Imaginaire

Chapitre 4 l’internat

Au fronton du portail, France lit : « Pension le Cervin ». Malgré sa tristesse, elle apprécie que son papa ait choisi cette montagne préférée où naguère elle est allée en vacances avec lui et son parrain. Petit à petit elle sort de ses rêves pour suivre du regard les petites et les grandes filles qui descendent des voitures alignées les unes derrière les autres. Enfin c’est leur tour, ils sont accueillis par une grande dame longue comme un jour sans fin et très sévère. Une autre plus jeune et petite  s’avance vers France, coupant de ce fait l’herbe sous les pieds de la grande dame, sert la main de Louise et tapote la tête de France en leur adressant un merveilleux sourire, elle a un drôle d’accent.

Elle les accompagne dans un bureau où se trouvent deux autres personnes, l’une est l’économe, l’autre est une toute jeune fille guère plus âgée que France mais qui déjà est bien à l’aise dans ce milieu que France commence à découvrir.

–      Votre chef de groupe va vous aider à transporter votre valise et va prendre le reste de votre trousseau, je vous recommande de dire au revoir à votre mère.

–      Non c’est ma nounou, ce n’est pas ma maman

La gentille dame s’excuse de son erreur, et lui dit de dire au revoir à Louise, ce qu’elles font sans grande effusion.

Pendant que Louise va renseigner différents papiers, France s’éloigne dans la buanderie où se trouve un trousseau à son nom, elle doit faire l’inventaire avant d’en prendre possession, elle a pour cela une grande liste et elle coche au fur et à mesure qu’Erika, sa cheftaine lui les annonce :

–      Un béret bleu marine, assorti à votre cravate verte et bleue, ne vous inquiétez pas nous vous apprendrons à en faire le nœud.

–      Une chemise de nuit blanche à manches courtes, une autre bleue à manches longues. Si en fin de semaine vous retournez chez-vous, il vous sera demandé de la mettre dans la corbeille de linge sale à votre nom, pour vos draps ce sera une semaine sur deux, sauf accident nocturne.

–      Une paire de deux draps, deux serviettes de toilette blanches et bleu marine, deux gants assortis, une serviette de table.

–      Et enfin un jogging bleu marine, une grande cape de la même couleur ainsi qu’un manteau chaud pour les hivers rigoureux.

–      Votre nounou nous a dit que votre papa avait gardé tous vos bijoux et que vous aviez certainement en votre possession quelques babioles, il faut les donner à l’économe ainsi que toutes les gâteries que vos parents vous ont peut-être confiées.

France n’a reçu de sa famille aucun bonbon, sauf un ou deux livres, mais cela elle peut le garder, elle a bien au fond de sa poche une tablette  de chocolat, mais comme Erika n’a pas mentionné le douanier, France commet sa première faute, mais elle pense que cela n’aura pas de conséquences sur sa vie à l’internat.

-Allez venez je vais vous présenter à vos futures amies de chambre, car vous verrez vous vous ferez des amies. Si vous avez de la peine, vous pourrez aller voir les « nounous de l’internat ».

Un pauvre sourire apparaît sur les lèvres de France, mais bien vite elle retombe dans son mutisme jusqu’à ce qu’elle entende des sanglots, puis des cris, sur sa gauche au bas de l’escalier. Une jeune fille pas plus  grande qu’elle, elle s’est accrochée au cou de son papa et sanglote. Elle lui demande de ne pas la laisser, et elle appelle sa maman qui n’est pas plus présente que la sienne.

 

A suivre

Chapitre 3 Préparatifs

A propos de ce roman, feuilleton, nouvelles, j’en ai écrit en totalité deux jets et en relisant celui que je vous propose, ma pensée c’est égarée, rire et j’ai relevé deux ou trois incohérences, notamment sur l’age de France, dans une première mouture je lui avais donné 10 ans et dans l’autre six…Aussi il y a eu un petit mélange d’âge, du coup cela peut changer la classe. Pour 6 (six) c’est le CP  et  pour 10 ans (dix) c’est la sixième…Mais cela ne change rien  à l’histoire.

 

Avec toutes mes excuses, je vous laisse lire ce troisième chapitre.

 

Chapitre 3  Préparatifs

Il ne restait plus que 8 jours avant son départ pour l’internat, aussi dès le lendemain matin, sa maman, ainsi que Louise sa nounou l’ont emmené  chez une couturière pour lui faire un trousseau bleu marine. Il y avait une jupe, une veste, on lui remettrait le premier jour de la rentrée un béret et une cravate, cette dernière serait rayé verte et bleu marine. Le tout serait complété par un ou deux chemisiers à manches courtes et tout autant à manches longues, ainsi que deux pulls de laine, plus d’autres choses dont sa maman ne se souvenaient  pas. Les chemisiers étaient blancs tout comme l’ensemble de ses sous-vêtements. Une tenue stricte comme si elle avait été une vilaine petite fille, elle avait vu un film chez sa grand-mère où un petit garçon, un voleur, était punis par ses parents et enfermé dans un collège.

Mais, elle, tout le monde s’accordait pour dire que c’était une petite fille en or…Alors Pourquoi ? Pourquoi ? C’est sur ces questions sans réponses que la petite fille s’était endormie en larmes.

Au petit matin elle a encore un bon nombre de questions dans sa tête déjà bien pleine en temps ordinaire, c’est son papa qui prends le petit déjeuner avec elle, c’est une exception, d’habitude il boit un café et l’embrasse du bout des lèvres, ce matin c’est un petit déjeuner en famille. Il lui dit aussi qu’elle va aller dans une école Suisse, à la montagne, mais devant ses yeux baignés de larmes, il préfère tourner la tête, seule, sa maman la prend dans ses bras mais se fait rabrouer par son mari. Aussi se lève-t-elle et elle sort de table.

A nouveau la voici seule, aussi elle retourne dans sa chambre jusqu’à ce que Louise vienne la chercher pour l’emmener faire quelques courses en vue de son départ. France avait de beaux cheveux frisés noir comme ceux de son papa, ils était longs, tout en chemin faisant, sa nounou lui annonce qu’elles vont chez une coiffeuse de sa connaissance pour mettre de l’ordre dans sa toison, France ne comprends pas ce qui va se passer, aussi elle s’assoit et attend sagement que les grandes personnes aient finis de parler. Mais attentive elle entend sa nounou demander qu’on lui coupe les cheveux à la garçonne, France n’écoutant que sa peur se lève, se faufile hors du salon de coiffure et disparait dans la ville. La pauvre Nounou  la cherche depuis plus d’une heure et en désespoir de cause joint son patron qui la jette comme une malpropre.

Ils appellent la police et perdent un temps précieux, ils ne savent même pas de quels côtés chercher, ou a-t-elle bien pu aller s’interroge son papa ? Qui a pu la cacher ? Demande les policiers, mais le papa ne connait pas suffisamment sa fille et de plus depuis qu’il lui a dit qu’il l’emmenait dans un internat il a perdu toute sa confiance en son enfant.

Ce n’est que sur le coup des 20 h que la fillette a fait sa réapparition, elle n’a dit à personne ni à ses parents, ni à la police ce qu’elle avait fait. Mais elle avait dû manger à sa faim car elle est allée se coucher épuisée et n’a même pas réclamé quoi que ce soit. Comme l’enfant est revenue au foyer le père n’a pas cherché à en savoir davantage et l’affaire s’est arrêtée là. Le lendemain au petit déjeuner le papa attendait sa petite fille, il a pris dans ses bras en lui disant qu’elle garderait ses beaux cheveux longs et qu’il n’était plus question que qui que ce soit lui les coupent. Elle était tellement contente qu’elle s’est jeté dans ses bras en lui disant :

–      Merci oh merci mon « papounet » d’amour !

–      Appelle moi autrement France, tu n’es plus un bébé

Et, tout en lui disant cela, son papa essuyait deux grosses larmes qui coulaient sur ses joues.

–      Prépare-toi, aujourd’hui nous allons nous promener ensemble car demain tu vas partir à l’internat, du reste j’en suis fort triste, car tu vas me manquer ma petite puce adorée.

