L’écriture de mes nuits

 Voici mes chemins où mes mots caracolent en une belle farandole

 

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(cette photo a été prise par mon papa de 89 ans)

 

Mes nouvelles, romans et contes pour enfants naissent au cours de mes nuits, mais ce ne sont pas des nuits où je ne dors pas, au contraire, cela me réveille et c’est ainsi que vous découvrez au petit matin mes écrits.

Bientôt je vous baladerais sur mes nuits étoilés pour de nouvelles aventures.

Je vous attend sur mon nouveau Domaine.

Soyez les bienvenues !

 

 

Un retour brutal ( La traversée dangereuse ) FIN

Il me faut aussi retrouver les anciens de mon groupe du Kosovo, le capitaine qui voulait me faire taire à tout jamais, me pendre si je ne m’étais pas évanoui dans la nature je me demande où je serais. Mort, abandonné dans une quelconque forêt sur le GR5.  Il m’en voulait d’avoir abandonné sa fille alors qu’elle était enceinte, mais je sais bien qu’avec ma petite amie de l’époque je n’ai pas consommé, cet enfant n’est pas de moi, je suis prêt à faire un test ADN pour le lui prouver, mais si quand je me pointe chez lui il me braque une arme sur la tête c’est peine perdue. Après y avoir réfléchis pendant plus d’une semaine, je me suis décidé à aller lui rendre visite, j’emmène avec moi mon neveu, il ne me tirera pas dessus avec un gamin de l’âge de celui de sa petite fille, puis, pendant que nous discuterons, enfin j’espère, les deux enfants pourront jouer ensemble. Lorsque j’arrive en vue de sa villa je me demande si je ne mets pas en danger mon propre neveu. Je n’ai pas le temps de me poser de nombreuses questions je vois débouler devant moi un jeune garçon suivi d’une fillette. Tous les deux s’arrêtent à ma hauteur et la fillette assez délurée me demande où je vais et si le garçon c’est mon fils ; je suis amusé par la question sans détour et laisse mon neveu lui répondre.

  • Mario c’est mon oncle !

C’est à ce moment que le jeune garçon qui accompagne la fillette me fixe de ces grands yeux, puis il se précipite vers moi en criant :

  • Papa !

Les deux enfants semblent abasourdis, le petit garçon enserre de ses deux bras mes jambes en sanglotant et en répétant :

  • Papa, enfin tu es venu me chercher, je n’en peux plus je ne veux pas rester ici, grand-père est méchant avec moi.

On dirait que l’enfant récite une leçon bien apprise, je me dégage et le regarde, si je reconnais les traits de sa mère, je ne vois rien me concernant. Je ne veux pas le brusquer mais il faut que je lui dise qu’il y a une erreur me concernant.

  • Certes je me nomme Mario, mais tu sais des Monsieur il y en a beaucoup qui ont ce nom,
  • Pourquoi venez-vous chez nous ?
  • Je suis venu voir ton grand-père c’était mon chef dans l’armée ;
  • Ah ! Vous ne venez pas pour moi ?
  • Non, et crois moi j’en suis désolé, j’aurais bien aimé avoir un fils comme toi ;

Je vois à nouveau le sourire de l’enfant, son chagrin a été de courte durée, mais c’est à ce moment que le grand-père choisi de sortir de sa tanière, il a dans ses mains un fusil, il tire une première fois en l’air, puis une seconde et m’intime l’ordre de m’en aller sinon il ne donne pas cher de ma peau, puis il avise qu’il n’y a pas que ses petits-enfants, alors il baisse son arme et m’apostrophe :

  • Qui t’accompagnes ?
  • Mon neveu en quoi cela vous regarde, toutefois je suis venu vous voir pour que nous nous mettions d’accord au sujet de l’enfant.

Il y a comme un léger flottement, il dit aux enfants d’aller jouer dans la cour et s’efface pour me laisser entrer, à l’intérieur il y a sa mère, une vieille femme dans un fauteuil, elle somnole et ne se réveillera pas tout le temps où je vais rester, pourtant nos éclats de voix vont attirer un de ses fils et sa femme. Dès le départ, le capitaine m’empoigne et me secoue en me disant

  • Tu en as mis du temps pour venir chercher ton bâtard de fils,
  • Le petit n’a rien à voir avec moi, du reste je suis prêt à le prouver en me faisant faire un test ADN.

Le grand-père est déstabilisé, si je me soumets à un test  c’est que je n’ai pas peur de prouver ma culpabilité, mais de suite il refuse, disant que c’est trop facile. J’ai beau lui expliquer que cet enfant est tout de même mieux avec sa famille maternelle, c’est peine perdue, il a préparé les bagages du petit et veut que sur le champ je l’emmène. On crie chacun de notre côté jusqu’à ce que la porte s’ouvre sur le fils suivis de sa mère, tous les deux nous demandent d’arrêter de tempêter, de crier. Le fils nous fait asseoir et essaye de comprendre ce qui se passe.

  • Papa que t’arrive-t-il ? Je ne t’ai jamais vu comme ça, c’est pour Éric ?
  • Oui, je veux que le gamin parte avec son père, chaque jour il me rappelle ta sœur, je n’en peux plus.

 

Sa femme intervient en lui disant :

  • Tu as tort de vouloir que le petit s’en aille, il va te manquer dès qu’il aura tourné le dos à la maison, Monsieur est-il vraiment son père, notre fille avait de nombreux prétendants à l’époque.

Et, moi qui pensait être l’unique, je tombe de haut ; c’est sur des présomptions que j’ai faillis mourir dans la forêt, cet homme est plus à soigner qu’autres choses, je le plains, la mort de sa fille l’a rendue désabusé, amer, j’espère ne jamais en arrivé là.

  • Et bien je vous remercie Madame de me l’apprendre, je tombe un peu de mon piédestal mais au moins je sais qu’avec les femmes je n’ai jamais été heureux, cela s’avère encore une fois. En tous les cas votre fille et moi nous n’avons pas fait l’amour, elle se réservait pour son mariage avec moi.

Ce que je leur dis fait l’effet d’une bombe, mais je ne suis pas à ça près, il faut qu’il soit conscient que ce n’est pas parce que j’étais le petit ami de leur fille que c’est forcément moi le père. Et j’exige de faire un test ADN. Quelques semaines plus tard le grand-père a dû se rendre à l’évidence je n’étais pas le père de l’enfant. J’attends toujours ces excuses, mais je sais qu’il ne veut plus reprendre contact avec moi. Je n’ai même pas essayé de savoir qui de mes amis de l’époque auraient pu être le père. J’ai juste un regret que cet enfant ne soit pas le mien. Je suis toujours célibataire, avec Maud nous avions le projet de fonder une famille mais elle m’a trahie avant. C’est à cet instant que la vérité m’a sauté aux yeux, à quoi bon l’attendre. J’ai embrassé mon neveu, ma nièce, frère et sœur, mes parents et je suis parti pour Montbéliard c’est là-bas que j’avais retrouvé Maud si elle y était tôt ou tard je la retrouverais.

J’ai finalement achevé le GR 5, quand à Maud je n’ai pas eu de ses nouvelles, je n’ai pas essayé de faire de nouvelles rencontres, je vis des dividendes de mon entreprise, j’ai un grand projet il est en passe de s’achever.

Aujourd’hui est un grand jour je vais mettre le mot fin sur mon aventure, je suis dans la petite maison que j’ai acheté, plus précisément dans mon jardin, mon manuscrit est ouvert devant moi, soudain des gouttes de sang l’éclaboussent, puis une main gantée de noir s’en empare.

Trois semaines plus tard « La traversée dangereuse » signée de son auteure Maud est dans toutes les devantures des librairies, on en parle de partout. Celle qui l’a volé est adulée par un public de connaisseur, c’est son premier suspens.

Quant à la police, elle n’a rien compris au drame qui s’est joué à Montbéliard un an après la mort étrange d’un professeur, celui qui avait été soupçonné de ne pas l’avoir aidé a été retrouvé au pied des échelles de la mort. De suite ils comprennent que le corps a été transporté, qu’il n’est pas mort sur place. Une enquête est ouverte, mais rien n’a encore filtré. A ce jour, seule Maud sait mais personne ne peut  la soupçonner.

FIN

Accident ( La traversée dangereuse)

Je paye mon annonce et sort du journal, lorsque je vois venir vers moi le Commandant Pierre, celui qui a voulu me tuer, je me dissimule derrière mon journal et le laisse passer, puis je le suis en évitant soigneusement de m’exposer au grand jour, il y a suffisamment de personnes ce mercredi de vacances scolaires, je n’ai pas retrouvé mon pas de marcheur et ma cheville me fait souffrir mais il ignore que je le suis et il a tendance à la farniente ce qui m’arrange bien. Tout en le suivant à distance respectable je me demande ce qu’il fait  dans mon village, si ce n’est pas une coïncidence, cela voudrait dire qu’il a suivis mon périple pas à pas. Brusquement il entre dans un hôtel, j’attends un peu et entre à mon tour, ce dernier n’est pas engageant, à l’accueil il y a un homme qui mange  plus qu’il ne travaille. Lorsque j’entre il sirote un jus de raisin à moins que ce soit du vin rouge, il pue une odeur fétide de vin de qualité moyenne, pour le raisin s’en est mais alcoolisé. Il éructe un cri guttural en m’annonçant

  • C’est pourquoi ?
  • J’ai vu Pierre Arduy entré, je veux lui faire une surprise, il est à quelle chambre ?
  • La 5, premier étage,

L’individu part d’un rire gras et me lance une œillade, en me disant :

  • Quand vous redescendrez vous me raconterez qui a été le plus surpris de vous deux !

Tout en montant à pieds l’étage je me demande ce que cela veut dire, méfions-nous, il se peut que le Commandant m’ait vu derrière lui et que ce soit moi qui soit surpris. J’arrive dans un couloir allumé par des loupiotes d’un autre âge ; c’est fort sombre, les numéros sont inscrits sur les portes, j’avance et soudain j’entends une voix qui ne m’est pas inconnue. Je m’approche et tends l’oreille. On dirait Zoé, ma foi oui c’est bien elle, j’entends son rire, je m’approche davantage et tends l’oreille. Si ces deux se connaissent ce n’est pas une coïncidence, qui sont-ils l’un pour l’autre ?

  • Alors Pierre qu’as-tu-appris ?
  • Rien, juste qu’il serait reparti sur le GR5 selon mes informateurs, il doit vouloir terminer sa randonnée.
  • Il n’a pas été inculpé pour la mort de son ex.
  • Tu as fait erreur tu as tué une inconnue, Maud a disparue de la circulation, la femme que tu as poussé était une femme dépressive, ils ont conclu à un suicide.
  • Merde, mais dans son sac il était noté qu’elle se nommait Maud.
  • Et bien elle l’avait volé ce sac, toi tu es tombé dedans comme une pauvre imbécile que tu es.
  • Non mais j’aurais bien aimé te voir en haut des échelles, tu me l’as décrite, j’étais persuadée que c’était elle, qui te dis que la justice ne veut pas nous embrouiller.
  • Ah oui tu as laissé des traces derrière toi Madame Arduy.

