Imaginaire

Le crime de la Croix du détours! (suite 2)

Aubin, son ami de longue date, il crie, Jules hésite, que faire? Entrer et suivre cet inconnu ou courir au travers de la forêt vers son ami. Puis après un court instant, Jules se rue dans la forêt, son ami, son grand ami est en danger, hurler de cette manière ce n’est pas possible, qui lui fait du mal? Qu’est-ce qu’il a pu voir pour avoir crié de cette manière ?  Les ronces arrachent à Jules de petits cris de douleur mais il ne s’arrête pas, il court à perdre haleine, il faut savoir ce qui se passe. Brusquement il aperçoit la jolie clairière ou les amoureux vont le dimanche, les cris ne venaient pas de là, il s’est légèrement dévié lors de sa course effrénée. Aussi il rebrousse chemin et part dans la direction opposée, quand soudain il entend pleurer, Aubin ne pleure jamais, cela ne peut -être lui, Alors qui? Quoique? Au vu du hurlement qu’il a poussé, il est peut-être blessé, mais Jules a  son sixième sens qui vient de lui dire de freiner, de ne pas se montrer de suite, si il y eu une lutte, l’autre est peut-être encore là? Il avance doucement et aperçoit deux pieds dépassant d’un buisson de mûres. Ce ne sont pas ceux d’Aubin, ceux-là sont plus petits; il s’approche, recroquevillé sur lui-même il voit le petit Jean, le frère d’Aubin, il sanglote, son visage est tuméfié. Jules n’écoutant que son courage se précipite vers l’enfant. Quand ce dernier le voit, au travers de ses larmes il esquisse un piètre sourire.

– Mon petit Jeannot, qu’est-ce qui s’est passé?

C’est Aubin!

Aubin t’as frappé?

Dès que Jules prononce ces mots, il les regrette, ce n’est pas le genre d’Aubin, jamais il ne l’a vu frappé un seul camarade alors encore moins son frère, mais pourquoi le petit est dans cet état. En plus de son visage noir, il a une belle bosse au front et ses deux genoux sont écorchés.

Non ce n’est pas Aubin, c’est le loup garou

En entendant ce nom, Jules se signe et pourtant cela fait belle lurette qu’il n’a pas mis les pieds à l’église du village.

Voyons Jeannot tu sais bien que le loup garou n’existe plus, cela fait longtemps que nos grands-pères l’ont chassé!

Mais le petit pleure de plus belle et s’entête en disant le loup garou il a enlevé Aubin…

Arrête Jean, il est rare que l’on appelle l’enfant ainsi, sauf ceux qui sont en colère contre lui, Jules veut lui démontrer qu’il n’aime pas  ce qu’il vient de dire. Mais malgré le courroux de Jules, l’enfant insiste.

Il a frappé Aubin et il a dit, toi le garnement tu payeras pour l’autre.

Jules est perplexe, pour qui devra payer Aubin, et qui l’a emmené, et aussi pourquoi? Trop de questions lui viennent à l’esprit. Mais pour le moment il doit ramener le petit chez ses parents Il faut faire vite car il doit savoir ce qui se passe au château, et surtout chercher Paulo pour que tous les deux commencent les recherches. 

– Dis-moi Jeannot il était comment le loup garou?

Il avait un grand chapeau noir, une grande cape noire, son visage était plein de barbe noire, et un grand martinet  avec pleins de lanières.

Il vous a frappé tous les deux?

Oui moi sur mes mains pour que je lâche Aubin, et mon frère sur le visage, il lui a ouvert la figure ça coulait du sang de partout.

Aubin a crié?

Oui il a hurlé, c’est pour ça que je pleure, puis le loup garou il m’a poussé contre l’arbre et après je ne sais plus, c’est toi qui m’a réveillé, j’ai dû m’endormir.

Non Jeannot, tu t’es évanoui.

Jules se gratte la tête, il est perplexe, pourquoi cet homme a agis ainsi, car c’est forcément un homme, les loups garous ce sont des histoires à faire peur aux enfants. 

Allez, monte sur mon dos petit Jean, nous allons couper au travers de la forêt et nous suivrons la rivière, nous la traverserons vers le lavoir et je te déposerais chez toi. Tu sauras expliquer à ta mère ce qui est arrivé à ton frère? 

Non, il faut que tu viennes avec moi!

Jules soupire, décidément cette journée est riche en émotions de toutes sortes. Un meurtre, une disparition, le retour de son père; Il sent que rien ne sera plus comme avant, mais il ne sait pas encore ce qui se trame, si on lui l’avait dit en cette fin d’après-midi, il est possible qu’il serait partis se cacher. Mais là, il continue son chemin et rejoint en aval du pont la petite rivière ou pas plus tard que ce matin s’est joué un drame. Les deux affaires sont-elles mêlées. Jules ne peut pas répondre, mais toutefois il a un sentiment étrange que de près ou de loin, tôt ou tard il y sera mêlé. Lorsqu’il franchit la petite barrière, il voit la maman de ses copains qui berce sa petite dernière, elle se lève en voyant le visage tuméfié de son garçon, et couche la petite dans le grand panier qui sert aussi pour ramener le linge de la rivière.

Bonjour Madame prononce à voix basse Jules

– Tu n’es pas avec Aubin? Pourquoi me ramènes tu son frère, ou est mon aîné?

Jules ne sait pas quoi dire à cette femme qui l’observe avec ses yeux bleus clairs, il bredouille des mots sans suite, mais Madame Gros ne l’entend pas  de cette oreille, elle secoue Jules en le sommant de parler

Jeannot m’a dit qu’Aubin s’était fait enlevé

Pour la seconde fois de la journée, Jules entends ce cri qui le glace d’effroi, bien plus que celui d’Aubin, ce tantôt. Quand le père Gros entend hurler sa femme, il sort de son appentis et se précipite vers elle.

 Qu’as-tu la mère?

Elle sanglote et ne peut parler, aussi le Père Gros se retourne vers son jeune fils et lui demande ce qui s’est passé, et surtout qu’est devenu Aubin.

C’est le loup, le loup garou qui a emporté dans son grand sac mon frère.

Le père qui n’est pas tendre, tourne une claque au gamin qui s’effondre au sol en pleurant de plus belle, aussi Jules s’armant de courage ose affronter le père de ses amis.

–       Monsieur Gros ?

–       Que veux-tu Jules ? Si tu sais quelques choses d’intelligent tu me le dis, sinon tu rentres chez toi.

–       Je me promenais dans la forêt en attendant mes copains lorsque j’ai entendu Aubin hurlé, aussi je me suis précipité et j’ai trouvé petit Jean évanouis sur le sol, je l’ai secoué et quand il s’est réveillé il m’a dit qu’Aubin avait été emmené par un homme qui avait de la barbe partout sur le visage, un grand chapeau noir et une houppelande de la même couleur. Voilà c’est tout ce que je sais, Monsieur.

–       Est-ce que Jean t’as parlé du loup garou, ou bien c’est toi qui lui a mis ses idées dans la tête ?

–       Non c’est petit Jean qui m’en a parlé, moi, j’ai préféré vous dire un homme, car je sais qu’ils n’existent plus les loups garous.

–       File chez toi, Jules, je m’occupe du reste.

Jules ne se le fait pas dire deux fois, il redescend vers la rivière mais au moment où il va traverser on l’appelle, c’est Paulo qui vient à sa rencontre.

–       Je t’ai cherché, cela fait deux heures que je tourne en rond, ou étais-tu passé ?

Rapidement, Jules lui raconte ce qui vient de se passer, il se gratte le menton l’ami Paulo, signe d’une grande perplexité. Mais Jules a gardé pour lui le mort de la rivière, et l’homme de la forêt, il sera toujours temps de lui en parler si le besoin s’en faisait sentir, en attendant, il quitte Paulo, car il sait que la maréchaussée ne va pas tarder, il a vu le Père Gros attelé la mule. Il ne sait pas quelle contenance prendre quand il les voit, et dans ces circonstances il lui semble que tout se lit sur son visage. Aussi Jules file dans la forêt et rejoint le château, espérant découvrir des indices concernant son mystérieux homme. Quand il est à quelques encablures, il entend un son étrange, c’est la cloche du château, cela fait belle lurette qu’elle n’a pas sonné. Les gamins du village la sonnaient parfois, mais depuis que le garde champêtre les surveillait, ils évitaient. La cloche sonnait comme le tocsin, c’était fort lugubre, heureusement que ce n’était pas la nuit, sinon Jules aurait pris ses  jambes à son cou. Il avait beau dire et fanfaronner qu’il n’avait pas peur, le son glacial le mettait mal à l’aise. Aussi pour ce jour il n’avait plus du tout envie d’aller là-bas, s’en était trop pour une seule journée. De plus il n’avait pas fait ses devoirs, et il ne voulait pas que le maître le sermonne, ce n’était pas son genre, et il avait toujours rendu ses devoirs en temps et en heures. 

 

 

A suivre

Le dénouement – chapitre 13

Lorsqu’au matin France franchit la grande porte du laboratoire, elle a pris sa décision, elle démontrera à son cousin qu’elle est différente de lui. Elle lui donnera deux choix, soit il se retire, soit il crée deux laboratoires en un seul, lui gardant la partie recherche pharmaceutique comme il l’a fait jusqu’à présent, et elle, aura en charge la ligne parfum.

Elle monte les marches et savoure l’instant où elle va se retrouver face à son cousin. Mais pour l’instant, elle se regarde dans la grande glace qui est en-dessous du portrait du fondateur, leur arrière-grand-père. Un regard qui la satisfait. Elle a vêtu son tailleur « chance » comme le surnomme Denis, un ensemble crème avec son foulard vert assorti à ses yeux. Elle s’est maquillée discrètement, enfin elle peut être elle-même désormais. Sa vie va reprendre son cours.

Elle décide de prendre les escaliers qui l’emmènent au premier étage, puis à ce moment, ne voulant pas trop attendre, elle prend l’ascenseur et se rend rapidement au quatrième étage. Elle savoure ce moment qu’elle a tant attendu, il n’y a personne, même les femmes de ménage ont terminé leur travail, pourtant elle sent comme un parfum, un sillage d’un parfum connu…Bizarre, mais elle ne s’attarde pas sur cette odeur, elle continue sa lente progression. Tiens se dit-elle, la porte du bureau de son père, qui était celui de Fabien jusqu’à hier, est entrouverte, c’est étrange, il est possible que les femmes de ménage aient oublié de la fermer. Il y a une odeur de pipe, cette odeur qu’enfant elle aimait, lorsqu’elle se rendait chez Bonne Maman, cet odeur venue d’Orient, qui, ce matin se trouve mélangé à un parfum. Quand elle pense à sa Bonne Maman, elle se souvient que c’est le jour où son bonheur s’est évanoui le jour de ses dix ans

Les souvenirs se bousculent, elle se revoit enfant jouant dans le bureau de son père à la poupée, c’est si loin, il s’en est passé des choses depuis. Son père, les difficultés dans le travail, l’internat, le retour de sa maman dans sa vie, puis la disparition de son père, aujourd’hui il lui manque tellement, comme il serait heureux de la voir bardée de tous ses diplômes prendre possession du laboratoire ou, ensemble, ils feraient, tous les deux, leur premier pas. Mais il ne faut pas vivre que de rêves, la réalité est là. Différente, mais elle va aimer se donner corps et âmes à l’entreprise familiale. 

  Elle continue, le couloir se fait long, comme si elle voulait à la fois retardée ce moment ou elle prendra possession du bureau de son père, ou elle fera table rase du passé. Mais elle sait que tant qu’elle n’aura pas de nouvelles de son père, sa vie restera suspendue à un fil, qui pourra l’aider ? Denis, cet homme qui l’aime, et, qui déjà est auprès d’elle et qu’elle chérie tout autant.

