L’écriture de mes nuits

 Voici mes chemins où mes mots caracolent en une belle farandole

 

P1000390

(cette photo a été prise par mon papa de 89 ans)

 

Mes nouvelles, romans et contes pour enfants naissent au cours de mes nuits, mais ce ne sont pas des nuits où je ne dors pas, au contraire, cela me réveille et c’est ainsi que vous découvrez au petit matin mes écrits.

Bientôt je vous baladerais sur mes nuits étoilés pour de nouvelles aventures.

Je vous attend sur mon nouveau Domaine.

Soyez les bienvenues !

 

 

Face au vent ( 12) Le mort

A mon arrivée l’appartement est vide Rubens a dû s’absenter, mais les heures passent et je commence à m’angoisser que dois-je faire ? J’essaye plusieurs fis de l’appeler sur son téléphone mais personne ne me répond, pire c’est sur la messagerie. Ou est-il allé ? Et pourquoi ne m’a-t-il pas attendu. J’essaye de joindre l’ami d’Aurélie, mais lui aussi a fermé son téléphone. A moins que ces deux soient ensemble, mais pour quelles raisons Rubens ne m’a pas informé. En refermant la fenêtre suite à un appel d’air, je vois voleter devant moi un papier arraché du calepin de Rubens, je me penche et ramasse la petite feuille, et là je vois que Rubens est parti à la rencontre de Mathéo l’ami d’Aurélie. Que s’est-il passé pour que ces deux-là est coupé leurs téléphones ?

Jamais je ne vais pouvoir répondre aux questions qui m’affluent au cerveau, je ne vais pas m’affoler, ils n’ont pas dû voir passer les heures et bientôt Rubens franchira le seuil de notre havre d’amour. Hélas à 19 h il n’est toujours pas rentré et les deux téléphones sont muets. Il faut que j’avertisse le commissariat de Toulouse, mais on me dit de ne pas m’affoler, mon ami est majeur et vacciné, il va rentrer dans la nuit. Et ils prennent mes coordonnées et raccrochent. Les heures s’égrènent inlassablement et personne ne me rappelle ni la police, ni mes parents, ni Rubens. Je n’ai rien pu avaler et je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Au petit matin je me décide d’appeler ma mère et je lui expose la situation, mais hélas elle est entre deux vols et n’a pas beaucoup de temps à me consacrer, elle me dit que c’est mon amoureux qui n’était pas fiable car cela correspond à l’histoire de ma sœur, elle n’a pas voulu m’alarmer mais elle ne pensait pas que cela se terminerait si vite. Je sanglote plus que je pleure, je me trouve devant le fait accompli que Rubens était lui aussi un salop. Toutefois, notre histoire est différente de celle de ma sœur, nous sommes à plus de 800 km de Marour, nous avons loué cet appartement ensemble, du reste il l’a mis à son nom, on a versé un mois de caution, il a déjà des pistes pour son travail, moi j’irai en prépa, et j’ai même trouvé un petit travail de documentaliste pour les jours ou je serais disponible, cela mettra du beurre à notre affaire.

Ce n’est que vers midi que je reçois un appel téléphonique du commissariat mais ce qu’ils me disent n’est pas fait pour me calmer, l’inspecteur que j’ai au bout du fil me demande de passer il a des nouvelles concernant un des deux hommes dont je leur ai parlé hier au soir. Mais l’entretien s’arrête là, car il ne veut rien me dire au téléphone. Je me précipite sur ma veste, prends mon sac et ferme l’appartement, je dévale les escaliers et me heurte de pleins fouets  avec un jeune homme avec une capuche sur la tête qui gravi les escaliers. Je ne lui prête pas attention, lui me bredouille une vague excuse et continue son chemin. Je suis rapidement dans la rue, mais hélas, force est de constater que la voiture de location n’est plus sur sa place de parking, c’est vraiment la catastrophe. Je rappelle le commissariat qui me dit de rester là où je suis et il m’envoie une voiture de patrouille qui est dans le coin, et que nous verrons tous ces évènements ensemble. Cela n’est pas fait pour me rassurer. Je me demande ce qu’ils ont à m’apprendre et pour quelles raisons je dois me rendre au commissariat. Moins de deux minutes après mon appel, une voiture de la police se gare à ma hauteur, un agent en descends et m’invite à prendre place, je suis leur hôte et non une condamnée, mais la suite ne va pas aller dans le bon sens. Le conducteur rejoint Toulouse et me dépose devant la porte d’entrée, son acolyte m’ouvre la portière et m’invite à rejoindre l’inspecteur. Il me précède et me fait entrer dans un petit bureau ou il n’y a qu’une jeune femme qui travaille sur un ordinateur, elle me salue et me demande si je veux un café, dans ma tête je me dis et pourquoi pas la dernière cigarette, mais je me garde bien d’en faire la réflexion. J’acquiesce et elle me l’apporte, puis un jeune inspecteur entre et lui demande de nous laisser, elle s’exécute et me voici face à un beau jeune homme.

Dns un premier temps nous nous observons, lui ouvre son ordinateur, met des papiers dans l’imprimante et sans me laisser le temps de sortir de mon rêve me pose une question assez abrupte et dure à entendre.

  • Pourquoi avez-vous tué Mr Mathéo Langlois ?

Je suis anéantie et abasourdie, le jeune homme se nomme Langlois comme moi et il n’est donc pas le petit copain de celle qui serai ma cousine, lui qui peut-il être, mais hélas je ne vais pas rêvasser longtemps, l’autre change de registre et me dit qu’à compter de 14 h je suis en garde à vue pour avoir assassiné Mr Mathéo Langlois avec mon complice Mr Rubens Margery

  • Où est Rubens ? Il est parti hier au soir et je n’ai plus de nouvelles, je pensais que c’était la raison pour laquelle vous m’aviez convoqué.
  • Oui et non !
  • Je m’appelle aussi Langlois, Mathéo est mon cousin, jamais je n’aurai eu l’idée de l’assassiner, de plus j’ai quitté mon ami hier à 9 h du matin pour rejoindre ma mère à son hôtel et depuis je ne l’ai pas revu.
  • Vous n’êtes pas Aurélie Langlois ?
  • Non je suis Stéphanie Langlois ; et Aurélie est ma cousine.
  • Et bien si c’est votre cousine pourquoi vous ne saviez pas que Mathéo était son frère.
  • C’est une longue histoire Monsieur l’inspecteur, une histoire de famille. Je suis à la recherche de ma famille, de mes racines et quand Mathéo m’a rencontré l’autre jour il s’est fait passer pour le petit copain d’Aurélie mais jamais pour son frère.
  • Regardez la photo de votre cousine, vous lui ressemblez énormément, sauf pour les cheveux, la longueur, toutefois pour le reste vous pourriez passer pour sa jumelle.

Lorsque je pose les yeux sur la photo je tressaute, c’est moi il y a quelques années, nous nous ressemblons plus que moi avec ma sœur. Je suis sous le choc et l’inspecteur s’en rends rapidement compte, il fait le tour de son bureau, se penche sur moi et me tends un fin mouchoir pour que j’essuie mes jolis yeux comme il me le dit. Puis, il reprend sa place comme si rien ne s’était passé. J’explique tout depuis l’incendie, les avaries sur mon avion, mon arrivée à l’Ecole Préparatoire d’Aviation de Blagnac, ma rencontre là-bas avec Mathéo. Notre rencontre à Toulouse au cours de la même journée, je n’omets rien et je sors libre du commissariat, rien ne peut m’être reproché, à l’heure de la mort de Mathéo j’étais avec ma mère. Je suis juste celle qui apporte la poisse, ce n’est pas l’inspecteur qui me l’a dit c’est moi qui en est arrivé à ce triste constat.

Mais pourquoi Aurélie a tué son frère?

 

A suivre…

Face au vent ( 11) Une situation inattendue

 

Pendant le repas Rubens voit que je suis préoccupée, je ne lui ai même pas fait part de mon premier contact avec mon école et lui ne m’a pas expliqué sa phrase sibylline. Mais il prend rapidement les devants et m’annonce qu’il a profité de mon absence ce matin pour aller s’inscrire dans une boite d’intérim, avec son bac professionnel qu’il travaille sur Sainte-Luce ou Toulouse c’est la même chose. Je suis abasourdie quand je l’entends ajouter au moins nous pourrons partager les frais et nous serons ensemble. Pour moi je trouve que tout va trop vite, je ne suis pas prête à vivre avec Rubens, mais je ne lui dit rien, on verra au fil du temps et puis cette jeune femme m’intrigue, du reste je vais rappeler le jeune homme pour lui poser quelques questions. Lorsque je raccroche je sais  que la ressemblance n’est pas parfaite, j’ai le même timbre de voix, le même regard vert. Elle n’a pas la même coiffure que moi, sauf la couleur est semblable, nous sommes toutes les deux rousses. Mais pour lui c’est plus une allure générale, finalement je ne lui aurai pas montré ma carte d’identité il serait repartis en se confondant en excuse, mais là c’est ce à quoi il ne s’attendait pas. Nous nous sommes donnés rendez-vous samedi sur le petit aérodrome où mon avion, enfin celui que j’ai eu en prêt m’attends, il me donnera quelques explications, mais je ne m’attends pas à des miracles. Les coïncidences dans la vie cela existe mais je suis troublée. Par contre rien n’a été prémédité puisque seuls mon père et moi étions au courant de ma venue sur Toulouse. Avec tous ces problèmes je vais devenir parano si je pense que tout le monde me poursuit. Je termine le repas en pensant aux appartements que Rubens a réservé, il va nous falloir nous décider rapidement si mi-septembre ou avant nous venons nous installer, tout cela va dépendre de son travail.

Après la visite du second appartement Rubens et moi nous allons avoir une conversation téléphonique avec ma mère qui a enfin réussis à me rappeler. Je ne sais si la communication ne passait pas, mais en tous les cas elle a eu du mal. Elle est dans l’avion mais comme simple passagère et non hôtesse de l’air. Une de ces collègues est malade, elle rentre en Métropole plus tôt que prévu, elle doit faire une escale à Toulouse-Blagnac et passer la nuit sur place, elle nous invite tous les deux au restaurant ce soir, ce qui nous ravi, elle ajoute :

  • Ma petite fille j’ai des informations importantes à te faire part, j’espère que tu sauras attendre ce soir.