Je me mords les lèvres pour ne pas hurler de rage, ces deux-là sont complices puisque mari et femme, j’ai un moment d’hésitation, me demandant si je ne vais pas entrer, puis, je me ravise et repart. En bas l’homme de l’accueil a été remplacé par une toute jeune fille, je n’ai rien besoin de lui dire, en attendant, je vais me planquer, mais auparavant, j’avise le journal et modifie mon annonce. Je ne veux pas lier Zoé à Maud. L’annonce ne devait être publié que demain, voilà c’est choses faîtes. Ce doit être un hôtel de passe car il y a un va et viens incessant, soudain la porte s’ouvre, c’est le commandant qui sort, il est seul, il part en direction du parking ou il a garé sa voiture, je note le numéro et le laisse s’en aller, je fais le chemin en sens inverse et monte quatre à quatre les marches, lorsque j’arrive sur le premier palier je vois une jeune fille devant la porte de la chambre de Zoé et de son cher mari, je fais mine d’aller plus haut, et je me planque au palier intermédiaire et j’entends la jeune fille taper à la porte et crier :

  • Madame Arduy votre frère m’a chargé de vous dire qu’il vous rejoindrait à la brasserie dans deux heures.
  • Merci !

La petite hôtesse s’en va, j’attends sans faire de bruit, ensuite à mon tour je me dirige vers la chambre, dans un premier temps je frappe à la porte, personne ne vient,  j’entrouvre la porte, il n’y a personne dans la chambre, mais il m’arrive aux oreilles un bruit de douche ainsi qu’ une musique de fond, rien ne va m’empêcher d’accomplir ce que je suis venu faire. J’entre dans la salle de bain, lorsque Zoé me voit, elle va pour crier, fait un mouvement, glisse et tombe lourdement sur le sol carrelé. De suite je vois du sang qui coule de son oreille, je n’ai pas besoin de vérifier, la belle Zoé est morte et encore une fois je n’y suis pour rien. Je lui ai fait peur car j’avais dans les mains mon pistolet muni d’un silencieux, mais je n’ai pas eu le temps de discuter avec elle. Son ennemi a été son savon liquide, moi je suis juste l’élément perturbateur. Je quitte l’hôtel sans me faire remarquer, et me rends chez un ami pour être vu,  je prends mes aises boit une bonne bière et le quitte sous le coup des 19 h. Je me rends chez mes parents où je suis attendu avec ma sœur pour manger une bonne choucroute, comme dit ma mère tu as besoin de grossir tu flottes dans tes vêtements. Nous passons une agréable soirée. Je rejoins ma chambre sous le coup des minuits,  Le lendemain je ne vois pas l’ombre d’un gendarme ni d’un policier, personne n’a signalé la mort d’une femme. J’en viens à me demander si elle était réellement morte, mais j’en suis certain. A moins que son frère ne soit pas venu voir pour quelles raisons elle n’était pas venue le rejoindre. Tôt ou tard l’hôtelier allait s’en rendre compte. Effectivement un peu plus tard dans la soirée, mes parents reçoivent un appel téléphonique de la gendarmerie leur demandant si je me trouvais chez eux et il leur annonce que Zoé Carpato est décédée hier en fin d’après-midi, il leur demande que je me présente dans leurs locaux dès que possible. Mon père me prévient et je me rends en sa compagnie à la gendarmerie. Dès que j’arrive on demande à mon père de m’attendre, et moi j’ai droit à un interrogatoire, j’en ai l’habitude.

  • Monsieur qu’avez-vous fait hier après-midi.
  • Je me suis rendu dans les locaux du journal de Montbéliard pour passer une annonce concernant mon ex-femme
  • Nous vérifierons, ensuite
  • Je me suis baladé dans les rues attenantes, j’ai vu sur la place vers la fontaine l’automate qui se produisait. Il y avait foule, mais pourquoi toutes ces questions ?
  • Poursuivez ensuite qu’avez-vous fait ?
  • Je me suis rendu chez mon ami qui tient le restaurant du Lion ;
  • Y avez-vous mangé ?
  • Non, j’ai mangé chez mes parents ou je demeure pour l’instant.
  • Vous y êtes arrivés à quelle heure ?
  • Vers 19 h, ma mère avait fait une choucroute et j’avais intérêt d’être à l’heure.

Ils me font signer ma déposition et je m’en vais comme je suis venu sans autres explications, elles me seront données par mon père qui m’apprend que le mari, tiens donc le commandant est bien son mari et non son frère, vient d’être arrêté car il est accusé d’avoir tué sa femme, comme ce dernier et moi avons eu des mots et qu’il m’avait poussé sur le GR 5 selon mes dires, il m’a accusé, disant que  j’étais venu le voir à son hôtel, mais rien n’a été confirmé par le propriétaire qui hier était absent, il avait confié son hôtel à sa fille et à son frère, mais ni l’un, ni l’autre ne m’ont reconnu sur les photos. C’est normal cet hôtel est plus sombre qu’une grotte en pleine nuit. J’ai bien croisé la gamine mais elle ressemblait plus à un zombi avec son casque de MP4 sur les oreilles, elle n’a pas dû prêter attention à moi, par contre le vieux à l’accueil devait être trop imbibé de vin pour ne pas se souvenir de moi.

J’apprends ce que mon père a entendu, le commandant Pierre est accusé du meurtre de sa femme car le gérant de l’hôtel a signalé qu’il se disputait tous les jours avec la jeune femme et qu’il l’avait vu lui porter une ou deux fois des coups. Cela m’arrange bien, car je n’aurais pas pu me justifier auprès des autorités. Ma mère se lamente de la disparition de cette garce de Zoé, moi je préfère ne rien dire, mais son accident, car s’en est bien un, même si tout accuse qui que ce soit, m’arrange. Si le Commandant est relâché faute de preuve je  m’occuperais de lui personnellement. Avant de mourir il apprendra comment sa dulcinée est morte. Lui je ne lui ferais aucun cadeau. La chance m‘a souri une fois j’espère bien qu’elle passera une autre fois. Pour l’instant j’espère avoir des nouvelles de Maud, car elle n’a pas disparue, elle n’a pas pu s’évaporer dans la nature. Cette femme je l’aime, elle me manque, j’espère qu’elle lira le journal et me donnera signe de vie.

A suivre

La petite annonce (La traversée dangereuse )

Dans la voiture qui me ramène je ne sais ou, je ressens les effets de ma cavale nocturne, depuis mon départ du centre de traumatologie je ne me suis pas allongé un seul moment et j’ai ma cheville qui me fait souffrir, le matin le kiné de l’hôpital m’avait dit de me ménager, il trouvait que j’en faisais trop, et pour cause il comprendrait ce matin la raison, je m’entraînais pour mon départ en catimini de son cabinet.

J’en suis là de mes conciliabules lorsque je vois que la voiture ralentie pour finir par s’arrêter, deux gendarmes viennent à notre rencontre, que va-t-il m’arriver ?

  • Gendarmerie Nationale, Monsieur doit nous accompagner, finalement à la demande du chirurgien nous devons le faire examiner, puis il sera présenté au juge d’instruction et c’est lui seul qui décidera de sa mise en examen ou en détention.
  • Monsieur avez-vous un avocat ? Si c’est le cas je vous laisserai le temps de l’appeler ;
  • J’en avais un mais je l’ai jeté il n’y a pas plus de trois heures.

Et sur ces bons mots ils m’extraient de la voiture et me font monter dans leur véhicule, ils m’ont ôtés les menottes, ceux-là ne doivent pas me considérer comme un assassin, c’est une chance, toutefois je décide de me murer dans le silence le plus total. Ce qui je l’avoue n’allait pas arranger mes affaires mais je suis d’un naturel peu expressif et là il commençait tous à me courir sur le haricot si je puis m’exprimer ainsi. Une envie de nicotine exaspère tous mes sens, je fumerais bien une clope, mais aucun des deux flics n’a ça sous la main ou dans leur poche. Ils me disent ne pas fumer, du coup je retombe dans mon mutisme.

La route suit une forêt, des arbres à perte de vue, je lutte pour ne pas dormir mais petit à petit je sombre dans le sommeil, et brutalement je sens que l’on me secoue, je dois rapidement revenir à la réalité, au moment où je mets les pieds par terre je sens une douleur terrible me vriller la jambe, et si un des agents de la force publique ne me soutenait pas je pense que je me serai affalé sur le sol. Je suis devant un hôpital, mais je sais que ce n’est plus la Suisse, possible que je sois à Montbéliard, il me semble reconnaître les extérieurs, mais rien ne se passe comme je l’espérais, on apporte un fauteuil roulant on me colle dessus d’une manière brutale et je suis rapidement emmené à l’intérieur ou une infirmière à l’air revêche me prends en charge et m’emmène passer une radio dans un premier temps, puis me colle dans une chambre minuscule où je dois attendre le médecin qui ne saurait tarder. Hélas les minutes défilent au départ rapidement puis petit à petit une heure. Je prends mon mal en patience, puis subitement pris d’un doute je vais vers la porte que la dame a pris soin de refermer et là oh stupeur je m’aperçois que je suis enfermé comme un vulgaire criminel. Il faut dire qu’avec ma barbe de trois jours j’en ai bien l’air. Dans un premier temps je m’approche de la fenêtre pour vérifier si elle s’ouvre, peine perdue elle est condamnée, pire à la fenêtre il y a des barreaux. Je devais être dans un état second pour ne pas m’apercevoir de tout cela. Je n’ai ni montre ni téléphone et donc j’ignore combien de temps je dois attendre le bon vouloir des médecins ou des gendarmes, je n’aurai jamais dû renvoyer mon avocat, il aurait pu me tenir compagnie, ou bien exiger que tant que je suis présumé innocent, je ne sois pas enfermé. Il est vrai que j’ai tendance à fausser compagnie à mainte et mainte gens. Finalement le médecin me dit que je suis un imbécile et que la longue marche que j’ai faites ne m’a pas arranger la cheville, les os se sont déplacés à nouveau, maudit calcanéum, il m’en fait baver.

Me voici enfermer dans la pièce dîtes « des fous », en effet beaucoup d’hôpitaux ont une chambre spéciale pour dégriser les furieux ou les saoulards qui sont ramené au petit matin. Selon les dires du médecin je ne suis ni coupable, ni méchant mais j’ai déjà échappé à la justice plusieurs fois et donc il veut s’entourer et se protéger, puis il a reçu des ordres. Et en riant il me dit et encore vous avez de la chance je devrais vous attacher au montant du lit.

Un jeune infirmier se pointe vers les 13 h avec un repas, il m’explique que je n’étais pas comptabilisé pour le repas de midi et que le médecin leur avait demandé de me préparer un plateau, avec ces collègues ils avaient mis chacun une petite chose ce dont je les remercie.