 Maintenant elle accélère son pas, son cœur bat à tout rompre. Voilà, c’est l’instant qu’elle attendait. Elle entre, le fauteuil du « Boss » est tourné côté fenêtre,  dans la pénombre il lui semble voir une silhouette, Fabien serait donc déjà là, et l’attendrait. Mais il n’est pas chauve, qui a pu s’introduire dans le bureau, mais elle n’a pas le temps de se le demander, à ce moment-là le fauteuil du « Boss » bouge et se remet dans la position normale face au bureau et elle entend ceci :

–       Enfin te voilà ma chérie, j’ai vu que tu avais emporté le coffret, je t’ai attendue, cela fait si longtemps, comme tu as tardé !

Et devant France abasourdie, la silhouette, qui, dans la pénombre, elle n’avait pas vue, se lève et s’approche d’elle ; alors venant d’outre-tombe elle n’a qu’un cri :

–       Papa !

 

le coffret (suite chap 12)

Resté seul, Fabien sentait que les propos de sa collaboratrice sonnaient faux, il lui restait comme une espèce de malaise. Etait-ce son mal de dents qui lui donnait ce timbre de voix différent ou bien il y avait là une anomalie qu’il allait élucider le plus rapidement possible. Mais ce soir il était fatigué et il attendrait demain pour régler ce différend avec cette demoiselle Donat dont il ne savait pas grand choses au demeurant.

Mais c’était bien sa faute, il n’avait pas été à la hauteur. Bientôt il ferait une annonce qui allait révolutionner le monde de la parfumerie. Son prototype était presque au point, mais il lui manquait encore quelques détails, foi de Fabien, il saurait bien les récupérer en temps et en heure. Il lui faudrait s’entourer de l’excellence, cette DRH était bardée de diplômes, il n’avait même pas vérifié dans son école s’ils étaient vrais. Désormais, il lui faudrait faire attention avec qui il travaillerait, dès demain il mettrait fin à son contrat, mais il allait falloir la jouer fine, car la demoiselle avait quelques prétentions.

Sur ce, il quitte son bureau pour rejoindre femme et enfants. Dimanche prochain il devait aller à la grande Maison vérifier si tout était en ordre, et si les gardiens n’avaient pas quelques doléances à lui donner. C’était son tour, comme ils le faisaient tous depuis plus de quinze ans. Son oncle exagérait, il devrait revenir sinon cette maison allait mourir sans entendre à nouveau résonner des cris d’enfants. Et tout en pensant à cela, il espérait bien que son droit d’aînesse lui permettrait de posséder ce bijou. Mais tant que le testament n’était pas ouvert, personne n’en saurait rien. Il était grand temps que l’on se passe de François.

Pendant ce temps, tous écoutent le récit que leur fait France de sa rencontre avec son cousin, elle aussi a ressenti comme un malaise après qu’elle lui a parlé. Elle n’avait pas pris sa voix façon DRH, voix qu’elle avait travaillée avec Victoria pour mettre au point le subterfuge dont leur cousin faisait les frais. Mais elle a été fort surprise de voir les portes de l’ascenseur s’ouvrir sur leur cousin. La surprise a joué en sa défaveur. Mais tant pis, ce quiproquo allait bientôt se terminer et tout rentrerait dans l’ordre. Maintenant il fallait passer à l’ouverture du coffret.

France ouvre devant  Denis, Léa et Victoria le coffret, maintenant qu’elle connaît le sens d’ouverture, cela va vite. Enfin le voilà ouvert. A l’intérieur il y a pas mal de choses, une reconnaissance de paternité de François Delmas envers sa fille, ainsi qu’un test ADN, des lettres, celles des échanges entre Marianne la mère de Victoria et leur père. France les lui remet, désormais elles lui appartiennent. Il y a aussi le premier acte notarié du patriarche, France le lit rapidement et sourit, son arrière-grand-père avait de drôles de façons d’envisager sa succession. Il faut attendre celui de Bonne Maman pour voir comment tout ceci va évoluer. A ce moment-là, Denis et Léa se retirent et les laissent prendre connaissance de tout ce que ce coffret contient, c’est leur vie, leur avenir et sûrement plein d’autres choses. Ils rejoignent Rodolphe qui, lui aussi  a rencontré son patron. Il est renvoyé, car ce dernier n’a pas admis qu’il soit parti de son travail avant l’heure, il a eu beau nier, rien n’y a fait. Il lui a donné une attestation et il a filé dehors sans émolument, ce qui fait dire à Denis que le torchon brûle, et que ça sent la fin pour Monsieur Fabien Delmas. Il doit sentir le vent tourner. Denis le tranquillise et lui dit que prochainement il devrait retrouver du travail, qu’il ne doit pas se faire de soucis, il y veillera personnellement. Rodolphe pense que tous les autres collaborateurs ont quitté leur travail avant l’heure et que s’ il suit le raisonnement du « Boss », tous devraient être virés dès demain. Il en saura plus grâce à Victoria. En attendant, il rentre chez lui. Demain est un autre jour, mais aujourd’hui sa vie a pris un chemin dont, ce matin en se levant, il aurait ri si on lui l’avait dit.

Dans le petit salon, France et Victoria ont enfin trouvé les formules des deux parfums de leur père, et comme le dit judicieusement France ce sont « les Parfums de l’     Eau de Là » Toutes les deux rient et se disent que le nom est trouvé. Demain, elles vont pouvoir le commercialiser après avoir effectué les essais de rigueur. Mais ce qui attire leur attention dans ce coffret c’est une deuxième reconnaissance de paternité. Celle-ci a été faite de la main de leur oncle, le père de Fabien. Aussi étrange que cela est, elles lisent que Fabien n’est pas né de l’union de leur tante avec le frère de leur père, mais de celui d’une actrice et de leur oncle. Cela leur semble incroyables car, avant d’imaginer que Fabien ne peut lui aussi prétendre à la direction des laboratoires, elles pensent plus à leur tante, et se demandent comment cette dernière s’y est prise pour tromper sa belle-mère. Comment faire croire à tous que l’on n’est pas enceinte ? Tout en continuant à chercher ce que ce coffret contient, elles ne vont pas tarder à en avoir l’explication. En effet la mère de Fabien était enceinte la même année que la maîtresse de leur oncle, et hélas au moment de son accouchement, l’enfant était décédé. Aussi, c’est sans scrupule que leur oncle a déclaré comme étant son enfant né de sa femme et de lui, le bébé de sa maîtresse alors âgé de deux jours. Comment sa maîtresse a-t-elle pris la chose, rien ne peut le leur dire, car il n’y a aucune autre explication ou courrier dans ce coffret. Mais pour un coup de Trafalgar, il est fort, car Fabien, sa mère et tout le reste de la famille ne doivent pas être au courant. Cependant, elles trouvent un courrier d’abandon d’enfant signé devant notaire. Bon, l’honneur de leur famille est sauf.

Il est noté que Fabien ne devra en aucun cas être mis au courant, sauf si au moment de la prise de possession du laboratoire, il venait à s’opposer à sa cousine France, s’il n’y avait aucun descendant homme au moment de la mort de l’oncle François. Et bien pour une nouvelle, c’était une drôle de nouvelle. Elles se demandaient toutes deux si leur Bonne Maman était au courant de tout ceci. Car aucun des actes notariés ne portait sa signature, ce qui leur faisait dire qu’elle était partie sans le savoir, et pour elles deux ce n’était pas plus mal.

Un coup discret est frappé à la porte, c’est Denis qui passe la tête et leur demande si elles ont bien avancé dans leur quête, il ne croit pas si bien dire. Devant leurs mines de conspiratrices il ne demande rien. France saura lui confier ce qu’elle voudra bien lui dire. Car il l’aime France, ils se sont fiancés officieusement et, lorsqu’il voit son regard il sait qu’elle aussi l’aime. Mais il est vrai que tant que l’on ne saura rien concernant son père, Denis se demande si elle pourra dépasser ce drame qui la hante depuis ces longues années.

Avant de les rejoindre, elles vont redevenir elles-mêmes. Il rit et les comprend, aussi il se retire et attend de les voir réapparaître en femmes du monde, car toutesdeux sont plus fagotées qu’habillées. France ôte ses lentilles marrons et reprend son regard de mer en furie l’espace d’un instant, pour s’apaiser  en sentant le baiser de Denis sur sa bouche.

–       Allez vilain pars vite, nous allons vous rejoindre.

Elle sort de son sac un ensemble tailleur vert bouteille qui lui va à merveille, pendant que sa sœur en prend un bleu pâle qui accentue son regard de braise. Enfin, les voici redevenues les sœurs Delmas comme on les appelait au lycée sur Lyon quand elles avaient rejoint la demeure familiale, après que la maman de France aitréussi pour sa fille et sa demi-sœur à prendre sur elle et à devenir leur maman à toutes les deux. Cela leur semblait une éternité, mais ce n’était pas si loin.

Alors qu’ils riaient des facéties des uns et des autres, la sonnette d’entrée avait retenti. C’était Bertrand, le frère de Fabien, qui venait rendre visite à sa Léa adorée. Ces deux-là parlaient mariage, ce qui ravissait les sœurs Delmas, car elle allait devenir leur cousine. Heureusement qu’elles s’étaient changées, car Bertrand venait de temps en temps voir son frère et elles savaient par Léa ce qu’il pensait de la DRH de Fabien. Il avait dit à sa chérie, mon frère ne risque pas de tomber amoureux de sa DRH car la pauvre est fort laide et ne sait pas s’habiller. Ce qui, en d’autres temps, aurait pu faire rire Léa, mais cela l’avait plutôt mise mal à l’aise. Il était grand temps que toute cette comédie s’arrête. Mais les sœurs Delmas avaient pensé, à ce moment-là, qu’elles devaient être d’excellentes comédiennes car leur cousin ne les avait jamais reconnues.

La soirée se termine assez rapidement, demain ce sera le grand jour. C’est France qui se rendra au laboratoire pour signifier son congé à son cousin à moins qu’en y réfléchissant bien, elle lui laisse le côté recherche, auquel cas, elle prendrait le côté parfum. La nuit portant conseil elle aviserait demain.

 

Le coffret (suite)

Bientôt la fin, mais je n’ai pas osé vous mettre ma totalité du chapitre 12; Allez Globule attends encore un peu….Rire!!

 

 

Denis et France sont hilares devant le mépris qu’elle a affiché mais ce qui  rend les choses fort drôles c’est qu’elle se soit plus conduite en patronne qu’en secrétaire corvéable à souhait comme l’a exigé d’elle au cours de ces six mois leur cher cousin. Mais il y a un problème de taille et il va falloir se dépêcher. En effet comment vont-t-elles ressortir avec le coffret sous le bras, c’est impensable, voire même impossible. France a une idée, elle l’expose rapidement. Dans un premier temps, Denis va s’en aller comme un hypothétique client ou fournisseur par la grande porte, auparavant il remet le portrait du « patriarche ». Ensuite, comme à son habitude, Victoria fait quelques pas, à l’extérieur du bocal comme tout le monde nomme le bureau du patron et accompagne Denis jusqu’à l’ascenseur, elle a refermé la porte du bureau, il n’est pas question que l’on y découvre France. Puis d’un pas posé, elle la retrouve et décide d’appeler Rodolphe, elles ont mis au point une manière idéale de faire sortir le coffret au nez et à la barbe de l’ensemble du personnel. Denis avait dit d’un ton goguenard, il faut faire évacuer l’immeuble, ce qui avait détendu l’atmosphère, mais pendant que Victoria accompagnait leur ami, France a fait appeler Rodolphe le petit protégé de son ami qui, depuis quelques temps travaillait au courrier. Il avait fait quelques bêtises, et pour prouver au juge qu’il s’était rangé, il avait accepté de travailler selon certains codes. Comme il était redevable aux deux sœurs, il ferait ce qu’elles lui demanderaient. France lui demande de venir avec un gros carton fermé, elle lui expliquera une fois dans le bureau ce qu’elle attend de lui. Rodolphe fier de rendre service à France qui lui a ôté une grosse épine du pied, ne tarde pas à arriver. Il apporte comme on lui a demandé un carton sur lequel il a écrit une adresse. Il entre et voit deux femmes en tout point pareil, il n’en croit pas ses yeux. Il se demande laquelle est Victoria, il les examine attentivement et se dit que l’on dirait bien des jumelles, il suppose qu’une est France et l’autre la DRH. Mais il attend les ordres.