–      Oh mon papou, heu papa, je me dépêche.

–      Voilà qui est bien mon enfant.

 

Ce fut une merveilleuse journée comme autrefois, mais le soir même toute sa gentillesse volait en éclat, il lui intima l’ordre d’aller se coucher, l’embrassa d’une manière désinvolte  et sorti en faisant claquer la porte.

La nuit a été pour France à la fois courte et à la fois fort longue, car elle n’a pas vraiment dormis, mais elle se lève rapidement sans rien laisser apparaître, prends sa douche, s’habille normalement, elle aurait bien temps de s’habiller comme les autres quand elle serait en Suisse.

Quand elle part après que le chauffeur de son papa ait chargé ses valises, elle s’aperçoit rapidement qu’il n’y aura que lui et sa nounou pour l’accompagner, même sa maman n’assiste pas à son départ, son père la prends dans ses bras, lui caresse les cheveux et lui dit ne pleure pas, car je vais manquer de courage et ma petite fille quoi qui se passe dans ta vie au fil du temps dis-toi bien que je t’aime et que je t’aimerais toujours. Pour France c’est incompréhensible, d’un côté son papa l’aime, de l’autre il ne vient pas avec elle, en plus elle l’a su avant que son papa ne lui le dise.

C’est en allant chercher son bol de lait, et alors qu’elle n’était pas encore dans la cuisine, elle a entendu sa nounou ricaner bêtement en disant à la cuisinière, avant mon départ, il faut encore que je me coltine cette gamine, ne sachant pas que la petite fille entendait tout. Alors assise, dans la voiture qui roule sur l’autoroute, la petite fille décide que pour ne plus souffrir il fallait qu’elle se mette derrière une carapace, et elle se mura dans un silence qui allait durer encore quelques temps.

Elle profite de ce voyage pour bien regarder ce qui se passe, et quand elle entend Maurice lui dire :

–      Petiote nous sommes arrivés !

Elle sent que ce sont les derniers moments qui la tient encore tout près des siens, bientôt elle sera seule face aux autres. Dans sa poche elle a une tablette de chocolat offerte par un douanier au passage de la frontière. Sa nounou a bien essayé de lui le reprendre mais Maurice est intervenu, elle l’a remercié avec son plus beau sourire malgré ses larmes. De toute façon elle n’avait même pas voulu la manger, car depuis bien avant son départ elle a une grosse boule au fond de la gorge qui l’empêche même d’avaler son chagrin. Et, puis que dire ? Elle avait toujours été une petite fille obéissante, à part son écart pour ses cheveux, elle n’avait jamais désobéis aux consignes des grands et elle trouvait que ceux-là en profitaient.

Depuis qu’ils ont quitté l’autoroute, la voiture monte et prends rapidement de la hauteur, la vue est magnifique, quand soudain, Maurice s’engage dans un chemin forestier où une barrière se lève sur son passage et ils arrivent après avoir traversé un bois à une grande bâtisse ou il y a un va et viens incessant de voitures amenant des fillettes.

Chapitre 2 Des pleurs et des cris (suite d’une histoire)

Pendant ses grandes vacances elle était resté deux mois vers Bonne Maman, puis un après-midi où la chaleur était lourde, c’était un temps orageux, cousins et  cousines n’étaient pas sortis, Bonne Maman craignait que ses petits-enfants attrapent une insolation, aussi jouaient-ils tous à des jeux calmes à l’intérieur de sa demeure.

Soudain la cloche de l’entrée qui ne sonnait que par ceux qui la connaissait avait retentis, ce fut une nuée de pas qui s’étaient engouffrés dans le hall pour voir qui venait leur faire une surprise.

C’était les parents de France, aussi s’éclipsèrent-ils rapidement, laissant leur cousine avec ses deux parents, ce qui pour cette dernière était une grande joie car sa maman étant fatiguée passait le plus clair de son temps en maison de repos. Mais son père n’         avait pas l’air d’être venue pour voir sa fille chérie, c’est à peine si il dépose ses lèvres sur son front, et, en la repoussant doucement lui dit qu’il doit parler à Bonne Maman.

La maman de France a beau geindre, son mari s’en fiche complètement, voir cela l’agace prodigieusement. Toutefois comme il part à la recherche de sa propre mère, il veut bien que sa femme passe un instant avec leur fille mais lui fait comprendre avec  sa mine des mauvais jours qu’il faut qu’elle le rejoigne le plus vite possible.

–       Ma chère nous irons nous isoler dans la bibliothèque, aussi dépêche-toi d’embrasser la petite et rejoins nous.

Mais France ne l’entend pas ainsi, elle veut rester longuement avec sa maman, ce qui exaspère son père qui lui donne une gifle, la mère et la fille se mettent à crier ensemble, ce qui ramène le reste de la maisonnée, tous forts étonnés de la scène qu’ils découvrent.

De suite, la grand-mère en maîtresse femme emmène son fils, sa bru et la petite France dans le boudoir vert qui sert d’habitude de bureau pour les plus grands de ses petits-enfants. Elle conseille aux autres de retourner là où ils étaient et de ne pas les interrompre jusqu’à nouvel ordre. Tous s’éparpillent et continuent de vaquer à leurs occupations.

France s’assoie aux pieds de sa grand-mère comme à son habitude, mais son père ne veut pas de sa présence et lui le fait comprendre, il se saisit de sa fille et la dépose hors de la pièce sous le regard ahuris de sa mère, quant à sa femme elle n’émet pas un mot.

Dans le couloir, son père lui dit de filer rejoindre les autres, mais France ne l’entend pas de cette oreille, et elle fait mine de partir et reviens se cacher dans la pièce attenante au boudoir rose. Elle s’assoit à même le sol et se met l’oreille contre la mince paroi qui coupe depuis peu les deux pièces. Et, là elle entend tout d’abord crier sa Bonne Maman, elle, qui est si gentille, elle est étonnée qu’elle soit autant en colère, qu’est-ce que son papa a fait, car cela ne peut être que son papa qui l’ai fait crier.

Puis, plus tard elle se dit dans sa petite tête qu’elle n’aurait jamais dû écouter, elle aurait au moins pas entendu les mots de son papa, papa s’était même un mot trop gentils pour un père qui cataloguait sa fille de « pisseuse », mot qui sur le coup elle n’avait pas compris. C’était son grand cousin qui le lui avait expliqué, ce jour-là, elle avait su qu’elle n’était plus la petite fille gâtée de son papa. Pour son cousin c’était un mot vulgaire et France devait se tromper jamais son papa n’avait pu le dire, car il parlait très bien et ne s’emportait jamais. Pourtant, France ne mentait pas, son papa l’avait répété plusieurs fois et en plus il riait comme si c’était amusant. Mais qu’est-ce qu’elle avait bien pu lui faire pour qu’il se comporte de cette manière. France ne comprenait pas ce qui lui arrivait et pire ce qu’il arrivait à sa petite famille si tendrement unie il y avait quelques semaines.

Le soir dans sa chambre, sa grand-mère était restée plus longuement auprès d’elle comme si elle voulait pardonner à son fils d’avoir été aussi méchant avec sa petite fille, pourtant sa grand-mère ne pouvait savoir qu’elle avait osé écouter à la porte. Elle l’avait prise dans ses bras au moment où elle s’était penché sur elle pour la border, avait essuyé ses larmes et lui avait ajouté que tout allait bien se terminer, mais elle ne  pouvait pas lui en faire la promesse. France s’était endormis, épuisée après une journée plus longue que d’ordinaire.

Ses parents reviendraient dans trois jours car c’était son anniversaire et Bonne Maman avait insisté pour que toute la grande famille le lui souhaite. Son père n’avait rien dit et trois jours plus tard ils revenaient, et dès la fête terminée ils repartaient tous les trois.

Ce fut son dernier anniversaire avec la grande famille, plus tard, elle était trop âgée et on ne les faisait plus. 

