partaient sur les pistes jusqu’à dix-sept heures. De retour pour la douche, le travail personnel,  elles se rendaient ensuite dans la salle de jeux ou de lecture. Après le repas et une petite veillée, elles rejoignaient le grand dortoir dans lequel le dernier jour elles allaient faire une grosse bataille de polochons vertement réprimandé par Madame la Directrice qui n’aimait pas cela. Mais les autres jours il régnait dans ce dortoir un grand calme car les fillettes étaient fort fatiguées par leur journée aussi intense.

Le retour à l’internat se fit en bus affrété par l’association des parents d’élèves, ce fut un beau voyage car il avait beaucoup neigé et elles admiraient les formes en sucre blanc. D’autres ont dormi pendantpresque tout le voyage, mais Léa et France s’en sont mis plein les yeux et comme Léa avait un appareil photo, offert par son frère, elle a pris de belles photos.

Lorsqu’elles sont arrivées il était plus de 21 h, et elles sont allées se coucher. Quelle ne fut pas leur surprise de voir dans le lit en dessous de celui d’Erika, une forme allongée et assoupie, leur cheftaine arrivée avec un peu de retard n’avait pas eu le temps de les prévenir de ne pas allumer la lumière ; hélas c’était trop tard. Hirsute et en colère cette fille leur a dit qu’elles étaient de sales gamines, elle avait une voix haut perchée et elle leur a débité une foule d’insanités à faire rougir. Rapidement Erika est  intervenue, a calmé le jeu et chacune s’est déshabillée le plus rapidement possible mais à tâtons pour ne pas déranger la râleuse. C’est le surnom qui lui sera donné par France.

C’est au matin en se levant pour aller déjeuner qu’elles ont découvert qu’elle avait mis la chemise de nuit de l’été, ce qui fit rire les autres pensionnaires. Erika leur a présenté cette nouvelle,  née le même jour que France mais plus âgée d’un an et qui répondait au prénom complètement idiot de Victoire. Le fou rire a gagné toute la chambre, y compris Erika qui ne savait où se mettre. Mais Victoire les a foudroyées du regard ce qui, ma foi, les a calmées rapidement. Elle aussi avait de beaux cheveux noirs frisés, coupés courts, mais contrairement à France ses yeux étaient bruns.

En rangeant ses vêtements, France eut la désagréable surprise de voir que son armoire avait été forcée, le cadenas gisait à terre et à l’intérieur il lui manquait la tablette de chocolat qu’elle avait pensé manger avec ses copines de chambre. Elle ne pouvait se plaindre auprès de l’économe car elle aurait dû la remettre le jour de la rentrée, mais elle signala l’ouverture forcée de son armoire. Les yeux de l’économe se sont portés involontairement vers Victoire, qui a haussé les épaules et murmuré,

-qu’elles essayent de m’accuser elles vont voir

Si France l’avait entendu, l’économe était loin de s’en être rendue compte.

A la suite de cet évènement, Léa et France ont trouvé que la sérénité du pensionnat était mise à mal par différents faits qui allaient se dérouler au fil du temps.

 

Chapitre 5 Un drôle de retour

Le weekend est passé très vite car elles n’étaient pas nombreuses.  Avec Mademoiselle Chenay elles sont parties camper et les fillettes se sont bien amusées. Elles ont appris à faire du feu comme chez les guides, ce que France ne connaissait pas. Elles ont mangé des shamalows cuits au feu de bois, cela a été une découverte pour toutes les fillettes, cueilli les dernières framboises et de rares myrtilles. Elles sont montées au lac par un petit chemin escarpé et avec des jumelles elles ont vu l’internat, pas plus grand qu’un petit pois. Comme elles ont ri au petit matin lorsqu’elles ont vu l’animatrice, qui est aussi leur professeur de français à l’internat, en chemise de nuit, les yeux tout gonflés et les cheveux en pétard, elles en hoquetaient  et pendant ce temps ne pensaient pas à leur parents.

Les semaines d’école et les weekends passés sur place se sont enchaînés sur le même rythme et Noël était là avant qu’elles ne s’en rendent compte.

Léa et France attendaient leur papa respectif, c’est Léa qui aperçoit son papa la première, suivi par celui de France. Les petites filles les présentent tour à tour, ils se serrent la main, échangent des banalités, mais tous les deux sont heureux que leurs filles se soient liées d’amitié. De cette manière, ils savent que l’internat leur paraît moins contraignant. Chacun se souhaite un joyeux Noël et part de son côté, mais auparavant les fillettes se sont jetées dans les bras l’une de l’autre, en se promettant de se téléphoner tous les jours, ce qui fit rire le papa de Léa.

La route a paru fort courte à France qui n’a qu’une hâte, retrouver la vie paisible dans leur appartement du quartier de la Croix Rousse. Dès qu’elle franchit le seuil, elle s’aperçoit que le joli guéridon en chêne massif n’est plus à sa place, mais plus tard elle va se rendre compte qu’il n’est plus du tout chez eux. Dans la chambre de ses parents, la commode n’y est plus, elle n’ose en demander la raison à son père. Sa nounou a quitté la maison dès son arrivée à la pension, mais le pire c’est le chauffeur de son papa, il n’est plus là et la grosse limousine dont on se servait pour partir en vacances et qui l’avait emmenée en Suisse a aussi été vendue. France se rend compte que les choses vont mal pour sa famille.

Le soir son papa l’emmène au restaurant, cela sent bon les sorties en tête à tête d’autrefois. Le lendemain elle est livrée à elle-même car son papa travaille, demain Bonne Maman arrivera, elle sera moins seule.