Moi, qui pensait les lui demander au téléphone j’en suis quittes pour me taire et attendre son arrivée, aussi c’est sans aucune envie que je me traîne pour aller voir ce troisième appartement, Rubens ne dit pas ce qu’il en pense mais je le vois contrarié. Dès que je franchis le hall d’entrée et que j’accède au premier étage, j’aime déjà cet escalier avec sa rampe en fer forgée, mon entrain revient. Devant la porte nous attends la jeune femme qui doit nous faire visiter, dès que je suis à l’intérieure je suis conquise par la cuisine tout équipée, tout y est, c’est superbe. A côté une grande pièce de vie et deux chambres. C’est le seul appartement qui en possède autant. Chaque chambre a sa salle de bain fort fonctionnelle. Rubens voit que je suis emballée, il ne dit rien car c’est moi qui doit prendre la décision, lui est venu s’ajouter, mais il est d’accord pour participer aux frais. Je demande à combien se monte le loyer, bien entendu cela dépasse largement mon budget, mais avec la participation de Rubens qui bien entendu sera moindre au départ, je peux signer le bail. Nous sommes tellement euphoriques que nous nous précipitons dans une grande surface pour se faire livrer rapidement un lit un grand dit Rubens à la vendeuse qui éclate de rire. Pour ce soir nous dormirons encore ensemble, quand nous reviendrons nous aviserons si nous ne prenons pas chacun une chambre ce qui fera certainement rire ma sœur si je lui en touche deux mots. Pour les parents j’attendrais. Maintenant que nous savons où dormir, il ne nous reste plus qu’à aller visiter Toulouse la ville rose. J’insiste un peu car Rubens voulait essayer le lit, moi je n’ai pas envie d’être en retard lorsque maman sera arrivée, elle n’aura pas envie de rester dans un aéroport, elle est en congé, et a envie de me serrer dans ses bras, surtout depuis qu’elle sait que j’ai eu cet accident en avion.  Et puis je connais les intentions de Rubens, depuis que je me suis donnée à lui il se sent en territoire conquis, nous avons bien le temps, je suis fort jeune, je ne vais pas me marier demain ou tout au moins passer ma vie de suite avec lui. Mon avenir professionnel n’a pas encore commencé. Mais cela ressemble étrangement à la vie de mes parents et de ce trisaïeul. Un coup de foudre ! Mais Rubens est têtu il ne l’entend pas et il passe derrière moi et commence à poser ses mains sur mes seins, je n’ai nullement envie qu’il m’entraîne sur le lit, je le repousse sans ménagement, il est aussi rouge qu’une tomate bien mûre, il se confond en excuse, mais ne voulant pas le mettre mal à l’aise  je le laisse m’embrasser et lui murmure :

  • Sois patient ce soir nous aurons toute la nuit et même demain matin pour s’aimer, là je n’en n’ai pas envie.
  • Chez les Langlois vous êtes intransigeantes !

    Je me souviens à ce moment que ma sœur aînée avait fréquenté son frère, je comprends sa phrase ; mais je ne lui réponds pas et nous regagnons notre voiture de location pour entreprendre notre visite qui va rapidement tourner court, le jeune homme rencontré ce matin est attablé en compagnie de plusieurs amis à la terrasse d’un bar et il nous fait signe de se joindre à eux. Nous passons un excellent après-midi et nous remettons à dans plusieurs semaines notre visite. Ses amis ne connaissant pas celle qui me ressemble je n’ai pas à les écouter et cela me va à ravir, nous parlons plus de cet école préparatoire que de sosies. Je les quitte en disant à deux d’entre eux que l’on se retrouvera à la rentrée, c’est par eux que j’apprends que nous serons deux filles pour 15 garçons, je vois que cela ne plait nullement à Rubens ce qui me permet de le taquiner pendant le trajet vers l’aéroport. Il fait contre mauvaise fortune bon cœur, et accepte mes boutades. Mais je lui demande s’il doute de moi ? Il m’assure du contraire mais je me demande s’il est bien honnête avec moi. J’essaye d’oublier cet incident malheureux et je lui demande de m’attendre pendant que je rejoins ma mère.

    C’est bras dessus bras dessous que Rubens me voit revenir avec ma mère, nous rions comme deux copines, j’attends le repas avec impatience pour en savoir davantage sur l’enquête que j’ai diligenté du fait de mon appel téléphonique. J’installe ma mère qui observe mon visage car celui-ci est coupé de part et d’autres par l’impact lors de la chute de mon avion, j’apprends que mon avion est plutôt mal en point, mon oncle s’est rendu sur Saint-Chamond pour voir quels étaient les dégâts et il pense quand mon père l’aura vu soit le vendre en l’état soit le réparer mais cela risque de prendre du temps ce qui ne m’intéresse pas je pensais voler sur mon propre avion pendant les vacances. Maman dit que je volerais mais sur un avion de la compagnie, je ne dis rien mais je me sens redevable et j’aurai préféré être libre comme l’air. Maman fait taire mes appréhensions et nous nous dirigeons vers le bar de l’hôtel où elle loge, Rubens est déjà au bar, il boit un whisky coca, je fais de même et la soirée se prolonge assez tard, maman ne m’a fait aucune confidence je pense que c’est la présence de Rubens qui l’empêche de me raconter ce qu’elle a appris lors de son enquête en Nouvelle Calédonie. Il faut que je lui dise que cela ne m’indispose nullement que Rubens soit présent, je profite qu’elle va se passer un trait de rouge sur ses lèvres pour l’accompagner, et là, elle me demande à brûle pourpoint ce que je fais réellement avec Rubens. J’ai dû devenir pâle comme une morte car elle me prend dans ses bras en me disant :

    • Pardonne moi ma Fanne chérie je ne voulais pas te brusquer, mais j’ignorais que vous étiez si proche tous les deux.
    • Maman je ne voulais pas t’en parler car nous n’en sommes qu’aux prémices, c’est tout neuf, nous nous découvrons. Evite de dire quoi que ce soit à Papa car je n’ai pas envie qu’il vienne interférer dans ma relation. Déjà que je n’ai pas compris pourquoi Zoé avait laissé tomber son frère.

    Je vois que ma phrase a fait mouche sur ma mère, elle bredouille plutôt qu’elle ne me parle une suite d’onomatopées qui me laisse pantoise n’en comprenant même pas le quart. Je crois deviner à demi-mots que ce n’était pas la bonne personne pour ma sœur mais que cela n’a rien à voir avec moi et Rubens. Ouf je suis rassurée, mais elle refuse systématiquement de m’informer de ce qu’elle a découvert, elle préfère me le dire lorsque je serais de retour à Marour, et que pour l’instant je n’ai qu’à m’amuser, mais dans ses paroles je sens comme une menace concernant Rubens s’il  lui prenait l’envie de me faire du mal. Du coup je reprends pieds sur la terre ferme et me rends compte que je n’ai pris aucune précaution ni Rubens du reste, je n’ai pas envie de gâcher ma vie et de me retrouver enceinte. Ma mère doit comprendre mon désarroi, car elle me fait signe et me montre que l’hôtel vends des préservatifs, elle me conseille d’en prendre et je les glisse dans mon sac que j’avais eu le soin d’emporter avec moi. En calculant bien je ne suis pas dans une bonne période pour craindre le pire, mais je préfère avoir sur moi le nécessaire surtout que si j’agis toujours de la même façon tôt ou tard je me ferais avoir. Ma mère me laisse entendre que les jeunes sont de plus en plus insouciant et que Rubens a failli à tous ses devoirs, pour éviter l’esclandre que je sens venir, je lui dis qu’il avait fait le nécessaire mais que nous avions oubliés d’en racheter. Je ne sais si elle me croit, mais au moins l’incident est clos.

    C’est seulement vers 23 h que nous nous quittons, elle ne me pose aucune question et Rubens et moi nous ne lui disons pas où nous nous rendons. Nous lui avons tu que nous avions trouvés un appartement, la connaissant elle aurait voulu le visiter et ce serait rapidement rendue compte que nous allions y vivre ensemble. Rubens remercie ma mère et nous nous engouffrons dans la voiture de location et regagnons Blagnac là où nous avons un joli appartement. Je prends beaucoup de plaisirs à tourner la clef dans la serrure de mon appartement, même si je vais y vivre avec mon amour, je dis que c’est le mien, je ne pensais pas y vivre à deux, mais pour l’instant cela me va à ravir. Je pose discrètement les préservatifs sur la table de chevet que j’ai acheté plus tôt. Lorsque je reviens je vois qu’à côté des miens il y a une deuxième boîte, Rubens y a aussi pensé cela me fait chaud au cœur. Il n’est pas aussi désinvolte que ma mère me l’avait laissé entendre. Nous passons une nuit de folie et nous nous endormons que lorsque le soleil pointe son nez. Mais nous avons mis le réveil vers 14 h car nous devons rejoindre le jeune homme qui aime Aurore, il doit nous raconter tout ce qu’il sait la concernant. Mais c’est mon téléphone qui va me réveiller, ma mère me demande de la rejoindre seule à son hôtel. Je me lève sans bruit, laisse un mot à Rubens en lui promettant d’être là vers 13 h 45, je lui écris « maman m’a appelée ».

    Les révélations de maman ne m’affolent nullement au contraire je  trouve que l’histoire est fort belle pour l’arrière-grand-père de mon père et fort triste pour l’arrière-grand-mère de ma tante.. J’apprends que mon trisaïeul avait accompagné vers la Métropole la femme qu’il aimait, qu’en route elle avait accouché d’un joli petit garçon mais qu’à l’arrivée elle avait confié son bébé à celui qu’elle chérissait pour épouser l’homme que son père lui avait choisi. Le père du bébé était allé sur Paris chercher une jeune femme sortie tout droit d’un couvent, l’avait épousé et elle s’était occupé de l’enfant ainsi que de ses autres enfants nés de leur union en Nouvelle Calédonie. Ma mère ignore si nous descendons du fils aîné ou d’’un de ses demi-frères, il va falloir que je me penche sur la généalogie familiale, car il y a un sérieux problème, deux des enfants portent le même prénom ou sensiblement différent, l’un se nomme Pierre Jean et l’autre Jean Pierre, et mon père quand il parle de son grand-père il dit Papé Pierre. Maman a appris tout cela car elle a rencontré un avocat qui s’appelle lui aussi Jean Pierre Langlois et j’apprends d’un seul coup que c’est le père d’Aurore qui a disparu en France depuis trois mois. Pour une nouvelle s’en est une mais voilà la clef de l’énigme mais de suite je pense à l’homme qui ressemble au frère de ma tante, et là elle ne peut rien me dire car cet avocat ne voyait pas de qui elle parlait. Ma mère repart vers 12 h 30, j’ai encore le temps de l’accompagner et je la laisse à la porte d’embarquement, je lui ai dit avoir trouvé un appartement, mais je n’ai pas mentionné que j’allais y vivre avec mon chéri, je sais fort bien ce qu’elle m’aurait dit. Et, à ce stade de mon idylle je ne veux rien savoir.

    Avant de rejoindre Rubens je reçois un appel téléphonique de mon père et ce qu’il me dit m’inquiète à nouveau. Mon père est certainement au courant de plus de choses qu’il veut bien en convenir, mais il est laconique et me demande de ne pas m’emballer, quand je lui parle d’Aurore qui me donnerait d’air, il me dit qu’il ne faut pas que je creuse de ce côté-là sinon je n’aurais que du chagrin. Aussi est-ce sur le ton d’une femme colérique que je l’apostrophe un peu vertement :

    • Mais papa je suis majeur si je veux connaître cette jeune femme qui de surcroît doit être ma cousine certes lointaine, mais cousine quand même je ne vois pas en quoi cela peut te déranger. De toute façon je vais compulser les archives départementales pour voir s’il n’y a pas quelques pistes.
    • Si tu en fais qu’à ta tête tu iras de déception en déception, de plus je n’aimerais pas te savoir en danger tu as déjà eu cet accident, maintenant que j’ai vu l’avion je puis te dire que le manche a été scié, donc nous partons sur une enquête longue et minutieuse pour savoir qui est derrière tout ceci.
    • Mais papa je ne vois pas la raison pour laquelle un oncle ou une cousine pourrait être les auteurs de ce sabotage. Sinon que chercherait-il ?
    • Je ne sais pas, nous n’avons rien à cacher.
    • C’est à se demander ?
    • Quoi ? Tu te permets quoi ?
    • Je m’interroge papa !
    • Tu ferais mieux de te taire, tu ne connais absolument rien à notre famille.
    • Papa !
    • … Excuse-moi, ma chérie mais tous ses accidents, sabotages m’inquiètent, et puis, et puis…
    • Papa dis-moi ce qui ne va pas ? Ce qui te perturbe ? Papa je sens que tu as du mal à parler, je rentre de suite. Tu viendras récupérer l’avion que l’on m’a prêté à Planèze.
    • Non, Stéphanie profite de tes quelques jours, ta mère m’a dit que tu étais avec un garçon, sois sage, fait attention mais amuse toi.
    • Je te promets Papa.