 

A suivre

Une disparition inquiétante

Elle était là au bout du chemin avec son toit de guingois et ses fenêtres aux petits rideaux à carreaux rouges et blancs. Une maison comme les autres, mais cette ferme avait un secret. Comme dans toutes les fermes il y avait des animaux qui vivaient les uns avec les autres et répondait à des noms mais ici ils avaient de jolis prénoms. Il y avait Etoile la belle alezane et sa petite pouliche Vénus.

Les vaches ne s’appelaient pas Rita ou Marguerite, mais Prunelle et Mirabelle. Le coq se nommait Auguste et quant aux poules il y avait Mascara car on aurait dit qu’elle s’était maquillée, puis Châtaigne, elle avait toujours ses plumes en bataille et la petite dernière se nommait Poucette car lorsqu’elle était née elle n’était pas plus grosse que le pouce du fermier.

Dans la cour sous un soleil caniculaire dormaient deux chiens, le plus âgé se nommait Réglisse il était noir et c’était un beau labrador, mais il était vieux et à moitié aveugle, mais jappait quand il se passait quelques choses d’anormal. La plus jeune répondait au doux prénom d’Amande, sa couleur s’en rapprochait, c’était aussi une labrador, mais elle était jeune et un tantinet fugueuse. Un gros chat qui ne dormait que d’un œil était allongé de tout son long dans la balancelle, mais il se gardait bien de la faire bouger ne voulant pas réveiller la charmante enfant avec qui il se trouvait. Lui, il répondait au doux prénom de Camomille, il faut dire que sa couleur s’apparentait à la tisane.

Il y avait aussi deux biquettes une se nommait Tempête et l’autre Téméraire, quant aux moutons ils sont bien trop nombreux pour tous les nommer, mais pour vous donner un aperçu je vous en cite quelques uns. Améthyste, Topaze, Rubis, Précieuse, Émeraude et bien d’autres dont à ce jour j’ai oublié le nom.

C’était une fin d’après-midi où au loin on voyait s’amonceler de gros nuages noirs et dans les champs les hommes s’affairaient pour rentrer les « roules ». Mais lorsque Camille se réveille de sa longue sieste, elle se précipite dans l’enclos ou se trouve sa ponette, qui bientôt doit mettre bât, hélas, cette dernière a disparue. Quel émoi dans la petite cour….De tous les côtés nous entendons:

« Salade ou es-tu? »

« Salade reviens »

« Salaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaade…. »

 

Mais nenni personne ne répond aux cris angoissés de la petite Camille. Sa maman sort dans la cour et constate comme le grand frère que la clôture de l’enclos laisse apparaître un gros trou comme si on avait découpé avec beaucoup de précaution le grillage où se trouvait la jolie Salade. Dans le pré seuls broutent paisiblement les deux vaches et bien entendu elles n’ont rien vu….

Bizarre ni Amande ni Réglisse n’ont aboyé constate le papa en rentrant des champs. Bizarre et étrange, il n’était pas loin son champs, il n’a vu personne s’en aller ni en charrette, ni en voiture, voir même en camion…Tout cela était bien étrange. A la nuit tombée ils constatent que rien ne s’est produit et ils sont contraints d’appeler la gendarmerie, qui, bien entendu en entendant disparition se sont précipités à la ferme, mais quand ils ont vu que c’était une ponette sont repartis plus vite qu’ils n’étaient venus, en leur demandant de venir déposer une plainte le lendemain matin si cette dernière n’était pas revenue. En partant ils râlaient pour s’être déplacer pour un canasson….

 

A suivre Copyright le 17/10/2014

 

Boomerang (fin)

Lorsque je redescends au salon, mon grand-père a dans ses bras le petit Victor

quand il me voit il me dit, je t’attendais Laurence

Je vais reprendre mon récit, je vais vous parler de votre maman

quand elle avait ton age Laurence, à quelques années près.

Car ces premières années elle avait été une enfant charmante

jusqu’à ce que nous changions de ville,

il faut que je vous dise que je changeais souvent j’étais dans l’armée.

C’est lorsque nous sommes sur Toulon que tout va basculer

mais nous en découvrirons les conséquences que quelques années plus tard.

Lorsque je suis muté à Toulon Edith, votre maman n’a pas encore 14 ans

elle aimait s’amuser, rire et plaire aux garçons,

elle était excellente à l’école et je pense que c’est la raison pour laquelle

nous n’avons rien vu arriver.

Rapidement elle avait trouvé une bande de copains et de copines

qui avaient à leur tête un jeune homme appelé Johnny, c’était le plus âgé

Il  avait 17 ans.

Une nuit Myriam a vu sa soeur enjamber la fenêtre, elle lui a dit:

« Ne inquiètes pas petite soeur, je serais de retour avant midi ».

Myriam avait 6 ans à l’époque, elle a plus vu cela comme un jeu plutôt qu’une fugue.

Cette première fois elle est pârtie avec son copain, ce fameux Johnny

et quand nous l’avons retrouvé elle ne parlait plus

elle avait perdue l’usage de la parole, nous n’avons pas su à l’époque ce qui c’était passé.

Grand-père a ce moment là essuie une larme et nous entendons pleurer notre tante.

Elle a mis plus d’un an avant de parler à nouveau

mais jamais elle n’a pu nous dire ce qui c’était passé

elle avait une amnésie partielle.

La seconde fois où elle a fugué, c’était 15 jours avant mon départ pour Nouméa

mais cette fois ci elle est rentrée au bout de deux jours comme si rien ne c’était passé.

Entre temps avec votre grand-mère nous avions décidé de nous expatrier

Ce que je n’avais jamais envisagé, mais il fallait que nous la coupions de cette bande

Mais hélas c’était sans compter sur Edith qui voulait rester en France

Et à la veille d’embarquer pour Nouméa, elle a disparue.

Avec beaucoup de chagrin je suis donc parti seul, laissant votre grand-mère

et ma seconde fille, elle devait me rejoindre dès qu’Edith serait revenue.

Mais le pire allait arriver, Edith est arrêtée suite au casse où son ami Johnny a été tué.

Elle n’avait rien fait, juste attendue dans la voiture

mais le juge pour enfants a donc décidé de la placé dans un foyer

et deux semaines avant ses dix huit ans elle a profité d’un moment d’inattention

pour se sauver et je n’ai eu de ses nouvelles

que lorsque à nouveau elle a fait la Une des journaux.

J’ai toujours pensé que je n’avais pas été à la hauteur,

et que j’aurais dû être plus sévère avec elle, surtout que mon père

qui est mort depuis, avait dit à Myriam; quelques coups de fouet

et les enfants marchent droit. Depuis ce jour Myriam a toujours pensé

que sa grande soeur aurait dû être fouetté

Aussi,et ce n’est pas pour l’excuser mais lorsqu’elle a vu qu’avec toi Lolo

cela recommençait, elle a fait sur toi ce qu’elle pensait que j’aurais dû faire à votre mère.

Au fur et à mesure que mon grand-père nous expliquait tout ces choses

qui ne correspondaient pas à notre maman, je comprenais l’attitude de Myriam.

Notre tante et notre grand-mère, à l’évocation du passé sanglotaient

Cela devait leur rappeler des moments fort douloureux,

mais cela ne nous expliquait pas où était notre maman.

Il fallait que notre grand-père se taise, papa devait bien savoir ce qui c’était passé pour notre Maman.

Mais notre grand-père voulait tout nous dire, aussi nous  nous sommes tous rapprochés

les uns des autres et nous avons écouté la suite de son récit.

Il y a 5 ans alors que votre maman se préparait à sortir avec votre père

deux policiers s’étaient présenté à votre domicile

car on venait de découvrir que l’ADN de votre maman correspondait

avec l’ADN d’une jeune fille qui était impliqué dans le braquage d’une station service

où il y avait eu deux morts, la caissière et le pompiste

cela c’était passé à Toulon 30 ans auparavant.

Lorsque Grand-père éclate en sanglot on entendrait une mouche volée

Christophe et Papa se précipitent vers lui

et nous les filles nous soutenons notre grand-mère.

C’est à ce moment  que je m’aperçois que Myriam et mon petit frère ne sont plus là

Ils ont du sortir avec mon oncle et rejoindre ma tante et le bébé.