  • Vous n’auriez pas une bière, je rêve d’en boire une ;
  • Non, mais si vous voulez un verre de vin je peux vous l’apporter,
  • Va pour un bon verre de vin
  • Ah je ne sais si c’est du bon, mais le médecin en boit ce n’est certainement pas de la piquette.

Et sur ce trait de génie il éclate de rire et s’en va, et je ne le reverrais pas, je n’ai que de l’eau, on avisera demain. Dans l’après-midi on m’apporte un téléviseur, un téléphone et on prend le temps de refermer la porte à clef. Plus tard un des inspecteurs qui m’a déjà interrogé vient me chercher et m’emmène dans le fauteuil roulant dans une pièce au dernier étage ou je retrouve un juge, une greffière et une avocate commise d’office, elle me salue et me demande de répondre aux questions du juge afin que je sois innocenté si je n’ai pas commis les crimes affreux qui font les manchettes des journaux.

Sur la table je devine plutôt que je lis la Une du journal local «  Fin de la cavale du tueur du GR 5 », ah me voilà un criminel, un vrai de vrai. Cela me donne une envie de gerber. Je suis coupable aux yeux de tous. Il va falloir que je m’explique si je ne veux pas me retrouver en prison.

Trois heures plus tard je sors libre du bureau du juge improvisé à l’hôpital de Montbéliard, aucune charge n’a été retenue contre moi, j’ai pu me justifier sur chacun des accidents, notamment ceux de la jeune fille et du professeur, quant au douanier il s’est rétracté et n’a pas donné suite ce qui me met toutefois la puce à l’oreille. Je suis libre de quitter l’hôpital mais je n’ai pas le droit de quitter le territoire français car je suis tout de même mis en cause dans le vol d’une voiture, son propriétaire n’a pas eu le temps de déposer plainte, il a retrouvé sa voiture en bonne état ainsi que son téléphone que je n’ai pas écrasé comme il pensait. Le feras-t-il ? A ce jour je n’ai pas eu de nouvelles. Quant à la jeune femme retrouvée morte au bas des échelles de la mort il s’est avéré que c’était une désespérée qui s’était suicidée. Par contre je n’ai plus aucune nouvelle de Maud et là je suis inquiet.

Maintenant  que je suis libre et plus le suspect, je vais me mettre à la recherche des fous furieux qui ont essayé de me tuer mais auparavant il faut que je retrouve Zoé, tant que cette nana est dans la nature je peux à tout moment tomber dans une embuscade, cette fille a osé dire que j’étais le meurtrier de Maud et que j’étais impliqué dans la chute du Professeur, elle pensait donc que je ne pourrais jamais communiquer. Le Juge m’a demandé si je voulais porter plainte contre elle, dans un premier temps j’avais songé le faire mais tout compte fait je vais appliquer ma justice.

Me voici de retour à mon point de départ, mon frère avait pris ses aises et mon retour ne lui fait nullement envie, mais rapidement il comprend que je ne suis plus intéressé par ma petite entreprise, j’ai des comptes à régler, j’aviserais plus tard si je reprends les rennes de ma Société où si je lui la vends car il n’est nullement questions que je lui en fasse cadeau comme j’ai entendu mon père le dire cet après-midi. J’ai rapidement remis les pendules à l’heure et maintenant que tout est clarifié je me rends au journal local pour déposer mon annonce.

« Mario donne forte récompense pour toutes personnes susceptible de lui donner des renseignements et des nouvelles concernant Maud B et Zoé C ; laissez message au N° 365897 ainsi que téléphone, vous serez rappelés. Tout plaisantin sera poursuivi par mes soins. »

 

A suivre…

La trahison (La traversée dangereuse)

Lorsque les flics reviennent je dors ou plutôt je fais semblant de dormir, j’ai le don désormais pour me soustraire à toutes leurs questions, mon avocat leur a remis les réponses mais ils espèrent des précisions. Au travers de mes paupières mi closes j’en vois un qui se penche vers moi, toujours dissimuler j’ai fait ça toute ma vie, alors pourquoi aujourd’hui j’en ferais autrement, d’autant plus que maintenant je suis sous  les feux des projecteurs de la justice de mon pays. Bien que selon mon avocat il n’y ait pas la moindre trace de ma culpabilité. C’est une enquête de routine qui en rejoint d’autres, ce GR5 a souvent été le lieu où on a retrouvé pas mal de cadavres imputés jusqu’à présent à la montagne mais désormais ils ont des doutes et pense que je suis le seul responsable de ces meurtres, allez le mot est lancé, je serai le grand méchant loup et j’aurais à mon actif une dizaine de disparitions d’hommes et de femmes. Mais voyons si cela les arrange, je n’y vois aucun inconvénient du moment que ce n’est pas moi, mais comme m’a dit mon avocat il faudrait pour cela que je retrouve la mémoire pour m’innocenter pleinement.

Là ce n’est pas gagné d’avance, il y a des pans entiers de ma vie qui sont dans le flou. Seul me revient parfois des flashs, mais ils ne durent pas longtemps et je ne sais sans aide extérieure où les replacer dans ma vie. Il faut que je fasse un gros travail de mémoire, et je n’en n’ai pas vraiment envie. C’est décidé cette nuit je mets les voiles pour aller sur Genève et de là je prendrais un avion dans un premier temps pour Paris et ensuite j’aviserais sur place, auparavant je dois vider un de mes comptes, prendre de l’argent liquide je ne veux pas que l’on me suive à la trace.

Quelques heures plus tard, il est tôt environ 7 h du matin, les feux d’une voiture trouet le brouillard qui s’élève en provenance du Lac Léman, je sors des buissons ou j’ai attendu patiemment le lever du jour, j’allume ma grosse lampe torche et comme lorsque j’étais enfant et que je jouais aux gendarmes et aux voleurs je l’agite sur la route. Une grosse berline freine brutalement et je suis apostrophé vertement par cet individu qui s’adresse à moi comme à un vulgaire passant. Je ne lui laisse pas le temps de m’en dire davantage que je pointe sur lui une arme factice que je me suis procuré en quittant l’hôpital la nuit dernière, c’est un bijou bien imité, mais l’homme panique en la voyant et je l’invite vigoureusement mais courtoisement à quitter son véhicule et le laisse sans aucun état d’âme sur le bord de la route. Auparavant je l’ai dévalisé de son téléphone portable qui va me servir pour appeler mon avocat et lui donner rendez-vous dans un lieu dont il m’avait parlé quelques jours auparavant comme étant un havre de tranquillité. Mais il faut qu’il soit mon complice et là je ne suis pas certain d’arriver à mes fins. Il faut aussi que je sois certain qu’il me croira, j’ai tant menti jusqu’à présent je lui ai même dissimulé que je parlais à nouveau, pourtant hier quand j’écrivais, il m’a demandé en plusieurs fois si je pouvais prononcer quelques mots, et j’ai secoué la tête en signe de négation.

En m’éloignant en direction de la frontière je rigole en me rappelant la panique que j’ai vu chez ce commercial Suisse, il voulait me donner son argent mais je ne le lui ai pas pris, je ne suis pas un voleur, je lui ai juste emprunté son véhicule car au dernier moment j’ai renoncé à l’avion.

La frontière passée sans encombre, personne n’a donné l’alerte et tous vont me chercher vers les aéroports et non pas en France, le plus drôle c’est que je vais aller dans un chalet qui se situe pas très loin du GR5 et attendre la suite des évènements. Mais hélas rien ne va se dérouler comme je l’espérais, ’et ma cavale va prendre fin à la porte du chalet de mon avocat qui a fait mettre en place une souricière ou j’ai foncé tête baissée.

Mais revenons en arrière au moment où je passe la frontière je prends le temps de boire un café, ce sera ma première erreur, un homme va me reconnaître et dans un premier temps il va appeler la police de Thonon les Bains, mais ils ont d’autres chats à fouetter et ne vont pas prendre la communication très au sérieux ce n’est que vers 8 h du matin lorsqu’ils vont apprendre que j’ai mis les voiles qu’ils feront le rapprochement, sur le coup tout le monde a pensé que j’étais fort loin, or je n’avais pas fait plus de 100 kilomètres. J’avais comme prévu téléphoné à Maître Bardin et expliqué que je m’étais sauvé, dans un premier temps il m’avait raccroché au nez. Puis plus d’une heure plus tard m’avait rappelé, c’est là que j’aurais dû me méfier mais j’étais loin de connaître le sale tour qu’il venait avec l’aide de la justice de mettre sur pieds.

  • Mario
  • Oui Maître, vous êtes revenu à la raison
  • Vous m’avez surpris, mais comme pour l’instant personne n’est au courant de votre fuite je viens vous récupérer, vous ne bougez pas de là où vous êtes, vous me remettrez les clefs de la voiture que vous avez volés.
  • Non, je ne l’ai pas volé, juste emprunté ;
  • Vous jouez sur les mots, donc je vous disais vous me donnerez les clefs, le téléphone et je vous emmènerais vers mon chalet, j’ai pris le soin de faire quelques courses et ma nièce qui habite pas très loin vous ravitaillera le temps que les choses se tassent. J’ai foncé tête baissée vers ce projet qui répondait en tout point au mien. Mon avocat ne voulant pas se montrer m’a laissé en contrebas de son chalet disséminé dans une forêt.  Aux alentours d’autres habitations mais toutes fermées. Ce n’était plus la saison estivale, il avait neigé encore cette nuit, et bien qu’approchant de la fin de l’hiver à cet altitude il y avait encore quelques traces de névés. C’est en faisant attention où je mettais les pieds que j’avais parcouru la courte distance qui me séparait de son chalet, j’étais en train de gravir les marches lorsque j’ai entendu un éternuement, interloqué j’ai regardé de tous les côtés sans voir qui que ce soit, dans un premier temps j’ai pensé à des marcheurs puis je n’ai pas mis longtemps pour comprendre que j’étais tombé dans un véritable guet-apens. La porte du chalet s’est ouverte, un type cagoulé en noir m’a dit :
  • Bienvenu chez vous Monsieur !

J’ai d’abord joué l’ironie

  • A qui ai-je l’honneur ?
  • A la justice Monsieur,
  • Elle me prend pour un assassin et je n’en suis pas un.
  • En tous les cas vous avez une belle voix au timbre fort agréable mais gardez la précieusement, elle vous servira le moment voulu pour répondre aux questions de vos juges, à moins bien entendu que vous préfériez rester dans votre mutisme.

Je ne lui réponds pas, à quoi bon ? Je suis rapidement menotté, et redescendu vers la route où mon avocat m’attend, il s’avance vers moi et me dit :

  • Je suis là pour toi Mario,

Ma réponse cinglante ne se fait pas attendre :

  • Dégage tu m’as trahis, je n’ai plus besoin de toi, jusqu’à nouvel ordre je me défendrais tout seul.
  • Tu croyais Mario que j’allais jeter aux orties toute ma vie, je suis et resterais fidèle à mes convictions, je n’arrivais pas à te faire entendre raison aussi j’ai appelé les inspecteurs et avec eux j’ai monté ce subterfuge, je sais que tu es en colère mais passé ce temps tu comprendras que la fuite n’arrange rien.