    La communication s’achève, j’ai comme un arrière-goût dans la bouche d’assez étrange. Qu’est-ce que mon père me cache ? Pourquoi m’a-t-il répondu aussi durement. Que de questions qui viennent s’entrechoquer avec toutes ses révélations, je me sens mal à l’aise, il est plus de 13 h, je me dois de rejoindre rapidement Rubens, je vais lui demander de téléphoner à ce jeune homme et d’annuler, je vais me dépêcher de rentrer chez moi.

     

A suivre…

Face au vent (10) Un vol mouvementé

Plus j’y réfléchis, plus je me dis que la suite doit se passer en Nouvelle Calédonie, mais qui a pris en charge le demi-frère de l’arrière-grand-père de Sophie ? Une fois que j’aurai fait toutes mes démarches pour l’an prochain il faut que je passe le reste de mes vacances à trouver la trace de cet arrière oncle que nous avons de commun Sophie et moi. Je m’imagine partir en avion et rejoindre cette terre, mon père ne me laissera jamais partir en avion aussi loin, surtout que le ravitaillement va devenir un gouffre pour s’y rendre. Il doit falloir en faire des haltes, ce n’est qu’un rêve…Plus tard, mais j’aimerais bien me rendre sur place pour découvrir qui était ce Sacha ? Mais lorsque je consulte le carnet de voyage de maman je m’aperçois qu’elle est là où j’aimerais bien me rendre.

Lorsque je descends pour prendre mon petit déjeuner la maison est déserte, deux mots se trouvent sur la table, le premier de mon père : «  Fanny ma chérie rejoint-moi à l’atelier ».

Le second de ma cousine, «  Fanne j’ai tout raconté à ton père il est devenu blanc, j’ai même eu peur qu’il ne fasse un malaise, j’ai attendu son départ pour te mettre ce petit mot ; fais attention à tes propos et tiens moi au courant, je pars d’ici deux heures à Clermont-Ferrand. »

Je déjeune rapidement, auparavant je téléphone à ma maman, elle est justement en Nouvelle Calédonie, c’est une hôtesse de l’air, je lui explique brièvement ce que j’attends d’elle, pour une coïncidence j’espère qu’elle va me servir. Elle, a une escale de trois jours cela va lui donner du temps. J’espère qu’elle apportera des pierres à notre édifice.

  • Lorsque je rejoins mon père, je vois de suite qu’il a une tête à faire peur, mais est-ce que c’est cette vieille histoire familiale qui lui donne cet air méchant, je n’ai jamais vu mon père ainsi, quand je m’approche de lui, il me dit que jamais il n’aurait dû essayer de remuer le passé. Il a même envie de tout plaquer et de s’en aller.
  • Mais Papa pour aller où ?
  • Loin d’ici, là où personne ne me connait,
  • Mais je ne comprends pas ce qui te met dans cet état et pourquoi tu veux quitter ce qui fait ta joie. Viens nous allons voler, je t’emmène.
  • Je n’en n’ai n nullement envie ma fille, je te laisse y aller seule.
  • A mon retour j’espère que tu pourras m’expliquer ?
  • Je ne sais pas, tu sais Stéphanie ma famille qui est la tienne ne m’a pas tout dit, il faut que j’aille à Rouaix pour voir dans les papiers de mon père si je ne peux pas retrouver des traces de cet arrière grand-oncle. Car si cet homme est un descendant de notre famille il serait bon que nous le sachions. Ce qui me gêne c’est que je ne peux pas t’accompagner à Toulouse ; tu penses y aller de quelles manières ?
  • En avion !
  • Quoi ?
  • Oui, j’ai pris ma décision, je suis fin prête je me rendrais à Toulouse par le seul moyen de communication que j’aime.
  • Je ne sais pas si c’est bien le moment ;
  • A quoi penses-tu ?
  • A rien !
  • Si Papa je vois que tu es encore plus contrarié, mais pourquoi ?
  • Rien, je me fais des idées, va donc ma fille chérie, pars, fais toi plaisir tu ne veux pas te faire accompagner par un de tes amis ; je serais plus tranquille.
  • Puisque tu me le proposes si gentiment je vais demander à Rubens, il rêve depuis fort longtemps de monter dans un avion, et si cela se trouve il aura envie d’apprendre à piloter.
  • Quand pars-tu ?
  • Le temps de le prévenir, nous serons prêts demain en début d’après-midi.
  • Moi je pars de suite, on se retrouve samedi, et tu me raconteras tes premières impressions. Bon vent ma fille.

J’embrasse mon père et me précipite à la maison et de suite je téléphone à mon meilleur ami qui m’aime, de cela j’en suis certaine, mais je me trouve trop jeune pour oser franchir le pas, mais les évènements vont me donner tort. Ou il est libre et super heureux de m’accompagner, je le mets au courant de ce qui s’est passé chez moi, il me conseille de téléphoner à ma mère de façon que je sache si elle a mis à profit son temps de repos pour se renseigner. Hélas je n’arrive pas à la joindre, tant pis je rentre avec Rubens chez nous, je ne l’invite pas dans ma chambre mais je lui propose le canapé du salon il ne dit rien et accepte. Nous passons une super soirée et j’essaye d’oublier tous les problèmes qui sont venu catapulter ma vie ces derniers temps. Avant d’aller se coucher assez tôt puisque demain nous partons aux aurores j’ai ma cousine Sophie qui est enchanté de sa fac et qui m’annonce avoir trouvé en ville un petit F2 elle va en profiter pour visiter un peu car elle ne connait pas, et elle pense rentrer d’ici deux jours, je lui annonce que je pars demain matin mais je me garde bien de lui dire que Rubens m’accompagne. C’est mon jardin secret et je ne veux pas l’étaler au grand jour. Du reste Rubens fait exactement pareille de son côté.

La nuit se passe bien et dès 5 h du matin nous sommes tous les deux sur le pont. Rubens est encore plus excité que moi car je vais le piloter, pour lui avoir son brevet de pilote est un rêve mais il ne pense pas que ses parents pourraient accepter.

Il est 7h 30 lorsque j’amorce le premier virage et que je monte dans le ciel bleu malgré une légère brume, j’ai plus de 300 km à faire je pense arriver vers midi, nous papotons pendant la première heure, Rubens est franchement complètement déjanté, il bouge tellement dès qu’il voit le ciel, les montagnes, que je dois le calmer afin de ne pas me déstabiliser. Après une 1 h trente de vol, j’entends un drôle de bruit et je ne dis rien à mon ami, mais ce bruit m’est totalement inconnu. Le prochain aérodrome où je vais pouvoir me poser est à deux heures de route. Si je suis obligée de me rapprocher du sol mon père m’a indiqué deux ou trois endroits ou se serait aisé de le faire, mais pour repartir il était moins confiant, le mieux serait une route bien droite mais il faut faire attention aux lignes à haute tension, aux automobilistes et à un tas d’autres choses auxquelles j’évite de penser. Bien entendu je ne fais pas part de mes inquiétudes à mon ami, ce bruit est certes imperceptible mais il ne me dit rien qui vaille. Possible que ce soit une chose mal accrochée qui frappe la carlingue, mais plus je vole, plus il me semble que cela vient du moteur. Soudain, Rubens me crie :

  • Steph il y a une flamme à l’avant ;

Je vois en effet ce qui l’effraye, mais je vois aussi au sol que des habitations serrées les unes contre les autres. Je vais passer un appel de détresse, possible que l’on me réponde je suis à une encablure d’un petit aérodrome, celui de Planèze dans la Loire. Mes premiers appels restent infructueux, je ne panique pas, surtout que Rubens est blême, il voit que c’est grave, aussi reste-t-il silencieux et je lui en sais gré. J’ai suffisamment de kérosène, aussi je commence par tourner en rond afin de voir si je ne peux pas me poser en catastrophe, et finalement j’ai la présence d’esprit de demander à mon ami de prendre mon téléphone portable et d’essayer de joindre mon père, afin qu’il puisse m’aider en me pilotant au-dessus de Saint-Chamond pour que je puisse regagner ce petit aérodrome. Hélas c’est peine perdue, il ne lui répond pas, il ne me reste qu’à essayer de lancer des SOS afin que n’importe qui me capte soit sur une radio amateur, soit dans un Commissariat, soit chez les pompiers.  Rien je suis seule dans mon avion même si à mes côtés j’ai Rubens il ne m’est d’aucun secours, j’ai même peur qu’il ne s’affole si je me pose n’importe où au sol. Je prends donc quelques précautions en lui expliquant la manœuvre :

  • Rubens, tu vas scruter le sol et dès que tu verras un pré, ou un terrain peu près plat, tu n’hésites pas à m’avertir, comme je ne sais pas où se situe exactement l’aéro- club de Planèze je vais me poser en catastrophe.
  • Steph ne fait pas ça, tu dois bien avoir des cartes où l’on voit où se situe cet endroit, dis-moi où je peux les trouver et je vais chercher.

Rapidement je lui indique la sacoche noire et il s’en empare et me guide à travers champs pour finalement me montrer la piste d’atterrissage, je lance un nouvel appel et là on me répond, mais c’est un gargouillis incompréhensible, je n’hésite pas, je coupe le moteur, vu que c’est une avarie, enfin je le pense et je commence à planer, cela affole Rubens car il y a du vent. C’est un exercice périlleux auquel je vais être confronté. Rubens me guide, je vois la piste, mais juste à ce moment j’heurte un oiseau et je sens que la vitesse m’emporte vers le sol, je demande à Rubens de mettre sa tête sur ses jambes et de se maintenir le plus possible, je fais de même, en espérant ne pas mettre le feu aux grandes herbes que je vois apparaître. C’est un peu chaotique, je pense me poser sur mes roues quand un petit Ulm qui ne doit pas comprendre pourquoi je me pose dans ce sens me coupe la route et mon petit aéronef se retourne. Je crie aussi fort que Rubens, puis tout s’immobilise, nous sommes à l’envers, cela sent le brulé, il nous faut sortir de l’appareil. Rapidement j’entends crier autour de nous, la porte s’ouvre, je me dégage de ma ceinture ainsi que mon ami et nos secouristes nous extraient de l’appareil. Nous nous éloignons, le feu s’est arrêté de lui-même mais pour plus de précaution les pompiers viennent l’arroser, l’herbe est sèche et on ne sait pas encore la raison pour laquelle le feu s’est déclaré. Rubens en est quitte pour une belle entaille à l’arcade sourcilière, moi J’ai la même dans le cuir chevelu. Les gendarmes sont rapidement sur les lieux, mais je ne puis rester, il faut que l’on me prête un avion, voire je vais être obligé de verser une caution, mais lorsque je dis qui est mon père, tout s’aplanit devant moi. Le responsable du coin a fait son service militaire avec papa et il me prête un appareil qui est le même que celui qui est immobilisé sur la prairie.

