15/15 Une histoire diabolique

Chapitre 15 Sa femme 

 

Juste après mon anniversaire le 26 décembre les religieuses avaient trouvé un pauvre ère qui s’était perdu, elle l’avait emmené à l’orphelinat, l’avait soigné, et depuis quelques jours des  mères m’avaient contés qu’il travaillait au cuisine avec Jacqueline, une vieille fille qui n’avait jamais connu d’hommes,  mais elle lui trouvait une sale tête de pervers et il essayait de trousser les robes de toutes les postulantes. Un jour alors que je me rendais à la cuisine j’avais assisté à une scène qui m’en avait rappelé d’autres que j’avais subi moi même.  Jacqueline était couchée sur la table où l’on nous servait un frugale repas, elle avait la robe retroussée à mi cuisse, ces dernières étaient écartées et un homme la troussait. On aurai dit Bernard mais rapidement je me suis rendue compte de mon erreur, c’était Pierre son jumeau, il lui ressemblait tellement que j’avais fait erreur. Que faisait-il là? Je n’avais pas songé que c’était l’homme qui avait été trouvé dans la forêt par les religieuses. En tous les cas Jacqueline avait l’air d’aimer ça, elle gloussait de plaisir et Pierre éructait tout autant. Mais a-t-il senti qu’on le regardait car rapidement il remonte son pantalon et se précipite vers la porte où je l’avoue je me rinçais l’œil.  Je n’ai pas le temps de me sauver qu’il m’attrape par la main, relève mon capuchon et me dévisage avec surprise.

Tiens la femme à mon frérot, alors tu as mis bât coquine? On va s’amuser tous les deux, tu n’as pas oublié nos jeux, tu aimais bien ça je m’en souviens comme hier, tu nous as manqué à Paul, Bernard et moi.

Il m’entraîne dans la cuisine, je n’ose crier, je me débat mais il a une force surhumaine et je me retrouve en chemise assez vite sous les yeux interloqués de Jacqueline. Il me prend comme un rustre sur la table, je n’émet pas un cri, je ne dis rien, je ne prend aucun plaisir, mais sur ces entrefaites arrivent une religieuse qui n’en croit pas ses yeux. De suite Pierre s’excuse mais dit à la religieuse que je suis sa femme.

Vous êtes Mr CHARBONNIER

oui ma sœur et Jeanne est ma femme

Et bien allez forniquer chez vous et débarrassez nous de votre femme et de votre fils.

Madame la communauté ne vous retient pas comme vous avez retrouvés votre mari allez avec lui et faites votre devoir de femme ailleurs que dans notre cuisine. Changez vous et disparaissez.

Pierre le frère de Bernard me précède il prend le petit par la main , mon bagage de l’autre côté et je le suis contraint et forcé. Dès que nous sommes hors de vue de l’orphelinat je lui reprend  mon fils et lui dit :

Déguerpissez je ne suis pas votre femme,

Je me fiche que tu sois à Bernard, il est malheureux sans toi; je te ramène à lui et je goûterais aux fruits défendus quand il me le permettra.

Il m’entraîne de force à la gare, et paye nos  deux billets, je monte dans le train et repart vers Bernard, c’est vrai que depuis quelques temps je songeais à le rejoindre c’est le seul qui m’avait aimé même si de temps en temps il m’offrait à ses frères. Dans le train j’apprend que Paul s’est marié qu’il a deux enfants, que Momo est dans un centre car il faisait beaucoup trop de bêtises, quand à Bernard il travaille aux champs avec Pierre qui est dans la maison de Bernard depuis que leur mère est morte l’an passé. Bernard, depuis que je suis partie parle souvent de moi, il a appris que son ami était mort mais sa fille n’a pas pu lui dire si j’étais allé chez mon père ou non. Dans le train nous conversons tous deux à bâtons rompus, il fait très gentleman alors qu’il m’a à moitié violé sur la table des sœurs. Si encore Bernard était seul chez lui je serai contente d’y aller mais avec Pierre qui me désire comme un fou que vais je devenir? Et mon petit? 