Rapidement les deux sœurs lui expliquent qu’ils vont mettre à l’intérieur de ce colis le coffret en bois qui se trouve sur le bureau, de cette manière il passera devant tout le monde. Ils ont toujours un regard oblique et épient chacun des faits et gestes de Victoria, comme s’ils étaient des indicateurs pour le patron. Ce qui est sûrement le cas. Mais pour repartir avec le colis plein, il va leur falloir jouer la comédie. Dans un premier temps rien ne se passe, puis, soudain, tous entendent des cris à l’intérieur du bocal, un de ces Messieurs a même l’idée de se rendre dans le bureau. Mais mal lui en prend, il se ramasse la porte en pleine figure.  Victoria dit assez haut et fort :

–       Rapportez le colis à la poste, et dites-leur qu’ils ont fait une erreur, celui-là ne nous est pas destiné.

–       Bien, Madame, je le fais immédiatement.

Puis, pendant que Rodolphe emmène leur bien précieux, les deux sœurs se concertent, l’une, Victoria va sortir, et France, quant à elle, va regarder les papiers que sa sœur a vus et qui lui semblent étranges. Il y a  là pleins de formules, elles pensent toutes les deux que c’est un parfum, mais est-ce celui de leur père ou a-t-il prévu une pâle copie ? Victoria ne comprenant rien à ces formules, l’avait signalé à sa sœur, mais il lui fallait se rendre dans le bureau de leur cousin pour en prendre connaissance et se faire une idée, et, aujourd’hui c’était chose faite. Il ne fallait pas traîner et sortir au moment où les employés quittaient la Société pour éviter qu’ils se posent trop de questions, compte tenu qu’ils l’auraient déjà vu sortir. Mais tout ceci aurait bientôt une fin, et elles n’étaient pas à un esclandre près. Fabien portait de nombreuses casseroles et s’il était en colère, elles avaient de quoi le faire tomber ; selon ce qu’il avait fait, il pourrait être soumis ou rebelle. Elles verraient cela prochainement.

Elles se prennent dans les bras l’une et l’autre. Que de chemins parcourus depuis leur première rencontre, aujourd’hui elles se considèrent comme deux sœurs et rendent visite assez souvent à leur maman. Elles y vivent à tour de rôle puisque pour l’instant elles vivent cachées. Victoria avant de partir descend le volet et met la pénombre dans le bureau, elle laisse les rideaux roulants fermés, ceux qui séparent le bureau du « Boss », du bureau de la secrétaire ou de ses hommes de mains comme le dit Denis. Puis d’un pas ferme, elle quitte le « bocal », elle s’arrête vers Mirabelle et lui signale que le patron rentre ce soir et qu’elle n’aura qu’à lui remettre son CV en mains propres dès demain matin. Elle ajoute qu’elle part car elle a une rage de dents. Elle se dirige vers l’ascenseur et entend Mirabelle rapporter l’ensemble des mots qu’elles viennent d’échanger aux collaborateurs de Fabien Delmas. Elle entend le rire gras du chef de bureau qui ricane et dit bêtement :

– mal aux dents mal d’amour, quand on voit la gueule qu’elle a on peut comprendre.

 Il n’y a pas un muscle du visage de la DRH qui bouge, elle entend, et se dit intérieurement,

-si le « Boss » s’en va, je pense que nous ferons une charrette complète avec ses subalternes.

Rien que d’y penser elle s’en réjouit. Avant de sortir elle fait un petit signe à l’hôtesse d’accueil, une charmante jeune femme qui élève seule son fils. Dehors, la voiture de Denis l’attend, elle s’y engouffre et ne voit pas son patron qui, sur le trottoir d’en face, la voit monter dans une Maserati flambant neuve. Il est fort étonné, car il la voyait comme une secrétaire aigrie et revêche. Malgré les diplômes qu’elle a, du reste, il trouve que l’homme qui lui tient la portière a une élégance comme il aime, et il se demande qui il peut être, cela lui semble fort bizarre. Quant au chauffeur il avait des allures de Rodolphe, possible qu’il soit de sa famille et qu’elle se soit bien gardée de lui le dire. Mais il lui faut se rendre à son domicile, puis il retournera à son bureau dans la soirée, et il oublie ce qu’il vient de voir.

Rodolphe emmène chez Léa, Victoria et Denis et le coffret, puis il retournera terminer son travail et récupérera France qui à son tour viendra les rejoindre. Mais il repart avec sa propre voiture, car la voiture de Denis, il est préférable qu’il ne la conduise pas, bien que maintenant il soit rangé ait juré à Denis qu’il ne recommencerait plus jamais ses larcins. Il lui doit une fière chandelle et France lui a assuré qu’il ne serait pas oublié lorsque le moment sera venu. Il ne comprend pas ce que tout cela veut dire, mais il leur fait confiance. Depuis qu’il les connait, sa vie a complètement changé.

Denis appuie sur la sonnette, car comme il dit, il aime bien le bruit qu’elle fait, c’est une jolie mélodie. Léa entrouvre sa porte et est heureuse de les voir, mais il manque France, elle s’en étonne. Victoria lui explique que dans la semaine elle avait découvert des formules chimiques et que France voulait s’assurer que ce n’était pas celles de son père. Elles vont attendre son retour pour en savoir davantage. Après les formules d’usage, Léa leur demande si tout s’est passé comme prévu. Il leur semble, en tout cas que personne ne se soit mis au travers de leur chemin. Maintenant, il faut que France puisse en faire tout autant, après il leur suffira d’ouvrir le coffret… Espérons qu’il leur dévoilera son secret.

–       Quoi qu’il en soit, ajoute Rodolphe, personne ne nous a suivis.

Ce qui les fait tous rire, ils  se croient dans un épisode d’un feuilleton de la télévision. En attendant que France revienne ils papotent. Il est grand temps que Rodolphe aille chercher France qui vient de les appeler. Elle est fin prête, l’ensemble du personnel était parti plus tôt que d’habitude, mais c’était ce qu’avait remarqué Victoria. Dès qu’un des deux n’était pas là, les autres quittaient leur poste. Comme on dit « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ».

–       Dès que France sera là, vous irez dans le salon et vous ouvrirez le coffret, nous vous laisserons seules, c’est la vie de votre père, sûrement des secrets, j’espère que vous trouverez des réponses à votre vie.

Enfin les voici, Rodolphe précède France, cette dernière semble être épuisée. Il faut dire que tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Au moment où elle allait prendre l’ascenseur, elle s’était retrouvée nez à nez avec leur cousin qui lui avait asséné quelques mots car il était fort étonné qu’elle ne soit pas allée chez son dentiste. Et d’un ton goguenard, il lui avait demandé où était son chevalier servant et son chauffeur privé et il avait ajouté :

-J’ai dû vous payer un peu trop pour que vous puissiez vous promener dans une Maserati flambant neuve.

Elle lui avait rétorqué :

–     Payer certes, mais non déclarer, donc nous sommes quittes.

Et sur ce elle avait pris la poudre d’escampette, le laissant la bouche ouverte, car c’était la première fois qu’elle lui faisait ce genre de réponses.

Le coffret (chapitre 12)

 

 

France, assise devant son miroir, réfléchissait aux événements tels qu’ils se déroulaient depuis 6 mois. Certes ce n’était pas très honnête mais dans cette histoire qu’est ce qui était normal ? Rien !

 

Son père était toujours porté disparu, mais depuis ce temps, il était fort improbable qu’il soit encore vivant. L’avait-on tué, ou fait disparaître comme le pensaient Victoria et un tantinet France ? Ou, comme osaient le dire depuis quelques temps ouvertement les salariés du laboratoire, ne pouvant faire face aux problèmes de la Société, s’était-il donné la mort ? Il y avait tant de raisons possibles à cette longue attente. Mais aucune ne seyait à ses filles.

Alors, il avait fallu se décider à passer à une vitesse supérieure, il ne leur restait plus qu’à opérer au nez et à la barbe de Fabien pour s’introduire dans le bureau du patriarche, comme il était encore indiqué aujourd’hui sur la porte. Tout avait été longuement mûri et organisé par France et Victoria, aidées en cela par Léa. Il avait fallu tout d’abord introduire le loup dans la bergerie afin d’espionner les faits et gestes de leur cousin. Victoria, forte de ses résultats obtenus à l’école prestigieuse de Lyon, n’avait pas eu de mal pour se faire embaucher par Fabien Delmas. Mais si elle était venue comme une fleur en lui disant « je suis Victoria Delmas », elle n’aurait eu aucune chance. Aussi avait-elle falsifié son diplôme, la seule chose qu’on lui avait demandée. Comme elle était en CDD et qu’elle connaissait très bien les méthodes de son cousin, elle savait qu’il n’allait même pas la déclarer à l’URSSAF ni du reste à quoi que ce soit, elle ne ferait pas sa fine bouche, elle n’était pas là pour faire des vagues, mais pour observer son cousin et voir quelles étaient ses habitudes. Il lui avait seulement demandé son diplôme et avait émis un sifflement en découvrant ses résultats, à part ça, il lui avait dit qu’il la payerait d’une somme coquette de la main à la main, et que si dans 6 mois elle faisait l’affaire, il l’embaucherait définitivement sous un nouveau contrat. Victoria s’appelait depuis six mois Elise Donat, elle avait mal orthographié le nom de Léa, mais qu’importe puisque tout le reste était faux. Elle s’était entourée de toutes les garanties, elle faisait partie d’une troupe de théâtre avec laquelle elle avait appris à se grimer et à se fondre dans la foule. Le subterfuge durait depuis la moitié d’une année, mais c’était un travail facile pour elle. Ce qui l’était moins, c’était de faire attention à tout, de ne pas reprendre les gestes et les tournures de phrases dont elle avait l’habitude. Aussi, deux jours par semaine, c’est France qui la remplaçait, de manière à ce qu’elle puisse souffler. Fabien ne s’était jamais rendu compte de rien, il les avait  confondues puisque il n’avait jamais fait une seule remarque.

 

Tout cela va bientôt se terminer, mais auparavant il fallait que Victoria et France se retrouvent en même temps dans le bureau et elles avaient décidé que c’était cet après-midi. Depuis six mois que Victoria travaillait, c’est la première journée où elle se retrouve seule ; son cousin est parti sur Paris pour rencontrer une haute sommité. Elle ignore qui cela peut-être, et elle n’a même pas cherché à le savoir. Ce qui lui importait c’est que France puisse récupérer son coffret, au moins cette mascarade s’achèverait.

Elle attendait avec impatience l’arrivée de son ami Denis, le frère aîné de Léa, qui allait l’aider à déplacer le portrait du patriarche qui était fort lourd. Il ne devrait pas tarder. Comme c’était la première fois qu’il venait, il faudrait qu’il montre patte blanche, mais la jeune fille de l’accueil ne devrait pas poser énormément de questions. Enfin l’interphone sonne, et Victoria qui vient d’entrer répond. Denis est annoncé comme étant  son frère, elle ne cherche pas à la tromper, elle lui demande de le laisser monter.

Il ne faut pas perdre de temps, les employés et chercheurs pourraient s’étonner que les volets intérieurs restent fermés si longtemps. Il ne faudrait pas que l’un d’entre eux se montre un peu trop curieux. Le lourd portrait se trouve au sol et, comble de la surprise, le coffre-fort est entrouvert et ils  constatent qu’il a été forcé. Cela a dû se passer récemment, car Victoria avait vérifié pas plus tard que la semaine passée qu’il n’avait pas été ouvert. Cela voulait dire que les événements se précipitaient et cela confortait l’idée émise par Victoria que son papa avait dû parler, si tant et si bien qu’il ait été kidnappé, comme certains de la Famille avaient l’air de penser.

