3/15 Une histoire diabolique

Chapitre 3  Le couvent 

 

Depuis ce mardi matin je n’étais plus jamais retournée chez nous, mon père venait me voir, mon frère aîné avant son départ pour l’Angleterre et ma sœur avant sa fuite avec son amour étaient les seuls à avoir reçu l’autorisation de mon père pour me rendre visite. Je n’avais pas revue mes autres frères et ma  sœur de deux ans mon aîné. Quant à ma mère elle refusait de venir me voir.

Mon père voulait que je lui demande pardon, mais dans ma tête je n’avais rien commis de mal sauf de m’être laissé toucher par Amaury qui au fil des jours devenait l’homme qui, plus tard j’aimerais. A mes yeux c’était un bel homme, il ressemblait à Trévor le futur mari de ma sœur, car ces deux-là malgré la haine qui s’était installée entre nos deux familles s’étaient marié contre l’avis de nos familles en cachette et enfuis l’hiver suivant leurs fiançailles.

Je n’arrivais pas à prononcer ce petit mot pardon, et si les événements ne s’étaient pas précipités je ne serai peut-être pas trois ans après de retour dans ma famille, mais tout d’abord il faut que je vous raconte ma destinée dans ce couvent austère.

Les premiers jours furent très durs, je suis restée enfermée au pain et à l’eau dans une cellule de religieuses, chaque soir je devais prier à genoux sur une règle en bois pour que le vice s’enfui de mon corps comme aimait à me le répéter mon père qui venait chaque samedi y assister. Au bout de trois semaines de ce régime dur, mon père consenti à ce que je rejoigne les filles qui avaient commis l’irréparable, moi, à côté d’elles j’étais une sainte comme disait Marie ma meilleure amie. Elles avaient toutes un bébé dans le ventre, elles étaient allés jusqu’à faire l’amour comme me le disait Sarah, une jeune fille douce et timide qui elle, avait été violentée par son père. J’allais en classe et chaque jour l’une d’entre elles s’en allait, soit elle revenait seule sans leur bébé soit elle restait dans la grande salle à s’occuper de leur enfant. Nulle ne posait de questions car c’était direct la cellule et son silence pesant. Je préférais dormir dans le dortoir, certes je n’étais pas habituée à cette proximité mais j’aimais mieux être entourée de toutes ces filles ou futures mères. J’étudiais et la mère directrice disait à mon père que j’étais sa meilleure élève, gentille sage sans problème, mais elle me disait à moi qu’elle me trouvait trop triste, qu’il fallait que je demande pardon à mon papa sinon j’irai tout droit en enfer si par hasard je mourais cette nuit. A force d’entendre ça, je me demandais si la mort ne serai pas plus douce pour moi, aussi un jour alors que cela faisait déjà deux ans que j’étais dans ce couvent prison j’ai décidé de mettre fin à mes jours. Je n’en pouvais plus de ne plus voir les miens. Amaury me manquait, mais comment pourrais je le voir? Me sauver ou attenter à ma vie, les deux produiraient un électro choc sur ma famille, Amaury trouverait bien une autre fille et moi je serai libre.

Mais comment atteindre l’infirmerie où Sœur Pétronille avait les médicaments contre tous les maux de la planète, y compris disait-elle contre le vague à l’âme. Mais avait-elle ajoutée attention cela peut vous endormir à tout jamais si vous ne  respectez pas les doses. Mais hélas la porte était fermée à double tour et la clef de l’armoire pendait autour de son cou, il ne me serait pas possible de prendre une quantité de médicaments, j’eu beau m’y rendre plusieurs fois prétextant des maux de tête et de ventre je n’obtins qu’un :

Tu n’as rien, tu deviens une femme, retourne rejoindre tes compagnes;

Parfois elle me donnait un médicament mais je devais le prendre devant elle, aussi je renonçais à me tuer avec des médicaments. Mais mon ardeur à mourir ne m’avait pas quitté, je possédais une grande imagination et j’échafaudais des plans mais tous s’avouèrent impossible à réaliser, puis l’idée me vint un soir où Paula , la jeune Italienne dont le bébé était mort dans son ventre, eu décidé de se jeter de la fenêtre du troisième étage, hélas sa chute fut interrompu par des gros buissons et elle atterrit sur le sol en mille morceaux mais vivante, je l’entend encore hurler de douleur. Elle est partie en ambulance et aux dernières nouvelles elle est dans une maison de la charité près de Pont d’Âne.

J’échafaudais mon plan le plus scrupuleusement possible, de façon qu’en dessous il n’y ai aucun arbre pour ralentir ma chute, mais j’ignorais que la sœur supérieure me trouvant assez déprimée m’avait mise sous haute surveillance; ce dont je ne m’ étais pas rendue compte. Pourtant ce soir- là un événement avait relâché sa surveillance, une fumée épaisse sortait d’ une cellule ou une dernière entrée avait mis le feu avec une bougie, oubliant de l’éteindre pour la nuit. La cloche du couvent  actionnée par Sœur Pétronille sonnait à toute volée, profitant du branle bas le combat je m’étais éclipsée vers les combles, l’après-midi j’avais repéré la fenêtre qui ouvrait sur la coursive qui donnait sur le jardin, mon plan était au millimètre près mais c’était sans compter sur Marie qui ne me voyant pas descendre  était remontée non sans en avoir informé Bénédicte la jeune religieuse de la cuisine qui nous aimait beaucoup et nous filait en douce les restes.