Pour l’instant je suis sous le coup du sort qui s’acharne sur moi et ne lui répond pas, à mes yeux il a trahis la confiance de ma famille et m’a empêché de quitter le territoire français.

 

A suivre

Le début des ennuis (La traversée dangereuse )

J’étais déjà là depuis plus de deux mois lorsque je me suis aperçu que je commençais à pouvoir écrire à nouveau, je me gardais bien d’en informer les médecins, car je sentais que le monde idyllique dans lequel j’étais disparaîtrait immédiatement si j’osais leur dire que tout ce qu’il me faisait avait des résultats. Je pouvais me promener dans les couloirs et un jour alors que je croisais une jeune femme, je lui avais dit bonjour, certes ma voix était un peu rauque mais je pouvais parler à nouveau. En revenant dans ma chambre je décidais de cacher le plus longtemps possible aux médecins, kinés et autres thérapeutes que j’avais retrouvé l’usage de ma voix. Rien ne me prédisposait aux mensonges mais compte tenu des présomptions qui me pesaient sur la tête et les épaules, il était préférable à rester ce muet qui recevait la compassion de toutes les infirmières plutôt que de revenir l’homme que j’étais avant mon accident.

 

Le personnel était au petit soin pour moi, me plaignant, me chouchoutant, me dorlotant, pour l’instant je n’étais pas le monstre que j’allais devenir au cours des mois suivants. Je préférais attirer l’empathie que le dégoût. Mais pour ne pas devenir fou je m’absentais et me rendais à la cafétéria lorsque personne ne s’y trouvait, disait bonjour à des passants imaginaires, bref, en un mot je travaillais ma voix.

 

Un jour alors que je pensais être seul, je me trouvais nez à nez avec une belle blonde qui fut interloqué, si moi je ne l’avais pas reconnu, elle, par contre savait exactement qui j’étais, ce dont elle me fit part assez rapidement :

 

  • Monsieur Mario, quelle bonne nouvelle ! Vous avez retrouvé l’usage de votre voix
  • Je le découvre en même temps que vous, je regardais la neige tombée et j’ai eu ce oh de surprise.
  • Vous avez une belle voix ;
  • Sachez qu’elle est différente, d’où mon hésitation à parler, je ne me reconnais pas.
  • Elle est peut-être plus rauque qu’autrefois, mais petit à petit vous vous y habituerez. De plus comme je viens de vous le dire vous avez une voix charmeuse.
  • Si vous le dîtes ;

 

Je l’entends rire alors qu’elle s’éloigne de moi, maintenant il en est finis de ma tranquillité, elle va aller le crier sur les toits, les flics vont réapparaître et ils m’emmèneront vite dans une de leur prison pour y attendre mon procès. Mais alors que je repars, la blonde m’attend, elle m’apprend qu’elle est technicienne de surface, qu’elle ne dévoilera pas mon secret, car elle se doute que je serai ennuyé. J’apprends qu’elle le sait depuis plus de quinze jours que je parle mais n’avait pas encore trouvé le moment pour m’en faire part. Elle me tourne autour, me dit que je suis bel homme, je sens qu’elle n’a qu’une envie c’est se trouver dans mon lit. Je la rassure aussitôt je n’ai pas de goût à la bagatelle, mais dès que j’irai mieux je l’inviterais au restaurant, voire plus si affinités, ce qui la fait rire, mais je lui fais promettre que d’ici là elle se garde bien de dire à qui que ce soit que j’ai retrouvé l’usage de la parole.

Avec sa promesse en poche, nous remontons tous les deux au cinquième étage, dans l’ascenseur je sens son envie de folie et je lui demande de m’accompagner dans les toilettes, ces dernières sont fort propres, mais elle préfère m’entraîner dans la lingerie dont elle possède la clef, tout en devisant, elle pousse mon fauteuil et nous nous trouvons dans une buanderie, qui fait aussi office de salle de repassage, je pense que la coquine a déjà eu l’idée d’y aller avec d’autres. Elle minaude, tourne du cul, s’approche de moi et me colle un baiser timide sur la bouche. Sa bouche a un goût mentholé, je sens une envie irrésistible montée en moi, je me laisse faire. Elle ôte sa blouse, elle est quasiment nue dessous, je pense qu’elle a prémédité son geste. Ses seins ne sont tenus que par mon regard, car ils explosent dans le soutien-gorge minimaliste qu’elle porte. Hélas au moment où elle s’approche pour me sortir de mon fauteuil, alors qu’elle a déjà ouvert ma robe de chambre et baisser mon caleçon pour passer sa langue sur mon attribut au garde à vous, nous entendons un bruit à la porte. Elle met son doigt sur sa bouche, me réajuste mes vêtements, me pousse dans un réduit qui ressemble plus ou moins à un placard, et ouvre la porte. J’ai le temps d’apercevoir un des infirmiers qui est à mon étage, la petite le connaît, l’autre a ‘habitude de la retrouver ici. J’entends plus que je ne vois ce qu’il lui fait subir, ses gloussements, ses cris, ses râles et elle en redemande. Je pense que je me suis endormi, dégoûté que ce soit lui qui récupère ses envies et non moi. Si la dame voulait coucher avec moi c’est certainement qu’un futur prisonnier ex muet ne faisait pas encore parti de sa liste d’amants. Il faut que je m’échappe de cet hôpital sinon cette demoiselle m’ajoutera à ses trophées. De plus je suis à la merci de sa parole donnée. Lorsque je la quitte j’apprends qu’elle sera absente un mois, qu’elle espère qu’à son retour je serais plus en forme, elle n’est pas gênée de s’être envoyé en l’air devant moi, au contraire cela lui a permis de décupler sa libido ce qu’elle m’assène en me déposant au seul de ma chambre. Dans cette dernière je retrouve les deux inspecteurs qui essayent d’en savoir davantage sur moi, mais pour eux je suis toujours dans un mutisme total.

Toutefois pour montrer un peu de bonne volonté je leur écrit que je peux essayer de dialoguer avec eux en écrivant. L’inspecteur en chef semble ravi, mais déchante vite quand il s’aperçoit que je ne peux répondre à la vitesse qu’il aimerait. Le plus jeune et aussi le moins gradé me dit de prendre mon temps. Il écrit à ma place les questions et me demande d’essayer d’y répondre et ce avant midi, moment où ils viendront récupérer mes réponses. J’ai l’impression que je suis revenu sur les bancs du collège. J’acquiesce car je dois les mettre dans ma poche, et je leur écrit que je leur rendrais ma copie d’ici midi, ce qui les fait rire. Je veux bien répondre à leurs questions mais je n’ai pas la moindre idée de ce qu’ils aimeraient entendre. Il faut que je me concentre, afin de pouvoir comprendre. Cependant je devrais avoir un avocat à mes côtés, je dois l’appeler, c’est compliqué car je ne suis pas censé parler. Je sonne et une infirmière arrive, je lui écris ma demande et elle accepte d’appeler mon avocat. Ce dernier se charge de dire à la police que je ne pourrais pas répondre à leurs questions d’ici midi car j’ai tout de même quelques difficultés pour écrire et aussi qu’il doit me rencontrer ce qui est la manière d’opérer en France. En effet mon avocat est Suisse, j’ai paré au plus pressé aidé en cela par ma famille qui est soudée derrière moi, y compris mes parents et mon frère aîné. Ma sœur je n’ai pas eu besoin de la convaincre, elle a toujours été à mes côtés.

Mon avocat arrive vers les 14 h, nous avons, montre en mains juste une petite vingtaine de minutes pour que je puisse écrire mes réponses.

 

En préambule je dois apposer mes noms et prénoms ce que  se charge de faire mon avocat, puis arrive les questions plus personnelles.

  • Décrivez nous ou vous étiez lorsque vous avez vu tomber la jeune fille ?
  • Quelles personnes avez-vous rencontrées ?
  • Combien de temps avez-vous mis pour vous rendre au refuge ?
  • Quelle heure était-il quand vous avez croisé le professeur ?
  • Avez-vous essayé de le sauver ? Ou avez-vous passé votre chemin sans vous préoccuper de lui ?
  • Dans votre périple nous avons un trou d’une quinzaine de jours, où étiez-vous ? Avec qui ? Qu’avez-vous fait ? 
  • Pourquoi avez-vous tabassé le douanier ?
  • A quels moments avez-vous retrouvés votre femme et pour quelle raison cette dernière vous a accompagné ?
  • Quels jours étiez-vous aux échelles de la mort ?
  • Qui est Zoé pour vous ?
  • Qui sont les jeunes filles qui ont donné l’alerte ? Qui est l’homme qui selon vos premiers dires vous aurait poussé ? 

Il y a une liste de questions tout aussi stupide les unes que les autres comme si je pouvais répondre à toutes ces questions, ayant perdu le moindre souvenir des détails, les seules choses dont je me souvienne c’est la fille qui est tombée de l’arbre, mais je ne pouvais rien faire compte tenu qu’elle était bien entourée et que moi j’étais fort loin. Je note que j’ai croisé une première fois mais en sens inverse celui qui se faisait appeler Commandant, que c’est lui qui m’a indiqué la cabane et que c’est en arrivant presque au sommet que j’ai entendu des appels, que je me suis penché et tendu la main à ce professeur, mais qu’il devait être affaiblis car il n’arrivait pas à m’attraper la main, même si à un moment en me penchant davantage j’y suis arrivé, il me l’a lâché rapidement et je n’ai pas pu le retenir. J’ai plusieurs fois appelé, ne voyant pas du tout à quel endroit il se trouvait, et voyant la nuit tombée j’avais essayé de téléphoner pour appeler les secours, hélas mon téléphone ne passait pas et la batterie était dans le rouge.

Pour la question concernant le douanier je note que je n’en n’ai aucun souvenir et que j’en suis désolé. Alors que je me souviens que j’étais dans une rage folle mais que jamais au grand jamais je l’aurai tué.

Je note que j’ai rencontré Maud par hasard sur Montbéliard et que de suite elle a voulu partir avec moi, ce dont je ne l’ai pas dissuadé. J’ai l’impression que les questions ne sont pas dans l’ordre mais je ne vais pas le leur dire, ou plutôt le leur écrire, je m’en fiche royalement. Au moment où j’écris je sais que je vais mettre  une nouvelle fois les voiles.

