9/15 Une histoire diabolique

Chapitre 9 Jeanne en perdition

 

Jeanne a fui Amaury ne supportant plus ses assauts répétés et douloureux. Quand il est gentil se dit-elle je me sens bien, mais les trois quarts du temps je suis sa proie et je dois satisfaire ses désirs. Je ne m’attendais pas à une vie pareille, j’ai 15 ans, lui est plus âgé, il aurait pu avoir des égards pour moi, or il se comporte comme le chien de mes parents quand il casse sa longe et va vers les femelles en chaleur.

J’ai préparé sans faire aucun bruit mon maigre baluchon, je lui ai soutiré un ou deux bijoux qu’il avait fait miroiter sous mes yeux en me promettant de me faire monter une bague, ce n’est pas du vol puisqu’il me les avait mis dans ma pochette où j’avais placé mes économies. Surtout que nous n’avons pratiquement rien dépensé, sa dernière virée à la ferme était assez importante. De quelles manières a-t-il obtenu ça, je préfère ne pas le savoir.

Mon alezan m’a suivis docilement et puis dès que je me suis retrouvée à découvert j’ai filé vers le sud pour mettre la plus grande distance entre lui et moi, espérant ne plus jamais me retrouver dans ses pattes. J’ai erré dans cette campagne, ce bocage Normand se ressemble, je me suis égarée et j’ai finalement atteint le petit village de Pont d’âne. Dès mon arrivée j’ai fait sensation assise à califourchon sur mon beau cheval, mais j’en ai eu cure et je me suis approchée de l’église Saint Roch espérant qu’une personne se souvienne de cette nuit de Noël d’il y a 15 ans. Les sabots de mon cheval s’incrustaient dans la neige fraîchement tombée cette nuit,j’étais habillée légèrement, j’ai rapidement pris ma longue cape, au moins je vais pouvoir mettre le capuchon et passer plus inaperçue.

La première personne sur laquelle je suis tombée est le curé du village, cela fait plus de 20 ans qu’il habite là, une chance pour moi. En effet il se souvient de l’enfant trouvé à la porte de son église dans un couffin d’osier, il l’avait récupéré et emmené à la chaleur, puis quand mon père était passé il lui avait demandé s’il pouvait se charger d’une bouche de plus, il le connaissait c’était un de ces généreux donateurs de sa petite chapelle. Mon père n’avait pas hésité mais il l’avait senti troublé quand il avait découvert le médaillon ainsi que la photo de la belle jeune femme à l’intérieur. Mais il n’avait fait aucune confidence au prêtre. 

Ce dernier me regardait sur tous les côtés, je devais lui rappeler quelqu’un il semblait interrogatif mais il ne me posait aucune question. Juste au moment de m’en aller munis de ces précieux renseignements il m ‘a demandé si je n’étais pas cet enfant; ne pouvant pas donner ce renseignement de peur de m’exposer, j’ai juste répondu que j’en avais entendu parler puis je me suis enfuie le plus vite que j’ai pu. Soudain j’ai entendu un cheval qui me rattrapait et à ma hauteur j’ai reconnu l’autre prêtre qui était dans la petite chapelle, que me voulait-il? Il m’a accosté en attrapant la longe de mon cheval, m’a poussé contre le muret et m’a dit :

Vous êtes recherché par la police 

Moi? Vous devez vous tromper

Oh non Mademoiselle Jeanne je suis certain de ce que j’avance, la police est venue dernièrement se renseigner si vous n’étiez pas passés, notre vieux curé va envoyer un coursier avertir la maréchaussée.

Au vu de sa connaissance de mon prénom je m’aperçois rapidement que l’on me recherche et le curé va me trahir, il faut que je m’éloigne rapidement de ce village, mais celui que j’avais pris pour un prêtre n’en n’est pas un il me propose de m’héberger le temps que tout se calme, j’hésite mais il a un bon regard et puis je ne sais où me cacher aussi j’accepte. A cette époque j’étais fort naïve, j’allais bien vite me rendre compte qu’une nouvelle fois je m’étais fourvoyée. Il m’emmène dans une ferme isolée où une vieille femme me regarde d’un sale œil lorsque je pénètre dans la grande salle chaude. Son fils car c’est le sien lui parle en patois, je ne connais pas ce langage aussi je ne comprend pas, mais je vois le regard bizarre que me lance la vieille femme. L’homme d’une trentaine d’années me montre ma chambre et le coin toilette puis me dit que le repas sera servis à 12 h tapante, si je suis en retard je ne mangerais pas. Je lui dit que je comprend, il passe sa main sur ma joue et me dit :

On va bien s’entendre

Puis il me laisse, je m’assois au bord du lit et cherche  un endroit pour cacher mon argent et mes bijoux. Je ne trouve rien et n’ose m’attarder ayant peur de me trouver en retard pour le repas. Aussi je noue à ma taille la pochette et met tous mes biens à cet endroit, je descend, l’homme est là en compagnie de deux autres hommes, il me présente comme sa nièce et murmure à nouveau en patois autres choses je le sens bien, mais à nouveau je ne comprend rien. Les deux hommes me regardent avec une drôle d’expression, de suite je me sens mal à l’aise. Je picore plus que je mange ce qui fait dire à mon hôte que je suis un petit oiseau. Un de ses amis ajoutent à dévorer tout crû, et ils esclaffent. Après le repas les trois hommes se retirent au salon et l’homme me demande de venir leur servir le café et le pousse café.

La vieille femme n’a pas dit un mot de tout le repas, mais là elle tourne les yeux dans tous les sens d’un air de vouloir m’avertir de je ne sais quoi. Elle me montre de la main la bouteille de gnôle et me donne la cafetière, je traverse la cuisine et cherche le salon, je me dirige là où j’entend un bruit de voix. Je frappe et attend leur réponse. Rien ne vient, je n’ose entrer, mais brusquement je sens un souffle chaud dans mon dos, un des hommes étaient sortis. Il m’attrape par les hanches mais je tiens la cafetière aussi il ne me renverse pas mais ouvre la porte et leur dit:

Regardez qui vient nous distraire

Ces trois hommes me font peur, je suis à leur merci, aurais-je trouver pire qu’Amaury ? De suite ils se lèvent m’entourent et si un prends la cafetière le second me demande d’ouvrir la bouche et de boire une gorgée de son délicieux breuvage, je ne veux pas, mais aider de mon hôte il m’ouvre la bouche de force, je crache et m’étouffe cela les fait bien rire. Il m’assoit sur un fauteuil et me verse un petit verre et à nouveau je dois le boire, rapidement je vois la pièce tournée.

A suivre…

4 réponses à 9/15 Une histoire diabolique

  • Martine dit :

    Oh la la! La pauvre! Elle a le chic pour se retrouver dans des situations dangereuses. Elle me fait penser à « Justine ou les malheurs de la vertu  » du marquis de Sade. Va-t-elle échapper à ces trois gredins? Amaury va-t-il la retrouver à temps?
    Gros bisous

  • pimprenelle dit :

    Il y a des moments, comme ça, où tout s’enchaine sans que tu puisses aller contre. Bon, attendons la suite. Tu vas quand même bien la sortir de ce mauvais pas. Remarque, ensuite, tu es capable de l’en faire franchir un autre !

    Bisous EvaJoe

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
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