Le reste du voyage se passe sans encombre, mais nous devons nous chercher un petit hôtel, car j’ai perdu du temps à établir un tas de papier au commissariat de Saint-Chamond. Une enquête commence, est-ce lié à ce qu’ils nous aient arrivés sur Marour, à l’heure qu’il est je n’en sais rien. Le petit hôtel nous offre qu’une chambre avec un lit double, je suis tellement fatiguée que je n’hésite pas. Rubens a 20 ans j’en ai à peine 18 ans l’hôtelier ne se passe pas de questions. Munis de nos clefs nous nous jetons sur le lit, les émotions creusent mais nous avons besoin tous les deux de nous rapprocher et ce qui s’ensuit est tout à fait normal. Nos deux corps certes meurtris se rapprochent et la nuit fait de nous deux amoureux. Quelques heures plus tard en regardant Rubens nu dormir à mes côtés je souris en me disant que je ne voulais pas faire l’amour et cet accident m’a poussé dans ses bras, au départ pour me faire dorloter et petit à petit après avoir entendu les paroles de réconfort, il s’est tu et ses mains sont venus à la rescousse de ses mots, ces caresses m’ont dans un premier temps apaisées, puis mon corps a demandé plus et sans se poser de questions nous avons fait l’amour. Rubens a guetté mon consentement, puis en voyant que je ne le repoussais pas il s’est enhardi et maintenant je me sens calme et heureuse. Il serait temps de dormir, demain je me poserais d’autres questions, et Rubens me cherchera un petit appartement pour que je puisse vivre sur Toulouse l’année qui arrive. Quant à moi je me rendrais à l’Ecole préparatoire scientifique pour y prendre mes marques.

Lorsque j’ouvre les yeux, je vois Rubens penché sur moi, il semble inquiet, mais de suite il voit mon sourire illuminé mon visage et je le sens rassuré. Puis je le taquine en lui disant :

  • Heureusement que tu voulais attendre le mariage je crois que c cette nuit tu
  • Steph je suis désolé, tu ne voulais pas ?
  • Ruby je te fais marcher tu m’as comblé ;
  • Ma Steph comme je suis heureux de tes paroles, j’avais tellement peur que je sois allé plus loin que tu ne le voulais.
  • Tu sais Rubens si je n’avais pas voulu je te l’aurais dit.
  • Oui, et je n’aurais pas continué, mais j’ai beaucoup aimé et je sais que c’est réciproque. Pendant que tu dormais je me suis demandé si ton avion n’avait pas été saboté, il me semble qu’il faudrait que tu t’éloignes pendant quelques temps de Marour. Mes parents partent en Grèce, s tu veux on pourrait partir avec eux.
  • Ruby je préfère passer mes vacances avec toi, mais pour l’instant il faut que je me rende à l’Ecole toi tu pourrais repérer les appartements et cet après-midi tu viendras avec moi pour en choisir un si c’est possible, sinon je veux bien rester jusqu’à lundi à condition que tu restes avec moi, je n’ai pas envie de repartir seule en avion.
  • Je vois dans tes yeux que tu veux que je reste avec moi car nous sommes aux balbutiements de l’amour et …
  • Vilain, ne me tente pas sinon…
  • Sinon si je m’approche de toi et que je commence à te caresser tu risques d’oublier d’aller t’inscrire à ton école. Aussi je vais être raisonnable pour deux.

J’éclate de rire en l’entendant me dire ces quelques mots, après une bonne douche mais séparément car je ne suis pas certaine de lui résister, nous prenons un petit déjeuner, le responsable m’a trouvé une voiture et nous nous rendons à l’extérieur de Toulouse pour rejoindre l’Ecole ou je vais me préparer pour rentrer soit dans une école de pilote de ligne, soit dans une école militaire, mais après le bac scientifique je n’ai pas de nombreuses options et cette école préparatoire m’aidera à réfléchir. Moi ce qui m’intéresse c’est piloter un avion, mon père avait quant à lui pris l’option de devenir ingénieur puis c’est seulement après qu’il avait opté pour l’école d’aviateurs civils. C’est seulement à midi que je retrouve m’attendant à l’extérieur mon amour, oui je peux désormais le nommer ainsi, je lui appartiens totalement, je sais je suis folle c’est juste la première fois, mais je suis comme tous les Langlois le premier regard est le bon. Quoique là je doive dire la première étreinte, je suis plongée dans mes pensées lorsque je me heurte de pleins fouets à un jeune homme, je bredouille un vague excusez-moi, et je vais pour repartir lorsqu’il s’accroche à mon bras et me dit :

  • C’est toi Aurore ?
  • Non vous faîtes erreur,
  • Arrête ne me prends pas pour un idiot, tu voulais t’inscrire dans cet école, je te retrouve et tu me rentres dedans et maintenant tu oses me dire que ce n’est pas toi.

Je suis prise au dépourvu et je ne sais quoi lui dire, je vois Rubens qui me fait de grands signes, aussi je n’ai qu’une idée c’est le rejoindre mais je dois prouver à cet étudiant que je ne suis pas la jeune femme qu’il pense que je suis. Je fouille rapidement dans mon sac à mains et je lui tends ma carte d’identité, mais je n’obtiens pas le résultat que j’escomptais.

  • Aurore tu te fiches de moi, pourquoi t’appeler Stéphanie ?

Mais je vous dis que je ne suis pas Aurore, accompagnez-moi et je ne vais rien dire à mon ami vous verrez par vous-mêmes que je ne me nomme pas comme vous le prétendez. Il accepte bon gré mal gré, et il est atterré quand il entend Ruben me dire

  • Enfin Steph, qu’est-ce que tu fais? Je t’attends avec impatience, je pense avoir trouvé un joli petit nid d’amour.

Je ne réponds pas à cette phrase que je juge étrange, car je vois le jeune homme se décomposer devant moi. Rubens va du jeune homme à moi, ne comprenant pas ce qu’il se passe entre nous. Nous attendons qu’il puisse nous expliquer le désarroi dans lequel il se trouve, c’est au bout d’un bon quart d’heure qu’il nous explique que son amie a disparue depuis plus de trois mois, qu’elle devait venir faire son inscription ici, et que je lui ressemble étrangement, mais le pire pour lui c’est que je porte le même nom de famille « Langlois ». Quel est le lien de parenté entre Aurore pilote d’avion et moi Stéphanie ? Nous échangeons nos numéros de téléphone et nous partons manger Rubens et moi. Cet après-midi j’essayerais de joindre ma mère pour savoir ce qu’elle a appris sur Sacha, et ce que je vais apprendre va me conforter qu’il faut que je retrouve rapidement Aurore.

 

A suivre…

Face au vent (9) La lettre

Déjà deux heures que nous sommes penchées sur la lettre de nos arrières- arrière grands parents, Sophie vient de s’allonger avec son smartphone à la main à même le plancher, et elle s’est endormie, tout comme moi elle aimerait savoir quels secrets elle contient, mais pour l’instant la lettre ne veut pas nous délivrer de secrets. L’écriture de son aïeule est fort belle, c’est une calligraphie avec des rondes et des majuscules là où il faut. La couleur de l’encre laisse entrapercevoir du violet qui au fil des ans a certes palie, mais elle en n’a pas moins de cachet. Les mots qu’elle emploie nous démontrent qu’elle aimait mon aïeul, quel est le drame qui se cache sous cette écriture, car la lettre commence ainsi.

Mon bien aimé Arthur,

 

Lorsque tes longues mains fines et belles  auront la joie d’ouvrir cette missive je serai bien loin, mon père en a décidé ainsi. Il estime que je n’ai pas le droit de dire un seul mot et que mon sort est lié à ceux qui avant moi ont fait leur devoir. Je serai sur le bateau qui m’emmènera vers la terre de France, sache mon bien aimé mon amour que je suis désespérée.

 Il m’aura marié de force à cet homme que tu détestes, qui à tes yeux a toujours fait le malheur de ta famille.  Son travail est à Sainte Luce, c’est là que désormais je serais. Je ne vivrais que dans l’espérance que tu puisses m’enlever, car te connaissant je sais que tu viendras. Mais auparavant il faut que je te confie un s …

A cet endroit précis l’encre a bavé et nous ne pouvons rien lire, même munie de la grosse loupe que j’ai acheté lors de la succession de Grand-Père, le père de ma mère.

Ce « s » veut dire pour nous un secret mais il est possible que nous nous trompions, aussi avant d’aller plus loin, Sophie et moi nous, nous sommes penchés sur tous les s qui pourraient avoir du sens pour la suite.

Nous n’avons rien trouvé d’autres, il est évident qu’elle a confié à mon trisaïeul un secret, mais quel est la teneur de ce secret. La lettre est courte je déchiffre plus que je ne lis la fin :

«  A toi pour toujours ton unique amour qui saura mettre à l’abri le «  là encore un blanc ou plutôt l’encre a coulé et a effacé en partie le mot.

Je suis penchée sur le courrier et le seul secret qui me vienne à l’esprit c’est que la trisaïeule de Sophie attendait un bébé. A cet époque c’était inconcevable, mais quand on aime je pense que l’on ne prend plus aucune précaution et se trouver enceinte à l’âge de 21 ans était à cette époque une ignominie, son père avait dû tout faire pour qu’elle soit soustraie à cette mauvaise vie, c’est ainsi que je le vois et je pense que mon père en a compris le sens avant qu’il ne me tende la lettre.

Lorsque Sophie sort de son sommeil je lui apprends mes conclusions, elle aussi y avait pensé mais elle ne savait pas si j’allais aller dans son sens. Il est plus de trois heures du matin lorsque j’ouvre mon ordinateur afin de me pencher sur la généalogie de la famille de Sophie.  C’est long et fastidieux mais nous sommes aidées par la lettre qui est datée de 1906 et ce que nous cherchons c’est une naissance d’un enfant fille ou garçon qui serait intervenu avant la naissance de l’arrière-grand-père de Sophie. Lui est né en 1907. Je recherche d’abord l’acte de naissance, je le trouve facilement cela m’aide car il est noté que c’est son père Emile Barraut qui est venu déclarer la naissance. Maintenant nous prenons notre mal en patience et nous cherchons les mariages dans l’année 1906. Enfin voici ce qui nous intéresse, là c’est bien écrit et donc facile à lire :

«  Le 1er juillet 1906 soit deux mois après son départ de Nouvelle Calédonie, Natacha François est devenue Natacha Barraut. Nous repartons dans les naissances de l’année 1906 et là c’est facile nous retrouvons rapidement la trace d’un enfant que Natacha François a déclaré par l’intermédiaire de…Et là nous n’en croyons pas nos yeux, c’est mon trisaïeul qui est venu déclarer la naissance d’un petit garçon prénommé Sacha. Je note la date de sa naissance 31 mai 1906. Je vois qu’il est noté en marge de l’acte dcd le 1er juin 1944 et entre parenthèse « Mort pour la France »

Il est trop tôt nous sommes fatiguées, possible que mon père sache quelques choses que son grand-père ai pu lui dire, nous attendrons que toute la famille soit réunie pour mettre à plat sur la table nos découvertes.