A suivre…

Sans voix (La traversée dangereuse )

Une fois que les deux inspecteurs se sont retirés, l’infirmière m’a remis, le goutte à goutte qu’elle avait ôté le temps de l’interrogatoire ; rapidement je me suis senti soulagé, hélas dans la nuit la douleur est revenue au galop. Devant mon rictus  les veilleuses de nuit ont compris que j’étais au plus mal. A nouveau le grand trou noir, ce qui me réveille le lendemain matin c’est l’odeur de café. Hélas je rêvais la Suisse n’offrait pas de croissants pour accompagner ce qui, me semblait plus être du jus de chaussette qu’un café a réveiller les morts. Du pain plus rassis que frais, beurre et confiture ne me donnaient pas la chance d’avoir envie de voir ce qui m’entourait, qui, au demeurant était magnifique. Lorsque les policiers sont arrivés, le chirurgien n’était pas passé, or une des infirmières du matin m’avait annoncé sa venue pour 10 h. A ma montre il est 8 h, ils ont largement le temps de m’écouter sans forcément m’emmener menottes aux poignets. Mais avec eux on ne sait jamais.

A ce moment j’aimerais être sur le GR 5, hélas c’est chose impossible, je suis là, allongé dans un lit d’hôpital face aux sommets Suisses, souffrant le martyr et surtout ce matin j’ai une boule dans la gorge comme une gêne pas une douleur mais une chose étrange se produit, une première fois j’ouvre la bouche et ma voix je ne l’entends pas, les inspecteurs me regardent  et me demandent si je vais bien, j’hoche la tête incapable de leur répondre ;  l’un d’entre eux me demande d’arrêter de me payer leur tête, je dois avoir l’air affolé car ils appellent dans le couloir, une infirmière apparaît puis deux et enfin un interne pointe son nez. Il me pose des questions, puis, pensant que cela a un rapport avec les inspecteurs il leur demande de quitter la chambre, ils s’exécutent sans dire un mot et attendent dans le couloir, je les vois, aussi une infirmière ferme la porte mais auparavant elle a bipé le chirurgien. Celui-ci arrive rapidement, il ne me pose aucune question mais dit à l’interne que c’est passager et que cela est dû au choc que j’ai subis ces heures passées. Qu’il pense que tout rentrera dans l’ordre rapidement, il se tourne vers moi et me dit de ne pas m’inquiéter. Je ne sais pas ce que le toubib  a dit aux inspecteurs mais ils sont aimables avec moi, puis ils repartent sans m’avoir inquiété tout en me disant qu’ils reviendraient dans les jours prochains, que je devais me reposer.

Me reposer ils en ont des bonnes phrases passe-partout, je ne fais que ça, j’ai même eu mon père au téléphone, mais je n’ai rien pu lui dire, j’ai réussis à faire signe à une infirmière du coup elle a pris la communication pour lui expliquer que depuis quelques jours je ne pouvais plus parler, ni écrire car ils avaient essayé pour que je puisse écrire mes réponses à la police, peine perdue mes doigts ne serraient plus rien. J’étais une loque humaine, seule mon cerveau fonctionnait, je comprenais tout mais je ne pouvais rien dire, rien faire. Je regardais la télévision, si personne ne changeait ma chaîne, j’étais condamné à regarder la même chaîne des heures durant, si le matin c’était Lydie une jeune et belle infirmière, elle me mettait la chaîne d’info, mais une fois que vous savez ce qui se passe dans le Monde cela va, après je somnolais. Puis à midi Jeanne, se posait un temps dans ma chambre et regardait sa série préférée. Cela m’endormait, quand je me réveillais la télévision était éteinte, normal je ne la regardais pas, cela ne servait à rien qu’elle tourne pour personne. Et ainsi de suite mon temps était rythmé au gré de ceux qui passaient me voir, me piquer, s’occuper de moi. Cela faisait déjà trois semaines que j’étais au Centre de Traumatologie Suisse que j’ai vu débarquer mes parents, ma sœur et son plus jeune fils et la fameuse Zoé. Cette dernière m’a enlacée, embrassée comme si j’étais son petit ami et jacassée une partie de l’après-midi. Puis, comme elle était venue elle est repartie et je ne la reverrais que fort tard à un moment où elle aurait dû m’aider. Hélas elle allait avoir une attitude à faire hurler et à vous dégoûter à tout jamais d’aimer une femme.

Je vois bien que mes parents sont inquiets pour moi, j’apprends ceci qui me fait froid dans le dos :

  • Mario tu es inculpé pour l’assassinat du professeur, et la tentative d’assassinat sur le douanier et de lourds soupçons posent sur toi concernant Maud.

Hélas que lui dire que je ne suis pas coupable d’assassinat concernant le professeur puisque je l’ai aidé, je suis juste coupable de ne pas avoir donné l’alerte toutefois mon père me dit que l’autopsie a révélé qu’il s’était tué sur le coup. Mon téléphone n’a même pas borné c’est bien la preuve que rien ne passait. C’est juste parce que les gendarmes m’ont trouvé dans la cabane que je suis suspecté d’avoir commis ce meurtre. Un accident en montagne n’est tout de même pas affilié à un meurtre systématiquement, qu’avait fait cet homme pour que je sois le coupable idéal?

Pour le douanier je l’ai juste tapé pour qu’il me fiche la paix je n’ai jamais eu l’intention de le tuer, mais à quoi bon me défendre puisque je ne puis pas communiquer.

Quand à Maud j’essaye de faire comprendre à mon père de m’en dire davantage, j’aimerais savoir à quelle époque cela se situe ? J’arrive à comprendre que c’est le moment où j’étais enfermé dans le fort à la merci de ces dingues qui m’ont piégé avec ce Commandant, je l’ai compris ces jours derniers, je l’ai reconnu mais comment leur dire ? C’est impossible il faut que j’accepte d’aller voir cet orthophoniste qui m’a dit qu’elle pourrait m’aider. Le kiné me fait du bien en ce qui concerne mes mains. Le plus drôle c’est que j’ai remarqué que ma main droite marche bien mais je suis gaucher, aussi le kiné m’a proposé de m’apprendre à écrire avec la droite. Pour l’instant ça m’occupe, mais j’espère bien pouvoir prochainement retrouver l’usage de mes mains et aussi retrouver ma voix.

A suivre

Diagnostic ( La traversée dangereuse )

Le père de Mario est inquiet il n’a aucune nouvelle de son fils, cependant ce matin il vient de recevoir un étrange appel. Un homme lui a dit que son fils était en danger quelques parts entre Jura et Alpes. Depuis il hésite, doit-il en informer les siens ou se rendre dans le commissariat le plus proche, finalement la raison l’emporte et il y va.

Après avoir signalé recevoir de drôles d’appels téléphoniques dont le dernier pas plus tard que ce matin, il est à la fois soulagé mais aussi inquiet d’apprendre que son fils gît sur un éperon rocheux au-dessus du vide, qu’il ne doit son salut qu’à son téléphone, hélas depuis 5 h du matin ce dernier n’émet plus ; cependant les secouristes ont compris à quel endroit ils se trouvaient exactement grâce au témoignage précis de deux femmes qui avaient croisé sa route dans les jours précédents. Son fils avait pu communiquer avec elles il y avait à peine deux jours.

Lorsque Tino repart chez lui il est angoissé, il ne doit en aucun cas communiquer sa peur à sa femme, il faut qu’il tienne bon, il va se confier à sa fille, elle saura le soutenir.

Pendant ce temps Mario a passé une sale nuit, lorsqu’il avait été en communication avec les pompiers, ceux-ci lui avaient dit qu’ils pensaient l’hélitreuillé, hélas malgré trois tentatives cela avait été impossible, cela faisait courir trop de risques à tout le monde, aussi en désespoir de cause, Mario l’avait entendu repartir dans la vallée, et, à nouveau il était seul.

Chaque heure qui passait lui montrait sa lâcheté, si je souffre tant c’est que je n’ai rien fait pour tous ceux qui ont croisé ma route, toutefois je ne suis pas si méchant que je le ressens en ce moment, c’est juste parce que je suis isolé, perdu et que j’ai un mal de chien, j’ai dû me briser la cheville, j’ai réussi à ôter ma chaussure, pour la remettre cela a été impossible mon pieds est violet tirant sur le noir et il brille, au vu de son état j’ai renoncé à me passer de la pommade, j’ai juste pris une bande pour me maintenir la cheville, mes tremblements s’étant arrêté. Je ne puis me réduire la fracture, puis un mauvais geste et c’est la descente infernale, en plus je n’y connais pas grands choses, à part les premiers gestes je me vois mal m’auto soigner. Même la bande s’est révélée désastreuse, j’ai dû l’ôter, et là impossible de m’enfiler une chaussette. Après une heure d’effort j’ai réussi à me glisser dans mon duvet, en haut j’ai enfilé tous les pulls que mon sac contenait, j’ai pris mon léger blouson et mis mon poncho, je ne pensais pas qu’il neigerait et je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Sur la plateforme étroite j’ai tellement peur de glisser vers le vide que je me suis accroché d’un côté au rocher si je tombe je resterais suspendu mais au moins je ne m’écraserais pas en bas, par contre je pourrais dire adieu à mon duvet, il est assez chaud puisque j’ai réussis à me réchauffer. Hélas rapidement mon pieds m’a rappelé à l’ordre et depuis je déguste, je n’ose pas entrouvrir mon sac pour vérifier dans quel état je suis. Tous mes gestes me coûtent des efforts, mon téléphone est muet, j’ai réussis à me séparer de mon pistolet, je l’ai glissé dans l’anfractuosité de la roche au-dessus de ma tête. Il est préférable d’être prudent, je ne suis pas à l’abri des fous qui voulaient ma peau et de ce « Commandant » dont le nom m’échappe. Au cours de ma vie je me suis fait plus d’ennemis que d’amis, j’en suis là de mes réflexions lorsqu’à nouveau j’entends l’hélicoptère, enfin c’est à la fois mon salut et autres choses que je ne distingue pas encore mais qui me fait assez peur. La neige m’a protégée du froid vif que je ressens brusquement, l’hélicoptère arrive face à moi et je comprends plus que je l’entends que deux d’entre eux vont descendre et me prodiguer les premiers soins.  Je me demande comment nous allons tenir à trois sur une petite plateforme qui fait à peine un mètre carré.

Le premier homme qui me rejoint est le médecin, il ne se préoccupe pas de la qualité de mon duvet, il taille une large ouverture et examine ma cheville, il n’a pas la peine de la toucher son verdict rejoint le mien fracture. Rapidement il m’explique ce qui va se passer, on va envoyer la civière mais auparavant il faudra que je me soulève délicatement sans bouger mon pied et ils me mettront dans leur sarcophage qui va se gonfler pour que je ne sente aucun des chocs qui risquent de se passer, il me fait une injection de morphine, je me sens rapidement planer. Pendant que le deuxième pompier reste suspendu à l’échelle l’autre récupère le brancard. En les entendant parler je m’aperçois qu’ils sont Suisse, ce n’est pas le peloton de gendarmerie de Haute Montagne. Je ne leur demande pas la raison, je suppose qu’ils sont venus car les autres ne pouvaient pas. Voilà je suis sanglé, attaché et ils vont me remonter en premier. Ils attachent le treuil et je remonte lentement, je vois les alentours, tout est blanc, il a pas mal neigé cette nuit. De toute façon ma randonnée est terminée, je repars vers le monde civilisé et certainement les ennuis.

