L’écriture de mes nuits

 Voici mes chemins où mes mots caracolent en une belle farandole

 

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(cette photo a été prise par mon papa de 89 ans)

 

Mes nouvelles, romans et contes pour enfants naissent au cours de mes nuits, mais ce ne sont pas des nuits où je ne dors pas, au contraire, cela me réveille et c’est ainsi que vous découvrez au petit matin mes écrits.

Bientôt je vous baladerais sur mes nuits étoilés pour de nouvelles aventures.

Je vous attend sur mon nouveau Domaine.

Soyez les bienvenues !

 

 

Troublante histoire (D)

Les Carmagoles (5/5)

Le lendemain matin Madame Tibérotte se plaignait de douleur dans l’œsophage. On  lui avait administré un produit dans son goutte à goutte, lequel s’avérait au petit matin fort dangereux.

Avec l’autorisation de son chef, Éric s’était rendu dans la loge de la concierge afin de récupérer le coffret marron dont sa tante lui avait parlé. Mais hélas il avait fallu se rendre à l’évidence il avait disparu, emporté dans la fouille systématique du mystérieux voleur. C’était le retour aux suppositions et autres supputations de la police.

  • Que pouvait bien contenir ce coffre ?

Selon ce qu’en avait dit la tante d’Éric, ce coffre contenait vingt mille €uros, une reconnaissance de dette de deux millions d’€ d’un certain Monsieur Fauchet ou Fouchet, Éric n’avait pas bien compris et surtout sa tante ne lui avait rien dit d’autre le concernant. Des bons du trésor, un lingot d’or, et surtout la fameuse recette des Carmagoles ; celle que tout le monde recherchait.

Qui avait mis la main dessus ? Ce Monsieur F ? Cette gamine délurée qui voulait louer l’appartement du fils de Carmagole, un autre homme. Personne n’avait la réponse. La pauvre concierge était dans l’impossibilité de répondre à leurs questions. On ignorait si elle allait s’en sortir ; son état s’aggravait d’heure en heure. Pourquoi avait-elle voulue jouer seule dans un monde bien noir ?

Le chef de la brigade est réveillé en pleine nuit, il a de grosses gouttes de transpiration qui lui tombe de son front, il vient de réaliser qu’il a oublié de mettre un de ses hommes en faction devant la porte de la tante d’Eric. Il ne va pas y aller lui-même, il va appeler le petit Ludo et demain il avisera pour les tours de garde. Aussitôt dit aussitôt fait, mais moins d’une heure plus tard c’est le coup du sort, il est rattrapé par les évènements. Le petit Ludo vient de le rappeler Madame la concierge a disparue. Personne ne l’a vu sortir ni sur un chariot, ni en marchant ; la vidéo surveillance ne donne rien, on ne voit qu’une infirmière, qui, son poste terminé regagne sa clio jaune.

Le lendemain, personne n’a retrouvé la  concierge, à croire qu’elle s’est volatilisée dans la nature. Éric ne sait rien, chez elle, elle n’a pas donné signe de vie, chez son employeur pas mieux. Disparue corps et bien. C’est à y perdre son latin.

Tout le monde se perds en conjoncture, a-t-elle pris la poudre d’escampette, a-t-elle été enlevé ? Nul ne peut répondre aux questions que tous se posent ?

Les semaines passent interminable, la concierge s’est volatilisée, plus personne n’a eu de ses nouvelles, jusquà ce matin 10 décembre où Éric son neveu a reçu un drôle de courrier.

Comme tous les matins avant de prendre son travail Éric va à sa boîte à lettres récupérer son courrier, ce matin il est intrigué par une lettre rose, qui peut bien lui envoyer pareille missive. De plus une odeur de lilas s’en échappe. Il l’ouvre à l’aide de son coupe-papier afin de ne pas l’abimer, il en sort trois cartes postales la première a été écrite des Îles Maldives, elle est  signé d’une amie qui vous veut du bien. La seconde vient des Seychelles, dessus il y a un rébus qu’il s’applique à déchiffrer, il comprend que c’est sa tante qui lui envoie un message mais ne voit pas ce qu’elle fait si loin. Quant à la troisième elle vient d’un petit village du Centre de la France. Cette dernière a été oblitérée et ne date pas d’aujourd’hui. La date qu’il arrive à lire avec sa loupe est du 10/12/1945 ; qui a bien pu l’écrire ? Il est question de la disparition d’un enfant qui a eu lieu pendant ses jours troubles. Etrange, pourquoi sa tante a en sa possession pareille courrier, pourquoi lui l’adresse-t-elle ? Et surtout qu’est-ce qu’elle fait là-bas aux Seychelles. Mais la fameuse lettre rose contient d’autres feuillets très minces. Il les consultera ce soir. Tout en roulant il se demande s’il doit en informer ses chefs. Pour l’instant il attendra et avisera, personne ne peut savoir que sa tante ou une personne la représentant lui aurai adressé cette missive.

Tout en roulant et au vu de ce que cette enveloppe contenant sa tante était une bonne comédienne, elle avait parlé d’un homme bizarre qui rodait autour d’elle, puis on avait découvert que son goutte à goutte ne contenait pas du glucose mais un médicament d’origine inconnu, ensuite elle râlait, il avait pensé que le lendemain sa tante serai décédée, mais le lendemain elle avait disparue, aux dires des médecins elle avait été enlevée car elle ne pouvait pas au vu du produit administré  être sorti par elle-même de la chambre, elle avait obligatoirement un complice pour Éric, un kidnappeur pour ses chefs. Sa tante avait tout organisé maintenant il en était certain. Décidément à qui se confier si même une femme d’une cinquantaine d’années se jouaient de lui puis des forces de police.

Mais pourquoi la mettait-elle dans la confidence, qu’est-ce que tout cela pouvait bien cacher ? Avant d’aller travailler il lui faut consulter les autres papiers, mais hélas c’est peine perdue il lui faut un matériel qu’il n’a pas dans sa voiture, ce sont des microfilms. Au bureau j’emprunterais le lecteur et de cette façon ce soir j’en prendrais connaissance. Comme je fais beaucoup de généalogie je l’utilise assez souvent. Une fois de plus ou de moins, peu importe.

La journée s’écoule sans aucune anicroche, rapidement le soir je consigne dans le livre mon emprunt et me précipite à mon domicile afin de consulter ce que m’a envoyé ma tante.

Mes premières découvertes me prennent rapidement la tête ce sont des suites de chiffres accrochés les uns aux autres qui me laissent dubitatif. Ma tante a dû récupérer un tas de papier chez elle, elle me les envoie pensant que je pourrais l’aider, mais je n’en comprends ni le sens ni la raison pour laquelle, elle me les a adressé.

On n’est bien loin de la mort de ce jeune homme et je me demande même si cela a un rapport entre les deux affaires. Sa tante d’une part, le meurtre du jeune homme, qu’est-ce qui les relie, en dehors des Carmagoles il ne voit rien de probant. Que viennent faire ces gâteaux avec ces micro films, et cette disparition d’enfant qu’elle en est le fil conducteur ? 

Un casse-tête dont il se serai bien passé. Pourquoi avoir ms une recette sur des micros films, qui a voulu s’en emparer, de qui se cachait-on ?

Il étale devant lui une grande feuille et a noté les noms de ceux qui sont concernés, leur date de naissance quand il les connait, le lieu où ils sont nés.

En haut la date de la première carmagole c’est le 1 er janvier 1920, car Éric est persuadé que ce sont bien ces fameux gâteaux qui sont à l’origine de tout cet imbroglio. Que contenait la première mignardise ? Du massepain puis une ganache de chocolat le tout enrobé de meringue, mais Éric sent qu’il y a un loup, la recette ressemble mais ce n’est pas vraiment la recette. Aussi après un temps de réflexion il voit que le changement s’est opéré après 1945, il ne sait pas ce que cette découverte va lui apporter. Comment les gens de l’époque se sont-ils fait berner ? On était dans des moments troubles, on n’avait pas tous les produits, possible qu’ils aient décidés de les faire ainsi par raison de commodités et de prix. Éric met côte à côte les deux recettes et il faut bien se rendre à l’évidence il  se retrouve bien face à deux choses différentes. Actuellement seules les pâtisseries Carmagoles ont le droit de la vendre. Dès le lendemain matin, Éric qui est de congés va faire le tour des pâtisseries voisines, il y a bien deux carmagoles en vente sur le marché, il décide de se rendre sur la côte pour le vérifier, et là c’est la recette de 1945 qui est vendue y compris dans les pâtisseries qui ont le logo carmagole. Il ne veut pas lancer une polémique, mais il doit savoir si les gérants de cette pâtisserie sont au courant de leur bévue. D’un pas résolu il entre dans le commerce et demande  à parler à celui qui fait les gâteaux et autres viennoiseries.

  • Bonjour Monsieur en quoi puis-je vous être utile ?
  • Je suis un descendant de la famille Carmagole et j’aurai aimé comprendre la raison pour laquelle vous avez à la fois le logo et la raison pour laquelle votre gâteau ne correspond pas à la recette originale.
  • Première nouvelle ! Quelle est la différence ?
  • C’est entre le massepain
  • Leur cuisson ?
  • Non !
  • Alors quoi ?

Il semble à Éric que le Monsieur n’a pas l’air content qu’il puisse lui faire la leçon, mais il doit être un peu trop à l’affût du moindre problème, il lui faut se détendre, ce n’est pas une enquête c’est juste un moment de détente qui lui permet d’être un fin limier.

  • Alors ? Monsieur j’attends,
  • C’est le massepain dans la recette initiale il ne vient pas recouvrir le gâteau c’est la meringue qui le recouvre d’où parfois le changement de couleurs dans les gâteaux qui sont mises en vente de nos jours. Or les vôtres ont toujours la couleur du massepain.
  • Montrez-moi votre recette ?
  • Non, vous devez juste me dire comment cette recette vous a été transmises, pour le reste vous ferez comme vous voudrez mais je pense que l’on vous demandera d’ôter le logo.

Le pâtissier semble abasourdi, mais il ne dit rien, il sait qu’il a repris la recette de son beau-père qui la tenait d’une des filles de feu Monsieur Carmagole, et ce juste fin 1945.

Lorsqu’Éric s’en va il voit bien que tout tourne autour de cette année de fin de guerre. Il songe que les filles auraient pu avoir une recette, les garçons une autre, mais tout cela lui parait loufoque et improbable. Sous une même dénomination on n’a pas deux recettes, il y en a forcément une qui n’est pas la bonne mais pour l’instant il ne peut pas le déterminer, mais il espère qu’avec ce fouillis de papier qu’il a en sa possession il va découvrir le fil conducteur qui va le mener vers celui ou celle qui détient la vérité.

Troublante histoire / C

Les Carmagoles (4/5)

 

  • Ton arrivée inopinée est un soulagement, car je ne l’aurai pas vu et jamais je n’aurai su que l’on s’introduisait chez moi en mon absence.
  • Je pense que c’est une coïncidence, as-tu vu de qui il s’agit  ?
  • Non ? Nous la connaissons ?
  • Oui, nous l’avons rencontrés lors de la visite du logement de Steph .
  • Ah c’est donc la concierge, mais alors la nôtre doit être en cheville avec elle, car pour s’introduire chez moi il faut tout de même en posséder la clef. Fouille là !
  • Tiens la voici ta clef, mais elle doit avoir de sacrés secrets elle a deux téléphones, un qui est sur vibreur dans la poche de sa veste et l’autre dans son sac mais celui-ci est éteint. Appelle la concierge on va la faire parler, elle doit bien connaître la raison de sa venue ici.

 

Me faire parler demande  Rose, qui ne voyant pas revenir son amie a pris l’ascenseur. Oh mais vous avez tué cette dame ?

