13/15 Une histoire diabolique

Chapitre 13 Jeanne et l’enfant

Personne ne m’attendait je n’avais pas annoncé mon arrivée je voulais que la surprise soit totale; j’ai parcouru les trois kilomètres qui me séparaient du domicile familiale à pieds, je n’ai pas rencontré âme qui vive. Quand j’arrivais en notre demeure j’entendais des flons flons, on faisait la fête. Comment allait-on me recevoir? Je ne m’attendais pas à me retrouver en face d’Amaury alors que j’arrivais chez mes parents, lui aussi paru surpris mais de suite il s’avance vers moi en me disant:

Mais où donc étais tu passé, je me languissais de toi, je t’ai cherché longuement.

Je suis allée accouchée en ville, je te présente Bernard notre fils

Notre fils? comment en es tu certaine, tu aimais bien écarter les cuisses il peut être de n’importe qui, compte pas sur moi pour être son père.

Et, sur ces mots il tourne les talons et s’en va bientôt rejoint par une belle femme. Je me met à pleurer mais je m’attendais pas à être accueillie les bras grands ouverts, surtout pas par Amaury qui est un sale type. Je m’avance vers la salle de réception mais ma mère m’en interdit l’entrée, à la vue de l’enfant elle pâlie et me demande ou j’ai trouvé ce bâtard.

C’est le fils d’Amaury

Oh mon Dieu cela devait arriver, restez là Mademoiselle je préviens votre père

Et, sur ce elle tourne les talons et me laisse seule face à la porte où il est donné une réception. Je vois parfois Amaury ouvrir la porte et me regarder d’un drôle d’air, mais il ne s’attarde pas et me laisse face à mon désarroi. Bernard dort sur mes genoux, mon père ne vient toujours pas, les invités partent les uns après les autres par la porte fenêtre qui donne sur nos jardins. Maintenant que l’on entend plus la musique j’entend des éclats de voix entre Amaury, ma soi disant mère et mon père. La jeune femme qui était avec Amaury m’a rejoint et me dit :

Et bien votre retour n’a pas l’air de faire plaisir à votre famille.

Certes il y a mon père et ma mère mais que fait Amaury chez moi ? La jeune femme me regarde d’un sourire fort triste et me demande si je connais bien Amaury?

Un peu, pourquoi?

C’était nos fiançailles;

Vos fiançailles dans la maison de mon père ?

Elle n’a pas le temps de me répondre car Amaury fait son entrée dans le hall où j’attend depuis des heures l’arrivée de mon père.

Venez Ma Mie nous partons, Jeanne ravie de t’avoir revu à demain je suppose.

Il entraîne rapidement sa fiancée dans les étages supérieures. Je suis de plus en plus intriguée, je n’ai pas vu mes frères et sœurs mais par contre Amaury joue le maître de maison chez moi, étrange.

Sur ces entrefaites je vois arriver mon père, il donne mon enfant à une jeune femme qui doit être une nounou et il me tire par la main en me disant ne fais pas de vague ta mère est dans une colère noire. Je suis assise dans le bureau de mon père là où je me souviens avoir reçu des coups de fouets mémorables, mon père est en face de moi, il ne dit rien, il doit attendre ma mère, mais rapidement je vois qu’il n’en est rien. Il bourre sa pipe et me demande l’âge de mon enfant. Rapidement je le vois compter, et il devient blanc comme un linge. Je ne sais quoi lui dire. Il murmure plutôt que de s’adresser à moi des mots que je ne comprend pas.

J’aurai dû te parler bien plus tôt tout cela est de ma faute, comment t’expliquer, comment te dire?

Me dire quoi Père ? Parlez vous me faîtes peur,

Jeanne comment te dire, ton enfant est né

D’un viol ça c’est certain;

C’est encore pire que je ne l’imaginais, Amaury t’as violé?

Oui !

Amaury ma Jeanne chérie, est ton frère!

Mon frère, oh mon Dieu, mais père comment peut-il être mon frère, comment le savez-vous?  Pourquoi ? Qui suis-je? Qui est ma mère, mon père?

Je suis ton père, et ta maman est morte en mettant au monde ta demi sœur,

Qui était ma mère, celle d’Amaury ?

Oui, c’est bien d’elle qu’il s’agit,

Comment avez vous su pour Amaury, car jamais vous ne m’avez dit quoi que ce soit à son sujet.

Je savais que tu étais la demi soeur de  Jehan,Amaury et Geneviève, mais j’ignorais que le second etait aussi mon fils, je l’ai su à la mort de leur père il y a dix huit mois.

Ah leur père est décédé?

Oui, et dans les papiers que Jehan m’a apporté il y avait une lettre manuscrite à me remettre en main propre s’il arrivait malheur au Comte.

Donc il savait, mais pourquoi Père vous ne m’avez rien dit concernant celle qui m’a mise au monde. Puisque le médaillon dont je vous ai entendu parler représentait bien ma mère.

Oui, je sais j’aurai dû Jeanne. Si tu ne veux pas garder ton enfant je comprendrais, dès demain je le déposerais à l’orphelinat.

Jamais, c’est mon bébé.

Mon père semble perplexe, il ne sait quoi me dire, finalement il se décide et m’assène ces quelques mots.

Je ne puis tolérer que tu gardes cet enfant né à la fois d’un viol et d’un inceste, tu es mineure tu n’as rien à dire, j’emmène dès demain cet enfant à l’orphelinat des religieuses.

Et, sans me saluer il sort, il ne m’a pas embrassé, il reporte toute la faute sur moi, alors qu’au départ c’est lui qui a trahis celle que je prenais pour ma mère. Je sors de son bureau dans un état lamentable, je monte à ma chambre où la jeune bonne qui a emmené Bernard s’y trouve, elle berce mon bébé , me sourie et me dit :

Monsieur votre père m’a dit que vous pouvez dormir avec l’enfant. Demain je viendrais le chercher vers 6 h, bonne nuit Mademoiselle, si vous avez besoin de quelques choses je suis à côté, frappez et je viendrais vous aider.

On a monté mon bagage et celui de mon fils, je ne défais rien, j’attends que tout le monde dorme et, sans bruit je descend les escaliers avec Bernard qui suce son pouce et dort du sommeil des anges. Mon père veut faire de mon fils un bâtard comme l’a dit Amaury, il n’en est pas question, il restera avec moi, je ne sais pas encore où je vais aller mais je vais au moins m’éloigner de cette maison où je n’ai jamais été heureuse et où mon père fait toujours régner l’ordre et la discipline d’une main de fer. Je comprend que mes frères et sœurs aient fuit notre maison, y compris ma sœur Madeleine,elle non plus n’était pas aux fiançailles, je ne l’ai pas revu. Dehors il y a une belle lune pleine, je met mon petit garçon endormi dans la cabane du jardinier, l’enveloppe de ma grande cape et remonte rapidement prendre un seul bagage, j’ôte le maximum de mes affaires afin de pouvoir contenir ceux de mon fils, et, je redescend quatre à quatre les larges marches de la demeure familiale, mon fils dort toujours, je le prends sur mon dos et l’attache avec une large écharpe comme le faisait la fille du bon docteur et je repars en direction de la gare.

A suivre….

4 réponses à 13/15 Une histoire diabolique

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
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