J’étais montée sans encombre en ne croisant pas âme qui vive, j’avais ouvert la fenêtre de la coursive, enjambée le rebord et sautée sur le terre plein qui surplombait le jardin potager du couvent. J’entendais le tocsin et un brouhaha qui montait du bas, je n’osais pas me pencher prise d’un vertige, mais il fallait bien accomplir mon destin et me jeter en bas. Au moment où je me sentais aspirer par le bas, j’entendis des éclats de voix me parvenir du couloir. Sœur Clarisse  et Bénédicte se trouvaient à une encablure de moi, retroussant leurs robes, elles enjambent à leur tour le rebord et se précipitent sur moi. L’une me plaque au sol pendant que l’autre me gifle. Je fond en larmes et  je me sens prise d’une envie dix fois plus forte de me jeter au bas du couvent en essayant par tous les moyens de les entraîner dans ma chute. Plus tard Clarisse la plus jeune dira à mon père que j’étais possédé par le démon.

J’ai dû faire une commotion cérébrale, on disait autrefois un transport au cerveau, je suis restée entre la vie et la mort plus de deux mois à l’hôpital vers chez mes parents, puis à nouveau au couvent, malgré que j’ai voulu en finir avec la vie mon père dans sa folie irraisonnée n’avait point plié.

Ce matin lorsque je me lève le froid est glacial, la grosse cheminée ne chauffe que le bas et dans notre dortoir trop vaste il doit faire zéro voire pire. Nous nous habillons sous la mince couverture si on s’est déshabillée le soir, car certaines d’entre nous restent avec leurs habits de jour pour éviter d’enfiler la grossière chemise rêche qui nous arrive certes aux pieds mais qui semble humide lorsque nous l’enfilons. Mais il nous faut tout de même nous laver et quitter nos vêtements sales que nous déposons dans la grande corbeille à notre nom, l’inspection se fait en fin de semaine malheur à celles qui n’y a pas déposés ses 7 culottes. Mais ce jour-là je me suis habillée comme une automate, je claquais des dents comme mes misérables amies mais je me dépêchais car je savais qu’en bas nous aurions légèrement plus chaud.

Mais ce dimanche n’allait pas se passer comme les autres, dès que j’eu posé le pied dans le réfectoire qui faisait office de salle à manger, la mère supérieure me barrait le chemin et me prenant la main m’emmenait rapidement dans son bureau. Dans ma tête défilait toute ma journée d’hier, je n’avais rien fait de mal, mais quand j’arrivais j’y trouvais mon père  la mine sombre et défaites. Il me laissa m’asseoir et me dit qu’il était venu me chercher pour que je puisse dire adieu à ma mère car elle se mourrai. 

Je devins blanche et je bredouillais pardon papa, pardon et si la mère supérieure ne m’avait pas retenue je pense que je me serai affalée sur le plancher ciré. Mon père avait une expression à la fois bizarre et un petit sourire  ourlait ses lèvres, la fin proche de ma mère m’avait poussé à lui demander pardon. Mais il se ressaisit vite, la sœur Clarisse m’emmène rapidement dans le dortoir où je rassemble mes affaires, enfin le peu qui m’appartenait, je quitte à nouveau dans le froid glacial de la chambre ma robe de bure et me laisse entraîner hors du dortoir pour la salle à manger où je bois mon bol de lait qui est déjà fort tiède. Tant pis à la maison de mes parents je serai à nouveau leur petite fille chérie, possible que Maman guérisse.

 

A suivre

7 réponses à 3/15 Une histoire diabolique

  • pimprenelle dit :

    Mais que va-t-il se passer une fois à la maison.
    Tu es quand même vraiment tordue EvaJoe ! Mais c’est vrai que la vie peut l’être aussi !
    Une vie d’avant … et je me dis, pas si loin en définitive. Dans un monde huppé mais dans le milieu ouvrier ce pouvait être la même chose, à la différence peut être, le pensionnat chez les sœurs qu’il fallait payer.
    Bisous et bonne journée

    • Evajoe dit :

      Pimprenelle, Tordue tu as raison tout à fait et même… Mais je ne dis rien possible que je sois encore pire que tordue, comme dirait mon mari : machiavélique…Hi hi !!

      Bonne journée, tu as vu il y a la suite …

      Bisous

  • Martine dit :

    Bonjour Evajoe,

    La pauvre. Être enfermée au couvent, quelle horrible punition. La description de celui-ci fait froid dans le dos. Brrr
    Je me demande si sa mère est si mal que ça. Le petit sourire en coin du père me semble louche.
    Gros bisous

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
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