Nous sommes couchés et nous papotons en remarquant l’âge qu’avait Sacha en 1944, ce n’était pas un jeune il avait 57 ans.. Qu’a-t-il fait pour mourir pour la France, il n’est pas noté sur l’acte de décès le lieu où il est mort. Ce n’est pas à Sainte Luce, on aurait vu son nom sur le monument au mort. Il y a encore des choses qui nous échappent. Personne dans la famille n’a parlé d’héros de la dernière guerre. Tout cela est bien étrange. A aucun  endroit on a entendu parler d’un Sacha Langlois. Le grand-père de nos papas se nommait Yannis. Deux heures plus tard je me réveille en sursaut et je comprends à demi-mots qu’être déclaré comme son propre enfant ne me dit pas ce qu’il est devenu après. Même si c’est le petit garçon de Natacha, elle n’a pas pu le garder. Son nouveau mari Emile n’a pas dû vouloir avoir un fils qui n’était pas le sien, déjà cela devait être un affront de voir que sa femme avait fauté avec un autre et de surcroît ne pas être vierge au moment du mariage était la honte. Alors où a grandi Sacha ? Mais autres choses m’a semblé bizarre sur l’acte de naissance, mais pour l’instant je dois dormir. 

J’émerge de mon sommeil réparateur aux alentours de 10 h, Sophie n’est pas là, mais elle m’a laissée un mot, elle aussi a eu la même alerte et elle est retournée lire l’acte de naissance de Sacha, et là elle m’a souligné en rouge fluo l’acte qu’elle a imprimé. Enfant de sexe masculin né au 8ième mois de grossesse sur le bateau qui rentrait de Nouvelle Calédonie. Ah voilà c’était ce qu’il m’avait semblé lire cette nuit. C’est alors que me vient à l’esprit que mon trisaïeul avait réussis à rejoindre l’amour de sa vie. Mais alors pourquoi n’ont-ils pas vécu ensemble ? Il a dû se passer autres choses, ce n’est pas par la généalogie que je le saurai, il va falloir enquêter. En tous les cas l’homme qui rôde autour de nous peut être à la fois un parent de Sophie par sa mère mais aussi par son père, et forcément par le mien. La ressemblance avec Norbert pourrait s’expliquer, mais alors pourquoi il se cache ? Il devrait essayer de nous rencontrer, nous parler et nous en saurions davantage.  Cette malédiction qui a endeuillée nos deux familles est-ce qu’elle ne viendrait pas de la branche inconnue de nos familles. Voilà tout s’explique mais je suis certaine que c’est bien plus complexe que cela.

A suivre…

Face au vent ( 8) Un véritable sac de nœuds

  • Mais ma chérie en dehors de la perte de notre ami, enfin je suppose, nous n’avons subis que des dégâts matériels, ta vie sera pareille, on va surmonter tout cela.
  • Papa, si Norbert n’est pas mort pourquoi nous espionne-t-il ?
  • Je ne sais pas Stéphanie, je ne comprends rien, je vais aller voir Guillaume, puis nous allons nous rendre à la police et leur expliquer ce que nous avons vu, aussi bien lui que moi.
  • Tu as raison papa, possible qu’il se soit trompé et que ce ne soit pas l’ADN de Norbert.
  • Je trouve cela troublant,

Stéphanie voit son père inquiet, elle n’ose l’interrompre et s’éloigne, elle regarde son avion avec ces belles couleurs jaune et orange, elle passe sa main dessus lorsqu’elle se sent épié, elle se retourne brutalement et elle voit à nouveau l’homme à la vareuse bleue. Décidément cet homme est pénible, veux-t-il achever son crime et les tuer tous. Rien que d’y penser, cela lui fait peur mais elle préfère faire demi-tour et se rendre auprès de son père, et elle ne lui dit pas que l’homme est à nouveau en train de les surveiller, car il s’agit bien d’une surveillance. Mais après qui en –a-t-il ? Son père ou elle ? Elle se demande ou en est l’enquête ? Son père lui en dira plus, mais pour l’instant il la dépose devant chez eux, et il se rend chez son ami Guillaume le père de Sophie, Fanne en profite pour appeler cette dernière et lui dire ce qu’elle a vu.

Les deux jeunes filles se donnent une semaine pour régler leurs attributions de logements dans leur Ecoles respectives, ensuite si rien ne s’est passé de nouveau elles mèneront l’enquête en attendant Kévin le frère de Sophie montera la garde autour du petit avion et essayera de voir si l’homme qui ressemble à son oncle n’est pas à l’affut dans le coin. Enfin rassurée Stéphanie rejoint sa mère et lui donne un coup de main pour le déjeuner. Lorsque son père est de retour il a la mine sombre et il éclate dès qu’il a franchi le sol de leur maison.

Ma mère essaye d’apaiser son courroux, mais c’est peine perdue, les enquêteurs l’ont pris pour un grand malade, même Guillaume en a subi les conséquences, mais tous les deux ne démordent pas, ils sont certain que cet homme veut soit leur parler, soit il cherche à commettre un geste répréhensible. Aussi Stéphanie bondi de joie lorsqu’elle entend son père dire :

  • Cet après-midi avant de partir pour Toulouse nous irons donner un coup de main à Guillaume, il a déniché dans son grenier une grande malle, mais il veut notre présence car il a trouvé des courriers qui ont été échangés entre mon grand-père et la grand-mère de sa femme.
  • Ce sont des lettres d’amour ?
  • Il ne les a pas ouvertes, mais je suppose que cela doit en être ;
  • des lettres d’amour mais ils ne se sont jamais mariés.
  • Nous avons toujours été très proches, ma mère a élevé Norbert et Anne, mais c’est tout ce dont je me souviens.
  • Ils étaient où les parents de Norbert et Anne ?

Mon père marque un instant de silence, ses yeux se voilent de larmes, je me sens toute petite et émue en voyant mon père éclaté en sanglot dans la minute qui suit.

  • Leurs parents sont morts dans un avion qui s’est écrasé en mer suite à un détournement, maman était leur nounou et je ne connais pas la raison pour laquelle c’est elle qui en a obtenu la garde complète.
  • On va peut-être le savoir en lisant les lettres de leur arrière-grand-mère et de ton arrière-grand-père.
  • Tu as beaucoup trop d’imagination ma fille, mais nous allons passer à table et nous rejoindrons mon frère.

Tout en mangeant je vois que mon père est dans ses pensées et moi j’espère que nous ne sommes pas parents avec Anne et Norbert sinon Anne ce serai marié avec son je ne sais même pas s’il faut dire cousins vu que c’est l’arrière-grand-père de papa et l’arrière-grand-mère d’Anne. Anne est déjà ma tante cela ne changerait rien sauf que l’on serait encore plus proche les uns des autres. Sophie n’a jamais dit en classe qu’elle était ma cousine, elle s’est toujours faîtes passer pour ma meilleure amie, je n’en n’ai jamais saisie la raison. Possible qu’elle sache plus de choses que moi.

Je ne l’ai jamais contredis, mais dans le village tout le monde savait que mon père et son père étaient frère. Toutefois notre village vivait en autarcie et jamais personne n’aurait dit un mot de plus ni sur son voisin ni sur les enfants du village. Cela faisait seulement 5 ans que Guillaume avait rejoint mon père pour travailler ; il était revenu au moment de la mort de mon grand-père.

Assis dans le grenier de mes cousins, nous bavardons et attendons nos parents, ils discutent en bas, Anne n’a pas l’air d’accord que l’on vienne fouiller les lettres que mon oncle a trouvé, Kévin a hâte de savoir ce qu’ils se disaient en cachette de leurs maris et femmes respectives, mais mon cousin allait être rapidement déçu car les lettres ne dataient pas de cette époque. Les arrières-grands parents de nos parents avaient au tout début 15 ans et ils se sont écrits jusqu’à leurs 21 ans, ensuite l’arrière-grand-mère d’Anne a été marié de force à un voisin de ses parents, elle en fait part à son amour et dit qu’elle va se tuer si on la force à se marier. Elle devait pleurer en écrivant sa lettre car plusieurs mots sont effacés, mais une demi-phrase nous fait un drôle d’effet. Mon père me tend la lettre et me dit :

  • Tu essayeras de la déchiffrer et quoi que tu trouves tu nous le diras ;

Si mon père fait appel à moi c’est que j’aime bien démêler les fils et je suis très patiente, déchiffrer la lettre et essayer de comprendre ce qui se cache sous des lettres à demi effacés ça j’aime bien le faire. J’ai déjà réussis à comprendre un acte notarié qui datait depuis plus d’un siècle, lui aussi était effacé et j’ai réussis à trouver. Car la généalogie me passionne, alors comprendre une lettre où je sens qu’elle détient un secret je vais m’en occuper dès ce soir, Sophie du reste viendra à la maison et nous nous en occuperons.

 

A suivre…

 

Face au vent (7) Un élément troublant

La soirée se passe tranquillement  puis le père de Sophie vient récupérer les deux jeunes filles car il préfère que sa fille passe pour un bébé plutôt qu’elle disparaisse à nouveau. En sortant il se heurte à un individu qui le bouscule et s’éloigne d’un pas vif. Sophie trouve que cet homme aurai pu s’excuser, mais son père est songeur, cet homme ne lui est pas inconnu, où a-t-il pu le voir ? Sa fille voit que son père est fort préoccupé, ils s’éloignent du bar et ne remarquent pas qu’une voiture les a pris en filature. Plus il réfléchit et plus il trouve une ressemblance frappante avec son beau-frère le parrain de sa fille, mais ce dernier a été retrouvé dans les décombres, tout au moins ce qu’il en restait, mais les preuves ADN sont formelles c’est bien le frère de sa femme.

Il est tellement plongé dans ses pensées qu’il ne se méfie pas et vient heurter la bordure du trottoir, il fait un tête à queue et se retrouve sur le toit, sa fille malgré la ceinture de sécurité se heurte violemment au vide poche qu’elle venait d’ouvrir, à l’arrière la secousse  donne à Fanne un coup à l’arrière de la nuque, elle sombre dans le néant, quant au père il est lui aussi évanoui. La voiture qui les suivait a juste eu le temps de piler, l’homme tout de noir vêtu, descend de son véhicule et s’approche de la voiture, il voit s’écouler de l’essence, il a un moment d’hésitation quand il voit les grands yeux bleus de Fanne le regarder, alors prenant son courage à deux mains, il sort d’abord la jeune fille de l’arrière de la voiture, non sans mal car la ceinture de sécurité ne voulait pas s’ouvrir. Puis il fait le tour de la voiture et en extrait la jeune Sophie qui a l’air moins bien abimé que son père. Pour son père qui doit le dépasser d’au moins deux têtes et qui est beaucoup plus fort que lui, il sent qu’il ne va pas y arriver, il a peur que le réservoir d’essence explose, c’est à ce moment que s’arrête à sa hauteur une voiture noire, une femme en descend et lui signale qu’elle est médecin et lui demande :

  • Avez-vous appelés les secours ?
  • Non je suivais ce Monsieur et il a perdu le contrôle de sa voiture j’ai réussis à piler et me suis précipité pour leur venir en aide.
  • Je vais vous aider à soulever ce Monsieur, je pense que tout danger est écarté quant au réservoir, il ne devait pas être plein car il n’y a plus rien qui s’en écoule. Auparavant je vais vérifier s’il n’a pas des fractures dangereuses. Tout compte fait vu comme il est coincé derrière son volant, je préfère appeler les pompiers.