  • Vous la connaissez ?
  • Non mais je l’ai déjà rencontré pour une formation de concierges.
  • Et cela vous a donné le droit de lui confier ma clef, qu’est-elle venue fureter chez moi, que cherche-t-elle ?
  • Elle avait appris l’existence de vos toiles et avait envie de les voir, ce n’était pas bien grave, et elle n’était pas censé rester fort longtemps. Or cela fait plus de deux heures qu’elle est chez vous, aussi je suis venue aux nouvelles, je pense que l’on ferait bien d’appeler la police, vous pouvez toujours dire qu’elle est entrée dans votre appartement en votre absence. De plus elle est évanouie depuis pas mal de temps nous devrions appeler le SAMU.
  • Le SAMU vous voulez rire, je vais la réveiller, et aussitôt dit, aussitôt fait, il verse un seau d’eau sur la pauvre concierge qui éructe, tousse, éternue et se relève.

La pauvre femme semble hébétée, ne se souvient de rien, mais rapidement le mentor la colle sur une chaise et lui demande d’un ton virulent :

  • Que faisiez-vous chez moi ?
  • Moi ?
  • Oui, je ne vois personne à qui demander la même chose, que faisiez-vous chez moi en mon absence.
  • Je ne sais pas, je ne m’en souviens plus. Qui êtes-vous ?

Le peintre et la jeune fille ne sont point dupe, mais en l’état actuel des choses il va falloir se débarrasser de cette importune et le plus tôt sera le mieux. Ils poussent les deux femmes dans l’ascenseur et referment leur porte. Enfin ils sont seuls, pendant que les deux femmes descendent ils fouillent attentivement leur appartement et ne constatent aucun vol. De toutes façons elle n’aurait pu l’emporter ni le cacher, ils étaient arrivés à temps.

Pendant ce temps dans l’ascenseur, les deux concierges s’esclaffent, Marie leur a joué la comédie, mais Rose a des doutes sur la gentillesse inhabituelle de son locataire. Elle ignore ce que Marie a découvert dans les papiers du tué. Cette dernière doit être discrète sinon elle va attirer les regards de la police. Et, là n’est pas son but, elle aimerait bien récupérer cette somme rondelette pour se faire une existence dorée et pourquoi pas ne pas acheter une petite maison en bordure de sa rivière chérie. Elle ne pense pas un instant que cet argent ne lui revient pas. Elle quitte rapidement Rose et se rends dans une pharmacie pour récupérer des médicaments contre la douleur car elle a un tenace mal de tête et a envie d’être au calme pour réfléchir à ce qu’elle doit faire.

La nuit est plutôt calme jusqu’à ce cri glaçant qui résonne à nouveau dans la cage d’escaliers, personne n’ose ouvrir sa porte, car ils ne savent qui a crié et surtout qu’est-ce qu’il s’est passé. Seul le Monsieur du premier entrouvre sa porte, descend l’escalier en colimaçon et voit allongé de tout son long leur concierge, elle a une vilaine plaie à la tête mais elle gémit, elle n’est donc pas morte. Vite, il appelle les pompiers et attends auprès d’elle. Ses paroles sont indistinctes mais il entend le peintre est revenu, on va tous y passer, le septième a la réponse, les carmagoles c’est leurs fautes, cela lui semble fort compliqué, il lui conseille de se taire car il lui semble qu’elle s’agite davantage.

Les pompiers l’emmènent et chacun reprends ses occupations jusqu’à l’arrivée de la police. A part le cri de la concierge personne n’a vu d’inconnu, du reste la loge est restée grande ouverte et il faut bien constater les dégâts c’est un cambriolage qui a mal tourné, les pièces sont sans dessus dessous. Il faudra attendre que la concierge soit en état de répondre pour savoir si on lui a volé quelques choses. Mais ce qui intrigue le petit neveu c’est la mise en scène qui ressemble à celle du mort d’il y a trois jours. Mais ouf sa tante est vivante, un peu sonnée, mais elle sera bientôt remise sur pieds, dans la famille on a le crâne solide. Ses chefs ne lui ont pas demandés d’aller l’interroger mais il veut faire preuve de zèle et qui sait il en apprendra plus que si c’est un interrogatoire officiel.

Il attends dans le couloir car sa tante est allée passer une radio, il n’y a personne en faction devant sa porte, donc il ne leur semble pas que ces jours soit en danger sinon il y aurait un collègue se dit-il ?

Enfin la voici, elle a meilleure mine qu’il y a quatre heures, elle semble contente de le voir, elle lui sourit, elle a repris ses couleurs.

  • Mon petit je ne suis pas encore morte, tu venais t’en assurer,
  • Toujours le mot pour rire tatie ;
  • Je ne vais pas me lamenter sur mon sort, mais viens j’ai quelques choses à te dire.

Qu’a donc comme secret sa tante, car il faut se rendre  l’évidence elle a une tête qui en dit long, mais que va-t-il découvrir et pourrait-il le garder pour lui ? Il avisera selon les révélations qu’elle va lui faire.

Une fois allongée, la tête bien calée dans des oreillers, sa tante lui parait beaucoup plus fragile, mais ce n’est pas l’idée qu’elle va lui donner en l’écoutant lui révéler des secrets qui pourraient faire bondir l’enquête.

  • Approche-toi le plus près possible, je veux que personne n’entende ce que j’ai à te dire. Mais fais-moi la promesse d’enquêter de ton côté et de ne rien dire à ton chef, le fils de Jules qui ne m’a pas trouvé à son goût quand j’étais jeune. Éric tombe des nues, son chef est le fils du meilleur ami d’enfance de sa tante, il n’avait pas remarqué que le nom était le même que Jules Deschamps. Pourtant son père et son cousin en parlait souvent du Jules, sa tante est une maline et elle voit tout ce que personne ne voit, elle fait attention à tous, cependant elle ne l’a croisé que l’autre jour comment l’a-t-elle découvert que c’était le fils de Jules. Ce n’est pas maintenant qu’elle va le lui raconter, il faut passer aux choses sérieuses, notamment le meurtre du petit Carmagole.
  • Une heure plus tard, Éric est inquiet sa tante est une drôle de bonne femme, elle détient des secrets énormes, elle est en danger si cela venait à se savoir, le pire c’est qu’elle fait n’importe quoi, aller s’introduire chez un suspect, qu’elle n’a pas daigné signaler à la justice. Et maintenant le voici au courant, il joue sa plaque, elle est marrante la tatie, elle rêve, il est obligé d’en faire part à ses chefs sinon il sera radié. Mais comment s’y prendre sans qu’ils aient l’impression que sa tante leur a caché des indices importants. Il lui faut prendre du recul et réfléchir.

Dès que sa femme a eu vent de ce que sa tante lui avait dit, elle l’a poussé à en rendre compte à ses supérieurs, il s’est rendu chez son chef et lui a exposé ce que sa tante avait dit dans son sommeil, auparavant il avait expliqué à sa tante qu’il ne pouvait pas faire autrement, aussi c’est ensemble qu’ils avaient mis ce stratagème en place.

Dans un sommeil comateux cette dernière lui avait laissé entendre qu’elle avait découvert des indices importants au cours de l’après-midi, raison pour laquelle elle avait osé aborder le mentor de l’ex copine à son locataire. Pour son chef cela tenait la route bien que l’histoire était fort embrouillé, mais cela tombait sous le sens vu que la dame était dans un état second. Mais quand ils décidèrent d’aller interroger la concierge, celle-ci était dans un coma beaucoup plus profond, ce qui allait retarder les investigations. Cela n’allait pas dans le sens du commissaire, les médecins semblaient perplexes, Madame Tiberotte n’avait rien qui laissait penser que sa blessure fut si grave, mais elle n’avait aucune réaction à tous les stimuli qu’ils avaient mis en place. Etrange ! Selon une infirmière elle avait paru agiter après avoir reçu la visite de son neveu, or de neveu elle en avait qu’un seul c’était Eric, qui était venu la voir et qui s’était fait passer pour son neveu ? A la description personne ne sut dire qui était cet individu, il aurait fallu le témoignage de Rose ou de la malade, pour comprendre que c’était Mr Fouchet.

Troublante histoire / B

Les carmagoles (3/5)

 

Une fois la petite partie et après avoir frotté les carreaux de sa loge, Madame Tiberotte s’était rendue dans sa chambre, avait soigneusement fermé la porte à clef, s’était agenouillé sur le côté, tiré le tapis qui était sous son lit. Sur celui-ci était déposé un coffre marron avec une petite serrure dorée. A son cou il y a une petite clef, elle défait son collier original, dédaigne la petite vierge et prends la clef, elle l’introduit dans la serrure, un petit déclic et le couvercle se soulève seul.

Méticuleusement elle passe un à un les papiers que lui avait confié le jeune du septième, vu que personne ne semble intéressé par cette mallette mais plus à son contenu elle s’est bien gardé d’en parler à qui que ce soit. Elle ne pense pas détenir une fortune. Pourtant quand elle se relève, elle est fébrile, à l’intérieur se trouve une reconnaissance de dettes d’un montant pharaonique. Mais il n’y a pas la recette des fameuses carmagoles. Elle referme soigneusement le coffre et décide de le changer de lieux, celui-là est facile à trouver, elle doit enquêter pour savoir qui est ce Monsieur Fouchet, elle connait tout de lui, son adresse, son numéro de téléphone. Il va falloir jouer fin, car l’autre a peut-être eu vent du décès du jeune homme, il ne faut pas qu’elle se jette dans la gueule du loup. Après avoir soigneusement planqué le coffre à un endroit connu d’elle seule, elle se précipite dans sa petite cuisine et cherche le bottin, elle trouve rapidement le nom et prénom de l’homme, la rue correspond parfaitement. Elle va pour l’appeler avec son téléphone, quand soudain elle se ravise et sort précipitamment de sa loge pour se rendre à la boutique du coin récupérer un téléphone prépayé, puis s’en retourne chez elle sans se méfier de cet homme étrange qui fait les cent pas dans la ruelle attenante.

Le téléphone est posé sur sa table, elle a un instant d’hésitation, puis elle se décide enfin et fait le numéro qu’elle a soigneusement noté sur un papier.

Une sonnerie, puis deux puis trois, puis une dizaine, elle va raccrocher lorsqu’elle entend un raclement de gorge et une voix caverneuse lui répondre :

  • Allo qui est à l’appareil ?
  • Je suis la mère de Mr Ludo

A ce moment-là un grand bruit se fait entendre puis, plus rien, elle a beau crié, allo, allo, personne ne lui répond. Elle raccroche et décide de se rendre sur place, elle veut en avoir le cœur net. Elle prend sa voiture, dans son sac à main elle a pris la reconnaissance de dette et elle se rend au domicile de cet homme. Elle met plus d’un quart d’heure avant de réussir à trouver une place, enfin la voici garé ; soudain son regard est attiré par le mentor de la petite, il fait le trottoir, il a l’air affolé. Elle va en avoir le cœur net, elle prend son téléphone et rappelle Monsieur Fouchet, si c’est lui il décrochera son téléphone, dans le cas contraire, elle attendra son départ.

  • Allo ici la mère de Ludo ne raccrochez pas ? Je vous vois, vous connaissez la raison de mon appel et aussi de ma venue.

Effectivement le fameux Mr Fouchet est le mentor de la chérie du fils de Carmagole, qu’est-ce que c’est que cette embrouille, pense-t-elle ? Enfin il daigne lui répondre.