La veille de Noël ils iront dans l’ancienne maison de famille dont le grand cousin a hérité au moment de la mort de son père, et qu’il habite depuis son retour des Etats Unis au cours de l’été passé.

Celle qui lui manque le plus c’est sa maman, elle lui a bien téléphoné mais il lui a semblé que sa voix était entourée de coton, elle parlait bizarrement comme si elle avait pris un trop grand nombre de cachets. Ce devait être le cas, car lorsqu’elle l’avait vue avant de partir à l’internat, elle dormait tout le temps etson papa avait dit que c’était la faute des cachets. Pauvre Maman qui ne s’était même pas rendu compte que sa petite fille était en internat  en Suisse. Elles devraient se voir pour les fêtes de Noël mais son papa n’avait pas l’air de l’envisager.

Elle en est là dans ses pensées lorsqu’elle entend des cris à l’extérieur, dans la petite cour où son papa met la voiture. Elle regarde par la fenêtre et voit son grand cousin crier sur son oncle. Heureusement sa grand-mère arrive avec son chauffeur et s’interpose entre son fils et son petit-fils, elle essaye de les calmer, mais le grand cousin entre brutalement dans le hall et dévisage sa cousine d’un air mauvais :

–      Sale gamine qu’as-tu à me regarder, on écoute aux portes maintenant ?

Les grands yeux verts de France se remplissent de larmes, elle s’empresse de quitter le bas et remonte rapidement dans sa chambre, elle ne refera surface que lorsque son cousin lui fera signe pour le repas.

Hélas quand elle descend, elle ne voit ni son père ni sa grand-mère. Le grand cousin qui répond au prénom de Fabien lui dit en ricanant bêtement :

–      On va manger en tête à tête.

Décidément, elle qui pensait pouvoir manger tranquillement  n’en n’a plus envie tant le regard goguenard de son cousin la transperce jusqu’aux os.

–      Tu es comme tes cousines tu veux garder la ligne, tu ferais mieux de manger car tu ne sais pas qui te mangera.

 

–      Toi  peut-être ose-t-elle lui répondre.

 

–      Qui sait ? Si ce n’est pas toi que je mange tout cru, ce sera ton père, je ferai de vous une bouchée.

Et sur ces mots lourds de conséquence il se lève et la laisse seule devant son assiette pleine à ras bord. Elle arrive à avaler, et se demande ce que peut bien faire Fabien dans leur appartement, il a sa maison. Elle l’entend marcher dans le bureau de son père, elle irait bien voir mais elle a peur de se faire houspiller, voir même gifler, il en serait bien capable. Il a une mine renfrognée, des cheveux coupés courts, des chemises blanches et un costume bleu marine, pire qu’à l’internat, alors qu’il pourrait s’habiller beaucoup plus gai.

Soudain la porte d’entrée s’ouvre, c’est Bonne Maman qui rentre, mais papa ne l’accompagne pas, décidément il est pire qu’un courant d’air. France va profiter de l’absence de son cousin et de son père pour poser les questions qui lui mangent la tête depuis qu’elle est à l’internat, elle veut connaître la raison pour laquelle son papa et Fabien se disputaient.

Sa grand-mère semble fort ennuyée que sa petite fille lui pose cette question, aussi elle élude sa réponse et fait une pirouette en lui disant que  ce sont des affaires de travail et de grands, qu’elle prendra la direction du laboratoire quand elle aura l’âge de le faire, mais que pour l’instant elle doit vivre sa vie de collégienne. Quelle fin de non-recevoir pense France, alors qu’elle se dirige en compagnie de sa grand-mère dans le salon. Elles prennent place toutes deux, pendant que Fabien joue du violon. Elle trouve que c’est triste, et petit à petit elle sombre dans le sommeil. Sa grand-mère pensant qu’elle dort d’un sommeil profond, s’adresse à l’aîné de ses petits-fils en lui demandant quelle mouche l’a piqué ce soir en arrivant, alors que son oncle lui avait ouvert sa porte en attendant que les travaux soient terminés chez lui.

–      Bonne Maman, il est en train de faire n’importe quoi aux Laboratoires Delmas, Grand-père doit se retourner dans sa tombe.

–      Voyons Fabien, tu sais bien que ton oncle est un imminent chercheur.

–      Cela je ne le  conteste pas, Bonne Maman, mais par contre il ne sait pas tenir le portefeuille, à cette allure tôt ou tard il sera obligé de licencier.

France entend tout ce qui se dit entre eux deux, jusqu’à ce que son père fasse une entrée fracassante dans le salon.

–      Vous n’avez pas besoin d’en informer ma fille, je me dois de la protéger.

–      Ah je pensais qu’elle dormait répond sa grand-mère.

–      Tu aurais dû t’en assurer, Maman, et toi Fabien je te remercie de jouer chez moi les trouble-fêtes alors que j’ai eu l’amabilité de te recevoir pendant que  ton lit arrive. Sais-tu qu’il y a un hôtel en bas de la rue, si tu veux tu peux prendre tes dispositions et t’y rendre.

–      Laissez tomber mon Oncle, votre fille n’est pas en sucre et il faudra bien qu’elle soit mise au courant, ce n’est pas quand je vous aurai viré que vous lui direz vos manières de mettre à feu et à sang l’entreprise familiale.

Mais elle n’entend plus car elle sest endormie. Heureusement, elle ne le saura qu’après les fêtes de Noël, à nouveau par une indiscrétion de Fabien.

 

Prochainement la suite du chapitre 5 

 

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
Rejoignez moi dans mon imaginaire