Au moment où elle termine son appel, elle s’aperçoit que l’automobiliste sympathique vient de monter dans son véhicule et a disparu aussi vite. Cela lui semble étrange, ni elle a pensé à relever le numéro ni elle lui a demandé  ses noms et prénoms. Elle va même jusqu’à se demander si ce n’est pas à cause de lui que l’accident a eu lieu.

Rapidement les pompiers sont sur les lieux, tous sont pris en charge, pour les jeunes filles c’est seulement dû au choc quant au père de Sophie il a juste deux côtes de fêlées, il s’en tire à bon compte. Quand il se réveille au CHU de Saint Luce, tout lui revient en mémoire, et faits troublants il a été sauvé par un individu qui le suivait mais à cette heure personne ne pourra le remercier car il s’est enfui une fois le médecin arrivé.

Pour le père de Sophie cela lui semble étrange que l’on puisse s’enfuir après avoir sauvé les deux jeunes filles, mais il ne pense nullement à l’homme qui les a heurté pourtant ce dernier aurai pu les suivre et il ne s’en sera pas rendu compte tant il était pris par ses pensées. Rapidement les deux jeunes filles sont hors de danger elles en seront quitte pour Fanne à porter une minerve et pour Sophie elle a juste au genou une plaie insignifiante dû au télescopage avec la boîte à gants.

Sophie est un peu secouée car en trois jours elle a vécu à la fois un rapt, un sauvetage in-extremis et un accident, plus la mort de son parrain. C’est vraiment beaucoup en si peu de temps, il est tant qu’elle s’éloigne loin d’ici. De toutes façons elle doit se rendre dans la FAC où l’année prochaine elle suivra son nouveau cursus. Elle va aller chercher un appartement, mais Fanne ne l’accompagnera pas, leurs études ensembles vont s’arrêter, Fanne rejoint une Ecole Prépa, elle veut rentrer dans une école d’ingénieurs en aéronautique, quant à elle, elle préfère les parfums, elle va créer des parfums, son père préférerait qu’elle aille  dans la recherche ou la pharmacie, bref elle verra au moment du choix final. Pour l’instant c’est direction Clermont Ferrand à la FAC de Chimie.

C’est le lendemain non sans appréhension que Fanne va passer son Brevet de pilote, Sophie l’accompagne ainsi que son frère pour la voir évoluer en l’air. Ils sont trois de clubs différents à essayer de décrocher le sésame, chacun a une raison différente, mais Fanne ne rêve que d’une chose c’est de s’en aller dans les airs. Face au vent elle se grise, mais là il lui faut être raisonnable, c’est un examen comme un autre, son père est certain qu’elle va le décrocher. En effet quelques heures plus tard elle crie sa victoire au monde entier. Du reste elle n’est pas peu fière elle est la seule à le décrocher, les deux autres un gars et une fille s’en repartent bredouille. Aucun des trois jeunes gens n’ont vu cet homme qui est resté derrière les grilles du petit aérodrome et qui les a observés, personne sauf le père de Fanne, aussi il avance à grande enjambée vers l’homme qui se dissimule tant bien que mal derrière un camion de l’armée. Frédéric lui tape sur l’épaule, l’homme se retourne, mais le père de Fanne est tellement abasourdi par l’homme qu’il n’a aucun geste pour le retenir, il s’enfuit à nouveau et quand Stéphanie rejoint son père, celui-ci est assis derrière son bureau et ne demande pas à sa fille si elle a réussi son brevet, celle-ci s’en étonne et la seule chose que son père lui dit c’est Norbert n’est pas mort, je viens de le voir.

Sophie qui vient d’entrer dans le bureau hurle et se met à sangloter tout en criant :

  • Taisez-vous, mon parrain est mort dans l’embrasement de votre hangar pourquoi me torturez-vous ?
  • Sophie, je m’excuse que tu aies entendu mes propos, mais un homme lui ressemblant étrangement était là qui vous observait, j’ai préféré lui demander de s’éloigner, quand je suis arrivé à sa hauteur, je lui ai tapé sur l’épaule et quand il s’est retourné certainement aussi surpris que moi, c’était mon ami d’enfance le frère de ta mère, j’en suis certain, bien que je sache que l’on a retrouvé ses empreintes sur le mort du hangar. Mais alors qui est-il ? Et la ressemblance est flagrante.
  • Je ne comprends pas, mais c’est vrai qu’hier et aussi avant-hier nous avons déjà été suivis par un homme en vareuse…
  • Bleue !
  • Oui en vareuse bleue, je lui ai trouvé comme un air de ressemblance avec l’homme que j’ai entraperçu dans le hangar le jour où mon parrain est mort. Ce dont je ne me souviens pas c’est si c’est mon oncle que j’ai vu ou un homme. Tout est flou dans ma mémoire. Comme si mes souvenirs s’étaient effacés.
  • Sœurette ne t’en fais pas, cela va te revenir, en attendant il nous faut rentrer, nos parents vont s’inquiéter tu repars avec nous Steph ?
  • Non je reste avec mon père nous avons quelques choses à fêter.
  • Oh ma chérie j’ai oublié de te demander, alors ce Brevet tu l’as eu.
  • Oui Papa !
  • Je suis très heureux pour toi, le BAC S et le Brevet de pilote que rêvez de mieux à ton âge?
  • Que la vie revienne comme avant !

 

A suivre…

 

Face au vent (6) Sophie est de retour

Il lui fait la fête comme s’il la connaissait, il lui lèche le visage, mais Sophie est tellement épuisée qu’elle s’affaisse comme une poupée de chiffons. Quand elle revient à elle, elle aperçoit plus qu’elle ne voit un homme hirsute elle a l’impression que c’est Hagrig dans Harry Potter. Sans ses cheveux et sa barbe il est peut-être beau se dit Sophie, car elle voit deux beaux yeux bleus qui la fixent.

  • Ce ne serait pas toi que les deux types de la route cherchent ?
  • Comment le savez-vous ?
  • Je me doute car ce matin j’ai vu les journaux et tu as disparu, cela fait trois jours que l’on te cherche, où étais-tu ?
  • Dans une cabane à l’opposé de la vôtre ;
  • La cabane du maire de Marour ;
  • Vous le connaissez le maire ?
  • Oui ! Toi aussi il me semble,
  • C’est mon oncle !

A cet instant, Sophie voit l’homme qui détourne les yeux, il se passe quelques choses de bizarre. Que lui cache le SDF ?

  • Qu’avez-vous ?
  • Rien ! Pourquoi me poses-tu cette question ?
  • Lorsque j’ai parlé de mon oncle j’ai vu passer sur votre visage une drôle d’expression, mon oncle va bien ?
  • Je n’en sais rien petite, je ne fréquente plus les gens de la haute société, ils m’ont tous pourris la vie, depuis plus je les évite, mieux je me porte.
  • Qui êtes-vous ?
  • Moins tu en sauras, mieux ce sera, mais je vais te soigner, tu es blessé et ta plaie s’est rouverte. Nous attendrons le jour et tu viendras avec moi je t’emmènerais vers une cabine téléphonique tu appelleras tes parents, pour l’instant il est préférable que tu te reposes, tu as des yeux qui te manges le visage.

Le SDF a dû lui mettre un somnifère car elle sombre plus qu’elle ne dort mais au moins elle n’entend pas l’altercation qui a lieu à l’extérieur entre l’homme qui l’a accueilli et un autre qui a perdu sa prisonnière. Mais le SDF a  réussis à éloigner l’importun, il veille la nièce du maire toute la nuit, et au petit matin il l’emmène sur la route qui rejoint Sainte Luce et il attend que ses parents lui répondent avant de la laisser seule, mais ne voulant pas qu’elle soit à nouveau kidnappé il la surveille du coin de l’œil, personne ne passe, quand soudain les sirènes de la police retentissent, il en profite pour se sauver, il n’a nullement envie d’être retrouvé. La forêt lui garantit une certaine stabilité et surtout personne n’a encore cherché à savoir qui il était. Il ne faut surtout pas que cela commence aujourd’hui. De plus en restant dans les parages il pourrait être accusé d’un enlèvement qu’il n’a pas commis.

Sophie tombe dans les bras de ses parents, tous sanglotent, mais de joie et de bonheur. Avant de rejoindre la maison familiale il lui faut répondre à un feu incessant de questions.

  • Lorsque vous étiez avec votre amie Stéphanie de quoi vous souvenez-vous ?
  • Nous tenions la main mais auparavant j’ai vu mon oncle se battre avec un homme ;
  • Est-ce celui qui vous a kidnappé ?
  • Non, je ne l’ai pas vu je me suis retrouvée dans la cabane de mon oncle, la porte était ouverte je me suis enfuie.
  • Et ? Comment vous êtes-vous retrouvé sur la route Nationale à 7 h ce matin.

A ce moment Sophie hésite à parler du SDF, du coup elle avoue ne pas s’en souvenir, elle a la sensation qu’elle a été transporté là, par une personne mais ne la pas vu. Personne ne s’est rendu compte de son hésitation et elle a  l’impression que les policiers la croient.

Quand elle est de retour chez elle, elle s’effondre dans les bras de sa mère quand elle apprend que son oncle chéri a été trouvé mort dans les décombres. Elle se souvient de la deuxième explosion et comprend qu’elle est la dernière à l’avoir vu vivant et qu’en quelques sortes il lui a sauvé la vie.

Quelques jours plus tard, aucun élément nouveau n’était  venu apporter une cohérence aux derniers événements, pourtant toute la forêt a été passée au peigne fin, rien de compromettant dans la cabane de son oncle. En effet elle avait dû être nettoyée de fond en comble puisque tout ce que Sophie avait décrit n’existait plus. Même les liens avec lesquels elle avait été attachée avaient disparu. Ce qui laissait planer un doute sur sa personne. Stéphanie qu’elle avait revue depuis qu’elle retournait au lycée lui avait répété ce qu’elle avait entendu dans le bureau de son père à l’aérodrome.

  • Il te pense complice de ton oncle, pourtant je leur ai répété que tu m’avais crié que ton oncle empêchait un homme d’arroser les avions. Mais ni toi ni moi n’avons vu cet homme de face. Sophie a qui te faisait-il pensé?
  • Aucune idée, nous ne l’avons jamais vu de face, à part sa vareuse bleu  commune à tous ceux qui prennent un avion je ne vois pas à qui sa silhouette me fait penser.
  • Moi c’est pareille je ne vois vraiment pas qui ce serai. Si nous le savions cela aideraient les enquêteurs.
  • Je pense que nous devons les laisser enquêter et nous préoccuper de nos résultats au BAC, j’espère que toutes les deux nous l’avons décroché.

C’est aujourd’hui et plus précisément à 17 h que les résultats seront affichés sur le mur du Lycée Léon Blum. Sophie et Fanne sont arrivés plus d’une heure avant,  elles sont rapidement rejointes par les douze autres élèves de leur BAC S. Bientôt des cris de joie résonne parmi cette jeunesse, 10 sur douze l’ont, sauf deux de leurs amis doivent passer l’oral, mais Fanne est fière d’annoncer à sa mère sa mention Très Bien, quant à Sophie elle a un Bien. Les deux copines se précipitent dans la pâtisserie récupérer quelques viennoiseries commandées la veille et rejoignent leurs copain au bar « Les Voyageurs » là où se réunissent une partie des heureux reçus.