J’espère que leur foutu câble va tenir, je dois leur faire confiance. En Suisse tout est carré, je n’ai pas trop de soucis à me faire. Enfin voici la cabine, le médecin est remonté plus vite que moi ainsi que l’autre gars, ils me réceptionnent, je ressens une douleur qui me fait grimacer. Ils se mettent rapidement en communication avec l’hôpital de Délémont dans le Jura Suisse et me demande si cela me dérange, je m’en fiche, par contre cela me donnera du temps pour éviter la confrontation avec des policiers français ce dont je me garde bien de leur dire. Mais au moment où je pense m’en être bien tiré, j’entends un appel des autorités françaises.

  • Autorité Française à Autorité Suisse avez-vous récupéré le blessé ?
  • Oui, nous nous dirigeons vers le centre de traumatologie de Délémont.
  • Non, ce ne sera pas possible, cet homme est recherché en France, veuillez le conduire sur la piste d’atterrissage des hélicoptères de l’hôpital français le plus proche.
  • Vous ne pouvez plus rien contre nous, nous venons de passer la frontière ; nous ne manquerons pas de vous communiquer les heures de visite, il a besoin d’avoir sa fracture de réduite le plus rapidement possible, il ne pourra pas se sauver car il en a pour de nombreux mois sans pouvoir poser le pied au sol.

Je suis abasourdi en entendant leurs mots, de longs mois sans mettre le pied par terre. Me voilà fait comme un rat. La Suisse sera une plus jolie prison que la France mais cela ne me rassure pas. Le médecin se tourne vers moi et m’annonce sans prendre aucun gant :

  • Je vais vous mettre sous morphine en goutte à goutte, j’ai bien envie d’augmenter la dose pour voir si vous allez délirer et me raconter tous vos crimes.

J’en reste la bouche ouverte, aucun son n’en sort, franchement cela leur semble fort drôle car le pilote et les deux autres se marrent, puis à nouveau les voici professionnels. Ils installent le goutte à goutte et le médecin me dit :

  • Je ne veux rien savoir, ni ce que vous avez fait, ni qui vous êtes, je m’en tiendrais à votre prénom Mario, un homme accidenté sur le GR 5. Bien entendu que vous allez être obligé de fournir votre identité aux autorités Suisses, mais pour l’instant vous êtes mon premier blessé de la matinée et coupable ou innocent je m’occupe de vous comme le feraient mes confrères en France.
  • Merci
  • Ne me remerciez pas, je suis un professionnel et je fais mon métier celui de sauver tous ceux qui en ont besoin. Je vous souhaite un bon séjour en Suisse.

Ces yeux sont goguenards et ils démentent ces paroles, il ne faut pas que je me laisse attendrir je suis en danger que ce soit en Suisse ou ailleurs.

Dès que l’hélicoptère s’est posé la porte s’ouvre rapidement on m’extrait et c’est une course effrénée dans les couloirs de l’hôpital. Le diagnostic est franchement mauvais j’entends comme dans un étau qui me serre la tête les mots implacables du chirurgien orthopédique :

  • Et bien vous m’expliquerez plus tard comment vous vous êtes fait cela, vous avez un déplacement du calcanéum et de l’astragale, cette dernière est fracturée ainsi que votre tibia. Je vais rapidement vous opérer et nous verrons ensuite quels traitements j’adapterais à votre cas.
  • Docteur ? Je pourrais remarcher dans combien de temps ?
  • Pensez d’abord à vous soigner avant d’espérer repartir sur le GR 5, vous allez devoir être patient. Nous n’en sommes pas encore là. 

Lorsque des heures plus tard je reviens dans le monde des vivants j’entraperçois du bleu, je serai donc au ciel, je n’ai pas le temps de le savoir que j’entends une question qui me glace d’effroi :

  • Monsieur Mario Crespin je suis l’inspecteur Bertrand et voici mon adjoint qui va prendre votre déposition, j’ai une seule question à vous poser ? Avez-vous tué Maud Crespin, votre femme.

Je ne comprends rien à leur question, Maud serai morte, j’ai l’esprit embrumé, je sens la douleur qui revient en force, pourtant je sens que je suis immobilisé, je vais délirer, gagner du temps, oui voilà je vais gagner du temps. J’ouvre et papillote des yeux, puis les referme et me laisse aller dans l’ouate qui m’entoure, j’entends au loin plus que je ne le comprends l’intervention d’une personne, il me semble que c’est le chirurgien qui m’a opéré :

  • Messieurs j’ai accédé à votre demande, mais Mr Crespin vient juste de revenir de la salle de réveil, il est sous morphine il ne peut pas être en capacité de vous répondre. Je vous laisse le droit de l’interroger mais pas avant demain matin. Je reste à votre disposition et avec l’autorisation de la police Suisse, nous laisserons devant sa porte un homme en faction, mais comme je vous l’ai dit il ne peut pas se sauver.

A suivre…

La chute (La traversée dangereuse )

Il est à peine 13 h on dirait que nous marchons depuis dix heures tant le vent nous oblige sans cesse à s’arrêter, se cramponner au sol, c’est titanesque et complètement fou que de vouloir vaincre les éléments.  Je ne fais que me répéter, enfin dans ma tête que je dois dire au « Commandant » de s’arrêter et de trouver une anfractuosité de rocher pour s’abriter. Mais je continue alors que jusqu’à présent j’en ai fait qu’à ma tête. Lorsque dans une accalmie de cette tempête de neige je porte mon regard sur mon compagnon de marche j’ai comme un éclair si ce n’est de lucidité c’est tout au moins de souvenirs. Cet homme ne met pas totalement inconnu. Son port de tête, sa marche bizarre me rappelle un autre homme. Il se découpe sur la crête et doit sentir que je le fixe car brusquement se retourne et m’assène

  • Alors Mario tu m’as reconnu ?

Je suis légèrement déstabilisé, il sait que je commence à comprendre que j’ai des doutes sur le fait que notre rencontre ne fut  pas fortuite. Tout était voulu c’est maintenant dans la situation ubuesque où je me trouve que je le comprends. Je sens que le piège se referme autour de moi. Je le fixe d’un regard perdu sans lui laisser le temps de penser que je comprends qu’il y a quelques choses qui ne tournent pas rond surtout que je ne vois toujours pas qui il est. Je me hisse du mieux que je peux et le rejoint sur la petite plate-forme qui domine les sommets Suisse. Ni l’un ni l’autre ne prononçons un seul mot, je sens comme une chape de plomb qui plane au-dessus de moi. Machinalement je penche la tête et voit les villages au bas, mais là plus près de moi des éboulis de rocher, quelques arbres, je n’ai pas le temps de dire quoi que ce soit à mon compagnon que je sens une poussée dans mon dos, je suis déstabilisé, je me retiens comme je peux, j’attrape sur mon passage une racine et la serre maladroitement, puis en ressentant une brûlure horrible je la lâche. A nouveau c’est une descente infernale, je vois passé devant mes yeux des arbres enracinés dans la pente, des ronces enchevêtrées que je traverse tel un supersonique, j’essaye de planter mes pieds dans la terre, c’est peine perdue je continue ma course folle sur le ventre. Les mains en avant je vois un morceau de bois, espérons qu’il va tenir et je m’y accroche désespérément. C’est à ce moment-là que plus bas, là où se trouvent mes pieds  je sens une douleur aiguë à la jambe, ensuite c’est le trou noir.

Lorsque j’ouvre les yeux je vois devant moi deux pieds, ce sont ceux du  « Commandant », enfin il va m’aider, mais je sens à nouveau une douleur, ce mec est dingue il m’écrase les mains avec ses chaussures de montagne.

  • Arrêtez ! Êtes-vous devenu fou ?

Un rire sardonique me réponds, il n’en finit pas de rire, en d’autres circonstances j’aurais pu adhérer, mais là il appuie de tout son poids et ne me laisse aucune chance, bientôt je vais continuer de tomber. Je ne dois pas perdre mon sang froid, ne pas m’énerver. J’ai une jambe sur laquelle je ne puis plus compter, à ce moment-là j’ai pensé elle est cassée. L’autre est encore solide, aussi avec cette dernière je cherche un appui pour poser mon pied et lâcher si je le puis le rocher sur lequel je suis resté accroché lors de cette chute terrible. Il faut que je me dégage de cette chaussure, c’est peine perdue, il la maintient serré. Il va falloir négocier.

  • Commandant, vous avez assez ri, maintenant il serait temps de continuer notre chemin, vous voyez bien que vos pieds sont dessus mes mains.
  • Effectivement mon petit Mario je le sais, et j’aimerais savoir, cela vous fait quoi que de vous retrouver dans la posture où c’est trouvé ce professeur il y a quelques semaines.
  • Je ne comprends pas, je n’ai nullement écrasé les mains de qui que ce soit.
  • Je suis d’accord avec vous, par contre vous ne lui avez pas tendu la main.

Je ne vais pas parler des heures sur ce qui s’est passé il y a trois mois, il y va de ma survie car l’apique est impressionnant en dessous de moi. Aussi je joue cartes sur table, possible que cela peut me sauver la vie.

  • Commandant vous n’y étiez pas, je puis vous assurer que je lui ai tendu la main, il l’a saisi mais hélas il n’a pas réussi malgré tous mes efforts à passer sa jambe sur le surplomb et petit à petit j’ai senti sa main se desserrer, je n’ai rien pu faire.
  • Tu aurais pu mon petit Mario te préoccuper de son sort, savoir s’il était encore vivant, lui prodiguer quelques soins, le soulager et si tout était fini lui donner la main pour l’accompagner dans la mort, et surtout appeler les secours, avec l’hélicoptère cela aurai peut-être pu le sauver.
  • J’aurais sifflé pour appeler, mon portable était HS, le temps était mauvais, je n’ai pas eu d’éclair de lucidité, je suis médiocre, tu es le meilleur alors ôte tes pieds, car tu me reproches de ne pas avoir sauvé cet homme, par contre toi tu veux me tuer délibérément. Tu es encore plus minable que moi.
  • Adieu Mario, cherche qui je suis pendant le peu de temps qu’il te reste à vivre. Je ne donne pas cher de ta peau, certes la descente est moindre que lorsque je t’ai poussé, par contre en-dessous tu as des rochers et ensuite il n’y a plus rien, je connais cet endroit, il y a de beaux points de vue, personne ne s’y est aventuré depuis qu’il y a eu des accidents, l’endroit est condamné. Lorsque les secours que je ne manquerais pas d’appeler depuis le village te récupéreront, tu feras les manchettes des journaux et nous y lirons que tu étais un imprudent.
  • Pauvre con, dégage, je n’ai pas besoin de toi.
  • Adieu Mario !

C’est un soulagement lorsqu’il soulève ses pieds mais il est de courte durée, il me soulève les doigts puis une main et essaye de me pousser, je m’accroche à ses mains, puis petit à petit il m’écrase une seconde fois la main et alors plus rien ne me retient et à nouveau je tombe en poussant un cri.