Je n’ose demander mais est-ce que maman a été emprisonné?

Mais je sens que c’est ça, et cela expliquerait ceci.

Mais pourquoi Maman a été confondu, pourquoi a-t-elle  eu son ADN de prélever.

C’est papa qui prends la parole et nous explique comment on en est arrivé là.

Vous savez que votre maman travaillait à l’hôpital des Enfants de Tours

elle était pédiatre et médecin chef, nous ne l’ignorions pas.

A la suite d’un vol dans l’enceinte de l’hôpital, tout le personnel

et les malades avaient été soumis à un test ADN

et, en comparant les ADN au fichier central ils ont fait cette découverte.

Bien entendu votre maman n’avait rien à voir avec le vol,

hélas c’était bien pire je pensais en moi-même.

Aussi, moi votre papa ai-je pris en mon âme et conscience la décision de ne rien vous dire

et j’ai fait du mieux que j’ai pu, les deux grands en internat et vous les plus petits dans ce foyer

où mon frère avait travaillé, il connaissait la directrice, cela c’est fait rapidement

Mais Papa, pourquoi Bob on m’a dit qu’il était adopté et pourquoi il ne faut plus l’appeler Bob.

Bob c’est le jeune homme qui  est mort par erreur à la station service

il était le petit frère de Johnny , et il savait quand la caisse était bien remplie

mais ce soir le casse a viré au cauchemar, son patron qui aurait du être absent

est revenu et a voulu tirer sur Johnny et c’est Bob qui c’est interposé

Mais, Papa cela ne m’explique pas, pourquoi on change le prénom de mon petit frère

C’est àcause de votre maman, elle ne veut plus entendre ce prénom

car, depuis son arrestation, tout lui est revenue.

Et comme son deuxième prénom est Philippe on peut aussi l’appeler ainsi.

Chris prends la parole pour demander à Papa:

Maman a été condamné à combien d’années de prison

7 ans, mais comme elle a fait deux ans de préventive

elle est depuis 3 ans au Baumette,

Son avocat pense qu’avec les remises de peine

et comme c’est une détenue exemplaire, elle devrait être libéré prochainement.

Papa voulait continuer son récit, mais nous n’avons rien voulu savoir

Pour nous c’était notre maman et ce qu’elle avait fait avant

on avait pas besoin d’en connaître les détails

Elle avait payé cher, puisque pour elle, ce sont ces enfants qui comptent le plus

bien entendu, nous savons que  notre maman c’est réconcilié avec nos grands parents

ainsi qu’avec sa soeur, ce n’est donc pas moi qui vais lui demander de s’en aller à Myriam.

Pour notre petit frère, nous attendrons le retour de maman pour savoir ce qui c’était passé

bien que nous nous en doutions.

Epilogue

Maman est là avec nous, pâle, amaigrie, mais heureuse, enfin elle a tous ses enfants auprès d’elle.

Cinq ans et demi  sans voir les grands

Dix-huit mois sans avoir pu voir grandir son bébé

 il n’aurait pas fallu que cela dure plus longtemps.

Pour Pierre-Victor maman nous a raconté qu’elle et papa s’était aimé au cours d’un parloir

et c’est ainsi que Pierre-Victor avait vu le jour. Et notre maman qui connaissait l’univers carcéral

avait préféré l’éloigner et confier ses premiers pas  à sa petite soeur Myriam

pendant les 18 mois qu’il lui restait à faire.

Papa est penché au-dessus d’elle et la couve du regard, toute cette histoire sordide est derrière nous.

Et, moi Laurence plus jamais je ne fuguerais car j’ai eu de la chance, mais celle-là, on ne la côtoie pas toujours.

Maintenant nous devons tourner la page, bien entendu, rien ne sera plus jamais comme avant !

Mais nous sommes jeunes et capables de dépasser ces événements tragiques

Et pour le petit Victor il le faut, il ne saura jamais ce qui s’est passé, nous l’avons promis.

Et puis il n’était pas encore né quand cela est arrivé, même pas conçu !

Boomerang (suite 4)

Maman a mis au monde un cinquième enfant

 il s’appelle Pierre-Victor, il est né

quatre ans après sa disparition où son départ volontaire

A ce moment-là nous ne connaissons pas toute l’affaire

et nous nous perdons dans des questions.

« Papa et Maman sont peut-être partis ensemble en déplacement »

C’est idiot ce que tu dis Mélanie, ils nous l’auraient expliqués, au lieu de nous laisser croire

à je ne sais quelle histoire à dormir debout, nous avons été naïfs !

Christophe est tout à la fois choqué par ce que nous venons de découvrir

 tout en considérant que si cet enfant est notre petit frère

il n’est pas arrivé par l’opération du Saint-Esprit

Victor est le dernier bébé de Maman, vu sa date de naissance

il aura prochainement un an.

Pourquoi ne nous a-t-on rien dit ?

Qu’est-ce que cette naissance peut-elle avoir de si secret ?

Connaissant Maman elle ne nous aurait jamais abandonné de son plein gré

Ce sont sûrement les circonstances qui l’ont poussé à commettre cet acte odieux

 Et, maintenant nous apprenons que Victor comme nous le nommons

est notre petit frère

Cependant quelque chose chiffonne  Mélanie

 En septembre de l’an passé,

Myriam est arrivée avec le bébé dans les bras, elle s’en souvient elle était venue en weekend

Et papa lui avait dit c’est ton petit frère, sauf que Myriam avait crié,

Tu n’as pas intérêt à te l’approprier, c’est seulement son demi-frère

Certes tu es son père mais c’est moi qui m’en occupe.

 Pourquoi cette femme a tenu ces propos, et pourquoi notre mère n’est pas venue avec le bébé

Et comble de l’ironie Bob n’est pas adopté, qu’est-ce que c’est que cette machination ?

Amélie et Christophe me disent « tu n’as pas dû comprendre

Es-tu bien certaine qu’il t’a dit être adopté ? »

« Oui, mais lorsque je me suis mise en colère, il a préféré partir,

et, maintenant que j’y repense, il était tout rouge

comme si il me mentait.

Notre père va devoir s’expliquer s’exclame Chris, cela a assez duré

nous ne sommes plus des enfants.

Au même moment Victor se fait entendre et tous les trois nous allons dans sa chambre.

Je trouve couché dans le berceau familial un joli bébé potelé aux belles boucles blondes.

C’est vrai qu’il ressemble à Bob, ainsi qu’à Christophe,

Amélie et moi nous sommes brunes

Les blonds c’est du côté de maman,

 en pouffant de rire, Amélie dit, la belle-mère, elle aussi est blonde.

Je lui réponds, oui, mais elle n’est pas de notre famille.

Victor comme les bébés gazouille et nous fait de beaux sourires.

Au moins, toi tu es heureux, tu as bien le temps de vivre des moments éprouvants.

Amélie me laisse le prendre dans mes bras, et tous les trois

nous sommes heureux que ce ne soit pas le bébé de cette femme,

mais notre petit frère.

Amélie qui a mis Victor dans le parc, nous fait part d’une réflexion

qui lui tourne dans la tête depuis notre découverte du livret de famille

A qui papa a dit que Myriam était notre nouvelle belle-mère !

« A toi Chris ? »

« Non, à toi Lolo ? »

Quand il m’a récupéré au train, il m’a dit que sa compagne allait me dresser

et pas plus tard qu’hier il a murmuré, c’est ta nouvelle mère.

Et bien au vu de ce que nous avons trouvé, je pense qu’elle est là

juste pour s’occuper de Victor, elle n’est ni sa compagne, ni sa maîtresse

Ils ne couchent même pas dans la même chambre. Tu t’en es bien rendu compte Lolo.

Alors, c’est peut-être une nounou, pourquoi m’a-t-elle frappée ?

Si je ne suis rien pour elle, je ne comprends pas, du reste il faut que ça cesse.

Nous décidons tous les trois que ce soir Papa devra nous répondre.

La journée va bientôt s’achever, Christophe m’enferme à nouveau

en attendant que  nous prenions le taureau par les cornes

et que nous passions à l’attaque.