L’idée faisait son chemin dans toutes les têtes. Mais Si Fabien en était l’instigateur il n’avait jamais rien laissé paraître. Quels comédiens dans cette famille pensait Denis, mais en ce qui concerne sa fiancée, c’était louable, elle ne récupérait que ce qui lui était dû. Si Fabien a kidnappé son père, là c’est fort grave, mais ils n’en n’étaient que dans des suppositions. Enfin, le coffret est bien là, il a lui aussi subi quelques détériorations, mais personne n’a réussi à l’ouvrir. Maintenant il va leur falloir s’en aller chacun à leur tour, mais il faut le faire pendant que les employés ne sont pas tous revenus de la pause.

S’il leur prenait l’idée de sortir ensemble, les deux sœurs feraient sensation, mais elles se découvriraient un peu trop tôt. Elles avaient échafaudé un plan parfait, il ne fallait pas se griller avant que le mot fin soit écrit. Leur cousin devait être mis devant le fait accompli, lorsqu’elles seraient certaines d’avoir gagné. De plus si dans le coffret il n’y avait pas ce que toutes deux espéraient, Victoria donnerait sa démission sur le champ et adieu l’espoir d’être la DRH de sa sœur France. Mais on n’en était pas là.

Le coffret est assez important, il est en bois et tout sculpté. Ce n’est pas du travail d’amateur, c’est un bel ouvrage fait main. France veut être certaine qu’elle emporte bien le coffret déposé par son père, pour cela, elle ôte de son cou la fine chaîne d’or que Denis lui avait passé autour du cou cinq ans auparavant. Elle introduit la clef dans la serrure et la tourne. Rien ne se produit. Il ne faut pas s’affoler, elle essaye à l’envers, son père a sûrement eu cette idée de monter la serrure à l’envers. En effet le coffret s’ouvre.

Mais c’est à ce moment-là que la ligne privée de Fabien Delmas sonne. Victoria répond. C’est son patron qui lui annonce son retour pour la fin de la soirée, et il ajoute j’aimerais que vous soyez présente, je pense être là aux alentours de 18 h. Victoria est fort contrariée, ne sachant quoi lui répondre, elle prend la première idée qui lui passe par la tête et lui dit

–        Je ne pense pas être présente, j’ai un fort mal de dents, je vais aller consulter mon dentiste. 

Elle sent dans la voix de Fabien une espèce de doute, et elle ajoute

–        Je serai là demain matin, à l’heure qu’il vous plaira.

Il n’a vraiment pas l’air content, et il lui débite un flot d’injures, comme lorsqu’enfant il les insultait, il y a entre eux deux un moment de flottement, puis Victoria reprend plus rapidement que lui sa maîtrise et lui assène ces quelques mots :

 

–       Monsieur Delmas, je n’ai jamais failli à mon devoir et vu le peu de considération que vous avez à mon égard, je pense que je mettrai rapidement un terme à notre collaboration.

Fabien est surpris par la réponse de sa secrétaire et il ne peut que bredouiller un « je m’excuse » qui ne fait ni chaud ni froid à Victoria.

Elle raccroche et éclate de rire de l’avoir remis à sa place façon Victoria Delmas. C’est la première fois qu’elle se permet cette incartade. Mais il a vraiment exagéré, son rendez-vous a dû mal se passer pour qu’il lui ait aboyé au visage.

Une absence qui s’éternise (chapitre 10)

Bonjour à mes lecteurs,

Je vous ai mis l’intégralité du chapitre 10 car je dois m’absenter 3 à quatre jours la semaine prochaine. Cela me donnera le temps de transcrire l’ensemble de mes notes de mon cahier à mon ordinateur et dès que je rentrerais vous pourrez continuer à découvrir mon roman. Et à la fin je vous offrirais en prime le titre de mes écrits car je l’ai enfin trouvé…C’est un peu contraignant  de regarder qu’il n’existe aucun ouvrage ayant déjà ce titre. Même si les histoires sont différentes deux titres semblables c’est interdit.

Excusez-moi pour la longueur, mais j’espère que si l’histoire vous plaît et j’en ai l’impression vous ne verrez pas la longueur. De plus cela va dans le sens que vous avez l’air d’attendre.

 

 

Selon la volonté de leur maman et avec l’accord de leur père, la maman de France se trouve depuis le début de l’année scolaire dans une maison de repos à l’écart de Lyon. Cette maison se trouve dans les Monts du Lyonnais dans un charmant village qui se nomme Saint-Martin-en-Haut. C’est là que le chauffeur les dépose en ce début d’après-midi. Sa chambre est au rez-de-chaussée, elle a une porte-fenêtre qui donne sur un immense parc aux arbres à essences variées. En ce début d’après-midi la maman de France fait la sieste et ne s’attend pas à voir sa fille accompagnée de sa demi-sœur dont elle a appris l’existence par son mari qui est parti affronter ses démons, enfin c’est ce qu’elle pense, car il a été fort évasif au téléphone pas plus tard qu’hier matin.

Quand France accompagnée de Victoire arrive, elle voit que sa maman dort dans un fauteuil relax sur la terrasse. Comme à son habitude elle a une longue robe blanche avec un manteau de la même couleur ; sur sa tête un chapeau blanc qui la protège des rayons du soleil. Elle paraît tellement fragile pense France en la voyant assoupie. Ce blanc la rend diaphane se dit-elle. Elles essayent de faire le moindre bruit possible, mais hélas les gravillons du chemin réveillent la belle au bois dormant comme pense à ce moment Victoire. La maman de France soulève lentement son chapeau qui la protège des rayons du soleil de cette semaine Pascale, et elle rosit de plaisir en voyant que s’avance sa fille adorée. Elle pense de suite que la fillette qui l’accompagne est forcément Victoire née du premier amour de son mari.

–       Ma petite chérie, quel plaisir tu me fais, mais tu m’avais annoncé ta venue pour demain, je ne suis pas présentable. Toi, tu dois être Victoire.

Victoire apprécie la douceur de la maman de France et est même étonnée de sa gentillesse, après tout elle n’est que la demi-sœur de sa fille. Mais Luce ne parait pas du tout gênée par la présence du fruit de l’amour de son mari, au contraire, on dirait qu’elle la considère comme  sa propre fille. Elle l’embrasse chaleureusement, ce qui fait naître au bord des cils de Victoire, quelques larmes, qu’elle réprime rapidement. Personne ne doit voir qu’elle est émue. Mais la maman de France s’en est aperçue et elle lui tend un merveilleux mouchoir blanc pour qu’elle puisse s’essuyer les yeux, et lui fait comprendre qu’elle peut le garder. Ce qui met un sourire sur les lèvres de France, elle reconnait bien sa mère, elle a toujours distribué ses mouchoirs en fine batiste.

Luce Delmas s’intéresse énormément au travail scolaire des deux fillettes, elle leur pose les questions d’usage, félicite dans un premier temps sa fille pour ses résultats scolaires, et encourage Victoire pour sa progression tout en l’entourant d’affection.

–       Et bien je pourrai dire à votre père que vous avez bien travaillé en classe, il sera fort heureux.

–       Maman, pourquoi papa ne rentre pas, son travail l’attend et il laisse Fabien s’en occuper, je pensais que c’est ce qu’il ne voulait pas.

 

–       Ton papa, il faut le comprendre,  a appris en même temps que Victoire était sa fille, il l’ignorait complètement, et il s’en veut énormément d’avoir cédé à son père il y a plus de 12 ans.Quant à son travail il a préféré le fuir, il est en ce moment au Bénin où il va essayer avec ton parrain de mettre sur pied un laboratoire pour faire des recherches sur des vaccins. Mais votre Grand-Mère s’y oppose un tantinet,  je n’en connais pas la raison. Ici en France il doit aussi essayer de savoir qui lui veut du mal au sein de son propre Laboratoire, il y a eu des vols, et le pire de tout il a subi de la part de Fabien de nombreuses suspicions. Aussi,  comme il ne se sent pas dans l’état de travailler, sa mère lui a ordonné de prendre du repos et de revenir quand il aura mis ses idées en ordre. D’où son départ précipité vers son frère. Et votre grand-mère a donné les rennes à Fabien, ce qui contrarie ton père.

 

–       Mais Fabien a licencié le papa de Rose, la petite fille de la cuisinière de Bonne Maman, pourtant il faisait bien son travail, papa disait toujours « c’est un gardien exemplaire. » Maintenant qu’il est loin de nous il est  gentil, alors qu’avant son départ il me malmenait et m’envoyait promener à tout moment.

 

–       Avant son départ ma fille chérie, il venait de savoir que l’on avait besoin de lui aux USA, et il se demandait ce qui se passait, puis quand il s’est retrouvé avec vous Victoire, il n’a pas su comment assumer, il vous a même poussée à parler vous-mêmes à France, ce que en d’autres temps il aurait assumé seul. Mais je ne puis vous en dire davantage mes chéries. Par contre France, j’ai reçu pour toi une lettre de ton papa, tu ne dois jamais communiquer ce que tu trouveras à l’intérieur à qui que ce soit, sauf à ta sœur.

A mots couverts, la maman leur dit que c’est la formule pour fabriquer les deux parfums homme et femme. Mais chut, elle n’a rien dit.

–       Venez rentrons il fait frais !

A l’intérieur elle se dirige vers une pile de linge et derrière se trouve une lettre d’où s’échappent des effluves fort agréables ; le tout est plié avec un ruban rouge, il tombe à terre une feuille fine, et dessus, il y a l’écriture de son mari.

–       Il faut que tu la mettes dans un endroit où personne n’en prendra connaissance, ou bien tu devrais la donner à Victoire, ta grand-mère n’ira pas regarder dans ses affaires.

 

–       Quel honneur vous me faites Madame.

 

–       Oh ! Non pas Madame, si tu ne peux pas m’appeler Maman ce que je comprendrais, dis-moi Luce.

 

 

–       Merci Maman Luce.

L’après-midi est allé fort vite, France a remis la lettre à Victoire et a laissé le petit mot et le ruban à sa maman. Elle ouvrira le courrier seulement quand elles seront en sûreté chez Monsieur Donnât, le papa de Léa. L’infirmière qui suit la maman de France les a remerciées de leur visite et leur a même dit de revenir plus souvent car elle avait trouvé Madame Delmas très calme. Mais France et même Victoire s’était rendu compte qu’au fur et à mesure qu’approchait la fin de leur rencontre, elle rentrait dans son mutisme et ses yeux presque violets se voilaient de tristesse.

Quand elles sont rentrées à la grande Maison, Fabien était encore là et discutait âprement avec leur grand-mère. Dès qu’elles ont toutes deux franchi le seuil, il y a eu comme un grand silence qui a mis tout le monde mal à l’aise. Et comme par hasard dans leur monde où rien ne devait sortir, elles  ont appris le soir même que Fabien jouait un drôle de jeu. Après le repas auquel assistait Fabien, la grand-mère et le petit fils s’étaient, comme à leur habitude depuis des années, retirés dans le bureau de Bon Papa qui était depuis celui de sa femme, mais tout le monde le nommait ainsi depuis 10 ans. Les fillettes, curieuses comme elles étaient et sentant que l’atmosphère s’épaississait, avaient décidé d’aller dans le boudoir vert attenant au bureau et là, l’oreille collée à la paroi du mur du placard, n’avaient pas perdu une miette des manigances de leur grand cousin.

–       Bonne Maman tu m’as demandé de prendre un détective privé et suivant tes recommandations je lui ai donné carte blanche. Voici ce qu’il vient de découvrir. Il a suivi Oncle François depuis qu’il a déposé sa fille  Victoria, et non Victoire comme vous l’appelez, à l’internat où se trouve France. A partir de ce moment il ne l’a pas quitté d’une semelle. Il s’est envolé à nouveau pour les USA, régler les affaires courantes à la fois chez la mère de la petite et à la fois au laboratoire. Le poste resté vacant par Madame Gerry n’avait plus besoin de personne, compte tenu que le laboratoire a fermé ses portes, il a donc licencié l’ensemble des chercheurs. Certains sont donc revenus en France, comme tu le sais, et ils devaient intégrer le laboratoire, mais je ne les ai pas gardés, c’étaient les yeux et les oreilles de François je n’en n’ai pas besoin.