J’avais tout de même assuré ma chute, la douleur dans le pied me tétanise, il faut que j’arrive à me stabiliser, mon autre pieds cherche un rocher plat ou tout au moins un lieu pour me poser, mes mains sont à la recherche d’une faille dans le rocher. Je ne vois plus mon bourreau, la casquette du rocher doit me le cacher. Attend-il l’hallali ? Je suis plus occupé à chercher un appui, que de vouloir savoir ce qu’il fait, je dois à tout prix trouver un endroit pour pouvoir le temps que je regarde si je peux remonter rester calme et reposer mes jambes sur lesquelles la tension a donné un tremblement que je ne peux pas contrôler. A force de tâtonner, je sens que là en dessous il y a un aplomb rocheux avec une esplanade certes exiguë, mais je n’ai pas le choix, je dois me poser, voire même reprendre des forces. Mon sac à dos est toujours bien accroché, dedans j’ai la moitié du repas que nous nous étions partagé au départ. Dans ma poche intérieure de mon blouson j’ai aussi mon pistolet, je vais éviter de l’utiliser quitte à m’en débarrasser, ne voulant pas être soupçonné de quoi que ce soit si par malheur je ne mourrais pas. Être retrouvé vivant en possession d’une arme n’est pas à mon avantage. Enfin je réussis tant bien que mal à atteindre le rocher. Dans un premier temps je me laisse aller tant je souffre. Je dois m’assoupir quelques instants, car soudain j’entends des rires au-dessus de ma tête. J’ai l’impression que ce sont les deux péronnelles à qui j’ai fait faux bond.

  • Au secours ! A l’aide !
  • Ohé : où êtes-vous ?
  • Là en dessous !
  • Qui êtes-vous ?
  • Un homme, un randonneur, je suis blessé, pouvez-vous m’aider.
  • Mario c’est vous ?

Que leur dire ? Que je ne suis pas ce Mario dont j’entends dans leur voix comme une suspicion.

  • Oui c’est moi
  • Adieu, démerdez-vous tout seul, vous nous avez abandonné, maintenant nous devrions vous secourir, nous n’avons rien, ni corde, ni quoi que ce soit. Nous acceptons juste de prévenir dans la vallée, hélas nous avons encore quelques heures de marche.
  • S’il vous plaît vous pourriez appeler les secours. Vous devez bien avoir un téléphone.
  • Oui, seulement ils sont vide ; nous ne pouvons rien pour vous, si nous croisons des randonneurs venant en sens inverse nous leur signalerons votre présence dans les rochers en contrebas du chemin, c’est tout ce que nous pouvons pour vous aider. En attendant bon courage.

A nouveau plus rien, je suis désespérément seul, en plus j’ai mal et le froid commence à m’envahir, je vais essayer de prendre un pull sans faire tomber mon sac en bas dans le vide. Si je fais un seul écart je suis mort. En dessous il n’y a rien. Ce type doit bien connaître le coin pour m’avoir poussé au seul endroit où les rochers sont suspendus dans le vide, tels des arêtes, sans qu’il y ai la possibilité de venir me récupérer, bien que le « Commandant » m’ ai parlé d’une montée interdite suite aux nombreux accidents. Des professionnels peuvent encore me récupérer de ce côté. Il faut que je téléphone, il me reste de la batterie. Je téléphone au seul numéro que je connaisse, tant pis si je me jette dans leur gueule, le peloton de secours en montagne ne me demandera pas ma carte d’identité, ils me sauveront même si je suis l’ennemi public numéro un.

  • Allo, je suis tombé du chemin de randonnée GR 5, je ne sais pas vraiment où je suis, la seule chose que je peux dire c’est que j’ai réussis à m’allonger sur une esplanade qui domine selon certains randonneurs des rochers par lesquels l’escalade est interdite.
  • Le temps de nous préparer, c’est bon nous savons où vous trouver, nous vous recommandons de vous protéger la température va baisser au cours des prochaines heures, il va certainement neigé. Si cela vous est possible laissez votre téléphone allumé, car je vois qu’il est doté d’un gps nous allons pouvoir vous récupérer plus facilement.
  • Merci !
  • Quel est votre nom ?
  • Mario grrrr

Je préfère couper la conversation ils croiront que mon téléphone ne passait plus. Je n’ose leur dire mon nom, pourtant il va bien falloir le leur dire, ils me rappellent.

  • Nous savons qui vous êtes, ne vous inquiétez pas, nous venons secourir toutes personnes blessées y compris les criminels.
  • Je ne suis pas
  • Un criminel, non cependant vous êtes recherché, en attendant reposez-vous, mangez, attachez-vous et essayez de dormir. Nous arrivons.

 Fin de la deuxième partie

A suivre…

Des randonneurs… ( La traversée dangereuse )

C’est en compagnie de ces deux demoiselles que je continue ma randonnée, là nous partons pour la forêt du Risoux, prochaine étape Les Rousses. Le temps qui était à la pluie continue, ce n’est pas sans mal que nous franchissons les chemins détrempés, où chaque pas devient une torture pour la plus petite de ces dames dont je ne connais pas encore le prénom. Elle souffre d’ampoules et ce sont j’ai vu, elle est vraiment mal en point, elle s’est achetée des tongs médicales comme elle dit, mais la pluie n’arrange rien. Et, comble de malchance voilà que le vent montre son bout de nez, là nous sommes courbés sur le chemin tant il nous plaque au sol. Dans la forêt à tout moment nous avons peur de ramasser une branche voire un arbre vu comme  il souffle. Tout en avançant tant bien que mal la plus âgée me propose de me rendre dans le chalet qu’elle possède sur Prémanon, situé assez près des Rousses, de là nous y attendrons une accalmie pour repartir en direction du Léman. Je suis un loup solitaire et j’hésite à les accompagner, puis devant leur insistance j’accepte, espérant toutefois ne pas m’exposer, n’ai-je as vu dans le journal que j’étais recherché. Certes je ne suis pas l’homme à abattre mais je dérange et surtout les gendarmes me mettent sur le dos un tas de disparitions non élucidées, il faudra que tôt ou tard je me présente à la gendarmerie et là je ne sais pas ce qu’il adviendra de moi. Je préfère pour l’instant ne pas faire de remous, par contre si je suis en danger je ne ferais pas de cadeaux. Ce douanier m’a décrit comme une bête féroce, quand j’ai lu son récit j’ai bien entendu trouvé qu’il y avait de l’exagération. Il me gênait je m’en suis juste débarrassé, j’ai veillé toutefois à ne pas le tuer. Quand à ce professeur je ne pense pas être un assassin je lui ai tendu la main, ensuite l’autre n’a pas réussis à se préserver, je ne veux pas payer pour rien, même si j’ai des choses à me reprocher qui ne me font pas honneur, je n’assumerais pas pour ce fait divers malheureux. Ce qui me préoccupe davantage c’est la disparition mystérieuse d’une jeune femme sur Montbéliard et le cadavre d’une femme aux pieds des échelles de la mort. J’ai de suite pensé à Maud, sans faire le lien entre les deux affaires. Maud, je l’ai laissé, qu’est-elle devenue ? Et ? est-ce la présence de ces deux jeunes femmes qui me chagrine ? Où suis-je à nouveau en manque de sexe et de voir deux femmes très proche de moi m’excite à nouveau. J’observe les deux nanas, une fait assez âgée, et a un visage rébarbatif, possible qu’elle est vraiment mal aux pieds, quand à l’autre on pourrait croire que c’est sa fille, elle rit tout le temps, n’arrête pas de parler pour ne rien dire, c’est à la force saoulant. S’il n’y avait pas la vieille je pense que ce soir on passerait du bon temps. En plus je ne l’entendrais plus jacasser à raconter tout et n’importe quoi. En lui clouant la bouche par un baiser elle se tairait. Nous n’en sommes pas là, j’extrapole, si cela se trouve c’est une vieille effarouchée. Des femmes comme Maud et même Zoé on en trouve pas tous les jours, Ces deux-là ont une manière de se conduire des plus étranges, à moins qu’elles soient lesbiennes ; et bien là c’est certain je n’aurai pas de chances, pire me dis-je en riant ce sont deux repris de justice en cavale et elles m’ont reconnus. Je suis en plein délire ce doit être le mal des montagnes, pourtant je ne suis pas au Népal, ici Les Rousses culmine à 1680 mètres ce n’est pas grands choses comparé à l’Annapurna. J’en suis là de mes réflexions lorsque brusquement j’heurte celle qui marchait devant moi que ce passe-t-il ? Devant nous il y a une vingtaine de soldats qui sont en pleine manœuvre, nous ne sommes pas les bienvenus. Passé le moment de l’accueil où  leur chef nous  prend pour des demeurés aveugles, il convient que le vent à certainement déplacé leurs pancartes, car nous ne sommes pas les seuls à s’être aventurés dans la forêt du Risoux. Plus loin un groupe de personnes assis sur des billes de bois boivent un café chaud en devisant tranquillement. A notre arrivée ils rient devant notre mine déconfite, ils nous apprennent qu’ils sont tombés une heure auparavant sur un groupe d’hommes qui avait pensé qu’ils étaient la cible de la manœuvre. Personne n’accepte que nous reprenions le cours de notre randonnée, personne ne se soucie de nous, aussi ai-je la ferme intention de leur fausser compagnie. En devisant avec mon voisin, un homme aguerri à la vie, qui est comme moi un ancien chasseur Alpin, plus ancien que ma promotion, nous décidons d’un commun accord de profiter du temps qui nous est impartis pour résoudre nos problèmes intestinaux de prendre la poudre d’escampette. Je ne dis rien aux deux filles, pour lui la question ne se pose pas. Puis je n’ai aucun compte à leur rendre à ces deux péronnelles. Au moment de se rendre aux latrines comme nous l’a indiqué le plancton, nous passons tous les deux notre sac à dos, la sentinelle s’en étonne, mais nous lui confions que parfois chez les randonneurs il y a aussi des voleurs, il nous laisse donc passer. A peine arriver près des lieux d’aisance et après avoir consulté notre topo guide nous nous enfonçons dans la forêt et nous empruntons un chemin forestier qui va nous emmener sur les Rousses. Nous entendons des bruits de voitures la civilisation est à portée de mains, nous voici sur la RN 5 cela sent le bercail. Mon compagnon me suggère de faire quelques courses et compte tenu de l’heure de s’éloigner du coin qui fourmille de soldats. Pour une fois je ne prends aucune initiative je me laisse guider, ce qui aujourd’hui me fait dire que j’ai baissé ma garde et que je ne peux accuser personnes des suites qui en ont découlé. 