Il était grand temps que je regagne ma chambre car la voiture de notre père franchie la grille

et s’arrête devant le perron, il en descend quatre personnes,

Mais, ce n’est pas possible, je crois que je rêve, car il y a Bob

Juste aujourd’hui où nous avons découvert qu’il n’est pas adopté

il revient à la maison

 Et qui sont les deux autres personnes qui accompagnent papa et mon petit frère.

Il me semble que ce ne sont pas des inconnus

Je boue d’impatience, il faut que je sorte de ma chambre

Papa les aide à descendre leurs bagages, lorsqu’une voiture rentre dans le parc.

C’est ma belle-mère au volant, elle est accompagnée de deux personnes, un homme et une femme.

que je ne connais pas, Notre plan va tomber à l’eau si Myriam amène sa famille.

Maintenant je comprends, Bob vient avec mon oncle Pierre

et celle que j’avais prise pour la nouvelle maman de Bob n’est autre que la femme de mon oncle.

Cela fait tout de même cinq ans que je n’ai revu aucun d’eux.

Va-t-on enfin nous expliquer ce qui s’est passé

Ce sont les grandes vacances et avant ces évènements

 toute la famille de papa venait les passer chez nous.

Je me souviens aussi que maman avait une petite sœur et nous ne l’avons jamais vu

Maman, c’était brouillé avec elle, ainsi qu’avec ses parents, nous ne les avons jamais rencontrés.

Maman nous avait expliqué qu’elle n’avait pas toujours été une gentille fille

et qu’elle avait causé beaucoup de chagrin à sa maman.

Mais je n’ai pas le temps de réfléchir davantage, ma porte s’ouvre à la volée,

Amélie et mon petit frère arrivent en courant, je me jette dans les bras de Bob

Nous pleurons autant l’un que l’autre, mais c’est de joie.

Après les questions fusent de chaque côté :

 «  Tu reviens à la maison ? »

 « Oui, Papa est venu me chercher

Et oncle Pierre et sa femme m’ont accompagné

ce sont eux qui se sont occupé de moi jusqu’à ce matin »

« Quoi ? Tu m’avais dit être adopté »

« C’est ce que je devais te dire si tu me posais la question »

« Pourquoi me mentir, qui avait dit de dire cela »

« Myriam »

« Décidément cette femme n’est pas à un mensonge prêt »

Je suis abasourdie et dégoutée, m’avoir fait douter de mon père.

J’en pleure de rage et de douleur

je ne veux plus qu’elle reste, je ne veux plus la voir,

elle doit être la cause de biens de sournoiseries,

mais je ne comprends pas pourquoi mon père et mon oncle ont permis cela.

« Dis-moi Bob, papa est-il au courant ? »

Non, ni papa, ni oncle Pierre, c’est lorsque je suis venu à la grande maison

qu’elle m’a dit de te dire ceci si par hasard je te voyais.

« Mais pourquoi au foyer, eux aussi m’ont menti »

Bob en fait ne le sait pas. Il est allé chez notre oncle

car le premier hiver il se laissait mourir

il refusait de s’alimenter et délirait en réclamant notre maman.

Et,  dire que moi je ne savais rien de tout cela.

Que de mensonges ! De mesquineries, pourquoi toutes ces cachoteries ?

La porte s’ouvre et mon oncle Pierre entre et me serre dans ses bras

« Comme je suis heureux qu’il ne te soit rien arrivé ma princesse,

Lorsque ton père m’a appris que tu avais fugué, je me suis fait énormément de soucis »

Je fonds en larmes, il m’appelait toujours ainsi autrefois du temps de maman.

« Tu es une belle jeune fille, tu ressembles plus à ta mère qu’à sa sœur »

« Sa sœur? Ma tante ? Tu la connais ? Où est-elle ? »

Je vois qu’oncle Pierre est ennuyé par ses mots, je le presse de questions

mais il les esquivent, et me dit :

« J’étais juste venu te dire que ta punition est levée, tu peux descendre rejoindre la famille. »

Je ne me le fais pas dire deux fois, je demanderais des explications à mon père

ou à mes aînés, ils doivent bien savoir à laquelle de mes tantes je ne ressemble pas.

Lorsque nous sommes arrivés dans la grande salle à manger

Papa était en grande conversation avec un monsieur qui devait avoir dans les 70 ans

C’est cet homme qui était arrivé avec papa, où était la dame

Soudain, je la vois arriver en compagnie de la fausse belle-mère

Elle lui donne le bras, mon regard va de mon père à Myriam.

Pendant ce temps j’entends la dame dire en parlant de moi

Laurence, les cheveux blonds en moins est le portrait craché d’Edith

J’espère que son père veillera sur elle, surtout quand elle saura

Il ne faut pas qu’elle fasse les mêmes erreurs que cette pauvre Edith.

Edith, c’est le prénom de maman !

Au moment où je vais pour demander des explications, mon père réclame le silence.

« Mes enfants je vous dois des explications et j’espère que vous me pardonnerez

Mais tout d’abord je vous présente vos grands-parents maternels et la sœur de votre maman.

Quel retour de boomerang !

C’est une véritable claque que notre père nous inflige, Myriam, la sœur de Maman !

Les bras m’en tombent, quand il dit cela, il ne me regarde pas, je me lève

et je crie « pars ne revient jamais chez nous, tu prendras pas la place de maman et je ne comprends pas

pourquoi tu as été aussi méchante avec moi, si je te montrais dans quel état je suis,

je pense que ton propre père te renierais ! »

 Et je sors en courant.

Je m’effondre sur mon lit et je sanglote, soudain je sens une main qui me caresse la tête,

C’est ma grand-mère maternelle, elle me prends dans ses bras, et me berce

« Un jour tu lui pardonneras, mais auparavant il faut que tu écoutes ce que ton grand-père va dire.

Peut-être que tu comprendras pourquoi ta tante t’as donné une correction.

Enfin j’espère.

Bientôt le dénouement……/………

Boomerang (suite 3)

Je n’ai pas prononcé un seul mot, je l’ai juste écouté,

Moi je voulais revenir ici, et surtout je n’ai jamais demandé à être mis dans ce foyer.

Je n’ai rien fait.

Il me demande pardon, mais je sens qu’il aimerait que je lui dise que je l’aime

Là c’est trop tôt, je suis enfermée et je n’ai même pas le droit de manger demain,

 à moins que mon petit déjeuner soit copieux.

Je vais dormir, car je suis épuisée.

Mon réveil est mis sur 4h 45, de manière à ce que je sois habillée

Quand on ouvrira ma cellule ; il manque les barreaux aux fenêtres mais c’est pareille.

Lorsque j’entends mon réveil sonné, je ne sais plus où je suis.

J’ai vite fait de me le rappeler car j’ai les fesses endolories par les coups de fouet

une bonne douche, et j’attends les cinq heures, effectivement ils sont à l’heure

Mais surprise c’est ma belle-mère, elle pose un panier repas pour midi et me demande

si j’aime toujours le chocolat, mais elle a mis du café dans un pot si j’en voulais, je ne lui dit mots

et elle attends sûrement un merci, et bien elle peut attendre.

Avant elle devra s’excuser de m’avoir frappé et tant qu’elle ne l’aura pas fait

elle sera invisible à mes yeux. Sur ce je lui montre la porte

et elle s’en va, je la vois revenir sur ses pas, et elle me dit

« Lolo, ne m’en veut pas, la tension a été trop forte pour moi

Serait-ce l’esquisse d’une excuse, nous verrons,

Qu’elle parte, j’ai faim !

J’aurais dû lui montrer les dégâts qu’ont occasionnés ses coups de martinet….

J’ai les fesses striées de coups de lanières et elles ont virées au bleu, quelle conne !

Moins d’une heure plus tard

la voiture de mon père démarre, je me demande où ils vont, je le saurais  par Chris et Amélie.