Quand nous arrivons à la gare il  y a un taxi et Pierre lui indique la ferme Charbonnier et nous voilà parti, il est assis à côté de moi et tout le long du trajet il m’a touché le corps en glissant ses sales mains sous ma jupe, je ne pouvais ni crier car j’aurai affolé mon petit ni rien lui dire car j’aurai eu le conducteur du taxi qui m’aurai franchement violé lui aussi; j’ai si peu confiance dans les hommes que je vois que de mauvaises personnes avec des intentions peu louables.

Enfin nous voici à la ferme, Pierre me laisse entrer la première, je vois un homme affalé sur la table le bras replié sous sa tête, une femme s’avance qui s’essuie les mains à un chiffon qui lui sert de serviettes et a l’air heureuse de voir entrer Pierre. Elle se frotte contre lui et rapidement il la trousse devant moi et va pour la prendre à même la table quand elle le repousse et se précipite vers mon petit garçon.

Il est à vous ce charmant enfant?

Oui, c’est mon fils

Pierre intervient et lui dit c’est ton neveu;

Je peux m’en occuper chère Belle sœur, je suppose que vous revenez vers votre mari, allez donc vous en occuper, depuis que vous êtes parti il pleure comme un bébé et se saoule à mort.

Pierre est à côté de Bernard et le secoue comme un poirier en lui disant :

Regarde qui je viens de te ramener,

Il lui envoie au visage un seau d’eau ce qui lui permet d’ouvrir un œil, il baille à se décrocher la mâchoire et me voit, il se lève en titubant, marche vers moi et se colle à moi en cherchant ma bouche. Dans un premier temps j’esquive, mais Pierre me pousse contre lui et me maintient et Bernard me dévore la bouche. Il pue le vin frelaté, j’ai envie de vomir, je n’imaginais pas ainsi nos retrouvailles.

Amélie occupe toi du petit fais comme avec le nôtre, on revient.

Il monte son frère dans sa chambre et me donne l’ordre de le suivre, je le fais comme un automate. Il pose son frère sur le lit et le déshabille, vient vers moi et me met nue et fais pareil pour lui; nous voilà à trois dans le lit. Bernard ne fait pas grand chose c’est Pierre qui me caresse et attends que son frère se remette un peu de sa surprise, il caresse la verge de son frère et quand elle commence à durcir il m’empale dessus et nous laisse. Bernard a été incapable de m’honorer, il est resté sur mon ventre et en moi tout mou, je me suis dégagé, mais il avait encore la force de me retenir et il m’a empêché de rejoindre mon fils.

Ma chérie, mon bébé tu es revenu pour moi, je ne vais plus boire de vin, attends que je reprenne mes esprits et je te ferais un enfant.

Je ne sais pas quoi lui répondre, dans la glace située près de la porte je vois que Pierre nous écoute et surtout nous regarde, mais je ne dis rien, j’entend que la femme de Pierre chante une berceuse à mon fils, j’attend que Bernard se rendorme, mais il est bien éveillé et n’a qu’une seule envie c’est de me faire l’amour. Au cours de l’après midi il me le fera plusieurs fois mais assez maladroitement.

Au repas du soir il est encore imbibé d’alcool et ne se rend pas compte que je suis venue avec un enfant, mais dès le lendemain quand il se lève après une nuit fort calme il comprend que l’enfant est de moi. Il maintient à son frère que c’est son enfant et je le leur prouve par les papiers de l’acte de naissance.

Cela fait un mois que je suis chez Bernard en compagnie de Pierre, ce dernier m’a violé plusieurs fois, mais Bernard s’en est rendu compte et l’a chassé lui et sa femme de sa maison, il revient juste pour travailler avec son frère et ne doit sous aucun prétexte rentrer dans la maison seul, il le fait à midi pour le repas que la vieille femme attachée au service de Bernard prépare, je m’occupe toute la journée de mon petit que Bernard a adopté comme le sien. Le soir , si au début je subissais les assauts de mon futur mari, depuis quelques temps il est redevenu le gentil garçon qui m’avait dit m’aimer. Mais je dois cacher la bouteille de vin car ces jours-là c’est une véritable brute, et, il ne pense qu’à une chose c’est me prendre de force, car moi les gens pleins de vin me donnent la nausée, et je préférais me dérober que d’accepter son amour. Le lendemain après avoir cuvé son vin il me demandait pardon et tout recommençait jusqu’à la fois prochaine.