  • Que me voulez-vous ?
  • L’argent !
  • Comment le savez-vous ?
  • J’ai en ma possession votre reconnaissance de dette, demain même heure, vous déposerez dans la poubelle qui se trouve derrière vous la moitié de la somme, pour le reste, j’aviserais.
  • Demain c’est trop tôt !
  • Je suppose que vous avez un bon travail, mon fils m’a parlé de vous, alors n’attendez pas trop car je mets mon avocat sur le coup et ce n’est pas un million que vous me donnerez mais le double plus les intérêts. Vous auriez déjà dû lui rendre la somme. J’en connais un rayon sur vous, y compris que vous connaissez la fiancée de mon gamin.
  • La fiancée de qui ?
  • De Ludo

A ce moment-là j’entends un éclat de rire, puis il a raccroché, je ne dis rien, attends pour voir ce qu’il va se passer, mais l’homme reçoit un autre appel téléphonique et il change de direction et vient à ma rencontre, vite je dois me plaquer contre mon siège, il n’en n’a pas après moi, c’est une coïncidence, il passe son chemin et monte vers le haut de la ville, je ne vais pas m’amuser à le suivre, je vais plutôt jeter un coup d’œil à son appartement, tout au moins voir si je pourrais m’introduire chez lui en son absence.

Me voici devant la porte cochère, c’est juste à ce moment-là que je vois Rose Perrin une amie concierge comme moi.

  • Ma Rose mais que fais-tu là ?
  • Marie je travaille ici depuis un mois,
  • Ah, allée de la Chaize,
  • Oui ? Tu viens voir qui ?
  • En fait j’ai eu des mots avec un de tes locataires ;
  • Oui ? Lequel ? Ne me dis pas que c’est le barbouilleur de toiles.
  • Et si c’est bien de lui qu’il s’agit ; tu le connais bien ?
  • Oui, mais méfie-toi de lui ce n’est pas un gentil, il ne t’aurait pas fait une toile par hasard ? Car tous les jours des gens défilent pour réclamer leur œuvre et Monsieur les congédie.
  • Effectivement, mais ce n’est pas à moi qu’il la doit c’est à la fille d’un de mes locataires. Tu n’aurais pas une clef ? Je vais aller voir s’il a le tableau chez lui.
  • Je veux bien mais ne t’attarde pas, donne-moi un numéro de téléphone et si je le vois rentrer tu sors et tu montes un étage plus haut et tu redescends, d’accord.
  • Tu fais sonner mon téléphone, mais je vais le mettre dans ma poche et en vibreur.

Aussitôt dit aussitôt fait, la clef à la main Madame Marie Tiberotte prend l’ascenseur, en montant elle glisse son téléphone personnel dans sa poche, mets le second dans son sac après l’avoir éteint. Elle introduit la clef dans la serrure et entre dans l’appartement qui sent un drôle d’odeur entre pipe froide et acétone avec un arrière-goût de moisi. Elle ne va pas traîner longtemps dans ces pièces car elle a déjà un haut le cœur. Elle passe de pièces en pièces sans vraiment s’arrêter, au mur il y a certes des toiles mais on dirait plus de vieilles croûtes. Même dans la cuisine il y a deux toiles une représente un saladier avec des pommes et à côté une bouteille de vin a moitié pleine, l’autre c’est une corbeille avec des bananes, cela ne casse pas une patte à un canard songe-t-elle ? Dans le salon il y a des peintures représentant des scènes de chasse, de pêche, c’est vieillot et moche. Mais plus loin il y a un petit atelier de peinture et là c’est totalement différent une femme nue offerte au regard a été peint sur la toile, la femme a un petit air de, mais au même moment elle sent contre sa cuisse vibrer le téléphone, vite elle referme précipitamment la porte et va vers l’entrée, hélas, une clef tourne dans la serrure, elle se dissimule comme elle peut,  entre la porte et le porte-manteau. La porte s’ouvre en grand, elle sent qu’elle est repoussée contre le mur, puis, des pas dans la pièce, elle va sortir, elle voit le mentor qui avance vers sa cuisine, dès qu’il disparaît à ses yeux, elle fonce vers la porte et là elle reçoit un coup de parapluie donnée par la personne qu’elle a entrevue en face d’elle. Elle s’effondre.

 

 

Troublante histoire/ A

Les Carmagoles ( chapitre 2/5)

 

 

Lorsque la police est arrivée la vie de l’immeuble en a été chamboulée ils couraient dans tous les sens, posaient des questions n’écoutaient pas les réponses, mais dans l’ensemble tout cela avait été mené de main de maître par le Commissaire et ses hommes. Son petit neveu, madame la concierge ne l‘avait retrouvé qu’au moment des interrogatoires ceux-ci avaient été menés tambour battant. Mais personne n’avait pu fournir de précieux indices à la police, Hervé de la Carmagole  avait été assassiné mais personne ne pouvait savoir s’il avait été tué dans l’entrée car tous avaient un alibi.

 

Il avait une plaie béante à la tête due à un objet contendant, rien n’avait été retrouvé à proximité, juste le cadavre de ce jeune étudiant.

Les langues allaient bon train mais cela n’aidaient en rien la police. Une semaine s’est écoulée sans que rien ne vienne changer le cours des choses, les policiers avaient fouillé de fond en comble l’appartement du jeune homme, rien ne supposait qu’il soit revenu après sa longue disparition. Il ne s’était pas volatilisé, une personne avait dû l’héberger qui l’avait ramené ? Et surtout pour quelle raison l’avait-on assassiné.

Que de questions laissées sans réponse. ?

La vie a repris son cours lentement, les traces de sang se sont estompées. Les enfants du cinquième jouaient toujours dans les escaliers et la concierge les dispute toujours mais ils la nargue en lui tirant la langue.

Son petit neveu lui avait donné des renseignements concernant l’enquête enfin jusque ce qu’il fallait. Les Carmagoles étaient à la recherche de la recette de leurs friandises qui avait été volée lors de l’assassinat du jeune étudiant. Enfin c’est ce que prétendait un de ses frères, mais la concierge était certaine que personne n’était venu au septième étage, elle possédait la clef car le jeune homme lui avait demandé menu petit travaux en son absence, et de ce fait personne n’avait fait main basse sur quoi que ce soit. Mais pourquoi allait-on croire une concierge ?

Ce lundi matin soit huit jours après la mort du petit jeune homme elle était allée ouvrir les volets de la grande pièce, la famille avait enlevé les meubles, elle s’était mise à frotter de fond en comble l’appartement afin de le proposer à un éventuel étudiant sans logement. Bien entendu que ce serai plus difficile vu l’époque à laquelle on était, les étudiants avaient tous un appartement, mais la chance avait joué en sa faveur. Deux jours plus tard une jeune fille l’avait abordé dans la rue :

  • Etes-vous Madame Tiberotte ?
  • Oui, que me voulez-vous ?
  • Vous avez bien un appartement vide dans votre immeuble ?
  • Oui, mais il faut passer par l’agence, moi je ne suis que la concierge.
  • Je sais mais est-ce que je peux le visiter ?
  • Quand aimeriez-vous le visiter ?
  • De suite ;
  • Venez dans une heure et je vous le laisserait visiter.

Cette jeune fille était fort polie mais il y avait quelques choses en elle qui la dérangeait mais elle n’arrivait pas à trouver ce qui clochait ; bah, elle verrait bien une fois la visite passée ce qui semblait la chagriner.

A 15 h tapante, la petite demoiselle était arrivée accompagné par un vieux Monsieur qu’elle lui avait présenté comme étant son mentor. Mentor ou pas cet homme lui déplaisait encore plus que la jeune fille, il avait le cheveu gras, un regard fuyant, la lèvre épaisse masquée à moitié par une moustache façon Hitler, le teint jaunâtre comme un homme qui boit, et surtout un gros nez rouge preuve de ce qu’elle avançait. La gamine était habillée comme ces jeunes qui trainent dans des vêtements amples cachant je ne sais quoi car elle n’avait que la peau sur les os. Elle portait un sarouel verdâtre, un béret d’une couleur aubergine, une espèce de boléro noir ; le tout avec un sac à provision de couleur bleue qu’elle tenait en bandoulière sur son épaule. Aux pieds des chaussures rouges qui lui faisaient penser aux chaussures de clowns qu’elle voyait naguère au cirque. Bref, elle se demandait qui était ses deux énergumènes et si c’était sage de les emmener dans un lieu qui avait déjà été témoin d’un drame, même s’il s’avérait que le jeune étudiant n’avait pas été agressé dans sa chambre.

De suite la visite de l’appartement avait encore alertée la concierge, ces deux-là connaissaient le mort ils en parlaient à voix haute sans se gêner. Ils furetaient dans tous les coins et recoins. Est-ce que par hasard ils voulaient habiter là pour mettre la main sur la fameuse recette ? Hélas, la sonnette de la loge lui rappelle qu’elle doit répondre, elle les laisse après tout il n’y a rien à voler la police a fait son travail sonder tous les murs rien il  n’y a rien. Elle leur demande juste de claquer la porte en sortant.

Ce n’est que deux heures plus tard que la jeune fille seule se présente à sa loge, et lui demande l’adresse de l’agence. Elle lui la donne en lui demandant toutefois où se trouve son mentor, elle rit, et ajoute il est partis, il va me servir de caution car je n’ai pas le rond.

Madame la concierge va s’aventurer sur le terrain qu’elle affectionne le plus tiré les vers du nez à une personne qui ne s’en doute pas. Elle excelle dans ce domaine. Elle l’invite à entrer chez elle pour lui remettre la carte de l’agence puis de fil en aiguille lui propose une boisson, la gamine assez délurée lui demande une bière, elle a ça dans son frigo. La petite refuse le verre et boit à même le goulot ; madame Rose rit sous cape, elle va vite tomber dans ses filets comme tous les autres, sauf l’étudiant du septième.

Lui elle n’avait jamais eu l’occasion de lui parler ouvertement, il la fuyait c’était un taciturne, aucun ami pendant les six mois qu’il avait passé là, ni filles, ni garçons, personne.

Une fois la causette faîtes la gamine s’en est retournée chez elle, espérant bien habiter ici dès la fin de la semaine. J’en sais plus sur elle, qu’elle en sait sur moi se dit Madame Tiberotte ; elle fait des études aux beaux-arts l’homme c’est un de ses profs. Elle connaissait le descendant du pâtissier, c’était son chéri, mais elle n’était jamais venue chez lui. Ils se retrouvaient plus facilement dans un café voire ailleurs, mais là elle était resté silencieuse. La petite était émue elle ne voulait pas en tirer profit. Elles n’avaient ni l’une ni l’autre abordé cette fameuse recette, mais elle n’était pas dupe, deux heures dans un appartement qui fait seulement 35 m2 c’est qu’ils avaient cherché. Pourquoi telle était la question ?

 

 

Troublante histoire

Les Carmagoles (chapitre 1/5)

 

L’enseigne se voyait à peine mais elle existait toujours, ceux qui habitaient le quartier connaissaient la maison « Carmagole ». Autrefois elle avait pignon sur rue cet enseigne, mais au fil des années seul subsistait sur la façade cette lueur bleutée qui avait fait son renom.

Autrefois on pouvait lire « Pâtisserie Carmagole » de grandes lettres jaunes sur un fond bleu, mais ce n’était pas son enseigne qui l’avait mis sur le devant de la scène mais ces fameuses carmagoles sortes de massepain double, à l’intérieur une fine ganache le tout recouvert d’un croustillant meringué. Ceux qui avaient aimé cette spécialité se pourléchaient encore les doigts mais dans le quartier les connaisseurs se faisaient rares. Sauf dans la chambre de bonne au septième étage de la maison Carmagole habitait un Monsieur dont on disait qu’il était l’illustre descendant de cette maison, mais peu le connaissait sauf la concierge de son immeuble.