Soudain Sophie est attirée par le va et viens d’un homme sur le trottoir d’en face, elle fait signe à Fanne mais au même moment un de ses camarades de classe fait une entrée tonitruante dans la salle du bar et l’homme étrange n’est plus devant leur lycée quand les deux amies regardent à nouveau par la fenêtre.

Qui as-tu vu Sophie ?

  • Fanne j’ai trouvé à l’homme qui faisait les 100 pas devant le lycée comme une ressemblance avec l’homme entrevu dans le hangar la semaine dernière.
  • Sophie tu es encore sous le coup de l’émotion, c’était peut-être un élève,
  • Non c’était un homme mûr de l’âge de mon oncle ; j’en suis certaine. Aucun rapport avec un élève.
  • C’était le père d’un élève.
  • Toi ; tu essayes de me changer les idées, mais crois-moi je suis certaine de ce que j’avance. Bon n’en parlons plus. Alors tu le passes quand ce Brevet de Pilote.
  • Oh les filles vous êtes dans la lune ?

 

Stéphanie a eu le temps  de glisser sa réponse à son amie, mais ni l’une ni l’autre n’ont eu le temps de voir entrer l’homme à la vareuse bleue. 

 

A suivre…

Face au vent (5) Qu’est devenu Sophie?

*

                                                                                                                 *          *

 

Au moment de l’explosion, Fanne et Sophie se tiennent la main, sous le souffle de l’explosion Sophie se sent comme écartelée et instinctivement elle lâche la main de son amie, elle la voit être projeté à l’arrière, quant à elle le souffle la pousse au sol et la maintient quelques minutes, quand elle arrive alors qu’elle est sonné à se relever, elle voit face à elle son oncle chéri qui la pousse à l’opposé d’où son amie vient d’être projeté, il lui fait traverser le deuxième hangar et lui dit de partir le plus loin possible de l’explosion qui menace les avions. 

  • Norbert ne retourne pas dedans tu vas mourir,
  • l’avion de Frédéric va flamber si je n’y retourne pas,
  • Et, celui de Fanne aussi, son père vient juste de le lui acheter laisse-moi t’aider je vais le sortir avec toi;

Norbert a un instant d’hésitation, puis il accepte que sa nièce l’aide, le deuxième hangar est seulement envahi par la fumée qui se dégage des avions qui ont explosés, il lui demande de masquer son nez et de faire rouler l’avion pour éviter que les gaz produisent un effet pire que celui qui vient d’intervenir. Une fois dehors, Sophie voit son oncle mettre l’avion du père de Fanne à l’abri et il repart à grande enjambée dans le hangar, au même moment une deuxième explosion fait trembler les vitres du bureau, sous le souffle elle reçoit même des morceaux dont un qui se fiche dans son bras et de suite elle se met à saigner. Elle crie et s’affole, puis part en courant et c’est à ce moment-là qu’elle reçoit sur la tête un magistrale coup qui l’envoi au sol. Quand elle revient à elle, elle est enfermée dans une espèce de cabane de jardins, seule, elle a 

le bras bandé ainsi que la tête. Une espèce de fenêtres devrait lui permettre de voir à l’extérieur mais c’est peine perdue il fat grand nuit. Qui l’a kidnappé et pour quelles raisons? Où est passé son oncle est-il mort dans l’incendie qui a suivi la déflagration? Elle ne s’attarde pas à répondre à ces questions, il lui faut s’enfuir, la personne qui l’a conduite ici peut revenir d’un moment à l’autre, elle n’a nullement l’intention de l’attendre. Bizarre la porte n’est pas fermée, possible que l’on ne s’attendait pas à ce qu’elle revienne à elle aussi vite. Bien entendu elle ne possède plus sa sacoche, donc elle n’a pas son téléphone, sur celui-ci elle a une boussole cela lui aurait été d’un grand secours. Tant pis il va falloir avancer un peu au hasard.

Sophie doit d’abord se repérer, elle voit des lumières au loin, elle espère que c’est Marour, à moins qu’elle soit plus près de Sainte Luce. De toutes façons elle n’a pas le choix elle va se diriger vers les lumières. Rapidement elle atteint une route bordée d’arbres, elle la longe du côté des lumières qu’elle a vus. Au bout d’un moment qui lui semble fort long, elle voit de l’autre côté de la route une borne kilométrique, elle s’en approche et s’aperçoit qu’elle ne se dirige pas vers Marour mais complètement à l’opposé. En réfléchissant elle comprend qu’elle est fort loin de sa petite bourgade. Brusquement elle entend une voiture et aperçoit des phares, comme ils viennent du côté d’où elle a fui elle préfère se dissimuler dans le fossé qui borde la route. La voiture passe au ralentie, Sophie essaye de se fondre dans la terre, mais l’automobile continu son chemin, ouf ils ne l’ont pas repérés. Elle ne sait qui l’avait amené dans la cabane, à ce moment elle ne cherche pas pourquoi on ne l’a pas laissé sur le tarmac de l’aérodrome. Caché dans le fossé, elle essaye de se souvenir combien de kilomètres il y a entre Sainte-Luce et La Baie des Lumières. 

Sophie est en total panique quand elle s’aperçoit qu’il y a plus de 150 km qui la sépare de chez ses parents. Par contre il y a la voie ferrée qui enjambe la rivière, ce pont ne doit pas être bien loin car de là  elle connait un petit chemin qui pourrait la ramener sur le petit village où sa grand-mère loge avec son frère depuis qu’elle est seule. Mais elle ne peut pas la surprendre en pleine nuit, et, elle n’ose pas traverser à nouveau la forêt pour repartir, il lui faut à tout prix rester sur cette route, mais elle a comme l’impression que la voiture qui vient de passer est dans les parages. Effectivement elle entend à nouveau un bruit de moteur, elle voit même les phares éclairés le fossé, on va la trouver, elle ne doit pas se relever, parfois la peur fait faire n’importe quoi. Elle a l’habitude d’aller en forêt et aussi de se dissimuler, elle a fait des jeux avec ses cousins et va chez les éclaireurs, avec eux les grands jeux étaient monnaie courante. Se dissimuler, se fondre avec la nature, ça elle sait faire, elle était même la meilleure. Heureusement que Fanne n’est pas avec elle, car là elle en est certaine elle aurait paniqué. Mais elle n’a pas le temps de se demander où son amie se trouve à une heure pareille, qu’elle entend claquer la portière d’une voiture et ce que se disent les deux personnes qui se trouvent à une encablure d’elle la liquéfie sur place.

  • Ta cabane est à deux kilomètres de là, la gamine n’est pas sur la route, soit elle est restée dans la forêt et elle tourne en rond, soit elle a traversé la route, et a rejoint la Montagne Noire, mais je ne pense pas qu’elle pouvait savoir que là-bas il y a des anciens mineurs qui vivent en communauté. Ou alors elle est planquée quelques parts. Nous allons prendre nos épées et nous allons sonder les fossés de part et d’autres de la route.

Sophie entend un rire gras et sinistre, elle se doute que si l’épée s’enfonce dans son corps elle va hurler de douleur. Ils doivent savoir qu’elle est allongée dans le fossé à portée de voix, et ils essayent de lui faire peur. Ce qui lui parait étrange c’est qu’ils ont des épées tout comme son oncle qui a une salle de sport à Marour. Donc ils connaissent son oncle. Mais pourquoi la kidnapper ? Elle connait un Matourois qui a une cabane dans la forêt, mais elle n’arrive pas à retrouver son nom. Mais la voix lui est aussi familière. Donc il faut qu’elle se remémore ce qu’elle a vu avant l’explosion et là tout s’illuminera. Mais elle a beau chercher elle ne se souvient absolument de rien.

  • Math tu prends côté cabane ou côté voiture ?
  • Côté voiture, on marche sur un km en amont et on revient ici au point de départ, ensuite on fait dans l’autre sens, si on ne trouve rien la petite Stéphanie se sera perdue corps et bien comme la tante du maire.

Sophie a envie de se lever et de leur dire mais je ne suis pas Fanne, mais elle s’enfonce de plus en plus dans le fossé. Dès que les deux hommes ont tourné le dos, elle se lève brusquement et monte le talus pour s’enfoncer côté opposé à la cabane, dans la forêt. Des courses d’orientation elle en a fait, elle sait de quoi parlait les deux hommes, les habitations  « des Polonais » comme on les appelle à Marour, elle sait où elles se trouvent, mais ce qu’elle ignore c’est pendant combien de temps elle va être obligé de courir, il lui faut mettre le plus de distance entre ces deux fous et elle-même.

Soudain, Sophie butte contre une souche d’arbres et s’affale de tout son long sur le sol. Avant de se relever elle écoute si on ne la suit pas, mais elle n’entend rien. Ils ont dû repartir ou ils essayent de la chercher du côté des bois où se situe la cabane. Il faut qu’elle se relève mais soudain ses sens sont en éveil, elle sent comme une odeur de cigarettes. Plutôt que de courir elle monte dans le seul arbre qui se situe à sa portée, elle trouve une branche assez grosse, elle se met à califourchon dessus et attends que ses poursuivants la dépasse. La lune éclaire la scène et ce qu’elle voit, la fait frissonner de peur. Tout en bas du gros chêne un homme s’est arrêté, il a un grand manteau gris mais le pire c’est qu’un gros molosse l’accompagne. Fait-il partis de ceux qui la cherche ou c’est une coïncidence ? Elle est condamnée à rester là, elle a peur de s’endormir et chuter à tout moment. Soudain l’homme lève la tête elle se dissimule dans les feuilles sans faire de bruit. Il ne l’a pas vu, ouf, se dit-elle !

  • Mon bon Médor, je me demande qui sont ces deux types sur la route ; ils devaient chercher des escargots, mais ce n’est ni l’époque, ni le moment ; je suis certain mon chien qu’ils ne nous ont pas vu. Nous allons rentrer au bercail. Demain nous retournerons faire la manche.

Alors que l’homme s’éloigne, Sophie est soulagée d’avoir entendu les propos que le SDF adressait à son chien, car cet homme ne lui était pas inconnu elle l’avait vu deux ou trois fois devant le bar tabac de Sainte Luce ou il tendait la main pour récupérer des cigarettes. Elle aurait pu descendre de son arbre mais avait tellement peur que le chien en jappant alerte les deux autres qu’elle s’en était bien gardée. 

Avant de descendre de l’arbre elle comprend où se situe sa méprise, elle n’est pas si loin de Marour, les kilomètres indiqués sur la borne n’indiquaient pas Sainte Luce mais bien la Baie des Lumières, elle était beaucoup plus près qu’elle ne le pensait de chez elle.

En descendant de l’arbre elle qui est habillée comme le matin de l’explosion s’écorche les jambes et les mains, sa tête est douloureuse, la plaie où les éclats de vitres se sont figés dans son bras s’est remise à saigner, le pansement est humide et à la pale lueur de la lune elle voit qu’il est rouge. Elle avance par où le SDF est reparti quand soudain un chien se jette sur elle.