Et, si je vérifiais si elle a ôté la clef de ma porte.

vu qu’elle a fait plusieurs aller et retour,

Je glisse une feuille de papier sous la porte, puis avec un stylo je l’introduis dans la serrure

elle a oublié la clef, je pousse un peu plus fort, la clef tombe

je tire sur ma feuille de papier et ma clef glisse délicatement sous ma porte.

Heureusement que le jour sous la porte est grand sinon j’aurais dû les attendre.

J’ouvre ma porte et je vais aller directement dans la chambre où autrefois mes parents dormaient.

Il y a une commode, un chevet, en fait ce sont les meubles de la chambre de Bob

et il y a aussi son lit à une place.

Mais chose étrange, la chambre a l’air d’être faîtes, car il n’y a pas de  poussière sur la commode.

J’ouvre la grande armoire de famille, il y a tous les vêtements  de mon père

ainsi que ceux de ma mère,

comme si elle avait disparu brutalement sans pouvoir emmener sa garde-robe

Je monte sur le marchepied pour atteindre les rayons les plus élevés

Il y a que des draps tout bien plié dans des housses de couleur différentes,

du reste il semble neuf

 deux piles attirent mon attention

Il y est écrit : pour Lolo et pour Amélie de la part de Maman,

Comme c’est bizarre et étrange, serait-elle venue là ? Pourquoi ? Je ne comprends rien

J’en suis là de mes réflexions quand la porte s’ouvre et je croise le regard d’Amélie

qui de suite comprends que j’ai fait la même découverte qu’elle.

Nous nous asseyons toutes deux sur les deux fauteuils de la chambre

Et j’apprends que la semaine dernière, deux colis ont été apportés, un pour chacune de nous deux

Notre père n’a rien dit mais il a monté lui-même les deux colis, et comme le lendemain

était le jour où il s’absentait, Amélie en bonne curieuse était venue voir, mais elle avait été surprise

par notre belle-mère qui lui avait dit ; « voilà tu es contente, elle fait mieux que moi pour vous. »

Pour moi, c’est une joie car là c’est certain notre maman est toujours de ce monde et elle pense à nous.

La journée ne pouvait pas mieux commencer, Amélie m’a demandé comment j’étais sortie de la chambre

et quand elle a compris, elle a éclaté de rire,

Chris est apparu et a été content de voir que je m’étais souvenu

de nos jeux lorsque enfants ils nous enfermait dans l’abri de jardin

et il fallait en sortir d’une manière ou d’une autre.

Maintenant nous devons profiter que le bébé dort pour faire nos recherches.

Il me propose d’aller dans la chambre de papa et de sa chérie,

il possède aussi la clef.

Amélie va continuer de fouiller l’ancienne chambre

et Christophe le bureau. De cette manière nous devrions trouver,

à moins que notre père garde le précieux sésame avec lui.

Lorsque je pénètre dans la chambre de mon père et de sa furie je suis abasourdie

on dirait un bonbon rose, comme c’est moche, maman avait meilleur goût !

La courtepointe est rose comme les rideaux,

comme la moquette, comme la salle de bain, ainsi que  les murs.

Je me demande comment papa peut dormir ici, quand je découvre que le lit n’a qu’une seule place

Ah mon père fait chambre à part, et bien là je me demande ce qu’il fait avec cette taré.

Je commence à fouiller minutieusement la commode où je pensais trouver des vêtements roses,

ce qui m’aurait bien amusé,  mais non c’est très classique en faîtes, voir moche et d’un autre temps.

Dans le dernier tiroir il y a un coffret en bois rouge, ainsi qu’un autre,

lui, est beaucoup plus petit, il est en cuir noir,

je l’ouvre facilement ce sont  des bijoux,

Tiens on dirait l’alliance de maman, et aussi sa bague de fiançailles

Il y a une jolie gourmette en or et dessus il est noté Pierre-Victor, étrange,

je ne comprends pas tout, mais je cherche si le coffret marron n’aurait pas une clef.

Car, ce doit-être vraiment précieux ce qu’il y a dedans, en effet

c’est fermé par un petit cadenas, où peut se trouver la clef, je passe délicatement la main

de partout et ne trouve rien, je regarde à nouveau dans le coffret à bijoux

et là surprise il y a une petite clef qui me semble correspondre à la serrure

Je ne veux pas appeler mon frère et ma sœur, je veux voir par moi-même ce qu’il y a  dans ce coffret

il peut appartenir à la « tarée adoucie »

Je sors des photos, ce sont les nôtres, ce coffret est donc à Papa.

 Il n’y a qu’une seule photo de maman, nous sommes assis les petits sur ses genoux,

les grands à ses pieds, c’est papa qui a pris la photo, une date est notée au dos.

Mais ce qui attire mon regard ce sont des photos coupées, que dis-je déchirées.

J’essaye de les reconstitué, pour certaines c’est impossible,

Ce sont celles de maman, aucune n’est entière,

 toutes sont en petit morceaux, décidément le mystère s’épaissis.

On dirait que papa a voulu effacer toute sa vie où il était heureux avec notre maman.

Seules les photos où nous y sommes tous il les a conservé

et encore sur certaines d’entre elles, il a découpé le visage de maman.

J’entends Mélanie qui nous appelle, elle crie je l’ai.

Et c’est ensemble que nous ouvrons le livret de famille,

nos parents sont toujours mariés, et notre stupeur est immense lorsque nous découvrons

……../………

Boomerang (suite 2)

Comme je vois que certains pensent que c’est mon histoire je répète que ce texte est pure fiction. Je me suis levée en pleine nuit la semaine passée avec cette histoire en tête. Quand j’ai commencé à l’écrire je n’avais que quelques pistes au début, mais je connaissais la fin. C’est fort étrange mais ce n’est pas la première foi que cela m’arrive. Comme si mon cerveau travaillait la nuit…J’écris ainsi mes poèmes.

Chapitre 2

Un peu plus tard il me semble avoir entendu des cris

Et la voix tonitruante de ma belle-mère, puis soudain

une porte a claquée

j’ai vu que la mégère s’en allait, tiens, tiens….

Aurais-je poussé cette femme hors du logis de ma famille,

je n’ose y croire, en plus elle est partie les mains vides

elle doit aller faire une course, et comme elle ne m’intéresse pas

je m’occupe à rassembler mes souvenirs.

Je reprends possession de ma chambre

de mes livres, mais j’ai grandis

et plus rien ne me corresponds, même mes vêtements sont trop petits

je n’ai qu’une valise, il va falloir que l’on m’achète de nouveaux vêtements

pourvu que cette dingue ne m’habille pas comme il y a 50 ans

elle en serait bien capable. J’ai envie d’être habillée comme les filles de mon âge.

Je suis fatiguée et j’ai une faim énorme, en attendant le repas je vais m’allonger sur mon lit.

Combien de temps ai-je dormis, certainement beaucoup, car la nuit est tombée.

Soudain la clef tourne dans la serrure.

C’est mon grand-frère, il pose un plateau sur mon bureau

et met un doigt sur ses lèvres et me chuchote à l’oreille

« Ne dis pas un mot, je n’ai pas le droit de t’adresser la parole,

quand je serais partis tu regarderas sous ton assiette ».

Aussitôt dit il tourne les talons et referme ma porte à clefs.

De suite je passe la main sous l’assiette et je trouve une feuille de cahier pliée en quatre

mais j’ai tellement faim que je me jette sur la nourriture qui s’étale sur le plateau.

Une salade verte avec de la sauce et des petits carrés de jambons et du pain grillé frotté à l’ail,

des pommes de terre chaudes et une tranche de roulé de porc

un fromage un peu sec mais délicieux

une pêche, le tout accompagné de deux tranches de pain et d’une carafe d’eau.

Zut je n’ai pas de vin ni de café, j’en rigole toute seule de mes idioties.

Après ce bon repas que j’ai mangé seule, je m’assois sur mon lit et je lis

Tout d’abord il est écrit en rouge :

Débrouille toi pour que ce papier ne soit lu que par toi, personne, je dis  bien personne

ne doit y poser les yeux dessus, ni Papa, ni l’autre toqué….

