14/15 Une histoire diabolique

Chapitre 14 l’orphelinat

J’arrive à la gare sous le coup des trois heures du matin, je ne sais pas où me rendre, chez qui je pourrais aller, je n’ai aucune connaissance dans les parages, j’aurai dû me renseigner pour savoir où se trouvait mes demi sœurs. Madeleine ou Geneviève m’auraient certainement accueillis les bras grands ouverts.

Le premier train passe à 6 h du matin, j’ai trois heures d’attente, moi je peux attendre mais mon petit garçon va pleurer, il va avoir faim et je n’ai plus de lait depuis longtemps, je regarde ce qu’il me reste dans le sac, j’ai quelques biscuits, mais je n’ai pas pensé à mettre du lait dans mon biberon, et le lui donner froid ne me semble pas approprié. La gare est ouverte mais les bancs sont tous pris, je n’ai nullement envie de m’asseoir à même le sol, je préfère sortir et chercher dehors, soudain je pense à l’église, je m’y rends et entre. Il n’y a aucun bruit, je suis seule avec mon enfant, il ne fait ni froid, ni chaud. Je cherche un banc dans le coin le plus  sombre, j’y allonge Bernard et me couche à même le sol, ma cape nous sert à tous les deux de couverture. Je m’endors.

Je ne sais pas combien de temps j’ai dormi, mais je suis réveillée brutalement, enfin je pense que c’est brutal car j’immerge de mon sommeil. C’est une religieuse, je la reconnais à sa cornette blanche, elle me sourie et me dit de la suivre. Mon fils n’est plus là, je panique, mon père a dû me retrouver, la religieuse comprend et me dit :

Votre fils est dans notre communauté, il pleurait je l’ai emmené, on lui a donné du lait de vache, il s’est rendormis comme un petit ange, venez nous allons nous occuper de vous. Il pleurait ses mots résonnent dans ma tête et dire que je ne me suis pas réveillée, quelle horreur ! Suis-je une bonne mère pour cet enfant? Mais la religieuse ne me laisse pas m’attendrir, elle me pousse devant elle, frappe à la porte de l’orphelinat car c’est bien d’un orphelinat qu’il s’agit. C’est certainement là que mon père pensait m’emmener, et bien j’y suis mais au moins je suis avec mon petit garçon.

Après avoir bu un bon déjeuner j’ai dû rencontrer la mère supérieure, elle m’a demandé le certificat de naissance de mon fils, je lui l’ai fournis tout était en bonne forme, elle m’a demandé si il était baptisé, je lui ai aussi fourni son certificat de baptême. Elle m’a souri et a eu l’air d’apprécier que mon fils ait été choyé dès sa naissance et comme elle me l’a dit d’un air bizarre:

Il a été bien suivis ce petit et remis dans les mains de Dieu;

Je ne comprenais pas grands choses à ce qu’elle me disait mais apparemment cela lui plaisait qu’il soit baptisé. Je n’en n’étais pas là, et je m’en contrefichais de ce qu’elle pensait, je n’avais nullement l’intention de rester ici. Après qu’elle m’ait rendu les certificats je remarquais que le nom inscrit pour mon fils n’était pas celui de ma famille mais un nom inconnu, j’allais voir au fil du temps que cette erreur allait me sauver des griffes d’Amaury et de mon père.

Il était écrit que j’étais la femme de B. CHARBONNIER et mon fils portait donc son nom de famille et moi par la même occasion. Pourquoi le bon docteur avait établi le certificat au nom de cet inconnu, je n’avais pas encore compris que la lettre B signifiait Bernard.

La mère supérieure m’a demandé si je voulais prévenir mon mari que j’étais là, je ne comprenais pas ce qu’elle voulait dire et dans un premier temps je fis non de la tête, j’aviserais plus tard lui dis-je.

Cela fait un mois que je suis à l’orphelinat, je suis habillée comme une postulante à la vie religieuse, j’ai compris le manège de la mère supérieure, elle veut que je rentre dans leurs ordres et mon petit garçon sera adopté par une famille méritante, mais c’est mon enfant et je n’ai nullement envie d’être religieuse. Ce matin les Messieurs de Bienfaisances comme on les appelle ici sont venus nous rendre visite, enfin à la communauté, heureusement que j’avais une capuche car mon père et mon frère sont passés si près de moi qu’ils auraient pu faire voler ma robe de bure. Ils allaient voir les bébés car le fils du Monsieur, mon père en l’occurrence ne pouvait pas avoir d’enfants, on se demande depuis quand il ne peut en avoir mais j’ignorais que le fermier l’avait laissé pour mort et tapé en un lieux qui l’avait laissé à moitié infirme. Il voulait adopter un garçon pour qu’il soit son héritier et bien entendu il s’était attardé sur notre fils, mais il l’ignorait, mon père lui trouvait des airs de ressemblance, mais rapidement la mère supérieure y a mis le holà.

Non Mr Amaury cet enfant a sa mère, elle vit avec nous et il n’est pas adoptable.

Faîtes venir sa mère, je vais lui donner beaucoup d’argent elle me cédera ce petit il a les yeux de la même couleur que les miens.

Cet enfant a aussi son père, la maman s’est séparée de lui mais nous travaillons pour que le couple soit à nouveau réunis.

Amaury laisse cet enfant , et regarde comme cette petite fille est belle, elle a de grands yeux bleus, elle est blonde, c’est un magnifique bébé, pourquoi t’enticher d’un garçon, une fille c’est beau aussi.

Je croyais père que vous ne vouliez pas d’une pisseuse chez vous;

J’entend le rire de mon père quand Amaury sort cette imbécillité,  mon père en convient et à nouveau ses yeux se portent sur mon fils. Et je l’entends dire avec horreur, je me demande si ce ne serai pas le petit de ma fille. Pourvu que les religieuses ne relèvent pas ses propos, sinon ils emmènent mon fils et je ne le reverrais plus jamais. Mais j’ai la chance qu’il y ait deux autres familles qui aient elles aussi envie d’adopter un enfant abandonné.

J’ai attendu qu’ils s’éloignent et je suis allée récupérer mon fils et j’ai passé le matin avec mon bébé. J’ai su qu’Amaury était revenu avec sa chérie et que leurs yeux s’étaient portés sur des jumeaux, ils étaient repartis comblés comme l’avait dit la sœur prière comme nous l’appelions entre nous.

Mon fils a maintenant trois ans et moi presque 20 ans j’aurai le droit de sortir lorsque je serai majeur, et je pourrai repartir avec mon enfant, la mère supérieure m’a dit que c’est ainsi que cela se passait.  Il me reste une petite année à attendre, mais c’était sans compter sur le destin.

A suivre…

4 réponses à 14/15 Une histoire diabolique

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
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