 

–       Tu as largement exagéré, je te l’ai du reste dit il y a quelques temps, mais comme le Laboratoire tourne bien, je ne t’en fais pas griefs.

 

–       Merci Bonne Maman de m’accorder votre confiance, car mes oncles et ma tante n’ont pas l’air d’être d’accord avec vous. J’espère que les petites pestes n’informeront pas vos autres enfants.

–       Justement j’ai prévenu Monsieur Donnât, il va venir les chercher demain au plus tôt. Il est comme tu sais Commandant dans la Marine Française mais il a été légèrement blessé lors d’un entraînement et il a un repos de trois mois voire plus. Il ne m’a posé aucune question, mais de cette manière tu auras les coudées franches.

 

–       Merci ! Bon je termine et après je filerai dormir, je le mérite bien. Donc il est allé se mettre au vert chez son ami de promotion. Il y a quinze jours il est sorti et c’est là que le détective a perdu sa trace, mais auparavant il a posté 7 lettres. Or à ce jour, après que Luce ait répondu qu’elle en avait une, la vôtre, celle de vos deux fils et de votre fille et la mienne, je ne vois pas qui a reçu la septième. A moins que ce soit France, mais hier elle ne l’avait pas sur elle, j’ai fait vérifier ses bagages quand elle était avec nous au mini Conseil de Famille.

 

–       Ma petite France a gardé son sac à dos, c’est certainement là qu’elle a mis cette lettre, avant qu’elle ne parte demain matin, il va falloir que je trouve cette lettre. As-tu pris connaissance de celle de Luce ?

 

–       Oui, mais cela n’a rien à voir avec l’entreprise, ce sont des banalités de couple.

 

–       Elle a accepté que tu  la lises ?

 

–       Pas vraiment mais je l’ai menacée.

 

–       Fabien, je ne veux rien savoir de tes manières.

C’est à ce moment-là que le téléphone a sonné dans le bureau et les deux fillettes se sont empressées de disparaître, craignant que Fabien en profite pour aller à l’extérieur, vu quel’appel ne le concernait  pas, chercher des verres comme souvent il le faisait.

En arrivant dans la chambre, elles ont réfléchi où cacher l’écrin ainsi que la lettre de leur papa qui leur était destinés. Car les menaces de Fabien étaient fort claires, il avait tout vérifié ce matin, il ne s’était pas sali les mains, il l’avait fait faire par un homme de main ou son détective, ceci elles l’ignoraient toutes les deux. Plus elles réfléchissaient plus elles pensaient qu’il viendrait pendant leur sommeil. Ne pas dormir n’était pas la bonne solution. Mais où tout cacher ?  Une idée vint à France, elle allait mettre le tout dans la grosse plante sur le balcon extérieur, elle allait faire un trou, le reboucherait et remettrait sur le dessus les petits copeaux de bois de manière que personne ne trouve qu’il y avait quelque chose d’anormal. Toutes les plantes de la grande maison avaient des copeaux de bois. Mais auparavant elle enveloppa l’écrin, la lettre dans la robe d’une de ses poupées qui trônait sur la cheminée, dans la chambre de son père.

Rapidement, aidée de Victoria, c’est ainsi qu’elle l’appellera désormais, vu que c’est celui-là son vrai prénom, elles ont réussi, avant le retour de Bonne Maman, à tout remettre en place et à fermer les persiennes, de manière que leur cousin ne puisse se rendre sur le balcon au cours de la nuit. L’essentiel était de se montrer étonnées si leur Grand-Mère les avertissait de leur départ imminent pour se rendre chez Léa, et de ne jamais regarder vers la fenêtre pendant qu’elle leur parlerait. Mais lorsque Bonne Maman est montée, elle leur a demandé de l’accompagner au rez-de chaussée, elle avait quelques choses d’important à leur dire. Elles ont eu beau prétexter qu’elles avaient sommeil, elle s’est montrée inflexible. Toutes les deux ont bien compris ce qui allait se passer. En effet, tout en descendant, suivies de leur Bonne Maman, elles ont croisé Fabien qui sifflotait, accompagné d’un inconnu. Mais elles n’ont pas osé poser une seule question et se sont bien douté de ce qu’il allait faire. Toutes les deux, sans se concerter, ont espéré que leur cachette était un lieu sûr.

Après que leur grand-mère les aient averties de leur départ dès demain chez les Donnât, elle a discuté de leur travail scolaire, mais ne semblait pas totalement intéressée par leur réponse, ce qui n’était pas étonnant compte tenu de ce que les deux fillettes avaient entendu. Elle attendait le retour de Fabien, qui est réapparu plus d’une demi-heure plus tard. A sa tête, et devant sa négation en regardant sa grand-mère, toutes deux ont compris que leur cachette n’avait pas été découverte. Leur cousin est parti, suivi de son acolyte qui était certainement son détective privé. Il a serré leur Bonne Maman dans ses bras et est sorti sans regarder ses cousines.

Ces dernières, pressées de se rendre dans leur chambre, ont pris congé de leur Bonne Maman et l’ont regagné rapidement pour essayer de dormir. La nuit a été dure pour France, Victoria a bien dormi, c’est tout au moins ce qu’elle a dit à France le lendemain. Cette dernière s’est demandé pourquoi sa grand-mère n’était plus la même, et  c’est pendant la nuit qu’elle a décidé de lui dire qu’elle avait eu son père au téléphone pas plus tard  que la semaine dernière. Ce qu’elle avait caché à tout le monde. Aussi, connaissant les levers matinaux de sa grand-mère, France est descendue dès six heures du matin. Sa grand-mère déjeunait tranquillement dans le patio à peine éclairé. C’est à ce moment-là que France l’a trouvée, pâle et les traits tirés, elle a sursauté en voyant apparaître une de ses petites filles.

–       Bonjour, ma petite France, tu es tombée de ton lit ?

 

–       Non Grand-Mère, mais j’ai mal dormi, il fallait que je vous confie quelque chose, surtout que nous n’aurons plus l’occasion de nous voir avant cet été.

 

–       Qu’as-tu à me dire mon enfant ?

 

–       Papa, je l’ai eu au téléphone la semaine passée, je ne l’ai dit à personne, vous êtes la seule désormais à le savoir. Je ne l’ai même pas dit à Maman.

La Grand-Mère ne lui a  pas répondu, elle a juste fermé les yeux et lui a dit :

–       Merci, mais maintenant retourne te coucher.

France est bien retournée dans la chambre, Victoria était réveillée et elle attendait sa sœur. Elles avaient déjà récupéré la lettre et le coffret qui détenait cette fameuse clef. C’est à ce moment-là qu’elles ont entendu des cris dans le bas de la maison. C’était la femme de chambre de leur grand-mère. France est sortie dans les escaliers pour voir ce qui se tramait.

–       Mademoiselle France, appelez le Samu, votre grand-mère a eu une crise cardiaque !

 

 

Fin de la première partie

La révélation (chapitre 8 suite)

 

 

 

–       Bonjour France, asseyez-vous toutes les deux. J’ai déjà vu Victoire, vous a-t-elle parlé ?

–       Oui Madame, mais ce matin j’ai reçu un  courrier de papa et je vois qu’il est étonné que je ne lui parle jamais dans mes courriers de la venue de Victoire. Au vu de ce que vient de me dire Victoire je comprends son sous-entendu, il ne voulait pas me l’annoncer lui-même, il espérait que Victoire me le dirait elle-même.

Et, à ce moment France se tourne vers Victoire et l’apostrophe  car elle est en colère :

–       Pourquoi as-tu eu ce comportement avec moi et surtout pourquoi m’avoir fait tant souffrir ? J’ai toujours rêvé d’avoir un frère ou une sœur je t’aurais accueillie les bras grands ouverts. Pourquoi ne m’avoir rien dit ? Pourquoi ? Papa espérait tellement que nous devenions amies avant de découvrir notre lien de parenté.

Dans le bureau on pourrait entendre une mouche voler tant le silence est pesant, puis tout-à-coup les deux fillettes éclatent en sanglot ; aussi bien pour l’une que pour l’autre, la tension ses derniers temps a été rude. La directrice ne dit rien, elle pense que France sera capable de prendre sur elle et d’accepter cette sœur qui lui tombe du ciel, quant à Victoire il lui faudra mettre sa fierté dans sa poche, mais vu qu’elle pleure autant que sa sœur, elle pense à ce moment qu’elle a franchi un grand pas. Aussi c’est sur la pointe des pieds qu’elle laisse les deux sœurs faire plus ample connaissance, elles ont certainement beaucoup de choses à se dire.

–       J’étais jalouse de toi France, tu avais eu notre père et moi pendant mon enfance je n’ai eu que ma maman, qui est morte, emportée par un cancer. Elle ne m’avait jamais parlé de notre père, elle était fort évasive, mais jamais elle n’a dit du mal de lui, elle parlait de circonstance malheureuse. Depuis qu’elle est partie j’ai été livrée à moi-même, j’étais avec une tutrice que ma mère avait désignée avant de s’en aller à tout jamais. Elle était gentille mais ne connaissait rien aux enfants, et puis il y a eu l’ouverture de ce testament et là tout a basculé. J’ai rencontré notre père à New York, chez un homme de Loi qui a ouvert un testament et qui m’a présentée à mon père. Lui ne savait même pas la raison pour laquelle il était convoqué, je pense qu’il s’en doutait, mais ma mère ne lui avait jamais rien dit, et pourtant elle travaillait pour les Laboratoires Delmas comme chimiste.

–       Comment ta maman a rencontré Papa ?

–       Non seulement  Papa, mais aussi tes oncles et ta tante, car ses parents, mes grands-parents étaient employés chez ton grand-père et ta grand-mère. Ma grand-mère était cuisinière et mon grand-père chauffeur. Le jour où ton grand-père a empêché ses fils, d’abord son fils aîné qui s’est tué par la suite car il aimait lui aussi ma mère à la folie, et ensuite notre père, à avoir une relation avec ma mère, mes grands-parents  maternels ont quitté Bonne-Maman qui était veuve à la suite de la crise cardiaque de Bon papa.

–       Oui, je sais que Bon Papa est mort quand il a appris que son fils aîné s’était donné la mort, mais jamais il ne nous a été dit la raison.

Dans la pièce, le silence s’est fait entre les deux fillettes ; la directrice, qui attend dans la pièce voisine, hésite à les déranger. Passé ces explications de la raison pour laquelle elles sont sœurs, il faut que l’abcès éclate concernant la vie que Victoire a menée à sa sœur.

–       Tu te rends compte Victoire tu es là depuis deux mois et tu n’as même pas essayé de faire un pas vers moi, tu n’as même pas pris la peine de dire à Papa que c’était plus difficile que tu ne pensais, mais surtout tu as été très méchante avec moi, tu m’as poussée dans les escaliers, j’en ai eu le poignet cassé, tu ne t’es même pas excusée alors que tu aurais pu le faire. Certes tu es ma sœur mais tu dois te comporter différemment sinon je ne donne pas cher de notre fratrie.

–       France, j’espère que tu me pardonneras, car papa m’a donné une mission, je dois te protéger. Puisque je vide mon sac, il faut que tu saches que c’est moi qui ai fracturé ton armoire et que c’est bien entendu moi qui ai mangé ta tablette de chocolat. Je te demande pardon pour ce que j’ai fait et surtout j’espère que nous arriverons à ressembler à des sœurs.