Aujourd’hui c’est le 25 décembre, mon petit garçon a vu arriver Momo son oncle, Paul et sa femme et leurs deux enfants, Pierre et sa femme toujours sans enfants. Alors que le repas de Noël battait son plein, et que j’aidais la cuisinière à sortir la dinde, j’ai été saisi par deux mains fort baladeuses, celles de Pierre, il m’a soufflé à l’oreille, avant ce soir Paul et moi nous te ferons ta fête. Si tu dis un seul mot à Bernard il t’en cuira, nous viendrons te chercher et nous nous amuserons à nos jeux d’autrefois, tu as intérêt à nous obéir sinon tu souffriras, tu as compris  rendez-vous à 16 h dans la grange sinon…

 

J’ai passé tout le reste de l’après-midi dans un état de tristesse énorme, jusqu’à ce que Bernard particulièrement éméché s’en rende tout de même compte:

Qu’as tu ma chérie ?

Rien, ne t’inquiète pas, je dois aller chercher un mouchoir dans la chambre, je reviens de suite, occupe toi du petit.

Non je préfère le laisser à Martine, moi je te suis, j’ai trop envie de toi, si on se faisait notre bébé.

C’est juste sur ces entrefaites que Pierre est apparu, aussitôt un sourire niais lui transforme le visage en un monstre, il dit à son frère:

Tu l’emmènes dans la grange, on se la fait demain elle est majeure on lui fait sa fête une dernière fois,

 

Comme Bernard est ivre , il ne dit pas non et me voilà poussée, traînée soulevée et emportée dans la grange où nous attendent les deux autres frères, Momo et Paul et je subis pendant des heures leurs assauts répétés. J’en pleure, j’en saigne, je souffre mais ils s’en fichent ils ne se rendent même plus compte de ce qu’ils font jusqu’à ce que la femme de Pierre arrive avec un seau d’eau glacé et les ramène un tant soi peu à la réalité. Elle me demande pardon, alors qu’elle n’y est pour rien. Quand elle apprend mon âge elle en est encore plus chagrinée, elle me dit de fuir car cela se renouvellera souvent. C’est Bernard qui le premier constate que je suis dans un sale état, il en pleure, bafouille et ne fais que me demander pardon. Je suis couchée dans notre lit et fait celle qui dort, je ne veux surtout pas qu’il me touche je suis trop mal. Quand à son pardon je n’en veux pas, demain dès l’aube j’aurais quitté sa demeure.

Hélas je n’ai pu m’en aller, dès la veille au soir il m’avait pris dans ses bras et chaque fois que je bougeais il me disait pardonne moi, pardonne moi je t’en supplie, je veux que tu deviennes ma femme, je ne boirais plus je te le promet. Ni lui, ni moi avons dormis en cette veille de mes 21 ans. Le lendemain j’avais un beau bouquet de roses rouges, il m’a emmené au restaurant, jamais il ne l’avait fait auparavant selon les dires de la cuisinière qui n’est autre que sa tante. Il a mis un genou devant moi et m’a demandé ma main. Je n’ai pu que lui dire oui, je n’avais plus d’autre famille, seul lui me témoignais de l’affection et aussi de l’amour. J’espérais qu’il en serai terminé de ses folies et souffrances engendrés par la boisson.

Cela fait dix ans que je suis mariée, j’ai eu 9 mois après ce  25 décembre une petite fille, je ne sas pas de qui elle est , de Bernard où d’un de ses frères, mais certainement pas de Momo car elle est fort intelligente, Paul n’a que des filles, Bernard pense que la petite est de lui, mais qu’importe nous l’élevons de la même manière que les jumeaux qui viennent de naître cette année et qui sont bien de Bernard. Je n’ai que 31 ans et Bernard veut encore des enfants mais les jumeaux m’épuisent, c’est ce jour où Amaury est venu frapper à notre porte, je relevais à peine de couches, il m’a dit que mon père me réclamait car il était à l’agonie. Bernard ne voulait pas que j’y aille à cause des bébés que je nourrissais, aussi nous sommes partis les deux bébés, Bernard, la nounou , Amaury et moi en la demeure de notre  père.