Pour se rendre dans cet immeuble il fallait emprunter la rue du même nom que la friandise puis accéder à une petite place, la place du printemps, ensuite vous prenez la ruelle des remparts, et, là vous voyez cette immense bâtisse à 7 étages. La porte d’entrée est un magnifique portail en bois, depuis des années il y a un code pour en franchir le seuil, mis c’est la concierge qui pointe son nez pour voir qui vient rendre visite aux locataires. C’est une femme âgée, voire d’un certain âge, personne ne le connait, mais qu’importe elle fait son travail à merveille. Son visage est ovale, deux yeux bleus malicieux, de cheveux courts poivre et sel, parfois violet, d’autres fois brun voire corbeau selon son envie du moment.

Il y avait deux locataires par étage certains avec des enfants pour les grands appartements d’autres étaient des étudiants, d’autres encore avaient toujours habités là et ils finiraient leur vie ici.

Mais ce matin lorsque la sonnette de la concierge avait retenti ce n’était pas pour parler des locataires c’était suite à un appel anonyme que la police avait envahi la petite loge. La concierge ne savait plus où donner de la tête, les policiers lui demandaient si elle connaissait un Mr Carmagole, répondant à ce nom elle n’en n’avait pas dans son immeuble mais elle savait très bien de qui ces Messieurs lui parlaient. En toute bonne concierge elle voulait en savoir davantage. Mais la police ne l’entendait pas de cette oreille.

  • Alors (aboya le chef)
  • Que voulez-vous savoir ?
  • Pierre de la Carmagole vous e connaissez oui ou non ?
  • Oui ?
  • Quel étage ?
  • 7 ième !
  • Avec ascenseur ?
  • Oui mais…
  • Mais ? Qu’est-ce que ce mai vient faire, il y a un ascenseur oui ou non ? Point final.
  • Oui et non
  • Si cela continue je vous embarque au poste ;
  • Oui il y en a un mais vous le prenez qu’à partir du premier. Les escaliers qui vous y amènent sont en colimaçon.

Une fois ces hommes montés, le capitaine accepta le café de Mme la concierge, puis ces deux-là papotèrent comme deux vieux amis, ce qui du reste était le cas puisque c’était un de ces petits neveux.

Quand ces hommes redescendirent, à leur tête il vit qu’ils avaient fait chou blanc, Mr de la Carmagole n’était point chez lui. La concierge reçu l’ordre de les avertir en cas de retour de son locataire ce qui ne manquerait pas car nous étions un lundi et ce jeune home rentrait de chez ces parents tous les lundis vers midi quand il manquait son train le dimanche soir. Mais pour savoir la raison pour laquelle il cherchait le petit jeune homme du septième elle n’en su rien ce qui la laissa fort déconfite. La journée s’étira inexorablement, à midi le jeune homme ne fit pas son retour Madame Noémie en resta perplexe. S’il n’y avait pas eu les escaliers en colimaçon elle serait bien allé faire un tour à l’intérieur de l’appartement, mais ces rhumatismes la tenaient éveillées une partie de la nuit, et, elle n’avait nullement envie de ne pas se sentir bien dans les jours à venir. Elle avait un bridge avec ses copines et devait assister au loto de l’école de sa petite fille. Il lui fallait être en forme.

Son petit neveu passa le soir pour voir s’il y avait du nouveau, puis le temps filant il était reparti, mais Madme Noémie n’avait pas réussi a lui tirer les vers du nez ce qui l’agaçait prodigieusement. Une fois sa porte soigneusement fermée, elle avait tiré le verrou et s’en était allé lire un Mary Higgins qui lui avait fait faire des cauchemars toute la nuit.

C’est à 5 h du matin qu’elle fut réveillée par un cri strident à vous glacer le sang. Elle s’habilla à la hâte et tout en poussant le rideau rouge qui indiquait que la concierge n’était pas disponible elle aperçut Mr Rolland du cinquième qui avait un air hébété. Elle entrouvrit sa porte pour lui demander :

  • Que se passe-t-il ? Est-ce vous qui avez poussé ce cri lugubre ?
  • Là… Là….
  • Achevez votre phrase il y a quoi là ?

Et tout en continuant à maugréer tout bas elle poussa Mr Rolland terrorisé et oh stupeur devant ses yeux étaient allongés le cadavre de cette nuit. Enfin tout se mélangeait dans sa tête, le cadavre de son polar sordide qu’elle avait dévoré d’une seule traite cette nuit avait repoussé ses pages et se tenait devant elle sur son beau carrelage. Il y avait une grosse tâche de sang qui s’échappait de sa tête. On avait dû lui fracasser un violent coup sur le haut du crâne.  Se ressaisissant, elle fait rentrer le pauvre Mr Rolland qui flageole sur ses jambes et s’empresse d’appeler la police.

  • Allo la police, il y a un cadavre dans l’entrée de mon immeuble, allée des remparts au numéro 8, je vous attends, je vous ouvrirais la porte.

Elle s’empresse de donner un remontant u pauvre locataire du cinquième qui n’arrive pas à retrouver l’usage de la parole, tous les deux savent que c’est Hervé de La Carmagole qui gît sur le carrelage glacé. Le même que son petit neveu cherchait encore à une heure avancée de la nuit. Étrange…

Face au vent ( 13 ) Quelques heures plus tôt

Ainsi s’achève au bas de cette page ma première partie.  En septembre je mettrais la suite…Bonnes vacances à Tous et Toutes

 

Quelques heures plus tôt, une fois que Stéphanie a quitté le petit appartement qu’ils viennent de louer, Rubens s’est rendormi, mais brutalement un bruit l’a réveillé. Son portable vibre, possible que Steph est besoin de lui, mais quand il pose les yeux sur son téléphone il voit que c’est Mathéo qui lui a laissé un message laconique.

  • «  Mathéo ne dit rien à Stéphanie mais peux-tu me rejoindre sur Toulouse au « Bar les amis de la cascade », il lui explique le chemin.

Rubens est intrigué, que lui veut le copain de la cousine de Stéphanie.  Au moment où il va lui répondre d’accord, il se rend compte qu’ils sont venu qu’avec une voiture et que Stéphanie l’a prise ce matin. Il faut lui dire qu’il ne peut pas venir, puis après tout ce ne sont pas ses affaires.

  • Je suis dans l’impossibilité de venir, Steph a pris la voiture ce matin.
  • Peux-tu descendre jusqu’au Capitole, il y a des navettes gratuites.
  • Ok le temps que je me prépare, et j’arrive.
  • Je t’attendrais à l’arrêt de bus de l’Hôtel de ville
  • D’accord.

Il prend une douche, passe  une chemisette blanche, un jeans bleu pâle, un coup de peigne, le café rapidement avalé, il est fin prêt pour retrouver Mathéo. Une chance il n’a pas eu à attendre, le bus arrivait quand il s’est trouvé dans la rue. Il envoie un sms pour avertir qu’il est dans le bus, et, regarde défiler le paysage. Une voix suave le fait tressauter, prochain arrêt « Hôtel de ville, prochain arrêt Hôtel de ville ». Il joue des coudes afin d’arriver rapidement vers les portes qui laissent se déverser une foule innombrable comme si tous s’étaient donnée rendez-vous à cet endroit. Mathéo n’est pas là, ce n’est pas grave il attendra. Enfin le voici il marche d’un pas lourd comme si un lourd secret lui pesait.

  • Ruben j’ai changé d’idées n va aller chez moi, ma voiture est garée dans une rue parallèle, tu viens, j’espère que tu as du temps à me consacrer ?
  • Oui jusqu’à midi car je dois retrouver Fanne.
  • Il n’y a aucun souci nous aurons largement le temps de discuter.
  • Mais de quoi veux tu me parler, je suis juste le copain de Stéphanie, et les histoires de famille, de sa famille ne m’intéressent pas tant que ça.
  • Il n’y a que toi qui peut m’aider ! J’ai un gros souci, des hommes vont essayer de kidnapper Stéphanie, il faut que tu en sois informé pour pouvoir la protéger.
  • Mais pourquoi et surtout hier nous ne te connaissions pas et maintenant tu es au courant que l’on veut l’enlever ? Qui t’as mis au courant ?
  • Personne je l’ai compris en voyant la ressemblance frappante avec ma sœur ;
  • Ta sœur ? Qui est ta sœur ?
  • Aurélie !
  • Aurélie ? Mais tu nous as dit que c’était ton amie ; écoute je n’ai pas le temps de m’amuser avec ces imbécillités, ramène moi place du Capitole, tes histoires idiotes ne m’intéressent nullement, du reste je vais appeler ma copine.
  • Non ! Laisse-moi tout t’expliquer, après tu feras ce que tu voudras.
  • Arrête-toi immédiatement où je descends en marche.

Mathéo freine brutalement et Rubens atterrit dans le pare-brise, la ceinture a lâchée, ce type aurait voulu me tuer il s’en serait pas pris autrement pense Rubens, je me demande ce que je fais avec cet abrutis. Il a des yeux fuyants comme s’il me cachait autres choses. Finalement nous arrivons non sans encombre à la piaule qu’il a loué pour soi-disant faire son enquête, j’ai énormément de doutes.

Après avoir été déposé par l’ascenseur, nous montons un petit escalier en bois et en colimaçon. C’est pittoresque, mais je n’ai pas le temps d’admirer car Mathéo s’arrête pile en plein milieu se retourne et met un doigt sur sa bouche. Il me chuchote plus qu’il ne me parle :

  • Nous allons redescendre il y a des visiteurs chez moi !
  • C’est du danger ?
  • Oui, vite descendons mais évitons de nous faire remarquer ;

Lorsque nous nous retrouvons au bas de l’immeuble, Mathéo est blanc comme un linge, il se tient le dos et je le vois s’affaisser au sol. Une large tache rouge apparaît sur son tee-shirt, on vient de lui tirer dans le dos, je ne cherche pas à savoir qui a fait ça, je m’engouffre rapidement dans sa voiture et disparait. La rue était déserte, il faut que je téléphone à la police mais je ne veux pas être mêlé à ce meurtre si meurtre il y a. Je n’ai même pas vérifié s’il était vivant, quelle idée j’ai eu de venir dans ce quartier mal famé. Au moment où je vais pour téléphoner, une femme poussant un chariot traverse devant moi, je pile comme tout à l’heure avec Mathéo et c’est à ce moment que ma portière droite s’ouvre, un homme patibulaire m’aboies plus qu’il ne me dit :

  • Roulez, je vous dirai où vous devez vous arrêter !
  • Mais qui êtes-vous ?
  • Moins tu en sauras, mieux tu te porteras.

Nous roulons déjà depuis plus d’une heure, je pense à Stéphanie si on me pose la question je dirai qu’elle est rentrée à Marour, mais bon je dirais plutôt Paris, c’est plus vaste qu’un petit village. C’est à ce moment-là que je le vois sortir un  pistolet, il me contraint à m’arrêter en pleine campagne et là c’est le trou noir, je ressens une douleur sans  fin dans la poitrine, j’ai juste vu un éclair, on vient de me tirer dessus.

 

Fin de la première partie

Face au vent ( 12) Le mort

A mon arrivée l’appartement est vide Rubens a dû s’absenter, mais les heures passent et je commence à m’angoisser que dois-je faire ? J’essaye plusieurs fis de l’appeler sur son téléphone mais personne ne me répond, pire c’est sur la messagerie. Ou est-il allé ? Et pourquoi ne m’a-t-il pas attendu. J’essaye de joindre l’ami d’Aurélie, mais lui aussi a fermé son téléphone. A moins que ces deux soient ensemble, mais pour quelles raisons Rubens ne m’a pas informé. En refermant la fenêtre suite à un appel d’air, je vois voleter devant moi un papier arraché du calepin de Rubens, je me penche et ramasse la petite feuille, et là je vois que Rubens est parti à la rencontre de Mathéo l’ami d’Aurélie. Que s’est-il passé pour que ces deux-là est coupé leurs téléphones ?