La directrice profite de ce moment assez tendre entre les deux fillettes pour revenir, et elle les invites à se prendre dans les bras. Ce qu’elles font avec beaucoup de promptitude, un sourire naît sur chacun de leur visage. Ce n’est pas encore gagné, pense la directrice mais elles viennent de faire un grand pas en avant. Puis, doucement, elle les met à la porte et les invite à rejoindre leurs amies, et elle insiste sur le mot ami. Pendant que les fillettes se passent un peu d’eau sur leur visage bouffi, la directrice en profite pour rejoindre Léa qui n’a pas quitté son banc, sautant par la même occasion le premier cours du matin. La directrice comprend très bien la raison, elle va se retrouver entre France et Victoire, mais elle a une grande capacité d’écoute, elle s’en est rendue compte depuis qu’elle a rejoint l’internat, et elle chérit France. Elle va être capable d’aimer Victoire, elle se doute que c’est elle qui a mené la punition contre Victoire, il lui faut à tout prix lui en toucher un mot avant que ses camarades la rejoignent.

–       Alors, Léa, vous avez manqué le cours d’histoire géographie de ce matin, il faut dire que le paysage a de quoi vous laisser rêveuse, mais je vous invite à rejoindre le cours suivant et profiter des quelques minutes qui vous en séparent pour être présente auprès de votre amie et laisser une chance à Victoire de se reprendre, elles ont toutes les deux beaucoup de choses à vous dire.

–       Je pense Madame la Directrice que j’ai compris à mi mot, France et Victoire ne seraient-elles pas sœurs ? Car avant d’aller vous voir, je leur ai trouvé une forte ressemblance, il faut dire que toutes les deux pleuraient.et que Victoire n’avait pas cet air renfermé qu’elle affiche depuis son arrivée.

Mais la directrice ne lui répond pas car les deux sœurs arrivent, elle remet juste un bon d’absence pour chacune d’entre elles pour la deuxième heure du cours d’histoire géographie. Léa les voit arriver main dans la main, et elle en sourit, elle avait raison.

A midi au moment du petit déjeuner tout l’internat est réuni car la directrice veut profiter des évènements pour leur rappeler que l’on ne fait jamais justice soi-même. Même si tout peut conduire à une vengeance, celle-là aurait pu tourner au drame si Victoire avait été cardiaque. Elle en profite pour leur annoncer que France et Victoire viennent de découvrir qu’elles sont sœurs. La directrice ne fait aucune allusion concernant l’attitude de Victoire, seule Léa est au courant mais elle saura tenir sa langue.

Au travers de ses larmes, Victoire esquisse un sourire, la vie va redevenir normale. Le soir un appel téléphonique de Bonne Maman les informe toutes les deux que pour les vacances de Pâques elles seront à la grande maison la première semaine et quant à la seconde, Monsieur Donnât les récupérera toutes les deux pour qu’elles passent une semaine de vacance à la mer en compagnie de Léa et Denis.

A la suite de cette annonce les trois fillettes sautent de joie et attendent avec impatience la fin de la semaine.

La révélation (chapitre 8 )

Après les événements de la nuit, Victoire avait traîné au lit, puis sous la douche et c’est d’un pas lourd qu’elle avait rejoint l’ensemble de l’internat qui déjeunait dans un joyeux brouhaha. Les langues allaient bon train, chacune semblait tout savoir sur la manière dont s’étaient déroulés les événements de cette nuit. Toutes y allaient de leur remarque. A part les instigatrices, peu savaient ce qui s’était  réellement passé.

Victoire en arrivant vit la porte fermée, mais elle pensait pouvoir se glisser anonymement dans la salle à manger et gagner une place libre. Hélas, rien ne se passa comme elle l’espérait. A son entrée, la salle a oscillé entre le fou rire et le silence. C’est le silence qui l’a emporté, un silence hostile, qui pouvait glacer le sang de Victoire, qui, à ce moment-là s’est sentie jugée par toutes les internes. Elle a gagné rapidement sa place et s’est assise sous le regard de centaine d’yeux méprisants. Elle qui pensait que peu seraient au courant, là, il lui fallait bien s’avouer que c’était peine perdue. Puis petit à petit alors qu’elle restait figée sur sa chaise, les conversations ont repris, mais malgré tout elle se sentait la cible de toutes les élèves de la sixième à la terminale. De plus elle ressentait en son for intérieur une grosse humiliation. Tout en déjeunant du bout des lèvres, elle savait que la directrice l’attendait, qu’allait-elle lui dire ? Qu’allait-il se passer ? Elle voyait bien que c’était elle qui allait faire les frais de cette aventure. Elle qui avait été enfermée, et non celles qui l’avaient enfermée. Elle ne pourrait être renvoyée, son père s’y opposerait, il avait tellement de travail, la preuve il l’avait déposée là en pleine nuit comme un paquet. Ce père dont elle avait rêvé alors qu’elle était enfant, et qui venait d’apparaître dans sa vie, ce père qu’elle avait idéalisé et qui brutalement lui était revenu…Bien sûr il ne savait rien, sa mère avait caché sa grossesse à tous. Mais il n’était pas l’homme dont elle avait enjolivé sa vie étant enfant. Son prince charmant, c’était un homme beau qui possédait les mêmes cheveux qu’elle, mais ses yeux étaient d’un vert comme la mer un jour d’été. Ce père qu’elle n’avait vu en tout et pour tout que quinze petits jours et qui, brutalement lui avait fait quitter les Etats Unis où, selon ses dires, rien ne le retenait, l’avait emmenée en France. A ce moment-là elle était encore accompagnée par sa tutrice, mais c’est lui seul, après l’avoir présentée à sa mère, qui avait décidé de l’emmener dans cet internat. Au grand dam de sa tutrice, seule sa mère avait compris. Quant à sa tutrice, elle s’était inclinée et avait compris la raison pour laquelle il la mettait dans cette pension, elle avait eu beau le supplier, il lui avait bien fait comprendre que c’était en attendant qu’il règle des affaires importantes, la meilleure solution. Elle sentait de la part de sa grand-mère une certaine animosité, Victoire en connaissait la raison, sa mère avait aimé ses deux fils, et le patriarche, son grand-père avait fait comprendre à ses fils que fréquenter cette femme c’était une mésalliance. Tour à tour il l’avait laissée sous la pression familiale. Seul son père avait affronté le patriarche, mais devant le courroux du vieil homme il avait cédé, tout en demandant à son frère de lui trouver une place dans leur société. Pour sa mère, cette place lui avait permis de garder la tête hors de l’eau surtout lorsqu’elle s’était aperçue qu’elle attendait un enfant de son amour d’adolescence. Et la suite, Victoire la connait, elle avait vécu dans l’ombre de ce père qu’elle ne connaîtrait jamais jusqu’au jour  où lors de l’ouverture d’un testament chez un notaire, Victoire avait appris les noms et prénoms de son père, et la possibilité à ce dernier de pouvoir la connaître et la reconnaître, chose plus importante aux yeux de sa mère. Sa maman était morte des suites d’un cancer.

Tout en allant à son rendez-vous chez la directrice, Victoire se souvient de son père lui expliquant qu’il lui demandait de faire connaissance avec sa petite sœur, et de lui dire qui elle était. Il savait qu’elle aurait un choc, mais elle avait toujours rêvé d’avoir un frère ou une sœur. Il lui avait demandé de lui dire tout son amour pour elle, et que bientôt ils vivraient tous ensemble. Victoire devait lui remettre une lettre en mains propres et non la mettre dans son casier comme elle l’avait fait. Elle avait aussi menti à ses camarades de chambre car elle n’avait pas voulu leur dire que cette mère qu’elle chérissait énormément était trop tôt partie, et, elle leur avait dit qu’elle était vivante.

Quant à France, elle lui ressemblait, sauf qu’elle possédait les fameux yeux verts de son papa. Toutes les deux étaient brunes avec de belles boucles, si France les avait gardées longues, ce n’était pas son cas, elle avait détesté ses cheveux, alors elle les faisait couper très courts,  maintenant elle en est certaine, elle l’allait les laisser pousser. Son père lui avait dit de l’informer dès qu’elle en aurait parlé à sa sœur, ce qu’hélas elle n’avait pas fait, elle ne lui avait jamais écrit.Tout en cheminant vers le bureau de la directrice, Victoire se souvient du moment où son père s’en est allé, il était venu avec elle pendant l’absence de France, pour justement  lui laisser sa chance de faire connaissance. Et elle avait tout raté. Il faut dire que son arrivée avait été assez chahutée par les filles de sa chambre, elles s’étaient un tantinet moquées d’elle, mais elle n’avait rien fait pour en rire avec elle. Et puis, quelle idée elle avait eue d’aller ouvrir, voire même forcer l’armoire de sa demi-sœur et craquer pour une maudite tablette de chocolat.

En attendant que la directrice l’appelle, elle descend dans la cour et se demande comment elle a pu devenir la pestiférée de cette école. Devant ses yeux il y a un paysage des plus beaux. Le Cervin tout auréolé de neige est si majestueux, que tout le monde succombe à ses charmes. Victoire admire sa dent rocheuse qui perce le ciel. Son papa lui a dit qu’il l’avait déjà gravi, elle rêve un jour de l’accompagner, ainsi elle le connaitrait davantage. Mais pour l’instant elle est appelée par la directrice, elle quitte la cour à contre cœur et va vers son inévitable punition.

Rien ne s’est passé comme elle s’y attendait, elle se sent en un sens fort soulagée ; mais comment faire maintenant, il lui faut aller vers France, la directrice lui a appris qu’elle avait reçu un courrier de Monsieur Delmas, s’étonnant du silence de ses filles l’une ne lui écrivant pas du tout et l’autre ne lui disant pas comment elle avait appris la nouvelle. Maintenant la directrice était dans la confidence, elle avait même proposé à Victoire une solution et lui avait demandé d’y réfléchir, la balle était dans son camps, c’était désormais à elle de faire le premier pas. Mais il fallait se dépêcher car France allait aussi l’apprendre de leur père. La lettre était arrivée, la directrice lui avait donné à peine une heure. Il lui fallait prendre le taureau par les cornes et ne pas tergiverser. Toutefois la directrice lui avait dit qu’elle avait eu une attitude déplorable et que ce serait long pour reconquérir l’amitié de l’ensemble de sa chambre dans un premier temps. Elle pensait que dès que France serait au courant, elle devrait lui pardonner, même si elle était allée un peu loin. Pour leur papa il serait préférable qu’elles tissent toutes les deux de nouveaux liens. Elle ne la punissait pas car elle trouvait que ce que ses camarades lui avaient fait, même si on ne fait jamais justice soi-même, était une punition qui lui permettrait de s’en souvenir toute sa vie.

Victoire est à nouveau dans la cour face au Cervin, cette montagne  qu’elle aime car elle la rapproche un peu de son père, qui la connait. Elle sanglote car le moment que son papa a voulu est enfin arrivé, il lui faut parler à France. Et là elle se sent toute petite, ce n’est plus la méchante, c’est une grande sœur qui a fait beaucoup de peine à sa petite sœur, même si cette dernière n’a pas la même mère qu’elle. Victoire n’a pas vu que dans la cour, plus loin, il y avait aussi Léa, qui s’est bien rendu compte que Victoire pleure. Elle ne sait si c’est la punition de la directrice ou alors si elle pleure de ce que ses compagnes de chambre lui ont fait subir, à moins qu’elle regrette, Léa ne sait qu’en penser ? Personne ne l’avait frappée, juste jetée dans une pièce noire et enfermée, du reste, elle pense que c’est surement Laure qui lui avait ouvert la porte ce qui jetait sur Victoire une suspicion comme si elle s’était punie elle-même. Tout à coup elle aperçoit France qui traverse la cour en courant, elle a dans la main une lettre. Mais sur son visage se lit un grand désarroi. De qui peut-être ce courrier ? Dès que France est auprès d’elle, elle lui tend son courrier et lui dit :

–       Tiens lis

Puis, sans un mot elle s’assoit et attend que Léa finisse sa lecture. Léa comprend assez rapidement ce que le père de France lui annonce bien que ce soit à mots couverts, mais elle préfère se taire et attend que France lui dise ce qu’elle en pense.