 

Chère Lolo,

Chris et moi ta sœur Amélie nous avons besoin de te parler de vives voix le plus rapidement possible

mais d’ores et déjà nous voulons que tu saches combien nous t’aimons,

même Papa t’aimes mais il ne sait pas te le dire et encore moins nous le montrer,

nous savons ce que tu en penses, il t’a lâchement abandonnée dans ce foyer avec Bob,

il n’a pas su gérer le départ de Maman, nous en reparlerons.

Papa doit s’absenter ainsi que sa nouvelle compagne demain toute la journée

Chris a refait faire une clef de ta chambre, de cette manière nous pourrons

t’ouvrir la porte car belle maman doit emporter la clef dans son sac.

Je suppose qu’au petit déjeuner demain, elle va-t’en informer.

Attention fais l’innocente, ils ne doivent rien savoir de ce que nous allons faire.

Nous profiterons de leur absence pour fouiller les papiers de Papa,

Nous aimerions mettre la main sur le livret de famille

Ainsi nous verrions si Papa est divorcé et éventuellement ce qui est noté

par rapport à Bob, car, personne ne nous a informé de ce qui s’est réellement passé.

C’est à la veille de ton retour que la « garce » a dit ce n’est pas votre frère, c’était votre demi-frère.

Bizarre, jamais on nous a dit cela, de qui tient-elle ces renseignements, pourquoi Papa lui a confié cela et ne nous a rien dit.

Que d’énigmes dans cette maison !

Comme ils partent très tôt, papa va sûrement passé ce soir t’avertir de l’heure à laquelle tu devras te lever

Nous t’embrassons très fort, ah j’allais oublier nous aurons la garde de Victor, c’est un bébé charmant

il ressemble à Bob…..

J’entends la clef qui tourne à nouveau dans la serrure, vite je glisse la feuille sous mon oreiller

C’est Papa, il me semble assez triste, il referme la porte à clefs

et s’assoit à mes côtés sur le lit.

« Ma petite fille, je te demande de m’écouter attentivement, ta belle-mère ne t’approchera plus

et elle ne lèvera plu la main sur toi, ton frère y veillera, et elle me l’a promis.

Demain elle et moi nous ne serons pas là, tu seras enfermé dans ta chambre jusqu’à notre retour

Selon ce que m’en dira ton frère en qui j’ai toute confiance, soit tu resteras jusqu’à la fin de la semaine, soit tu mangeras avec nous à table.

Il va pour se lever, quand soudain il me prend dans ses bras comme autrefois, me serre contre son cœur

et me murmure :

Pardon mon enfant !

Et il tourne les talons et s’en va, après m’avoir dit que le petit déjeuner serait servi à 5 h du matin.

Boomerang! (suite 1)

Lorsque les gendarmes m’appréhendent ils le font avec beaucoup de douceur

ce qui dans un premier temps me surprend

mais plus tard  tout en réfléchissant et en les écoutant

j’apprend que lorsque mon amie Steph s’est faîtes intercepté

elle a essayé de courir, bien mal lui en a pris

La police l’avait plaqué au sol

et menotté, mais c’était une récidiviste de la fugue.

Quand à moi j’apprends avec stupeur

que je n’aurais jamais dû allé dans ce camps,

car mon père voulait que je réintègre le domicile familial

ce qui ne s’était pas fait à cause de ma stupide fugue.

Après avoir prévenu ma belle-mère il est décidé

que je serais reconduite par une gendarmette et en train

dans la grande maison.

En attendant je suis couchée sur un lit de fortune et j’ai dormis comme un bébé.

Je ne sais de quoi sera faîtes ma vie avec ma belle-mère,

mais au moins pendant le reste des vacances mon père serait là

ce que je viens d’apprendre de la bouche même de la maréchaussée.

Le voyage c’est bien passé et la gendarmette assez sympa m’a remise à mon père.

J’ai revu celui  qui m’avait laissé comme un paquet

cinq ans auparavant, la première chose qu’il a fait

c’est de m’asséner une gifle dont je devrais me souvenir pour longtemps.

Il m’a dit que j’étais une affreuse gamine, que je ressemblais à ma mère

trait pour trait, que j’allais devenir une sale gamine si sa compagne n’y mettait pas le holà!!

Que répondre à cet accès de rage de mon papa que je chérissais avant tous ces événements.

D’une famille normale nous étions une famille éclatée.

Plus la voiture montait à notre maison, plus je me demandais ce qui allait se passer

mon père n’a plus desserrer les dents jusqu’à ce que l’on arrive à cent mètres de notre maison.

A ce moment là il se gare, me fait descendre de voiture et ce qu’il m’a dit m’a laissé tremblante.

Je veux que tu sois gentille avec ta belle-mère, elle s’occupe bien de la maison et de ton petit frère.

Ton frère et ta soeur sont avec nous pour les vacances à la rentrée tu resteras seule à la maison

Mais pendant le mois qu’il reste avant que tu intègres un lycée technique tu vas te tenir à carreau.

Je dois m’absenter jusqu’à la fin de la semaine, en attendant que je revienne

tu seras consigné dans ta chambre, tu ne seras pas au pain et à l’eau mais tu obéiras à ta nouvelle mère.

Je bouillais intérieurement, cette femme ne sera jamais ma mère,

Je ne posais aucune des questions qui me tournaient dans la tête.

Pourquoi Bob n’était pas revenu à la maison et toujours cette même question sans réponse

où était notre maman chérie?

Mon père me dépose devant la grande porte marron, il n y’ a aucun bruit lorsque j’entre

Au moment où je monte dans ma chambre j’entend comme un hurlement

cela vient de la cuisine, je vais aller voir ce qui se passe.

Une femme que je suppose être ma belle-mère crie après ma soeur aînée qui lui rigole à la figure.

Quand à Chris il est en retrait et assiste à la scène, lorsque mon frère et ma sœur me voient

ils se précipitent de suite vers moi et mon grand-frère me soulève de terre et il me fait des milliers de bisous.

Mais ma belle-mère ne l’entend pas ainsi

Sans m’embrasser elle m’ordonne de monter dans ma chambre et me dit qu’elle me rejoindra

dès qu’elle aura  réglé le problème avec  Amélie.

Mais pendant qu’elle me parle Christophe et Amélie se sont éclipsés.

Alors que je monte les escaliers je l’entend les monter derrière moi

J’ai beau courir, elle me rejoint et me plaque contre la dernière marche

et m’incendie d’horreur.

Elle me tire les cheveux et me gifle deux fois.

Puis elle me  pousse dans la chambre et m’arrache mon short

et je me retrouve à demi nue devant elle.

Elle me frappe deux fois avec un fouet, je crie

et c’est mon père qui  suivit de mon frère qui met un terme à cette punition sauvage

et m’arrache des bras de cette mégère..

Il ne me  fait aucune remarque, sa compagne sort, mon frère aussi

et j’entend tourner la clef dans la serrure.

Je la hais cette femme, elle va me le payer.

Boomerang! (suite)

Après avoir vécu une semaine avec des hauts et des bas

dans ce camp sans toiles de tente, mais dans une maison

je m’étais lié avec une drôle de fille

elle était là pour la deuxième année,

et si l’an passé elle avait fait profil bas

cette année ce n’était pas le cas.

Chaque jour elle était punie

soit pour avoir refusé d’exécuter une corvée

soit parce qu’elle s’asseyait au cours d’une balade

et refusait de se lever.

Rapidement je lui démontrais qu’elle était pire qu’une fillette

Et aussitôt ensemble nous avons décidé de fuguer

Mais il fallait nous entraîner à marcher

et pendant une semaine nous étions assidue à toutes les marches.

Une nuit alors que tout le monde dormait

nous nous sommes levé sans bruit,

nos chaussures à la main

nous avons descendu  les escaliers

à pattes de velours

En bas, il n’y avait personne

l’après midi nous avions repéré une porte donnant sur l’arrière cour

Steph de corvée de pluches l’avait laissé ouverte

et personne n’avait vérifié si elle était fermé

ce que nous avions constaté en allant vers notre chambre.