L’homme que je nommerais « Commandant » revient les bras chargés de victuailles, nous nous répartissons la charge dans nos sacs et prenons le chemin du Col de la Faucille. Il est déjà bien tard lorsque nous arrivons à la Combe de Faoug, d’un commun accord nous décidons de planter notre tente le long de la route, la nuit s’est passée à entendre les pneus sifflés, pensant à tout moment qu’un fou du volant allait venir nous catapulter dans notre abri de fortune. Le lendemain c’est l’odeur du café chaud venant titiller mes narines qui m’a réveillé Après l ‘avoir bu tout en grignotant des céréales et un morceau de pain reste de notre repas de la veille, nous voici fin prêt pour la Faucille, d’où nous espérons apercevoir le majestueux Mont Blanc. De là-haut me dit le Commandant nous aurons une vue à 365 °. Hélas un ennemi vient de s’inviter, le brouillard fait son apparition, nous pestons tous les deux, surtout que pour la montée au Col nous allons traverser des pâturages ce qui risque de nous faire perdre un temps fou et le pire de nous paumer. Il va nous falloir se méfier et la suite allait se confirmer comme étant une étape cauchemardesque.

 

A suivre…   

 

Double visage ( La traversée dangereuse )

C’est cette nuit que je vais passer à l’attaque, je vais fouiller le sac à dos de Zoé. Quelle surprise après avoir vidé le tout sur le lit, j’ai découvert un petit pistolet avec une crosse en nacre, un petit bijou qui ne doit pas énormément blessé. Deux passeports, un Suisse et un Français, celui de Suisse est au nom d’une certaine Dorothée Velin et l’autre le français au nom d’une Zoé Pierreux. Aucun rapport si ce n’est la photo qui est la même.

A part ça des choses fort classiques comme il y en a souvent dans les sacs des femmes. A ma montre il est 17 h je décide de fausser compagnie à cette drôle de dame. Je vais saluer notre hôtesse et lui dit que j’ai reçu des mauvaises nouvelles de ma famille et que je rentre de suite chez moi. Je paye la nuit prochaine pour éviter que cette femme décide de me rejoindre. J’ai laissé sur le lit bien en évidence un mot pour Zoé Dorothée, afin qu’elle sache que ma famille a besoin de moi. Je pars sans regarder derrière moi, vu l’heure je me décide de me rendre à l’hôtel le plus proche. Je mange dans une petite auberge car l’hôtel joue relâche le mercredi soir. Ils ont bien voulu m’accueillir car ils avaient de la place. Le lendemain matin je me suis rasé la barbe, coupé les cheveux chez le coiffeur du coin, quand je dis coupé c’est plutôt rasé. Je ressemble encore plus à un repris de justice,  je vais prendre un bus pour Pontarlier, je saute une ou deux étapes, cela me permettra d’avoir de l’avance sur la dame si lui venait à l’idée d’essayer de me rattraper, toutefois notre hôtesse m’a cru, elle devrait me croire sinon, soit elle fera demi-tour soit elle continuera la traversée à moins qu’elle soit de mèche avec le capitaine. Décidément côté femme je me laisse mener par le bout du nez.

Il est 11 h l’heure de m’apprêter à partir, lorsque soudain mes yeux sont attirés par un entrefilet dans le journal, mon père est à ma recherche, je ne croyais pas si bien dire quand je parlais que ma famille avait besoin de moi. Je décide de changer à nouveau mes projets, je vais passer en Suisse, les appeler, regagner  Château de Joux et prendre le bus de 15 h toujours pour la même destination. Je vais faire du stop pour me rendre en Suisse. La voiture dans laquelle je monte est conduite par un jeune qui se rends chez lui à Métabief, il me dit de là-bas vous êtes à 7 kilomètres de la frontière Suisse. Vous trouverez certainement une voiture, car moi je ne peux pas vous y conduire. Le trajet se passe bien et sans encombre, ce jeune homme rejoint sa fiancée, il va se marier samedi. Comme nous avons bien sympathisé il accepte de me conduire à la frontière, ce qui va bien m’arranger. Je fais les kilomètres qui me séparent de Vallorbe à pieds, et là-bas je me cherche un hôtel de manière à pouvoir téléphoner plus facilement. Il ne faut pas que l’on est mis mes parents sur écoute, je ne sais rien de ce qui se passe chez moi. Où en est l’enquête concernant la mort de ce professeur suis-je toujours soupçonné d’en être l’auteur ? La sonnerie est longue enfin on décroche, c’est une voix inconnue, je demande mon père, j’entends des chuchotements, je me dis ne sois pas parano, c’est juste la femme de ménage qui cherche ton père, mais cela dure un peu, aussi je raccroche et rappelle, on est jamais assez prudent.

A la deuxième sonnerie c’est mon père qui me réponds, il ne me laisse pas en placer une seule, il me dispute comme lorsque j’étais encore enfant :

  • Il y a une Zoé qui a téléphoné à la maison ce matin, elle est dans un état incroyable qu’as-tu encore fait à une femme ? Décidément mon pauvre gamin ce n’est pas à bientôt 30 ans que l’on se conduit ainsi.
  • Zoé ? Tu devrais plutôt dire Dorothée, elle a deux passeports cette femme si elle te rappelle dis-lui que je sais tout la concernant.
  • Elle ne va pas rappeler elle arrive ce soir ;
  • Quoi ? Je t’interdis de la recevoir, je l’ai rencontré en marchant sur le GR 5, on a fait un bout de chemin ensemble, elle a dû faire mon sac pour savoir où j’ habitais et a trouvé ton adresse.
  • Tu as dû faire la même chose puisque tu sais qu’elle a deux passeports. Je vais appeler la police ils viendront la cueillir, quand à toi tu penses rentrer quand donc ?
  • D’ici un mois je pense que je serais de retour, à bientôt Papa, embrasse maman pour moi, et prends tes précautions avec cette nana.
  • Elle ne me fait pas peur ta midinette, j’espère qu’elle en valait la peine.

Je raccroche, j’ai nullement envie de parler de ma vie intime avec mon père, c’est tout à fait dans ses habitudes. Je décroche à nouveau le combiné pour appeler mon frère aîné pour voir comment tourne mon entreprise. C’est la secrétaire qui me réponds, je reconnais de suite Madame Barbier, je me présente, elle semble ennuyée voire gênée, puis finalement elle me passe ma belle-sœur. Cette dernière m’incendie de sottises, elle trouve que je me la joue un peu en les laissant tous les deux dans la merde. Je lui rétorque que mes affaires étaient saines à mon départ et que si cela se détériorent c’est certainement de leurs fautes.

  • Mario ! Ramène pas tout à toi, je te parle de tes anciens copains de l’armée ;
  • Ah ils sont venus me chercher ?
  • Si seulement ils étaient venus avec des bonnes intentions, mais ton frère les a trouvés un soir mettant la pagaille dans le bois et il a fallu l’intervention de la gendarmerie pour éviter qu’ils mettent le feu à ton entreprise.
  • Quand cela as-t-il eu lieu ?
  • Pas plus tard qu’il y a deux jours.
  • Qui était présent ?
  • Ils étaient une bonne dizaine, ils ont dit aux gendarmes que tu leur avais faussé compagnie en emportant leurs économies. Du coup les gendarmes ont ouvert une enquête.
  • Ecoute Bea, je ne vais pas me justifier au téléphone, dis au frangin que je vais bien, qu’il aille voir les gendarmes et qu’ils leur disent que ces fous furieux m’ont séquestrés et drogués. Dès que je peux je rentre, mais je veux aller au bout de mon périple. Je vous embrasse  tous.
  • Mario !

Je sais qu’elle m’appelait, je ne lui ai pas laissé le temps de me poser une question. Avant que mon frère l’épouse je suis sorti avec elle,  mon frère assez volage, pire que moi me l’a piquée, je n’ai pas voulu la reprendre, du coup il l’a épousé et ils ont deux beaux enfants. Depuis je ne me fais que les hors d’œuvres, hélas pour la plupart ils sont daubés.

Je mange dans ma chambre, car je veux me reposer, quelle garce cette Zoé ! Elle m’avait bien eu avec son visage de Sainte Nitouche, elle m’avait fait les poches avant que je n’ai l’idée de lui les faire. Elle avait trouvé mon point faible, m’épuiser en baisant toutes les nuits. Qu’avait-elle découvert, à part l’adresse de mes parents, j’avais encore tout dans mon sac. Le pistolet ne quittait pas mes poches, donc elle ignorait que j’en avais un. Puis de toute façon je ne la reverrais plus.

Le lendemain matin je quitte Vallorbe pour me rendre à Mouthe et de là j’irai me réapprovisionner dans une supérette. Je saute plusieurs étapes dont la fameuse montée du Grand Morond et aussi du Mont d’Or, finalement sur les conseils avisés de la dame qui m’a pris à la sortie de Métabief je me rends directement à la Chapelle des Bois où se trouve cette supérette dont mon topo guide fait allusion. De là je continue ma randonnée en direction des Rousses. Le chemin est déjà plus vivant, il y a des groupes de randonneurs, je fais un bout de chemin avec l’un d’entre eux. Puis quand il s’arrête je fais de même, cette soirée sera sympathique car ce Monsieur parcourt à pieds toute la France et il a une belle voix le soir il me donne un récital. A 22 h extinction des feux, chacun s’endort sous sa tente. Dans la nuit j’entends que la pluie s’est à nouveau invitée. Je continue mon sommeil. Au petit matin le chanteur a déjà plié sa toile, nous nous quittons en nous serrant la main, je le verrais beaucoup plus tard et il me sera d’un précieux secours.

Aujourd’hui c’est direction la Roche Bernard, il pleut je me demande ce que je vais voir au sommet. En montant j’ai tout le temps  de penser à ceux qui ont cru que je leur avais faussé compagnie, ils sont allé chez moi, donc maintenant la voie est libre. Je peux savourer la randonnée, bien que la pluie me gêne énormément, j’ai comme l’impression que mes chaussures sont devenues des bateaux. J’ai bien une paire de chaussure de rechange, les mettre serait plus malin, sauf que j’ai très peu marché avec cette paire ; je profite d’un arrêt de bus pour faire l’échange, je mets les anciennes en bandoulières ce que je regrette assez vite, à chaque pas, elle me tape les cuisses, je dois faire une nouvelle halte pour les glisser complètement trempées dans le sac en toile d’où j’ai extrais les autres. Une fois les falaises contournées j’arrive au sommet, peine perdue on y voit pas à deux mètres ; la pluie, le brouillard me font pester. Il est vrai que novembre sera bientôt là, et je risque de trouver de la neige, là ce sera bien pire. Je pense que je m’arrêterais si elle pointe son nez. Au sommet j’entends des rires, je découvre deux jeunes femmes qui se sont abrité et, qui, tout comme moi se désolent de ce temps plus que maussade. Elles me proposent de faire un bout de chemin ensemble. Elles pensent s’arrêter au Lac Léman, je vais faire de même car il neige dans le Jura et le GR 5 dans les Alpes monte à des altitudes qui dépassent les 2000 mètres, je veux bien être fou mais pas téméraire.

 

A suivre…

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe

Rejoignez moi dans mon imaginaire