–       Tu sais Léa, il y a tellement de coïncidences et je me demande si…

Mais elle n’a pas le temps de terminer sa phrase, Victoire les a rejointes et Léa en les voyant larmoyantes, leur trouve une ressemblance. Elle avait bien compris, mais alors pourquoi Victoire s’est comporté de cette manière ?

–       France je te demande pardon de t’avoir fait souffrir et d’avoir eu ce comportement indigne de moi, Madame la directrice nous attend toutes les deux, veux-tu m’accompagner ?

 

–       Oui, mais tu n’as rien à me dire ?

–       Tu as raison, autant en finir tout de suite, France tu es ma petite sœur et je le sais depuis le jour où a été ouvert le testament de ma maman. Pardonne-moi, j’étais tellement jalouse de toi, tu avais eu notre père pendant 10 ans et moi je ne l’ai vu que quinze jours.

Léa, doucement s’éclipse, elles ont tant de choses à se dire, elle ne veut pas être entre-elles.

Elles s’éloignent, côte à côte mais pas encore mains dans la main, mais en fin limier Léa sait que ce n’est qu’une question de temps.

Faits troublants (chapitre 6) Suite

Désolée pour mon absence mais des événements imprévus ont fait que je me suis éloignée de mon blog..A présent tout est rentré dans l’ordre voici la suite du chapitre 6

 

 

 

Après la découverte de son armoire sens dessus dessous et de son verrou fracturé, France est prise d’une peur irraisonnée et se demande où elle va pouvoir cacher l’écrin que son papa lui a confié. Ne rien dire, oui, cela était possible tant que son armoire n’avait pas été mise en l’air, mais maintenant que faire ?

Elle avait beau chercher, réfléchir elle ne voyait rien, ni personne qui pouvait lui faire des suggestions. Il lui fallait se rendre à l’évidence, elle était bien obligée d’en parler à Léa. Son papa n’avait pas mentionné son amie, seuls les adultes ne devaient pasposer les yeux dessus. Après tout, ce n’était qu’une cachette et Léa aurait nullement envie de prendre la clef avec laquelle elle ne  pourrait rien faire, sa mamie, quant à elle aurait pu aller ouvrir le coffre, or son papa ne le voulait pas.

Dès que l’idée de le dire à Léa s’est emparée de son cerveau, aussitôt elle se sent à l’aise et comme libérée d’un poids, mais il va falloir le faire en douce et sans que personne ne se rende compte que toutes les deux ont un secret. Et surtout il va falloir trouver un emplacement  pour les semaines qui les séparent du retour de Léa chez elle, car il n’était pas question qu’en leur absence un autre vol soit commis. Une tablette de chocolat ce n’était pas grave, mais l’écrin de son papa devait être surprotégé. C’est seulement après le petit déjeuner, au moment où elles remontent dans la chambre pour se brosser les dents et prendre leur sac de cours que France demande à Léa une faveur, un moment d’attention afin de l’aider à cacher son écrin. Léa comprend de suite que c’est quelque chose d’important pour France, aussi dans un premier temps elle lui conseille de le glisser dans son armoire et de le déposer dans son sac de linge sale, elles aviseraient plus tard pour voir s’il y avait une place plus judicieuse. Plus la matinée filait, plus France était distraite par la trahison qu’elle avait faite à son papa. Il lui faudrait en reparler avec Léa pour avoir son avis. Elles auraient en début d’après-midi un temps libre, leur professeur d’anglais était malade, et comme personne ne pouvait la remplacer, elles avaient obtenu d’avoir une heure pour lire ou se reposer avant de partir au sport. Aussi, dès le repas, nos deux complices se sont rendues dans la chambre et telles des conspiratrices ont décidé de laisser l’écrin à cet endroit, car Léa a trouvé que cette place était excellente, qui viendrait fouiller ici, le linge sale, c’est personnel.

France a réussi à expliquer ce que son papa avait exigé d’elle, et Léa est arrivée à la même conclusion que son amie, vu que le père de France n’a jamais fait allusion à Léa, il y a de fortes chances pour qu’il ne lui en tienne jamais rigueur. Et puis, France lui dit-elle il faudrait que tu lui en parles, tu n’as vraiment pas intérêt, tu lui diras que la cachette est secrète. Et toutes les deux rirent de la facétie de Léa. Mais avant de quitter la chambre, elles décidèrent  de faire un pacte avec leur sang, Léa l’avait lu dans un livre, Ayant pris une épingle, elles se sont piqué le doigt, une goutte de sang a perlé, elles ont mélangé leur sang sur un mouchoir blanc, et l’ont déposé sur l’écrin en prononçant ses mots :«  A la mort, à la vie si tu me trahis tu es maudite. »

Puis, elles se sont enlacées, se sont embrassées et se sont dépêchées de rejoindre le cours suivant, personne ne les avait suivies, personne ne les avait remarquées, pour Léa comme France l’affaire  avait été menée de mains de maître.

Rapidement les évènements allaient leur faire oublier l’écrin, la petite vie tranquille qu’elle s’était forgée dans l’internat allait être mise à mal par des faits plus que troublants, voire même pour certains, dramatiques. Mais pour l’instant elles regagnent rapidement la salle de sport où les attend leur professeur d’EPS, qui paradoxalement à l’ensemble de l’équipe Educative est le seul homme ; de plus il est jeune et certaines en sont devenues folles amoureuses. Dans cette école comme dans d’autres, tout manquement est puni par une exclusion totale. Il n’y a aucun avertissement, c’est directement la porte. Léa et France n’ont jamais trouvé leur professeur beau, mais Victoire minaude tout le temps devant cet homme qui, imperturbable, continue de leur dispenser son cours. Aujourd’hui c’est volley, comme il sait l’amitié qui unit France et Léa, il décide aujourd’hui de les nommer capitaines d’une équipe différente, ce qui ne va pas sans mal, car elles ont les mêmes copines et leur choix va être fort dur. N’écoutant que leur bon cœur, elles vont homogénéiser leurs équipes respectives afin de donner la chance à toutes, mais un choix Cornélien demeure, qui va prendre Victoire ? Aussi c’est sans se concerter qu’elles attendent le dernier moment pour qu’elle puisse aller dans l’une ou dans l’autre. Comme c’est Léa qui a appelé la première c’est forcément France qui va l’avoir, mais ce dont elles ne se souviennent pas c’est qu’elles sont 13 dans leur classe de sixième edelweiss, comme le volley se pratique à 6 par équipe, Victoire n’a pas de poste. A sa mine qui s’allonge au fur et à mesure que les fillettes les appellent, elle comprend rapidement que les deux amies vont la mettre sur la touche, aussi se rapproche-t-elle du professeur pour lui demander de jouer et non de ramasser les balles, ce qui équivaudrait à la mettre sur le banc. Il faut dire que Marcus l’aime beaucoup cette demoiselle, l’avoir dans une équipe est fort intéressant car elle jouait dans un club là où elle était, et son professeur le sait. Aussi, avant la fin, il intervient contrairement à son habitude pour suggérer à l’une comme à l’autre de s’entourer des meilleurs éléments. Devant la mine contrariée de Léa comme de France, il prend les devants et l’impose à France. Si les yeux de cette dernière avaient été des pistolets il serait mort sur le champ. Mais comme il ne connait pas le degré d’animosité qui sépare les deux fillettes, il ne prête nullement attention au regard courroucé que lui jette France. Elle fait contre mauvaise fortune bon cœur, et annonce Victoria. Celle-ci jubile et en passant près d’elle lui susurre « Et toc » ce qui ne plait nullement à France qui se mord les lèvres pour éviter de l’apostropher. Le jeu commence et dans un premier temps se déroule très bien, grâce aux passes de Victoria la première manche est gagnée par l’équipe de France, la deuxième par celle de Léa, quant à la troisième, rien ne va plus, car France fait une remarque judicieuse à Victoire qui ne l’apprécie pas et prend à témoin le professeur qui n’a rien vu de la scène, donne raison à Victoire qui apprécie d’être glorifiée vis-à-vis de son ennemie. Mais France ne l’entend pas ainsi et prend le parti de Laure qui elle n’a commis aucune erreur. Mais Victoire s’en mêle et frappe avec le ballon la capitaine, un ballon lancé avec beaucoup de dextérité qui atteint France à la tempe et l’envoie au sol, étourdie. Elle peine à se relever et ne comprend pas pourquoi cette fille lui en veut à ce point. Le cours s’achève par la victoire de l’équipe de Léa, le professeur désavoue France en lui disant que dans le sport quoi qu’il arrive il faut rester fair-play, France ne dit mot mais n’apprécie nullement la remarque qu’elle ne mérite pas. Et elle en est certaine, car les élèves de troisième qui attendaient leur tour pour jouer, lui en font gentiment la remarque. Elles ont témoigné de ce que Victoire a fait, ce qui soulage un peu France qui pensait avoir été  trop sévère envers Victoire.

Décidément, cette nana en veut à France pense Léa tout en remontant vers les douches. Elle ne comprend pas son attitude, on dirait qu’elle la connait, mais France est catégorique c’est la première fois qu’elle la voit. Elle trouve que leur vie à l’internat risque d’en pâtir avec les problèmes que cela génère. Mais intervenir auprès de Victoire, est-ce que cela peut faire avancer les choses ou bien le problème enflera et la vie de France en sera encore plus lourde à supporter. Déjà qu’elle se fait du souci pour sa maman suite à la lettre qu’elle a reçue, alors s’il y a aussi cette fille, elle sera perturbée, et Léa pense qu’elle n’a nullement besoin de l’être. Chez les Delmas la vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Depuis le premier janvier où le papa de son amie s’est envolé vers les USA, son amie n’a reçu aucune nouvelle, seule sa grand-mère a téléphoné, mais elle n’a pas dit grand-chose et quand sa petite fille a demandé des nouvelles, la grand-mère n’a pas pu lui en dire plus que, tout va bien, son travail avance bien. Or France a dit à Léa que son papa n’y allait pas pour son travail, mais pour régler une vieille histoire qui avait refait surface dans sa vie, sans pour autant lui en donner des détails. Léa s’aperçoit qu’il y a des détails troublants mais qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. En effet le papa de France est parti le 1er janvier, dès son arrivée, France avait un courrier qu’elle a trouvé à son retour de la semaine de ski, date à laquelle son armoire était fracturée, et où elles ont fait la connaissance de Victoire. Neuf jours pour arriver des USA, c’était long, et fait bizarre cette lettre n’avait pas été tamponné par la poste, elle était juste dans le casier de France. Mais cette dernière était si contente d’avoir du courrier qu’elle n’y avait pas prêté attention, c’est Léa qui en avait fait la réflexion. Elle aimait bien faire des enquêtes, et en avait déjà résolu quelques-unes, mais de petites envergures. A la prochaine lettre elle vérifierait la date, mais hélas déjà un mois, et toujours aucune lettre. C’était étrange, la famille de son amie continuait à lui dire que son papa était trop occupé et n’avait pas le temps de lui écrire. En fait, Léa réfléchissait et n’osait affoler son amie. Son papa qui avait le téléphone du papa de France avait l’air préoccupé la dernière fois qu’elle l’avait eu au téléphone. Elle s’était bien gardée d’en faire part à son amie, il lui avait conseillé de garder sa langue. Son amie recevrait des nouvelles et toutes les angoisses infondées seraient levées, hélas l’avenir allait démentir ses paroles, mais on n’en était pas encore là.

 

 

A suivre (Le chapitre 6 n’est pas terminé)

 

Copyright « roman »  mars 2015    

Chapitre 5 (suite)

Le lendemain quand elle se réveille, elle est dans son lit et son père dort recroquevillé à côté d’elle. Son beau visage est bien soucieux pense France. Au moment où elle pose le pied sur le plancher, elle le met malencontreusement sur la latte qui grince et ce petit bruit réveille son papa qui semble assez gêné que sa fille le découvre ainsi. Il lui explique qu’elle s’est endormie dans le salon et que Fabien n’avait pas daigné la déposer sur son lit. Sa grand-mère avait attendu que son fils revienne et ce dernier n’avait pas voulu la réveiller, aussi l’avait-il remontée dans sa chambre, et comme il la regardait dormir il avait dû s’endormir lui-même, ce qui fit rire sa fille. Elle, en petite fille adorable s’inquiète de savoir si son papa n’a pas mal au dos, le plancher sans matelas doit être dur. Il la rassure en lui disant qu’il est encore solide comme le roc et il l’invite à venir prendre son petit déjeuner comme autrefois en tête à tête ce qui ravit sa jolie fille.