Aussi c’est tout naturellement que nous nous sommes enfuis par cette porte

ouverte vers la liberté,

non sans avoir pillé le garde-manger et pris au passage un gros sac à dos

Steph avait vidé la caisse des courses

ce qu’elle avait omis de me dire.

Dès que nous sommes sur le chemin qui descend vers la vallée

nous remettons nos chaussures de marche

Il pleut, il y a du brouillard

Il ne faut pas que nous nous perdions.

Nous avons quitté le camp vers les minuit

et plus de 2 heures plus tard nous atteignons le petit village

de Maligot (nom inventé)

Ce village est vide l’hiver, mais l’été il y a beaucoup de vacanciers.

Lorsque nous le traversons il est fort calme

seul un chien signale notre passage

Maintenant la lune est levée et nous éclaire un peu le chemin

Il est en descente et fort dangereux, les pierres roulent sous nos pas

nous devons faire fort attention

ne pas se faire remarquer, il y a bien la route

mais là, nous allons nous faire repérer

et il n’est pas question que nous retournions en prison.

Car, malgré mes 5 ans de vie au foyer, assez dur pour une petite fille choyée

ce camp n’est pas un lieu idyllique

où j’aurais pu passer de belles vacances.

Nous ne sommes pas à leurs yeux des enfants

nous sommes gardé comme un troupeau

si bien surveillé que nous leur avons fait un pied de nez en s’enfuyant à leur barbe.

Enfin il est 4 h du matin lorsque nous arrivons à la ville,

notre fuite n’est pas encore connue

car le lever a lieu a 7 heures

Il nous reste 3 heures avant de disparaître à tout jamais

et ce pour toujours ce que toutes les deux nous espérons.

Brusquement Steph change le programme bien établi auparavant,

elle décide de prendre le train mais sans moi.

La raison je l’ignore, je me pose sur la nationale et lève le pouce

rapidement un camion s’arrête et me demande où je vais

Je m’entends lui répondre Marseille.

Moi, aussi au dernier moment je ne vais plus chez mon père.

Il est plus de 8 heures du matin lorsque le chauffeur s’arrête

à un relais routier, je fais celle qui dort

et il me laisse, il ne ferme pas son camion.

La radio ronronne doucement

soudain je prête l’oreille

ils annoncent que deux jeunes filles sont en fugue

ils ignorent à quelle heure elles sont parties, elles n’étaient pas dans leur chambre

Finalement je ne regrette pas de m’être séparé de Steph lorsque j’entend qu’elle a volé

l’argent du repas de la semaine.

Bien entendu à les entendre nous sommes fautives toutes les deux.

Ils surveillent les gares, voir même les aéroports car ils disent que nous ne faisons pas notre âge.

Heureusement que le chauffeur routier n’est pas là

ils m’auraient posé des questions, pas envie de lui répondre.

Je me demande si je dois rester avec lui ou le quitter

Mais ici je serais vite repéré, c’est un lieu de passage

si j’ai entendu cette annonce, eux ont tout aussi bien pu l’entendre.

Nîmes est tout proche, mais il va me falloir marcher

le long de la nationale je vais me faire repérer

Il faut que le chauffeur me laisse en pleine ville.

J’en suis là de mes réflexions quand la portière côté passager s’ouvre

J’entend deux voix, le chauffeur parle à un autre gars

« La voilà la petite dont je te parlais »

« Hum beau brin de fille, elle a quel âge? »

« Dans les 18 ans je pense qu’elle a envie de se faire une virée dans le midi

Bon tu me décharges de cette nana

où je cherche le petit Paulo, il a envie d’une femme, elle peut faire l’affaire. »

Dire que l’on parle de moi comme d’un paquet encombrant

que vais je faire, m’enfuir je serais vite rattrapé

Restée, ils vont me forcer à descendre

Il me veut quoi le type que j’entends rire, que dis-je glousser

Certes je ne suis pas une oie blanche, je sais ce que les hommes font aux filles

qui traînent les rues, et encore mieux celles qui font du stop.

Si je refuse je peux être violé

si je consens je me donnerais à un inconnu, à mes yeux c’est pareil.

Il faut que je feins le sommeil, cela peut encore me protéger

ici il y a des vas et viens et d’autres camions

tous ne sont pas que des salauds.

Finalement je sens que l’on me secoue

« Bon la môme il faut que tu descendes, je suis arrivée à destination,

mais mon copain peut te faire gagner quelques kilomètres

il va t’emmener jusqu’à Aix en Provence après tu devras te débrouiller. »

« C’est qui votre copain », il me montre un type aux cheveux bruns

des petits yeux enfoncés dans leurs orbites

un mégot à la lèvre

il pue la cigarette et me regarde avec un drôle d’air,

Il m’attrape et me fait descendre du camion

au passage je sens ses mains qui me palpent les seins, je ne dis rien

« C’est bon Gus, elle fait la maille »

et tous les deux éclatent de rire.

Ayant récupéré mon sac à dos, je démarre au quart de tour

et me précipite vers le relais routier

Le pauvre Gus n’a pas le temps de s’en rendre compte que je suis déjà  à l’intérieur.

Je me rend immédiatement dans les toilettes

et patiente quelques instants,

Lorsque l’on secoue brutalement la porte

j’entends une voix de femme me demander si je suis malade

« Oui mais je sors »

« Prends ton temps la môme »

Enfin une voix sympathique, est-ce la patronne ou un chauffeur routier

Je sors, elle me toise de haut en bas et me demande si je suis seule

« Oui »

« Ou vas-tu?

« Marseille chez mon frère, nous nous sommes raté à Grenoble.

« Aurais-tu eu des problèmes avec Gus?

« Oui »

Tu as échappé à un grand prédateur, il a fait de la tôle pour viol

Je me  met à trembler, et cette femme me prend dans ses bras

comme si c’était ma mère.

Elle me fait monter dans son camion et

pendant une heure ni l’une ni l’autre nous avons prononcé un mot

puis brusquement Nénette, c’est son surnom me dit

‘Dis la môme tu es en fugue? »

Et de fil en aiguille j’apprend que mon portrait robot a été diffusé sur toutes les chaines

de télévision, ainsi que celui de ma copine qui a déjà été rattrapé

Mais ils me cherchent du coté d’Orléans.

Ecoute la môme je ne veux pas d’histoire, tu m’as l’air clean, alors raconte moi ton histoire

Une fois que je lui ai raconté la  disparition de ma mère, mon placement au foyer

ma fugue et mon  arrivée dans ce camps pour malfrats

je la vois essuyer une larme, et elle me fait cette confidence

J’étais une môme comme toi en cavale mais je ne te raconterais pas ma vie

car ce à quoi tu as échappé ce matin, m’est arrivé; je te conseille

de téléphoner à ton père où à ta belle-mère et selon ce qu »ils te diront tu aviseras.

Il n’est pas loin de midi, elle s’arrête à un resto routier d’où elle me rapporte un casse croûte

et me tends son téléphone portable.

Quand je suis de retour soit tu n’es plus là

soit tu y es encore mais je téléphone au flic.

Compris la môme, tu laisses le téléphone sur le siège, on me connait dans le coin

personne n’aurait l’idée de me le voler,

et sur ce, elle tourne les talons, fais demi tour et me serre contre elle

en m’embrassant, bonne chance la môme!

Je n’ai pas faim, Steph a été récupéré par les gendarmes en gare de Tours

C ‘est sûrement elle qui a dit que je pensais rejoindre mon père,

j’ai eu une bonne idée de changer d’itinéraires,

à cette heure j’y serais aussi chez les gendarmes.

Je tourne et retourne ce téléphone, puis je me décide

Cette voix est inconnue pour moi, sûrement ma belle-mère

« Allô c’est Laurence »

Qui? Je ne connais pas de Laurence, mais une garce nommée Lolo

qui fait de la peine et du chagrin à toute sa famille

Où es-tu aboie-t-elle?

Je coupe rapidement la conversation

pose le téléphone sur le siège et descends du camion

A ma descente deux gendarmes m’attendent.

Au loin je vois Nénette, elle évite soigneusement mon regard.

J’ai encore été trahie.

.

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
Rejoignez moi dans mon imaginaire