Jamais je ne vais pouvoir répondre aux questions qui m’affluent au cerveau, je ne vais pas m’affoler, ils n’ont pas dû voir passer les heures et bientôt Rubens franchira le seuil de notre havre d’amour. Hélas à 19 h il n’est toujours pas rentré et les deux téléphones sont muets. Il faut que j’avertisse le commissariat de Toulouse, mais on me dit de ne pas m’affoler, mon ami est majeur et vacciné, il va rentrer dans la nuit. Et ils prennent mes coordonnées et raccrochent. Les heures s’égrènent inlassablement et personne ne me rappelle ni la police, ni mes parents, ni Rubens. Je n’ai rien pu avaler et je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Au petit matin je me décide d’appeler ma mère et je lui expose la situation, mais hélas elle est entre deux vols et n’a pas beaucoup de temps à me consacrer, elle me dit que c’est mon amoureux qui n’était pas fiable car cela correspond à l’histoire de ma sœur, elle n’a pas voulu m’alarmer mais elle ne pensait pas que cela se terminerait si vite. Je sanglote plus que je pleure, je me trouve devant le fait accompli que Rubens était lui aussi un salop. Toutefois, notre histoire est différente de celle de ma sœur, nous sommes à plus de 800 km de Marour, nous avons loué cet appartement ensemble, du reste il l’a mis à son nom, on a versé un mois de caution, il a déjà des pistes pour son travail, moi j’irai en prépa, et j’ai même trouvé un petit travail de documentaliste pour les jours ou je serais disponible, cela mettra du beurre à notre affaire.

Ce n’est que vers midi que je reçois un appel téléphonique du commissariat mais ce qu’ils me disent n’est pas fait pour me calmer, l’inspecteur que j’ai au bout du fil me demande de passer il a des nouvelles concernant un des deux hommes dont je leur ai parlé hier au soir. Mais l’entretien s’arrête là, car il ne veut rien me dire au téléphone. Je me précipite sur ma veste, prends mon sac et ferme l’appartement, je dévale les escaliers et me heurte de pleins fouets  avec un jeune homme avec une capuche sur la tête qui gravi les escaliers. Je ne lui prête pas attention, lui me bredouille une vague excuse et continue son chemin. Je suis rapidement dans la rue, mais hélas, force est de constater que la voiture de location n’est plus sur sa place de parking, c’est vraiment la catastrophe. Je rappelle le commissariat qui me dit de rester là où je suis et il m’envoie une voiture de patrouille qui est dans le coin, et que nous verrons tous ces évènements ensemble. Cela n’est pas fait pour me rassurer. Je me demande ce qu’ils ont à m’apprendre et pour quelles raisons je dois me rendre au commissariat. Moins de deux minutes après mon appel, une voiture de la police se gare à ma hauteur, un agent en descends et m’invite à prendre place, je suis leur hôte et non une condamnée, mais la suite ne va pas aller dans le bon sens. Le conducteur rejoint Toulouse et me dépose devant la porte d’entrée, son acolyte m’ouvre la portière et m’invite à rejoindre l’inspecteur. Il me précède et me fait entrer dans un petit bureau ou il n’y a qu’une jeune femme qui travaille sur un ordinateur, elle me salue et me demande si je veux un café, dans ma tête je me dis et pourquoi pas la dernière cigarette, mais je me garde bien d’en faire la réflexion. J’acquiesce et elle me l’apporte, puis un jeune inspecteur entre et lui demande de nous laisser, elle s’exécute et me voici face à un beau jeune homme.

Dns un premier temps nous nous observons, lui ouvre son ordinateur, met des papiers dans l’imprimante et sans me laisser le temps de sortir de mon rêve me pose une question assez abrupte et dure à entendre.

  • Pourquoi avez-vous tué Mr Mathéo Langlois ?

Je suis anéantie et abasourdie, le jeune homme se nomme Langlois comme moi et il n’est donc pas le petit copain de celle qui serai ma cousine, lui qui peut-il être, mais hélas je ne vais pas rêvasser longtemps, l’autre change de registre et me dit qu’à compter de 14 h je suis en garde à vue pour avoir assassiné Mr Mathéo Langlois avec mon complice Mr Rubens Margery

  • Où est Rubens ? Il est parti hier au soir et je n’ai plus de nouvelles, je pensais que c’était la raison pour laquelle vous m’aviez convoqué.
  • Oui et non !
  • Je m’appelle aussi Langlois, Mathéo est mon cousin, jamais je n’aurai eu l’idée de l’assassiner, de plus j’ai quitté mon ami hier à 9 h du matin pour rejoindre ma mère à son hôtel et depuis je ne l’ai pas revu.
  • Vous n’êtes pas Aurélie Langlois ?
  • Non je suis Stéphanie Langlois ; et Aurélie est ma cousine.
  • Et bien si c’est votre cousine pourquoi vous ne saviez pas que Mathéo était son frère.
  • C’est une longue histoire Monsieur l’inspecteur, une histoire de famille. Je suis à la recherche de ma famille, de mes racines et quand Mathéo m’a rencontré l’autre jour il s’est fait passer pour le petit copain d’Aurélie mais jamais pour son frère.
  • Regardez la photo de votre cousine, vous lui ressemblez énormément, sauf pour les cheveux, la longueur, toutefois pour le reste vous pourriez passer pour sa jumelle.

Lorsque je pose les yeux sur la photo je tressaute, c’est moi il y a quelques années, nous nous ressemblons plus que moi avec ma sœur. Je suis sous le choc et l’inspecteur s’en rends rapidement compte, il fait le tour de son bureau, se penche sur moi et me tends un fin mouchoir pour que j’essuie mes jolis yeux comme il me le dit. Puis, il reprend sa place comme si rien ne s’était passé. J’explique tout depuis l’incendie, les avaries sur mon avion, mon arrivée à l’Ecole Préparatoire d’Aviation de Blagnac, ma rencontre là-bas avec Mathéo. Notre rencontre à Toulouse au cours de la même journée, je n’omets rien et je sors libre du commissariat, rien ne peut m’être reproché, à l’heure de la mort de Mathéo j’étais avec ma mère. Je suis juste celle qui apporte la poisse, ce n’est pas l’inspecteur qui me l’a dit c’est moi qui en est arrivé à ce triste constat.

Mais pourquoi Aurélie a tué son frère?

 

A suivre…

Face au vent ( 11) Une situation inattendue

 

Pendant le repas Rubens voit que je suis préoccupée, je ne lui ai même pas fait part de mon premier contact avec mon école et lui ne m’a pas expliqué sa phrase sibylline. Mais il prend rapidement les devants et m’annonce qu’il a profité de mon absence ce matin pour aller s’inscrire dans une boite d’intérim, avec son bac professionnel qu’il travaille sur Sainte-Luce ou Toulouse c’est la même chose. Je suis abasourdie quand je l’entends ajouter au moins nous pourrons partager les frais et nous serons ensemble. Pour moi je trouve que tout va trop vite, je ne suis pas prête à vivre avec Rubens, mais je ne lui dit rien, on verra au fil du temps et puis cette jeune femme m’intrigue, du reste je vais rappeler le jeune homme pour lui poser quelques questions. Lorsque je raccroche je sais  que la ressemblance n’est pas parfaite, j’ai le même timbre de voix, le même regard vert. Elle n’a pas la même coiffure que moi, sauf la couleur est semblable, nous sommes toutes les deux rousses. Mais pour lui c’est plus une allure générale, finalement je ne lui aurai pas montré ma carte d’identité il serait repartis en se confondant en excuse, mais là c’est ce à quoi il ne s’attendait pas. Nous nous sommes donnés rendez-vous samedi sur le petit aérodrome où mon avion, enfin celui que j’ai eu en prêt m’attends, il me donnera quelques explications, mais je ne m’attends pas à des miracles. Les coïncidences dans la vie cela existe mais je suis troublée. Par contre rien n’a été prémédité puisque seuls mon père et moi étions au courant de ma venue sur Toulouse. Avec tous ces problèmes je vais devenir parano si je pense que tout le monde me poursuit. Je termine le repas en pensant aux appartements que Rubens a réservé, il va nous falloir nous décider rapidement si mi-septembre ou avant nous venons nous installer, tout cela va dépendre de son travail.

Après la visite du second appartement Rubens et moi nous allons avoir une conversation téléphonique avec ma mère qui a enfin réussis à me rappeler. Je ne sais si la communication ne passait pas, mais en tous les cas elle a eu du mal. Elle est dans l’avion mais comme simple passagère et non hôtesse de l’air. Une de ces collègues est malade, elle rentre en Métropole plus tôt que prévu, elle doit faire une escale à Toulouse-Blagnac et passer la nuit sur place, elle nous invite tous les deux au restaurant ce soir, ce qui nous ravi, elle ajoute :

  • Ma petite fille j’ai des informations importantes à te faire part, j’espère que tu sauras attendre ce soir.

Moi, qui pensait les lui demander au téléphone j’en suis quittes pour me taire et attendre son arrivée, aussi c’est sans aucune envie que je me traîne pour aller voir ce troisième appartement, Rubens ne dit pas ce qu’il en pense mais je le vois contrarié. Dès que je franchis le hall d’entrée et que j’accède au premier étage, j’aime déjà cet escalier avec sa rampe en fer forgée, mon entrain revient. Devant la porte nous attends la jeune femme qui doit nous faire visiter, dès que je suis à l’intérieure je suis conquise par la cuisine tout équipée, tout y est, c’est superbe. A côté une grande pièce de vie et deux chambres. C’est le seul appartement qui en possède autant. Chaque chambre a sa salle de bain fort fonctionnelle. Rubens voit que je suis emballée, il ne dit rien car c’est moi qui doit prendre la décision, lui est venu s’ajouter, mais il est d’accord pour participer aux frais. Je demande à combien se monte le loyer, bien entendu cela dépasse largement mon budget, mais avec la participation de Rubens qui bien entendu sera moindre au départ, je peux signer le bail. Nous sommes tellement euphoriques que nous nous précipitons dans une grande surface pour se faire livrer rapidement un lit un grand dit Rubens à la vendeuse qui éclate de rire. Pour ce soir nous dormirons encore ensemble, quand nous reviendrons nous aviserons si nous ne prenons pas chacun une chambre ce qui fera certainement rire ma sœur si je lui en touche deux mots. Pour les parents j’attendrais. Maintenant que nous savons où dormir, il ne nous reste plus qu’à aller visiter Toulouse la ville rose. J’insiste un peu car Rubens voulait essayer le lit, moi je n’ai pas envie d’être en retard lorsque maman sera arrivée, elle n’aura pas envie de rester dans un aéroport, elle est en congé, et a envie de me serrer dans ses bras, surtout depuis qu’elle sait que j’ai eu cet accident en avion.  Et puis je connais les intentions de Rubens, depuis que je me suis donnée à lui il se sent en territoire conquis, nous avons bien le temps, je suis fort jeune, je ne vais pas me marier demain ou tout au moins passer ma vie de suite avec lui. Mon avenir professionnel n’a pas encore commencé. Mais cela ressemble étrangement à la vie de mes parents et de ce trisaïeul. Un coup de foudre ! Mais Rubens est têtu il ne l’entend pas et il passe derrière moi et commence à poser ses mains sur mes seins, je n’ai nullement envie qu’il m’entraîne sur le lit, je le repousse sans ménagement, il est aussi rouge qu’une tomate bien mûre, il se confond en excuse, mais ne voulant pas le mettre mal à l’aise  je le laisse m’embrasser et lui murmure :

  • Sois patient ce soir nous aurons toute la nuit et même demain matin pour s’aimer, là je n’en n’ai pas envie.
  • Chez les Langlois vous êtes intransigeantes !