Le sourire qui illumine le visage de sa fille en dit long sur la joie que cela lui procure. Elle a l’impression qu’elle est de retour définitivement et que les mauvais jours sont enfin derrière eux, mais bien qu’elle sache que c’est une illusion, elle se complait à rêver. Noël passera vite, car toute la grande famille va se réunir, et comme toutes les bonnes choses on ne les voit pas passer, on sera bien vite au 30 décembre, date de son retour à l’internat. Rien que de penser à cet instant qu’elle veut repousser au-delà, elle émet un soupir à fendre le cœur de n’importe qui. Son père qui lisait le journal, la regarde et semble inquiet. Mais il ne prononce aucun mot et continue de la regarder. Elle semble si fragile dans la jolie robe qu’il lui a offerte. Ces longs mois passés loin l’un de l’autre l’ont fragilisée davantage, il faut que sa fille s’endurcisse, la vie ne va pas être comme il l’avait pensée pour elle. En effet, suite à des mauvaises conjonctures et des marchés qui ne s’étaient pas concrétisés, le laboratoire risquait d’être racheté par la concurrence, il se maintenait à flot pour l’instant grâce à l’ensemble du personnel ainsi que de son frère cadet Joseph, qui, pour l’instant, était en déplacement pour trouver des capitaux pour renflouer le laboratoire familial. Jusqu’à présent il avait investi des fonds propres, mais ils s’amenuisaient et bientôt il faudrait faire face.

Fallait-il pour autant sacrifier les trois quarts du personnel comme le suggérait Fabien. C’était tout de même une entreprise Familiale de petite envergure et les méthodes que son neveu appliquait étaient pour les grands trusts internationaux. Ici c’était plus un travail de recherche, il n’était pas question de renvoyer les chercheurs, ingénieurs et autres personnes compétentes pour mettre en place la bande d’incapables qui gravitait autour de Fabien. Il en était là de ses réflexions quand le téléphone le ramena à la réalité.

C’était le père de Léa à qui il avait, de son bureau, laissé un message la veille. France étant proche de lui, elle comprit rapidement qu’elle irait passer le réveillon chez son amie Léa. Le papa de cette dernière s’engageait à  venir la chercher et il l’emmènerait avec sa fille lorsque l’internat aurait rouvert les portes et ce dès le 1er janvier.

Elle passerait la fin de l’année dans la famille de Léa ce qui la ravissait énormément, son père fut content de la voir rayonner une fois qu’il lui eut annoncé cet arrangement. Cela lui enlevait un énorme poids et de cette manière il serait plus disponible pour régler ses affaires et voir quelles dispositions il fallait prendre pour sa femme Luce.

Le lendemain, France sort de son lit comme un ressort, enfin voilà le matin de Noël, sa maman est arrivée hier au soir, ils ont réveillonné tous les trois, elle a offert à sa maman une jolie écharpe en soie qu’elle a achetée avec son papa dans une boutique. A son papa elle lui a offert un cadre photo en argent et elle y a mis la photo de sa Bonne Maman, ainsi que celles de son papa, de sa maman et d’elle-même. Son papa en avait les larmes aux yeux. Elle avait fait ses emplettes avec le chauffeur de sa Bonne Maman hier après-midi. Son papa lui avait offert un ensemble en maroquinerie avec du papier à lettres sentant le parfum de sa maman, une liseuse pour ses livres, et un beau stylo plume. Elle fut fière de recevoir ce très beau cadeau. Ainsi elle n’aurait pas de raison de ne pas écrire à sa famille… Sa maman lui avait remis une enveloppe où se trouvaient 100€, elle lui sauta au cou et dans ses yeux elle vit un éclair de lucidité qui retomba bien vite, ce qui avait l’air de désespérer son papa.

Dès midi, ils partaient tous ensemble dans la nouvelle voiture de son papa et se rendaient à Oullins dans  la banlieue de Lyon, là où son cousin Fabien habiterait désormais. C’était une jolie maison bourgeoise de la fin du XIX siècle, il l’avait remise au goût du jour et le tout était charmant, même papa l’avait félicité pour l’embellie de l’ensemble.

En plus de Fabien et Bonne Maman il y avait son petit frère Bertrand et sa jeune sœur Myriam, leur maman avait décliné l’invitation pour ne pas se retrouver avec ses beaux-frères. Etaient aussi présents sa sœur et son beau-frère ainsi que leurs deux filles, des jumelles.

Ses cousines adorées avaient le même âge que France, c’est ce jour-là qu’elle s’aperçut que sa tante attendait un bébé, elle en était pas peu fière, c’était un garçon, enfin un Delmas en ligne droite chez eux. Il manquait à l’appel le dernier frère de son papa, mais ses cousins en pension à Lyon étaient présents. Quant à leur mère, elle brillait par son absence, elle venait tout juste de quitter son oncle. Il y avait aussi son Parrain, le jumeau de son père, accompagné d’une charmante femme qu’il a présentée comme sa fiancée, mais c’était au moins le cinquième Noël  où il présentait une fiancée et ce n’était jamais la même ce qui faisait rire ses frères et sa sœur. Cette fois-ci elle arrivait du Bénin où il avait séjourné ces derniers mois.

Un beau Noël comme autrefois avec les treize desserts comme les noëls avec leur Grand Papa trop tôt disparu…Un bon chapon et l’éternel gratin dauphinois célèbre à Lyon. Des fromages de la campagne rapportés par la Grand-Mère et des fruits qui avaient dû coûter les yeux de la tête car en hiver ceux-là sont hors de prix. Et à la fin la traditionnelle bûche au chocolat et aux fruits pour les autres. Le café, le champagne pour célébrer je ne sais quoi, ce que du reste son père a eu l’audace de le dire à mi mots. C’était un magnifique Noël, même si la tension entre son Papa et Fabien était palpable. Tous les deux ont respecté la trêve de paix qu’inspire cette période. Les affaires reprendraient bien assez vite, et les problèmes tout autant.

Le surlendemain son papa lui a annoncé qu’elle se rendrait chez Léa dès le 29 décembre, son papa viendrait la chercher et elle passerait les fêtes de fin d’année avec eux. Voici ce qu’il lui dit :

–      Ma petite fille je vais te confier cet écrin cela n’a rien à voir avec un cadeau de Noël mais c’est fort précieux et en aucun cas tu ne dois t’en séparer, ni le confier à quiconque. Si tu penses que cet écrin n’est pas en sureté alors tu pourras l’ouvrir et ce que tu trouveras à l’intérieur est une clef, tu la suspendras sur une chaîne autour de ton cou. 

 

La petite fille interroge son père, elle se demande à quoi sert cette clef. Il la supplie de ne jamais la donner à quiconque et il lui explique que même sa propre mère ne doit le savoir. Il lui demande de lui en faire la promesse.

France ne comprenant pas la raison, mais voyant que son papa est soucieux lui le promet, je pense même que ce jour-là elle aurait pu tuer pour être en accord avec lui. Et il ajoute que si elle ne peut tenir cette promesse il ne voit pas à qui il peut confier son secret. La jeune Léa se jette au cou de son père et lui fait toutes les promesses du monde, sentant à ce moment-là qu’il se passe quelque chose qui n’est pas encore palpable mais qu’elle espère découvrir assez rapidement.

Son papa esquisse un sourire et l’embrasse sur le front, il lui sourit mais France trouve son sourire triste et se demande ce que l’avenir lui réserve.

Son père s’aperçoit rapidement que sa fillette n’a pas vraiment saisi le sens de sa demande car elle lui demande si elle doit à son arrivée à l’internat le remettre à l’économe, ce qui fait rager son père qui ne comprend pas que sa fille lui pose une question aussi saugrenue.

 

Il essaye, tout en gardant son calme alors qu’il bout  intérieurement, de lui dire que lorsqu’il dit à personne ce n’est certainement pas à une étrangère comme l’économe. Il ajoute qu’elle doit toujours obéir à sa famille, même si parfois elle a l’impression qu’elle bafoue l’autorité de ceux qui s’occupent d’elle en  son absence. Il ajoute, qu’il va lui falloir un tant soit peu d’intelligence, voir d’abnégation, pour cacher ce joyau que représente cette clef.

 

Mais il ne se fait aucun souci, il  connait sa princesse, elle est capable de soulever les montagnes quand elle veut défendre chèrement quelque chose.

Et il lui rappelle un jeu qu’il faisait jadis dans la maison de vacance de Bonne Maman, avec la tribu des cousins et cousines. Chacun leur tour ils étaient invités à cacher un trésor dans le grand parc, et les autres partaient à sa recherche. Ce jeu consistait à trouver une cachette inconnue des enfants mais aussi des grands, et lors de l’anniversaire de France, elle avait été invitée à en cacher un. A ce jour personne ne l’avait découvert et pourtant tout le monde avait essayé de sonder France qui avait su garder sa langue. Ils avaient tous quitté la grande maison sans le savoir et le jeu continuerait l’été prochain mais c’étaient les adultes qui devraient chercher aidés en cela par les enfants. Son papa en se souvenant de ces jours heureux ne peut s’empêcher d’avoir les larmes aux yeux ce qui ne manque pas d’effrayer sa fille. Aussi elle se jette dans ses bras pour lui témoigner tout son amour.

Mais la petite fille voit bien que son papa essaye de lui ôter toutes les questions qui lui viennent, elle veut savoir à quoi sert cette jolie clef ourlée de dentelle dorée. Et ce que son papa va lui dire va la bouleverser. A mots couverts, comme un espion, il se penche tout près d’elle et écoutons ce qu’il va lui dire :

 

–      Voilà, cette clef tu ne t’en serviras que s’il m’arrive malheur, chut ne m’interromps pas ma petite fille, mais de toute façon tu ne pourras te rendre dans mon bureau que lorsque tu seras en âge de travailler. Si tout se passe le mieux du monde je te redemanderai cette clef et nous ouvrirons le coffret le jour de tes 18 ans. Dans mon bureau il y a, je pense que tu l’as déjà vue, une photo de ton arrière-grand-père, c’est lui comme tu le sais qui a fondé notre Entreprise Familiale.

 Cette photo se trouve dans un cadre en bois. Il faudra que tu ôtes le cadre du mur, derrière se trouve un coffre-fort. Pour accéder au coffret tu feras une combinaison pour tout d’abord ouvrir le coffre. Une fois celui-ci ouvert tu trouveras un coffret marron en bois, c’est sa clef que je viens de te remettre ce jour.  

France sent comme un lourd secret et interromps son papa pour lui dire que ce doit être lui qui doit garder la clef.  Mais lui a de nombreux arguments pour qu’elle comprenne bien que c’est mieux de cette façon. Même si elle n’en n’est pas totalement convaincue.

C’est à ce moment qu’il lui apprend qu’il va partir en voyage aux USA. Il élude sa réponse mais devant ses supplications lui dit qu’il ne sait pas encore ce qu’il va découvrir et c’est justement la raison de son départ. La fillette est fort maligne et se demande si cela n’a pas un rapport avec Fabien, mais son père lui dit qu’elle se méprend. Fabien n’a rien à voir avec son départ. France est aussi têtue que son papa, et elle insiste, mais ce dernier est sauvé par la sonnerie de son téléphone.

 

Il est regrettable se dit-elle que son  Papa ne lui ait pas confié son secret, car cela lui aurait épargné le chagrin inévitable dans lequel elle allait se trouver quelques semaines plus tard. En partant chez Léa, elle  réalisait qu’elle ne connaissait pas la combinaison du coffre de son papa, mais elle téléphonerait de chez son amie.

 

A suivre 

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
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