 

A suivre…

Face au vent ( 4)

Elle n’ose lui en parler, car à ses yeux cette malédiction n’a plus de raison d’être, pourtant c’est en tout point semblable à l’histoire de Marour. L’arrière-grand-père Langlois avait eu sa maison d’incendiée, puis il avait disparu au-dessus des Alpes. Son arrière grande tante Mathilde avait été kidnappée et on ne l’avait jamais retrouvée, elle ne voulait pas qu’il arrive la même chose à sa fille. Puis le propre frère de Mathilde  avait été accusé d’avoir incendié la maison des Langlois, mais lui n’était pas mort, il avait nié être impliqué et il avait disparu à son tour. Qui leur en voulait à ce point? Car c’était la troisième fois que l’histoire se répétait. La vie des Langlois et la sienne étaient intimement mêlée. Toutes les générations avaient eu son lot de malédiction. Le père de Guillaume et Frédéric avaient perdu la vue suite à une altercation avec son propre père, sa mère avait quitté le foyer et n’était réapparu que plus de dix ans après, personne n’avait su ce qu’elle avait fait, et tous ignoraient la raison pour laquelle le malheur s’était abattu sur Marour. La mère de Sophie sanglote en se remémorant ses moments tragiques de leur vie, quand soudain lui revient en mémoire une phrase de sa grand-mère, elle devait avoir tout juste 5 ans , elle admirait déjà Norbert son frère aîné qui aimait beaucoup sa petite sœur, lui avait 20 ans. 

 » Tu sais ma princesse, Norbert n’est pas tout à fait ton frère, il est juste ton demi-frère, mon fils n’est pas son papa. »

Pourquoi cela lui martèle les tempes depuis qu’elle a appris qu’il était mort lui aussi et de surcroît dans l’incendie. Pourquoi était-il allé incendier le hangar à avions de son ami Frédéric Langlois, qui était avec lui? Soudain elle sursaute on vient de sonner à la porte, elle se précipite et se trouve nez à nez avec les frères Langlois, elle fait mine de se sauver mais les paroles de Frédéric lui permettent de se jeter dans ses bras, il était son premier amour, mais suite à l’altercation de son père et du sien, leur idylle s’était rapidement terminée.

  • Florence, tu n’es nullement fautive de ce que Norbert a fait et encore à ce degré de l’enquête nous en savons strictement rien, possible qu’il empêchait l’autre de mettre le feu, car Norbert était tout de même mon ami, de plus c’était un maire qui aimait son village et jamais il aurait eu une idée aussi saugrenue que de commettre l’irréparable. Il nous faut attendre l’enquête, actuellement les enquêteurs fouillent l’appartement de Norbert pour voir si ils peuvent trouver des papiers, de l’argent, que sais-je?
  • Frédéric, l’histoire se répète;
  • il ne faut pas croire à cette malédiction, c’est une coïncidence.

Hélas Guillaume ne pense pas un mot de ce que son frère dit, lui est persuadé qu’il y a une sombre histoire familiale mais que personne n’a voulu leur en donner la moindre explication. Il va prendre le taureau par les cornes, il va fouiller dans leur passé, voire dans les papiers familiaux. C’est Guillaume qui a hérité de la grande bâtisse familiale, son frère a quant à lui hérité de l’aérodrome. Avec ses fils ils ont décidé que dès demain ils monteraient dans le grenier et feraient une fouille systématique de tout ce qui était dans les grandes armoires de leurs ancêtres, ils auraient dû le faire depuis longtemps mais lui Guillaume repoussait aux calanques grecs  le moment fatidique, sa femme était superstitieuse, elle préférait que son mari ne mette pas son nez dans le passé de cette manière le passé ne les rattraperait pas. Et bien ce matin leur conversation avait été houleuse car le passé les avait rattrapé, même si ce n’était pas leur entreprise ils vivaient grâce à l’aérodrome.  L’aéro-club avait de nombreux adeptes des ULM, et tous sortaient de leurs ateliers. Depuis deux jours plus personne n’avait eu envie de venir. Même Fanne n’avait pas passé son brevet, pourtant et cela aussi leur paraissait incroyable son avion avait été préservé, une personne l’avait sorti avant l’explosion. Les enquêteurs ignoraient qui avaient préservé cet avion ainsi que le vieux coucou de Frédéric. Les autres Jodel étaient partis en fumée, ceux qui volaient au moment étaient au nombre de deux. Et, dans le hangar d’à côté il y avait seulement trois avions en réparation, ceux-là avaient donc été préservés. Avec six avions comment Frédéric allait-il pouvoir s’en sortir? Quant aux ULM ils étaient tous en compétition et Guillaume les avait récupérés en attendant que le hangar soit remis en état.

Norbert et Gérard étaient les meilleurs amis du monde, qui les avait assassinés? Que de questions qui restent en suspens? Qui va pouvoir combler le vide de ces deux absences? Et surtout où est passé Sophie, depuis Le drame Fanne sa nièce s’en veut comme si elle se sentait coupable. Pourtant sous le souffle de l’explosion le portail a été soufflé et Fanne projetée à l’extérieur, elle donnait la main à sa meilleure amie, où cette dernière a-t-elle été? Tous les alentours ont été systématiquement fouillées cela n’avait rien donné.

A suivre…

Face au vent (suite 3)

Marour est en ébullition depuis que la gendarmerie a fouillé systématiquement l’ensemble des maisons, Sophie la fille du médecin a disparue, tout le monde connait cette charmante jeune fille comme la fille de Mr Frédéric le brillant ingénieur qui a conçu l’ULM qui est le fleuron de leur village. 

Tout le village attend que le maire rentre de son voyage, mais hélas son téléphone reste lettre morte. Son conseiller Mr Guillaume Langlois, l’oncle de Fanne n’a aucune nouvelle. Chacun a regagné sa demeure espérant que le lendemain les nouvelles seraient bien meilleures, bien que cet incendie criminelle car il n’y avait aucun doute à ce sujet, l’homme retrouvé mort était en possession d’un jerrican ou tout au moins ce qui l’en restait. Ses empreintes étaient en cours d’analyse, tôt ou tard on saurait qui il était si toutefois il était connu dans le village.

La nuit semble paisible en apparence, seule la  fumée  pique les yeux et alourdisse l’air. Cette odeur de kérosène est insupportable, mais chacun se calfeutre et essaye d’oublier tout en se demandant si la malédiction ne vient pas de les rattraper. 

Le lendemain matin l’atmosphère est lourde, concernant Sophie il y a aucune nouvelle, la mère de cette dernière c’est rendue à Sainte Luce, elle est dans les locaux de la gendarmerie, elle a apporté une photo récente de sa fille fait une description détaillée des vêtements qu’elle portait hier matin. Depuis plus de deux heures elle attend, quand elle entend plus qu’elle ne voit un brouhaha dans l’entrée. C’est Guillaume Langlois, il est pâle comme un mort, elle se précipite vers lui, de suite elle pense à sa fille mais il la tranquillise si on peut dire car pour sa fille il n’a aucune nouvelle,  mais par contre il sait qui est le mort.

  • Ah ! Mon Dieu! Je le connais;
  • Oui, mais je ne peux rien vous dire, je me dois d’en informer l’enquêteur. Votre mari ne vous a rien dit, c’est bien lui qui était en charge de l’autopsie.
  • Non il a  décliné la demande, il n’était pas en état de la faire, la disparition de Sophie devient inquiétante. Je me demande si elle n’a pas été kidnappé.
  • Ne vous inquiétez pas Julie, elle est peut-être dans un coin, certes perdue, mais bien vivante. Les gendarmes sont sur le terrain aidés par la population, tout Marour participe, dans ceux qui le peuvent.
  • Mais Guillaume si ce n’est pas mon époux qui vous a informé comment avez-vous eu connaissance de cette information?
  • En fait le laboratoire Meyriex a pensé avertir le maire et m’a donné les résultats.  Et je me dois de les donner aux enquêteurs, mais j’en ai déjà informé mon frère. C’est invraisemblable je ne comprends pas ce qu’il faisait sur les lieux avec un jerrican pourquoi a-t-il mis le feu à ce qui faisait vivre notre village, oui pourquoi? Surtout Lui! Pourquoi Lui?

Après avoir discuté avec la maman de Sophie il réussit à faire le forcing et à s’introduire dans le bureau des enquêteurs. Julie l’entends vociférer, crier, il refuse de se calmer, elle entend un des gendarmes lui dire:

  • Cela suffit, nous sommes au courant, avant d’en informer qui que ce soit vous devez d’une vous calmer, ensuite vous asseoir et nous écouter sinon tout conseiller et figure importante de notre Région que vous êtes je vous colle au trou.

Julie n’entends pas la réponse car son mari fait à son tour irruption dans la gendarmerie, lui aussi est d’une pâleur extrême, il tremble comme une feuille, à nouveau le cœur de Julie s’accélère.

  • Tu viens aux nouvelles ou tu as appris une mauvaise nouvelle concernant notre fille?
  • Non il la cherche toujours, ce n’est pas pour cette raison que je suis là.
  • Alors pourquoi es-tu là?
  • Je viens d’être appelé par la gendarmerie Guillaume Langlois est dans un état inquiétant, d’une part je peux le calmer d’autres parts je suis au courant de ce qui le met dans cet état.
  • Toi aussi tu sais qui est le mort?
  • Il t’en a parlé?
  • Oui!
  • Il ne t’a rien dit?
  • Non
  • Tant mieux tu n’aurais pas supporté la nouvelle.
  • Mon ami tu me fais peur, qui a été retrouvé mort? Qui? Et Norbert mon frère qui n’est pas là, tout incombe à Guillaume, cela m’angoisse. 
  • Allez je reviens vite attends- moi, je vais m’occuper de Guillaume.

Julie n’a pas remarqué la crispation de la bouche de son mari à l’évocation du prénom de son beau-frère, ni les gouttes de sueur qui l’ont envahis.

Lorsqu’il rentre dans la pièce, Guillaume est allongé sur le sol, sa respiration est sifflante, mais Pierre apprends des inspecteurs que l’un d’entre eux vient de lui faire du bouche à bouche. Rapidement Pierre prends les choses en main et Guillaume rouvre les yeux. Les gendarmes ont déjà appelé les pompiers et il est transporté sur le CHU de Sainte Luce où il sera rapidement sur pieds, la tension  de la veille, la longue nuit a veillé les restes fumants du hangar et la nouvelle qu’il vient d’apprendre sont les facteurs qui l’ont amené à s’écrouler sous les yeux de l’inspecteur principal.

Comme aucune autre nouvelle n’a filtré du bureau de l’inspecteur les parents de Sophie repartent, et c’est dans la voiture que le Docteur de Marour apprend à sa femme qui a été retrouvé mort dans le hangar. Comme il ne sait pas comment le lui dire, il la prend dans ses bras et lui dit le plus calmement possible:

  • Norbert est mort!
  • Comment ça mon frère est mort? Comment? Où? Son voyage c’est mal passé, c’est un accident de voitures, d’avions et sa jeune femme n’a rien au moins?

En relevant la tête elle voit que son mari est au bord des larmes, elle le regarde et la vérité lui saute aux yeux, Norbert son frère, le maire de Marour est l’incendiaire. Voilà c’est fait la malédiction est de retour.

 

A suivre…

 

eauteur

cooltext167891793251221

La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe

Rejoignez moi dans mon imaginaire