    Je me souviens à ce moment que ma sœur aînée avait fréquenté son frère, je comprends sa phrase ; mais je ne lui réponds pas et nous regagnons notre voiture de location pour entreprendre notre visite qui va rapidement tourner court, le jeune homme rencontré ce matin est attablé en compagnie de plusieurs amis à la terrasse d’un bar et il nous fait signe de se joindre à eux. Nous passons un excellent après-midi et nous remettons à dans plusieurs semaines notre visite. Ses amis ne connaissant pas celle qui me ressemble je n’ai pas à les écouter et cela me va à ravir, nous parlons plus de cet école préparatoire que de sosies. Je les quitte en disant à deux d’entre eux que l’on se retrouvera à la rentrée, c’est par eux que j’apprends que nous serons deux filles pour 15 garçons, je vois que cela ne plait nullement à Rubens ce qui me permet de le taquiner pendant le trajet vers l’aéroport. Il fait contre mauvaise fortune bon cœur, et accepte mes boutades. Mais je lui demande s’il doute de moi ? Il m’assure du contraire mais je me demande s’il est bien honnête avec moi. J’essaye d’oublier cet incident malheureux et je lui demande de m’attendre pendant que je rejoins ma mère.

    C’est bras dessus bras dessous que Rubens me voit revenir avec ma mère, nous rions comme deux copines, j’attends le repas avec impatience pour en savoir davantage sur l’enquête que j’ai diligenté du fait de mon appel téléphonique. J’installe ma mère qui observe mon visage car celui-ci est coupé de part et d’autres par l’impact lors de la chute de mon avion, j’apprends que mon avion est plutôt mal en point, mon oncle s’est rendu sur Saint-Chamond pour voir quels étaient les dégâts et il pense quand mon père l’aura vu soit le vendre en l’état soit le réparer mais cela risque de prendre du temps ce qui ne m’intéresse pas je pensais voler sur mon propre avion pendant les vacances. Maman dit que je volerais mais sur un avion de la compagnie, je ne dis rien mais je me sens redevable et j’aurai préféré être libre comme l’air. Maman fait taire mes appréhensions et nous nous dirigeons vers le bar de l’hôtel où elle loge, Rubens est déjà au bar, il boit un whisky coca, je fais de même et la soirée se prolonge assez tard, maman ne m’a fait aucune confidence je pense que c’est la présence de Rubens qui l’empêche de me raconter ce qu’elle a appris lors de son enquête en Nouvelle Calédonie. Il faut que je lui dise que cela ne m’indispose nullement que Rubens soit présent, je profite qu’elle va se passer un trait de rouge sur ses lèvres pour l’accompagner, et là, elle me demande à brûle pourpoint ce que je fais réellement avec Rubens. J’ai dû devenir pâle comme une morte car elle me prend dans ses bras en me disant :

    • Pardonne moi ma Fanne chérie je ne voulais pas te brusquer, mais j’ignorais que vous étiez si proche tous les deux.
    • Maman je ne voulais pas t’en parler car nous n’en sommes qu’aux prémices, c’est tout neuf, nous nous découvrons. Evite de dire quoi que ce soit à Papa car je n’ai pas envie qu’il vienne interférer dans ma relation. Déjà que je n’ai pas compris pourquoi Zoé avait laissé tomber son frère.

    Je vois que ma phrase a fait mouche sur ma mère, elle bredouille plutôt qu’elle ne me parle une suite d’onomatopées qui me laisse pantoise n’en comprenant même pas le quart. Je crois deviner à demi-mots que ce n’était pas la bonne personne pour ma sœur mais que cela n’a rien à voir avec moi et Rubens. Ouf je suis rassurée, mais elle refuse systématiquement de m’informer de ce qu’elle a découvert, elle préfère me le dire lorsque je serais de retour à Marour, et que pour l’instant je n’ai qu’à m’amuser, mais dans ses paroles je sens comme une menace concernant Rubens s’il  lui prenait l’envie de me faire du mal. Du coup je reprends pieds sur la terre ferme et me rends compte que je n’ai pris aucune précaution ni Rubens du reste, je n’ai pas envie de gâcher ma vie et de me retrouver enceinte. Ma mère doit comprendre mon désarroi, car elle me fait signe et me montre que l’hôtel vends des préservatifs, elle me conseille d’en prendre et je les glisse dans mon sac que j’avais eu le soin d’emporter avec moi. En calculant bien je ne suis pas dans une bonne période pour craindre le pire, mais je préfère avoir sur moi le nécessaire surtout que si j’agis toujours de la même façon tôt ou tard je me ferais avoir. Ma mère me laisse entendre que les jeunes sont de plus en plus insouciant et que Rubens a failli à tous ses devoirs, pour éviter l’esclandre que je sens venir, je lui dis qu’il avait fait le nécessaire mais que nous avions oubliés d’en racheter. Je ne sais si elle me croit, mais au moins l’incident est clos.

    C’est seulement vers 23 h que nous nous quittons, elle ne me pose aucune question et Rubens et moi nous ne lui disons pas où nous nous rendons. Nous lui avons tu que nous avions trouvés un appartement, la connaissant elle aurait voulu le visiter et ce serait rapidement rendue compte que nous allions y vivre ensemble. Rubens remercie ma mère et nous nous engouffrons dans la voiture de location et regagnons Blagnac là où nous avons un joli appartement. Je prends beaucoup de plaisirs à tourner la clef dans la serrure de mon appartement, même si je vais y vivre avec mon amour, je dis que c’est le mien, je ne pensais pas y vivre à deux, mais pour l’instant cela me va à ravir. Je pose discrètement les préservatifs sur la table de chevet que j’ai acheté plus tôt. Lorsque je reviens je vois qu’à côté des miens il y a une deuxième boîte, Rubens y a aussi pensé cela me fait chaud au cœur. Il n’est pas aussi désinvolte que ma mère me l’avait laissé entendre. Nous passons une nuit de folie et nous nous endormons que lorsque le soleil pointe son nez. Mais nous avons mis le réveil vers 14 h car nous devons rejoindre le jeune homme qui aime Aurore, il doit nous raconter tout ce qu’il sait la concernant. Mais c’est mon téléphone qui va me réveiller, ma mère me demande de la rejoindre seule à son hôtel. Je me lève sans bruit, laisse un mot à Rubens en lui promettant d’être là vers 13 h 45, je lui écris « maman m’a appelée ».

    Les révélations de maman ne m’affolent nullement au contraire je  trouve que l’histoire est fort belle pour l’arrière-grand-père de mon père et fort triste pour l’arrière-grand-mère de ma tante.. J’apprends que mon trisaïeul avait accompagné vers la Métropole la femme qu’il aimait, qu’en route elle avait accouché d’un joli petit garçon mais qu’à l’arrivée elle avait confié son bébé à celui qu’elle chérissait pour épouser l’homme que son père lui avait choisi. Le père du bébé était allé sur Paris chercher une jeune femme sortie tout droit d’un couvent, l’avait épousé et elle s’était occupé de l’enfant ainsi que de ses autres enfants nés de leur union en Nouvelle Calédonie. Ma mère ignore si nous descendons du fils aîné ou d’’un de ses demi-frères, il va falloir que je me penche sur la généalogie familiale, car il y a un sérieux problème, deux des enfants portent le même prénom ou sensiblement différent, l’un se nomme Pierre Jean et l’autre Jean Pierre, et mon père quand il parle de son grand-père il dit Papé Pierre. Maman a appris tout cela car elle a rencontré un avocat qui s’appelle lui aussi Jean Pierre Langlois et j’apprends d’un seul coup que c’est le père d’Aurore qui a disparu en France depuis trois mois. Pour une nouvelle s’en est une mais voilà la clef de l’énigme mais de suite je pense à l’homme qui ressemble au frère de ma tante, et là elle ne peut rien me dire car cet avocat ne voyait pas de qui elle parlait. Ma mère repart vers 12 h 30, j’ai encore le temps de l’accompagner et je la laisse à la porte d’embarquement, je lui ai dit avoir trouvé un appartement, mais je n’ai pas mentionné que j’allais y vivre avec mon chéri, je sais fort bien ce qu’elle m’aurait dit. Et, à ce stade de mon idylle je ne veux rien savoir.

    Avant de rejoindre Rubens je reçois un appel téléphonique de mon père et ce qu’il me dit m’inquiète à nouveau. Mon père est certainement au courant de plus de choses qu’il veut bien en convenir, mais il est laconique et me demande de ne pas m’emballer, quand je lui parle d’Aurore qui me donnerait d’air, il me dit qu’il ne faut pas que je creuse de ce côté-là sinon je n’aurais que du chagrin. Aussi est-ce sur le ton d’une femme colérique que je l’apostrophe un peu vertement :

    • Mais papa je suis majeur si je veux connaître cette jeune femme qui de surcroît doit être ma cousine certes lointaine, mais cousine quand même je ne vois pas en quoi cela peut te déranger. De toute façon je vais compulser les archives départementales pour voir s’il n’y a pas quelques pistes.
    • Si tu en fais qu’à ta tête tu iras de déception en déception, de plus je n’aimerais pas te savoir en danger tu as déjà eu cet accident, maintenant que j’ai vu l’avion je puis te dire que le manche a été scié, donc nous partons sur une enquête longue et minutieuse pour savoir qui est derrière tout ceci.
    • Mais papa je ne vois pas la raison pour laquelle un oncle ou une cousine pourrait être les auteurs de ce sabotage. Sinon que chercherait-il ?
    • Je ne sais pas, nous n’avons rien à cacher.
    • C’est à se demander ?
    • Quoi ? Tu te permets quoi ?
    • Je m’interroge papa !
    • Tu ferais mieux de te taire, tu ne connais absolument rien à notre famille.
    • Papa !
    • … Excuse-moi, ma chérie mais tous ses accidents, sabotages m’inquiètent, et puis, et puis…
    • Papa dis-moi ce qui ne va pas ? Ce qui te perturbe ? Papa je sens que tu as du mal à parler, je rentre de suite. Tu viendras récupérer l’avion que l’on m’a prêté à Planèze.
    • Non, Stéphanie profite de tes quelques jours, ta mère m’a dit que tu étais avec un garçon, sois sage, fait attention mais amuse toi.
    • Je te promets Papa.

    La communication s’achève, j’ai comme un arrière-goût dans la bouche d’assez étrange. Qu’est-ce que mon père me cache ? Pourquoi m’a-t-il répondu aussi durement. Que de questions qui viennent s’entrechoquer avec toutes ses révélations, je me sens mal à l’aise, il est plus de 13 h, je me dois de rejoindre rapidement Rubens, je vais lui demander de téléphoner à ce jeune homme et d’annuler, je vais me dépêcher de rentrer chez moi.

     

A suivre…

Face au vent (10) Un vol mouvementé

Plus j’y réfléchis, plus je me dis que la suite doit se passer en Nouvelle Calédonie, mais qui a pris en charge le demi-frère de l’arrière-grand-père de Sophie ? Une fois que j’aurai fait toutes mes démarches pour l’an prochain il faut que je passe le reste de mes vacances à trouver la trace de cet arrière oncle que nous avons de commun Sophie et moi. Je m’imagine partir en avion et rejoindre cette terre, mon père ne me laissera jamais partir en avion aussi loin, surtout que le ravitaillement va devenir un gouffre pour s’y rendre. Il doit falloir en faire des haltes, ce n’est qu’un rêve…Plus tard, mais j’aimerais bien me rendre sur place pour découvrir qui était ce Sacha ? Mais lorsque je consulte le carnet de voyage de maman je m’aperçois qu’elle est là où j’aimerais bien me rendre.