J’ai juste eu le temps de l’entendre me dire :

Pardon mon bébé, je te demande pardon.

Trois heures plus tard il était mort, sa femme n »était pas là seul Amaury et ses jumeaux et sa femme ont assisté à l’enterrement, mes autres frères et sœurs ont brillé par leur absence. Il semblerait que ce soit la faute à Amaury si mon père est mort sans avoir revu l’ensemble de ses enfants. 

 

Avant l’ouverture du testament Pierre m’a violé une nouvelle  fois car il voulait un enfant pour lui et sa femme , c’est du reste ce qu’il s’est passé lorsque je me suis retrouvée enceinte, il a demandé à Bernard que l’enfant qui naîtrait soit le sien. Bernard n’a pas hésité une seule fois, dès la naissance il a donné le bébé à sa belle sœur, tous les jours Pierre venait récupérer le lait que je tirais en remplissant des biberons. Cela a duré un peu plus d’un an. Je ne m’étais pas attaché à ce bébé, au début cela ne me faisait rien puis petit à petit je regrettais que Bernard est donné cet enfant à son frère, mais lui ne voulait pas d’enfants né d’un viol. Je ne disais plus rien et évitait de regarder le petit Jacques qui ressemblait tellement à mes jumeaux.

Lorsque le testament de mon père a été ouvert, j’héritais d’une demeure que je ne connaissais pas, une gentilhommière proche de la ferme de Bernard ce qui nous arrangeait bien. Depuis j’y vis heureuse entourée de mes  enfants car depuis deux petites filles sont venues agrandir notre famille.

Bernard a encore des sautes d’humeur, il boit avec des copains de beuverie mais il ne vient pas avec eux chez nous, il dort dans la grange chez son frère, j’ignore s’il s’occupe de sa belle sœur et surtout je ne veux pas le savoir, je souffre suffisamment quand il me force. Ainsi est ma vie, je l’ai accepté, Amaury de temps en temps passe devant chez moi avec ses jumeaux et il s’attarde à regarder son fils qui est de plus en plus beau, il lui ressemble tellement, mais je n’ai pas de regret cet enfant est à moi et son père se nomme Bernard.

 

FIN

 

5 réponses à 15/15 Une histoire diabolique

  • pimprenelle dit :

    Ben dis donc, tu parles d’une histoire. Elle est violée pratiquement d’un bout à l’autre. Et dire que pour certaines femmes c’est « un peu » ce qui arrive.
    Connais tu le conte : la mère des contes ? Je l’ai conté même devant des enfants à l’école et j’ai vu les réactions saines. Cela fait du bien de se dire que ceux là, espérons le, saurons respecter les femmes.
    Bisous EvaJoe qui m’a fait frémir d’horreur.

    • Evajoe dit :

      Désolée de t’avoir fait frémir d’horreur, pourquoi avais-je dans la tête cette histoire horrible je ne sais pas , mais bon voilà je l’ai écrite et…. Cela ne sortira pas dans un livre de cela j’en suis certaine.

      Bisous

  • ZAZA dit :

    Quelle histoire et que d’horreurs Evajoe ! Triste vie que celle de Jeanne. Il y a de quoi maudire à jamais la gente masculine !
    Bises et bon jeudi, sous un bon 36°c à l’ombre en Ille et Vilaine. Il est temps que je file dans mon île.

  • colettedc dit :

    Quelle vie, pour cette pauvre Jeanne ! Je retiens surtout cette phrase : « Depuis j’y vis heureuse, entourée de mes enfants ».
    Merci EvaJoe et bon vendredi !
    Bisous♥

  • Martine dit :

    Une histoire qui sort de ton registre habituel. Je t’avoue que je préfère les polars. Mais il est vrai que tu racontes une sombre réalité. Beaucoup de femmes sont des victimes. Le monde de » La terre » Zola est encore là hélas.
    Bises de bon dimanche

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
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