Lorsque je descends pour prendre mon petit déjeuner la maison est déserte, deux mots se trouvent sur la table, le premier de mon père : «  Fanny ma chérie rejoint-moi à l’atelier ».

Le second de ma cousine, «  Fanne j’ai tout raconté à ton père il est devenu blanc, j’ai même eu peur qu’il ne fasse un malaise, j’ai attendu son départ pour te mettre ce petit mot ; fais attention à tes propos et tiens moi au courant, je pars d’ici deux heures à Clermont-Ferrand. »

Je déjeune rapidement, auparavant je téléphone à ma maman, elle est justement en Nouvelle Calédonie, c’est une hôtesse de l’air, je lui explique brièvement ce que j’attends d’elle, pour une coïncidence j’espère qu’elle va me servir. Elle, a une escale de trois jours cela va lui donner du temps. J’espère qu’elle apportera des pierres à notre édifice.

  • Lorsque je rejoins mon père, je vois de suite qu’il a une tête à faire peur, mais est-ce que c’est cette vieille histoire familiale qui lui donne cet air méchant, je n’ai jamais vu mon père ainsi, quand je m’approche de lui, il me dit que jamais il n’aurait dû essayer de remuer le passé. Il a même envie de tout plaquer et de s’en aller.
  • Mais Papa pour aller où ?
  • Loin d’ici, là où personne ne me connait,
  • Mais je ne comprends pas ce qui te met dans cet état et pourquoi tu veux quitter ce qui fait ta joie. Viens nous allons voler, je t’emmène.
  • Je n’en n’ai n nullement envie ma fille, je te laisse y aller seule.
  • A mon retour j’espère que tu pourras m’expliquer ?
  • Je ne sais pas, tu sais Stéphanie ma famille qui est la tienne ne m’a pas tout dit, il faut que j’aille à Rouaix pour voir dans les papiers de mon père si je ne peux pas retrouver des traces de cet arrière grand-oncle. Car si cet homme est un descendant de notre famille il serait bon que nous le sachions. Ce qui me gêne c’est que je ne peux pas t’accompagner à Toulouse ; tu penses y aller de quelles manières ?
  • En avion !
  • Quoi ?
  • Oui, j’ai pris ma décision, je suis fin prête je me rendrais à Toulouse par le seul moyen de communication que j’aime.
  • Je ne sais pas si c’est bien le moment ;
  • A quoi penses-tu ?
  • A rien !
  • Si Papa je vois que tu es encore plus contrarié, mais pourquoi ?
  • Rien, je me fais des idées, va donc ma fille chérie, pars, fais toi plaisir tu ne veux pas te faire accompagner par un de tes amis ; je serais plus tranquille.
  • Puisque tu me le proposes si gentiment je vais demander à Rubens, il rêve depuis fort longtemps de monter dans un avion, et si cela se trouve il aura envie d’apprendre à piloter.
  • Quand pars-tu ?
  • Le temps de le prévenir, nous serons prêts demain en début d’après-midi.
  • Moi je pars de suite, on se retrouve samedi, et tu me raconteras tes premières impressions. Bon vent ma fille.

J’embrasse mon père et me précipite à la maison et de suite je téléphone à mon meilleur ami qui m’aime, de cela j’en suis certaine, mais je me trouve trop jeune pour oser franchir le pas, mais les évènements vont me donner tort. Ou il est libre et super heureux de m’accompagner, je le mets au courant de ce qui s’est passé chez moi, il me conseille de téléphoner à ma mère de façon que je sache si elle a mis à profit son temps de repos pour se renseigner. Hélas je n’arrive pas à la joindre, tant pis je rentre avec Rubens chez nous, je ne l’invite pas dans ma chambre mais je lui propose le canapé du salon il ne dit rien et accepte. Nous passons une super soirée et j’essaye d’oublier tous les problèmes qui sont venu catapulter ma vie ces derniers temps. Avant d’aller se coucher assez tôt puisque demain nous partons aux aurores j’ai ma cousine Sophie qui est enchanté de sa fac et qui m’annonce avoir trouvé en ville un petit F2 elle va en profiter pour visiter un peu car elle ne connait pas, et elle pense rentrer d’ici deux jours, je lui annonce que je pars demain matin mais je me garde bien de lui dire que Rubens m’accompagne. C’est mon jardin secret et je ne veux pas l’étaler au grand jour. Du reste Rubens fait exactement pareille de son côté.

La nuit se passe bien et dès 5 h du matin nous sommes tous les deux sur le pont. Rubens est encore plus excité que moi car je vais le piloter, pour lui avoir son brevet de pilote est un rêve mais il ne pense pas que ses parents pourraient accepter.

Il est 7h 30 lorsque j’amorce le premier virage et que je monte dans le ciel bleu malgré une légère brume, j’ai plus de 300 km à faire je pense arriver vers midi, nous papotons pendant la première heure, Rubens est franchement complètement déjanté, il bouge tellement dès qu’il voit le ciel, les montagnes, que je dois le calmer afin de ne pas me déstabiliser. Après une 1 h trente de vol, j’entends un drôle de bruit et je ne dis rien à mon ami, mais ce bruit m’est totalement inconnu. Le prochain aérodrome où je vais pouvoir me poser est à deux heures de route. Si je suis obligée de me rapprocher du sol mon père m’a indiqué deux ou trois endroits ou se serait aisé de le faire, mais pour repartir il était moins confiant, le mieux serait une route bien droite mais il faut faire attention aux lignes à haute tension, aux automobilistes et à un tas d’autres choses auxquelles j’évite de penser. Bien entendu je ne fais pas part de mes inquiétudes à mon ami, ce bruit est certes imperceptible mais il ne me dit rien qui vaille. Possible que ce soit une chose mal accrochée qui frappe la carlingue, mais plus je vole, plus il me semble que cela vient du moteur. Soudain, Rubens me crie :

  • Steph il y a une flamme à l’avant ;

Je vois en effet ce qui l’effraye, mais je vois aussi au sol que des habitations serrées les unes contre les autres. Je vais passer un appel de détresse, possible que l’on me réponde je suis à une encablure d’un petit aérodrome, celui de Planèze dans la Loire. Mes premiers appels restent infructueux, je ne panique pas, surtout que Rubens est blême, il voit que c’est grave, aussi reste-t-il silencieux et je lui en sais gré. J’ai suffisamment de kérosène, aussi je commence par tourner en rond afin de voir si je ne peux pas me poser en catastrophe, et finalement j’ai la présence d’esprit de demander à mon ami de prendre mon téléphone portable et d’essayer de joindre mon père, afin qu’il puisse m’aider en me pilotant au-dessus de Saint-Chamond pour que je puisse regagner ce petit aérodrome. Hélas c’est peine perdue, il ne lui répond pas, il ne me reste qu’à essayer de lancer des SOS afin que n’importe qui me capte soit sur une radio amateur, soit dans un Commissariat, soit chez les pompiers.  Rien je suis seule dans mon avion même si à mes côtés j’ai Rubens il ne m’est d’aucun secours, j’ai même peur qu’il ne s’affole si je me pose n’importe où au sol. Je prends donc quelques précautions en lui expliquant la manœuvre :

  • Rubens, tu vas scruter le sol et dès que tu verras un pré, ou un terrain peu près plat, tu n’hésites pas à m’avertir, comme je ne sais pas où se situe exactement l’aéro- club de Planèze je vais me poser en catastrophe.
  • Steph ne fait pas ça, tu dois bien avoir des cartes où l’on voit où se situe cet endroit, dis-moi où je peux les trouver et je vais chercher.

Rapidement je lui indique la sacoche noire et il s’en empare et me guide à travers champs pour finalement me montrer la piste d’atterrissage, je lance un nouvel appel et là on me répond, mais c’est un gargouillis incompréhensible, je n’hésite pas, je coupe le moteur, vu que c’est une avarie, enfin je le pense et je commence à planer, cela affole Rubens car il y a du vent. C’est un exercice périlleux auquel je vais être confronté. Rubens me guide, je vois la piste, mais juste à ce moment j’heurte un oiseau et je sens que la vitesse m’emporte vers le sol, je demande à Rubens de mettre sa tête sur ses jambes et de se maintenir le plus possible, je fais de même, en espérant ne pas mettre le feu aux grandes herbes que je vois apparaître. C’est un peu chaotique, je pense me poser sur mes roues quand un petit Ulm qui ne doit pas comprendre pourquoi je me pose dans ce sens me coupe la route et mon petit aéronef se retourne. Je crie aussi fort que Rubens, puis tout s’immobilise, nous sommes à l’envers, cela sent le brulé, il nous faut sortir de l’appareil. Rapidement j’entends crier autour de nous, la porte s’ouvre, je me dégage de ma ceinture ainsi que mon ami et nos secouristes nous extraient de l’appareil. Nous nous éloignons, le feu s’est arrêté de lui-même mais pour plus de précaution les pompiers viennent l’arroser, l’herbe est sèche et on ne sait pas encore la raison pour laquelle le feu s’est déclaré. Rubens en est quitte pour une belle entaille à l’arcade sourcilière, moi J’ai la même dans le cuir chevelu. Les gendarmes sont rapidement sur les lieux, mais je ne puis rester, il faut que l’on me prête un avion, voire je vais être obligé de verser une caution, mais lorsque je dis qui est mon père, tout s’aplanit devant moi. Le responsable du coin a fait son service militaire avec papa et il me prête un appareil qui est le même que celui qui est immobilisé sur la prairie.

Le reste du voyage se passe sans encombre, mais nous devons nous chercher un petit hôtel, car j’ai perdu du temps à établir un tas de papier au commissariat de Saint-Chamond. Une enquête commence, est-ce lié à ce qu’ils nous aient arrivés sur Marour, à l’heure qu’il est je n’en sais rien. Le petit hôtel nous offre qu’une chambre avec un lit double, je suis tellement fatiguée que je n’hésite pas. Rubens a 20 ans j’en ai à peine 18 ans l’hôtelier ne se passe pas de questions. Munis de nos clefs nous nous jetons sur le lit, les émotions creusent mais nous avons besoin tous les deux de nous rapprocher et ce qui s’ensuit est tout à fait normal. Nos deux corps certes meurtris se rapprochent et la nuit fait de nous deux amoureux. Quelques heures plus tard en regardant Rubens nu dormir à mes côtés je souris en me disant que je ne voulais pas faire l’amour et cet accident m’a poussé dans ses bras, au départ pour me faire dorloter et petit à petit après avoir entendu les paroles de réconfort, il s’est tu et ses mains sont venus à la rescousse de ses mots, ces caresses m’ont dans un premier temps apaisées, puis mon corps a demandé plus et sans se poser de questions nous avons fait l’amour. Rubens a guetté mon consentement, puis en voyant que je ne le repoussais pas il s’est enhardi et maintenant je me sens calme et heureuse. Il serait temps de dormir, demain je me poserais d’autres questions, et Rubens me cherchera un petit appartement pour que je puisse vivre sur Toulouse l’année qui arrive. Quant à moi je me rendrais à l’Ecole préparatoire scientifique pour y prendre mes marques.

Lorsque j’ouvre les yeux, je vois Rubens penché sur moi, il semble inquiet, mais de suite il voit mon sourire illuminé mon visage et je le sens rassuré. Puis je le taquine en lui disant :

  • Heureusement que tu voulais attendre le mariage je crois que c cette nuit tu
  • Steph je suis désolé, tu ne voulais pas ?
  • Ruby je te fais marcher tu m’as comblé ;
  • Ma Steph comme je suis heureux de tes paroles, j’avais tellement peur que je sois allé plus loin que tu ne le voulais.
  • Tu sais Rubens si je n’avais pas voulu je te l’aurais dit.
  • Oui, et je n’aurais pas continué, mais j’ai beaucoup aimé et je sais que c’est réciproque. Pendant que tu dormais je me suis demandé si ton avion n’avait pas été saboté, il me semble qu’il faudrait que tu t’éloignes pendant quelques temps de Marour. Mes parents partent en Grèce, s tu veux on pourrait partir avec eux.
  • Ruby je préfère passer mes vacances avec toi, mais pour l’instant il faut que je me rende à l’Ecole toi tu pourrais repérer les appartements et cet après-midi tu viendras avec moi pour en choisir un si c’est possible, sinon je veux bien rester jusqu’à lundi à condition que tu restes avec moi, je n’ai pas envie de repartir seule en avion.
  • Je vois dans tes yeux que tu veux que je reste avec moi car nous sommes aux balbutiements de l’amour et …
  • Vilain, ne me tente pas sinon…
  • Sinon si je m’approche de toi et que je commence à te caresser tu risques d’oublier d’aller t’inscrire à ton école. Aussi je vais être raisonnable pour deux.

J’éclate de rire en l’entendant me dire ces quelques mots, après une bonne douche mais séparément car je ne suis pas certaine de lui résister, nous prenons un petit déjeuner, le responsable m’a trouvé une voiture et nous nous rendons à l’extérieur de Toulouse pour rejoindre l’Ecole ou je vais me préparer pour rentrer soit dans une école de pilote de ligne, soit dans une école militaire, mais après le bac scientifique je n’ai pas de nombreuses options et cette école préparatoire m’aidera à réfléchir. Moi ce qui m’intéresse c’est piloter un avion, mon père avait quant à lui pris l’option de devenir ingénieur puis c’est seulement après qu’il avait opté pour l’école d’aviateurs civils. C’est seulement à midi que je retrouve m’attendant à l’extérieur mon amour, oui je peux désormais le nommer ainsi, je lui appartiens totalement, je sais je suis folle c’est juste la première fois, mais je suis comme tous les Langlois le premier regard est le bon. Quoique là je doive dire la première étreinte, je suis plongée dans mes pensées lorsque je me heurte de pleins fouets à un jeune homme, je bredouille un vague excusez-moi, et je vais pour repartir lorsqu’il s’accroche à mon bras et me dit :

  • C’est toi Aurore ?
  • Non vous faîtes erreur,
  • Arrête ne me prends pas pour un idiot, tu voulais t’inscrire dans cet école, je te retrouve et tu me rentres dedans et maintenant tu oses me dire que ce n’est pas toi.

Je suis prise au dépourvu et je ne sais quoi lui dire, je vois Rubens qui me fait de grands signes, aussi je n’ai qu’une idée c’est le rejoindre mais je dois prouver à cet étudiant que je ne suis pas la jeune femme qu’il pense que je suis. Je fouille rapidement dans mon sac à mains et je lui tends ma carte d’identité, mais je n’obtiens pas le résultat que j’escomptais.

  • Aurore tu te fiches de moi, pourquoi t’appeler Stéphanie ?

Mais je vous dis que je ne suis pas Aurore, accompagnez-moi et je ne vais rien dire à mon ami vous verrez par vous-mêmes que je ne me nomme pas comme vous le prétendez. Il accepte bon gré mal gré, et il est atterré quand il entend Ruben me dire

  • Enfin Steph, qu’est-ce que tu fais? Je t’attends avec impatience, je pense avoir trouvé un joli petit nid d’amour.

Je ne réponds pas à cette phrase que je juge étrange, car je vois le jeune homme se décomposer devant moi. Rubens va du jeune homme à moi, ne comprenant pas ce qu’il se passe entre nous. Nous attendons qu’il puisse nous expliquer le désarroi dans lequel il se trouve, c’est au bout d’un bon quart d’heure qu’il nous explique que son amie a disparue depuis plus de trois mois, qu’elle devait venir faire son inscription ici, et que je lui ressemble étrangement, mais le pire pour lui c’est que je porte le même nom de famille « Langlois ». Quel est le lien de parenté entre Aurore pilote d’avion et moi Stéphanie ? Nous échangeons nos numéros de téléphone et nous partons manger Rubens et moi. Cet après-midi j’essayerais de joindre ma mère pour savoir ce qu’elle a appris sur Sacha, et ce que je vais apprendre va me conforter qu’il faut que je retrouve rapidement Aurore.

 

A suivre…

Face au vent (9) La lettre

Déjà deux heures que nous sommes penchées sur la lettre de nos arrières- arrière grands parents, Sophie vient de s’allonger avec son smartphone à la main à même le plancher, et elle s’est endormie, tout comme moi elle aimerait savoir quels secrets elle contient, mais pour l’instant la lettre ne veut pas nous délivrer de secrets. L’écriture de son aïeule est fort belle, c’est une calligraphie avec des rondes et des majuscules là où il faut. La couleur de l’encre laisse entrapercevoir du violet qui au fil des ans a certes palie, mais elle en n’a pas moins de cachet. Les mots qu’elle emploie nous démontrent qu’elle aimait mon aïeul, quel est le drame qui se cache sous cette écriture, car la lettre commence ainsi.

Mon bien aimé Arthur,

 

Lorsque tes longues mains fines et belles  auront la joie d’ouvrir cette missive je serai bien loin, mon père en a décidé ainsi. Il estime que je n’ai pas le droit de dire un seul mot et que mon sort est lié à ceux qui avant moi ont fait leur devoir. Je serai sur le bateau qui m’emmènera vers la terre de France, sache mon bien aimé mon amour que je suis désespérée.

 Il m’aura marié de force à cet homme que tu détestes, qui à tes yeux a toujours fait le malheur de ta famille.  Son travail est à Sainte Luce, c’est là que désormais je serais. Je ne vivrais que dans l’espérance que tu puisses m’enlever, car te connaissant je sais que tu viendras. Mais auparavant il faut que je te confie un s …

A cet endroit précis l’encre a bavé et nous ne pouvons rien lire, même munie de la grosse loupe que j’ai acheté lors de la succession de Grand-Père, le père de ma mère.

Ce « s » veut dire pour nous un secret mais il est possible que nous nous trompions, aussi avant d’aller plus loin, Sophie et moi nous, nous sommes penchés sur tous les s qui pourraient avoir du sens pour la suite.

Nous n’avons rien trouvé d’autres, il est évident qu’elle a confié à mon trisaïeul un secret, mais quel est la teneur de ce secret. La lettre est courte je déchiffre plus que je ne lis la fin :

«  A toi pour toujours ton unique amour qui saura mettre à l’abri le «  là encore un blanc ou plutôt l’encre a coulé et a effacé en partie le mot.

Je suis penchée sur le courrier et le seul secret qui me vienne à l’esprit c’est que la trisaïeule de Sophie attendait un bébé. A cet époque c’était inconcevable, mais quand on aime je pense que l’on ne prend plus aucune précaution et se trouver enceinte à l’âge de 21 ans était à cette époque une ignominie, son père avait dû tout faire pour qu’elle soit soustraie à cette mauvaise vie, c’est ainsi que je le vois et je pense que mon père en a compris le sens avant qu’il ne me tende la lettre.

Lorsque Sophie sort de son sommeil je lui apprends mes conclusions, elle aussi y avait pensé mais elle ne savait pas si j’allais aller dans son sens. Il est plus de trois heures du matin lorsque j’ouvre mon ordinateur afin de me pencher sur la généalogie de la famille de Sophie.  C’est long et fastidieux mais nous sommes aidées par la lettre qui est datée de 1906 et ce que nous cherchons c’est une naissance d’un enfant fille ou garçon qui serait intervenu avant la naissance de l’arrière-grand-père de Sophie. Lui est né en 1907. Je recherche d’abord l’acte de naissance, je le trouve facilement cela m’aide car il est noté que c’est son père Emile Barraut qui est venu déclarer la naissance. Maintenant nous prenons notre mal en patience et nous cherchons les mariages dans l’année 1906. Enfin voici ce qui nous intéresse, là c’est bien écrit et donc facile à lire :

«  Le 1er juillet 1906 soit deux mois après son départ de Nouvelle Calédonie, Natacha François est devenue Natacha Barraut. Nous repartons dans les naissances de l’année 1906 et là c’est facile nous retrouvons rapidement la trace d’un enfant que Natacha François a déclaré par l’intermédiaire de…Et là nous n’en croyons pas nos yeux, c’est mon trisaïeul qui est venu déclarer la naissance d’un petit garçon prénommé Sacha. Je note la date de sa naissance 31 mai 1906. Je vois qu’il est noté en marge de l’acte dcd le 1er juin 1944 et entre parenthèse « Mort pour la France »

Il est trop tôt nous sommes fatiguées, possible que mon père sache quelques choses que son grand-père ai pu lui dire, nous attendrons que toute la famille soit réunie pour mettre à plat sur la table nos découvertes.

Nous sommes couchés et nous papotons en remarquant l’âge qu’avait Sacha en 1944, ce n’était pas un jeune il avait 57 ans.. Qu’a-t-il fait pour mourir pour la France, il n’est pas noté sur l’acte de décès le lieu où il est mort. Ce n’est pas à Sainte Luce, on aurait vu son nom sur le monument au mort. Il y a encore des choses qui nous échappent. Personne dans la famille n’a parlé d’héros de la dernière guerre. Tout cela est bien étrange. A aucun  endroit on a entendu parler d’un Sacha Langlois. Le grand-père de nos papas se nommait Yannis. Deux heures plus tard je me réveille en sursaut et je comprends à demi-mots qu’être déclaré comme son propre enfant ne me dit pas ce qu’il est devenu après. Même si c’est le petit garçon de Natacha, elle n’a pas pu le garder. Son nouveau mari Emile n’a pas dû vouloir avoir un fils qui n’était pas le sien, déjà cela devait être un affront de voir que sa femme avait fauté avec un autre et de surcroît ne pas être vierge au moment du mariage était la honte. Alors où a grandi Sacha ? Mais autres choses m’a semblé bizarre sur l’acte de naissance, mais pour l’instant je dois dormir. 

J’émerge de mon sommeil réparateur aux alentours de 10 h, Sophie n’est pas là, mais elle m’a laissée un mot, elle aussi a eu la même alerte et elle est retournée lire l’acte de naissance de Sacha, et là elle m’a souligné en rouge fluo l’acte qu’elle a imprimé. Enfant de sexe masculin né au 8ième mois de grossesse sur le bateau qui rentrait de Nouvelle Calédonie. Ah voilà c’était ce qu’il m’avait semblé lire cette nuit. C’est alors que me vient à l’esprit que mon trisaïeul avait réussis à rejoindre l’amour de sa vie. Mais alors pourquoi n’ont-ils pas vécu ensemble ? Il a dû se passer autres choses, ce n’est pas par la généalogie que je le saurai, il va falloir enquêter. En tous les cas l’homme qui rôde autour de nous peut être à la fois un parent de Sophie par sa mère mais aussi par son père, et forcément par le mien. La ressemblance avec Norbert pourrait s’expliquer, mais alors pourquoi il se cache ? Il devrait essayer de nous rencontrer, nous parler et nous en saurions davantage.  Cette malédiction qui a endeuillée nos deux familles est-ce qu’elle ne viendrait pas de la branche inconnue de nos familles. Voilà tout s’explique mais je suis certaine que c’est bien plus complexe que cela.

A suivre…

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe

Rejoignez moi dans mon imaginaire